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qu'on ne saurait la considérer comme la forme typique. Or ce caractère, qui est sujet à varier dans une certaine mesure, quoique sans atteindre la môme disproportion, chez les individus de la variété précédente, ne saurait servir de base à lui seul à une distinction spécifique. Linton (10, 13) auquel on a souvent reproché de trop multiplier les espèces, n'a lui même pas osé en créer pour certaines différences de cet ordre qu'il a signalées, notamment dans ses Anthobothrium laciniatum et Crossobothrium laciniatum, où il distingue deux variétés, breticolle et hngicolle. Il n*est donc pas douteux que l'A. Benedeni et VA. filicoUe ne doivent être réunis et l'auteur du dernier indique lui-même, comme ceux qui se sont occupés de la précédente, que son espèce se rapproche à' A. Dujardini plus que d'aucune autre. Monticelli (19) a prétendu qu'elle avait été confondue avec l'A. coronatum par Olsson, Molin et Stossich; autant que je l'ai vérifiée, cette assertion ne m'a pas paru absolument incontestable.
I^ tête d'A. filicolle s. str. et spécialement les crochets sont tout à fait semblables à ceux de la variété déjà décrite (Zschokke indique lui-même qu'ils sont plus élancés et plus longs que dans l'A. coronatum). Peut-être leur taille absolue est-elle moins grande et leur lumière plus large, mais je ne saurais affirmer que ces différences soient constantes. Zschokke insiste beaucoup sur le fait que les ventouses sont proportionnellement plus larges, que le premier compartiment est plus développé par rapport aux deux autres et les cloisons moins marquées que dans l'autre espèce. Le fait m'a paru réel, existant d'ailleurs aussi dans la var. Bentdetii, mais je doute que ces nuances très sujettes à varier suivant l'étal de contraction puissent constituer de bons caractères spéciflques : je possède des individus fixés d'A. coronatum où les ventouses ont tout à fait les proportions données par Zschokke. Les ventouses accessoires sont identiques.
Le cou, qui offre le caractère distinctif de la variété, est très long, très mince, et effectivement filiforme. 11 atteint au moins 7 fois la longueur de la tête et est couvert de petitesépines semblables à ce que nous avons trouvé chez l'A. Benedeni, Zschokke parle de ce caractère comme d'un « revêtement ciliaire externe » — terme d'ailleurs fort impropre — constaté sur les coupes. Monticelli l'a rencontré de même que chez l'autre variété qu'il appelle CaUwbo-
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thrium Dujardini, et retrouvé chez la larve (19). Les épines deviennent plus petites et disparaissent en arrière. Ce cou, cylindrique et d'égal diamètre dans toute son étendue, s'élargit brusquement aupoint oùilsecontinueaveclecorpsetoùapparaissentles premiers segments linéaires. Ceux-ci croissent plus lentement que dans la variété précédente, caractère toujours lié à la plus grande longueur du cou dans les individus d'une même espèce. Le proglottis détaché et adulte, que Zschokke dit n'avoir pas observé, est identiquement semblable à celui que nous avons décrit au chapitre précédent, et alors que je croyais avoir affaire à deux espèces distinctes j'ai vainement tenté de découvrir entr'eux une différence de quelque valeur. J'ai observé parfois l'invagination du lobe antérieur différencié dans le proglottis.
Zschokke n'a pas vu d'individus complètement mûrs ù'Acanthobothrium filicolk, mais il figure des proglottis isolés qu'il identifie avec la forme trouvée par Rudolphi (31) dans des Squales (Squa^ tina) et dans les Raies, et nommée par lui Cephahcotylevm, forme qu'il considère avec Diesing (o) comme constituée par des anneaux d'un Jeira6oe/in'um(Phyllobothridé) indéterminé. Or ces proglottis présentent au point de vue de la dispositicm générale des organes génitaux une si grande analogie avec ceux des deux variétés d'A. filicolle que je ne doute guère qu'ils ne lui appartiennent, et que Zschokke n'ait méconnu leur rapport avec son espèce nouvelle, bien qu'il n'ait pas figuré la différenciation de la partie antérieure (qu'il ne mentionne pas non plus d'ailleurs chez A. coronatum). Sont ce les mômes qu'avait rencontré Rudolphi ? 1^ chose est difficile à décider d'après vsa diagnose, qui ne permet même pas d'affirmer absolument qu'il s'agit de proglottis de Cestodes, mais elle est rendue vraisemblable par le nom de Cephalocotykum qu'il leur donne et qui s'applique fort bien à la ventouse temporaire que forme à l'avant du proglottis le lobe différencié.
Les dimensions de cet animal sont à peu de chose près celles de la variété Ikncdeni, sauf l'allongement du cou qui atteint 1»"'» 50 à 2"^^. J'en ai rencontré une seule fois d'assez nombreux individus avec proglottis dans un intestin de Raja punctata. Monlicelli dit que le Calliobothrium Dujardini, c'est-à-dire notre variété Benedeni, se trouve surtout dans les jeunes raies, le C. filicolle dans les grandes; la chose serait fort intéressante, mais mes observations ne
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n*oiit pas paru la confirmer; elles seraient d'ailleurs à reprendre sur un plus grand nombre d'examens.
C'est, on le sait, à VAcanthobothriumfilicolle, que les belles recherches de Monticelli (19) déjà plusieurs fois citées, ont rapporté la forme larvaire si commune dans les Teléostéens, décrite sous des noms variés mais dont celui de Scokx polymorphus Rudolphi est le plus employé. 11 serait peut-être imprudent d'affirmer que ces larves ne puissent provenir aussi d'autres espèces voisines, bien que Tauteurdise avoir trouvé des différences même entre les larves des deux variétés que nous réunissons dans la même espèce, d'autant plus qu'on a souvent rencontré le Scolex polymorphus dans des régions où VA, filicoUe n'a jamais été trouvé. Quoi qu'il en soit, sur le très petit nombre d'examens de Poissons osseux que j'ai faitsà Banyuls, j'ai trouvé deux fois cette forme, l'une dans l'intestin de Lophins piscatorius où l'ont déjà signalée de nombreux auteurs, l'autre dans relui de Sargus Rondeleti. C'était la forme à bothridies biloculaires. qui ne correspond pas à une espèce distincte, mais bien à un stade du développement entre la bothridie uniloculairc primitive et celle à trois compartiments de l'adulte. Ce sont de petits Vermisseaux blanchâtres (3 ou 4 "»™ de long) effilés en arrière, très mobiles et Irèsadhérentsà lamuqueuse. Ils portent, en arrière de la tête, celte tache rouge pigmentaire dont Van Beneden avait fait un œil. Il existe une ventouse terminale bien développée et quatre bothridies ovoïdes, biloculaires, le compartiment antérieur beaucoup plus petit. Dans lecorps, on nedistingue que de nombreux corpuscules calcaires en bâtonnets et les troncs excréteurs très minces.
Genre Onchobothiuim de Blainville, 1828, Van Beneden einend.
Ce genre a été créé par de Blainville (2), pour englober toutes les espèces alors connues qui devaient plus tard constituer la famille des Phyllacauthidés. Dans son travail de 1850, Van Beneden en a, comme c'était son droit, restreint le sens à l'unique espèce (l)que nous allons décrire, en lui donnant comme diagnose : « Bothridies années en avant de deux crochets simples en hameçon réunis par une plaque en fer à cheval ». Diesing (o) l'a caractérisé par l'absence de ventouse accessoire; ce caractère, moins important et
(1) Il faut y ajouter ïOnchobothrium schizacanthuni LAnnbcrg, qui a les crochets tout semblables, mais non réunis par une plaque commune, ce qui modiOerait la diagnose.
moins constant que ceux des crochets, ne devrait pas écarter de ce genre des espèces qui en auraient une, bien qu'il y ait fait ranger par Diesing un Calliobothrium proprement dit à deux paires de crochets !
Onchobothrium pseudo-unclnatum nom. mut.
Synonymie. — Bothriocephalm uncinatus Dujardin (6). — Onchobothrium uncinatum Van Beneden (34, 36), Olsson (24), Lônnberg (16), Linton (12, 14). — Calliobothrium uncinatum Monticelli (18, 20). — non Bothriocephalus uncinatus, Rudolphi (32). — non Onchobothrium uncinatum Zschokke (42).
Tous les auteurs, à partir de Dujardin et à l'exception de Zschokke ont appliqué le nom spécifique d'uncinatum (Rudolphi 1819), à l'animal bien caractéristique dont Diesing (o) a donné la diagnose suivante : « Caput quadrangulare bothriis duabus costis inœqualiter trilocuhrihus, apice convergentibus, uncinis duobus simplicibm ex utrisque apicibus dilatatis, laminse comuœsemicirculari prominentibus, Collum longum, articuli corporis anteriores rugœformes, mox subquudrangulares, ultimi campanulati, aperturw genitalium marginales... )> Or, ce n'est nullement cet animal qu'avait décrit comme Bothriocephalus uncinatus Rudolphi, dont la diagnose porte « uncinis validissimis octo simpliciter furcatis, binis in singulis papillls oriundis ». Ces papilles céphaliques qui sont des ventouses accessoires et ces crochets bifurques ne sauraient s'appliquer qu'à un Acanthobothrium, et Rudolphi ajoute que cet animal diffère de son B. coronatus où l'on reconnaît d'habitude ce genre « ob hamulos simpliciores duplici numéro présentes ». Comme il n'admet chez ce dernier à chaque bothridie qu'un seul crochet deux fois dichotome, il est évident qu'il s'agit d'un autre Acanthobothrium où il a pu constater l'écartement dçs deux crochets à leur base. 11 ajoute enfin à cette description (c collum brève » ce qui ne saurait davantage s'appliquer à VO. uncinatum des auteurs.
Zschokke le premier a eu le mérite de reconnaître la discordance entre la description de Rudolphi et celle de ses successeurs; mais il en a conclu que tous ceux-ci avaient mal vu. 11 décrit comme Onchobothrium uncinatum un animal dont je ne saurais dire si c'est un Acanthobothrium ou un Calliobothrium, attendu que sa description des crochets s'applique au premier de ces genres et sa figure
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au second I Est-ce l'espèce qu'avait vue Rudolphi? 11 est, comme dans la plupart des cas de ce genre, impossible de le savoir. En tout cas en admettant qu'il ait droit au nom d'uncinatum, il ne saurait avoir droit à celui d' Onchobothrium qui n'a jamais été appliqué, dans son sens restreint, qu'à l'espèce à crochets simples de Dujardin et Van Beneden.
Cet historique montre que le nom d'Onchobothrium uncinatum ne peut être conservé à l'espèce que j'ai rencontrée puisque le Bothriocephalus uncinatus de Du]srdm était une erreur de diagnose. Comme je ne sache pas qu'on lui ait jamais donné un autre nom spécifique qui puisse être repris, je propose, pour rappeler cette erreur et modifier le moins possible la nomenclature, de lui donner le nom d'Onchobothrium pseudo-uncinatum nom. mut.
Je n'ai rencontré de ce ver que deux ou trois exemplaires incomplets. L'animal est de grande taille (80™°». pour les exemplaires eu question), sa tête renflée et fort opaque, de sorte qu'on distingue mal les bothridies, et qu'on peut même méconnaître les crochets, qui sont très petits, à un faible grossissement. Les quatre bothridies qui paraissent disposées en deux paires, ou du moins beaucoup plus écartées les unes des autres que dans le genre précèdent où elles constituent à elles seules presque toute la tête, sont triloculaires comme dans ce genre, mais à bords peu saillants. En avant de chacune se trouve la plaque chitineuse en fer à cheval à concavité inférieure qui porte les deux crochets simples, brunâtres, fortement recourbés dans le plan radiaire, s'élargissant rapidement jusqu'à la base qui s'étale pour s'insérer sur elle. Ils sont creux jusqu'à la pointe, mais la paroi est épaisse. Pas de ventouse aux iliaires apparentes. Derrière la tête, un cou renflé en avant et très long, cylindrique, puis les anneaux commencent et croissent lentement. Je n'ai pu voir de proglottis complètement adulte. Dans les plus avancés, à peu près carrés, on distingue un ovaire postérieur formé de deux masses non lobées, deux vitellogènes linéaires sur les côtés, un utérus fortement lobé au milieu. Les pores génitaux sont au milieu d'un des bords, irrégulièrement alternes.
Dimensions. — Longueur de la bothridie 0»°'»75^ d'un crochet 0,07. Hauteur de la plaque basalede ceux-ci, O'»*" 09. Largeur de la tête 1™"» environ.
Dans Raja punctata et Raja sp. Rare.
Famille : Phyllobothridés.
Dans cette famille, le critérium tiré des crochets, qui présentent une certaine fixité, manquant, la confusion de la nomenclature devient extrême et s'étend même aux genres, surtout aux genres devrais-je dire, car chaque auteur les comprend à sa façon et y fait rentrer des espèces différentes. On peut y distinguer deux types principaux : type Phylhbothrium, à bothridie arrondie ou ovale, souvent plissée, à surface unie sauf parfois sur le bord, souvent une ventouse accessoire, myzorhynchus nul ou rudimentaire — type Echeneibothrium à bothridies allongées, subdivisées par des crêtes musculaires en aréoles quadrangulaires qui les ont fait comparer au disque céphalique du Rémora, jamais de ventouse accessoire, myzorhynchus parfois très développé. En dehors de ces deux types, toutes les subdivisions établies, surtout dans le premier qui est le plus hétérogène, portent sur des caractères que nous montrerons très contestables : existence d'un pédoncule aux bothridies, plissement de celles-ci, existence et développement de ventouses accessoires. La revision de cette famille est des plus nécessaires, mais offrira des difficultés inextricables.
Nousladiviseronsen deux tribus correspondant à ces deux types : Phyllobothrinés et Echenéibothrinés, en faisant rentrer dans la seconde le genre Discobotlirium, bien qu'il en rompe un peu Tunité.
Tribu : Phyllobothrinés Genre Phyllobothrium Van Beneden, 1850.
« Les quatrebothridiessontsessiles, échancrées du côté extenie. Elles jouissent d'une très grande mobilité, se frisent ou se crispent comme des feuilles de laitue ». Cette diagnose originale l'oppose à l'autre genre établi simultanément, le genre Anthobothrium où « les quatre bothridies se creusent au milieu, affectent la forme d'un vase ou d'une fleur monopétale, ou bien encore elles s'étendent commeundisquearrondi portésurun pédoncule long et portractile. Les bords ne se crispent pas comme une feuille, et il ne se forme pas non plus de replis protractiles ». On voit assez que cescaractères distinctifs n'ont à peu près aucune valeur : d'abord on peut concevoir tous les intermédiaires entre une bothridie sessile, en cornet plus
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OU moins aplati, et une bothridie disciforme et peltée. De plus ils sont essentiellement sujets à varier suivant l'état decontraction de ranimai, et en général un Ver comme celui dont il va être question sera un Anthobothrium à Fétat vivant, un Phyllobothrium une fois fixé. Il sera d'autant plus difficile de l'attribuer à un de ces genres qu'on l'aura vu aux deux états. Je n'incrimine pas de la part de Van Beneden de mauvaises conditions d'observation : il a eu le malheur de tomber sur des espèces où cette différence était à peu près nette, ce qui l'a conduit à établir ces deux genres dont la distinction a entraîné une confusion extrême, et les auteurs pour s'en tirer n'ont eu d'autre moyen que de modifier leur acception ou d'en créer de nouveaux ; ce dont ils ne se sont pas fait faute.
Diesing et les auteurs qui l'ont suivi donnent comme caractère dislinctif la présence chez Phyllobothrium seulement d'une petite ventouse accessoire au bord antérieur de chaque bothridie. C'est modifier la conception de Van Beneden, car surlesdeux premières espèces de ce genre l'une n'a pas de ventouse accessoire décrite et plus tard Van Beneden a rapporté au genre Anthobothrium une espèce (A. perfectum) où la ventouse accessoire est si développée qu'elle a motivé de la part de Diesing la création du genre nouveau Monorygmu, De plus, nous avons assez dit que ce caractère est moins fixe qu'il ne paraît, et souvent difficile à constater même sur le vivant, à plus forte raison sur l'animal contracté où il se perd absolument dans les plis de la bothridie. Nous laisserons donc l'espèce suivante, qui nous fournira un exemple frappant de la confusion créée dans la nomenclature parces genres mal fondés, dans celui où l'a placé son auteur, et qui est d'ailleurs celui où le plus simple serait peut-être de faire rentrer tous les genres de la tribu à laquelle il donne son nom.
Phyllobothrium gracile VVedl, 1853.
Synonymie. — Phyllobothrium gracile Wedl (39), Pintner (29), Lônnberg(l()). — Anthobothrium auriculatum Diesing (5), Zschokke (4î2). — Anthocephalum gracile Linton (10, 14). — Anthobothrium gracile Braun (3).
L'histoire de cette espèce est fort curieuse. Elle a été décrite par Wedl en 18;>5 dans sesHelminthologischeNotizen(39); sadiagnose est incomplète et ne suffirait pas à l'identifier avec la mienne, si
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dans la note suivante (Zur Oologie und Embryologie der Cestod^n) lauteur ne figurait des œufs qui sont absolument caractéristiques et identiques à ceux que j'ai rencontrés. De plus Pintner{27), qui l'a retrouvée en 1880, en donne une description et des figures beaucoup plus précises qui permettent de la reconnaître aisément; il rectifie l'erreur de Wedl qui a rapporté à son Phyllobothrium gracile des proglottis libres appartenant à un Acanthobothrium concomitant et portant les ouvertures génitales vers le milieu de la marge au lieu d'être tout à fait postérieures. Diesing (o), ainsi que Carus (6), se sont bornés à traduire en latin la description insuffisante de Wedl, de sorte qu'il est fort douteux que les auteurs qui s'y sont fiés, comme Lônnberg (17), aient bien trouvé le même animal.
Maisà côté de cela Diesing donne la descriptiond'unint/roftof Anum auriculatum créé d après \e Bothriocephalus auriculatus de Rudolphi. Or il faut répéter de cette espèce de Rudolphi ce que nous en avons déjà dit : qu'elle renferme probablement plusieurs Anthobothrium ei Phyllobothrium. Il est possible que le vieil auteur ait vu l'animal dont il est ici question, car il cite parmi les hôtes la Torpédo marmorata qui semble son hôte caractéristique dans la Méditerranée. Mais sa diagnose ne saurait s'appliquer à cette espèce, étant donné qu'elle porte pour les derniers articles « marginibus alterne média retusis vel emarginatis » ce qui s'applique aux pores génitaux qui sont tout à fait postérieurs chez elle, et « ota globosa » au lieu des œufs prolongés par deux longs filaments que nous décrirons tout à l'heure. Au contraire la diagnose donnée par Diesing à VA, auriculatum est \'d suivante: (i Caput bothriis cyathiformibus, undulato-crispiSy brete pedicellatis, cruciatim oppositis. Collum brève. Articuli supremi bacillares, subséquentes quadrati, ultimi elongati, Aperturœ genitalium marginales, vage alternée ; in foteola margini posteriori propinqua, » Cette diagnose, surtout dans ce dernier caractère, convient fort bien à Phyllobothrium gracile et de fait Zschokke (41) qui l'a suivie, donne des organes génitaux de l'animal, dont il ne figure pas le scolex, une description identiquement semblable à ce que j'ai pu constater — et elle est trèscaractéristique. Anthobothrium auriculatum ^u sens de Diesing et P/n//lobothrium gracile sont une seule et même espèce, et il est curieux de voir que l'auteur même qui a donné tant d'importance comme caractère de classification à la ventouse accessoire l'ait méconnue
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dans cette espèce, ce qui l'a conduit à la placer dans le genre Anthobothrium, Bien entendu, la priorité appartient au nom spécilique gracile, celui d'auriculatum n'ayant été modifié et restreint à cette forme qu'en 1863 et devant disparaître complètement.
Enfin Linton, en 1891 (10), a décrit une espèce dont il fait le type d'un nouveau genre, YAnthocephalum gracile; ce nom ne saurait en tout cas être valable, étant dès longtemps préoccupé par celui qu'a donné Rudolphi à la larve des Tétrarhynques, et de plus le genre est parfaitement superflu comme plus d'un du même auteur, qui a fâcheusement renchéri sur la tendance citée plus haut. Or la description de la tête donnée par Linton correspond dans ses moindres détails à celle de Phyllobothrium gracile^ et même les deux figures qu'il donne de l'individu vivant et de l'individu contracté sont presqu'identiques à celles que j'ai pu faire dans les mêmes conditions. 11 n'a pas vu malheureusement d'individu tout à fait mûr, ni d'œufs, mais signale les orifices génitaux vers la partie postérieure et les parties latérales plus foncées que le reste grâce à la présence des vitellogènes, qui sont très caractéristiques. L'identité de cette forme avec celle dont il est question ne fait guère de doute, et il est remarquable qu'elle n'ait pas à changer de nom spécifique, Linton ayant repris à son insu celui de Wedl. Elle a été trouvée non pas dans la Torpille, comme par tous les auteurs qui l'ont rencontrée dans la Méditerranée, mais dans Trygoncentrurus, Braun (3), qui supprime le genre Anthoceplialum pour les raisons énoncées plus haut est d'avis que l'espèce dont il n'a pas vérifié la synonymie, doit prendre place dans le genre Anthobothrium (malgré sa ventouse accessoire). Je la laisse dans Phylbbothrium, non qu'il n'y ait autant de raisons pour la mettre dans rautre,maisuniquement parce que je juge inutile dans l'étal actuel delà nomenclature de modifier l'attribution première.
Je possède seulement deux échantillons très complets de Ph. gra elle, trouvés dans l'unique Torpille que j'ai examinée. C'est un animal long, mais fort contractile, n'ayant plus que 4 ou ocm. quand il a été mal fixé. Sur le vivant, la tête se réduit à la continence des pédoncules disposés en croix des quatre bothridies. Celles ci, très mobiles et très polymorphes, sont un peu allongées quand elles se meuvent, parfaitement disciformes quand elles s'accolent et font prise sur la lame de verre, très transparentes. Leur surface est
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d'après Wedl et Pintner, finement réticulée ; je ne retrouve pas ce caractère, ce qui n'est pas étonnant ,n'ayant plus de l'animal vivant qu'un croquis rapide fait dans de mauvaises conditions d'éclairage. Sur l'animal mort elles sont plissées et crispées dans tous les sens, parfaitement sessiles, échancrées en arrière, et la ressemblance est alors complète avec les Phyllobothrium de Van Beneden. Je comparerai cette tête non tant à une laitue ou un chou frisé qu'au chapeau plissé d'une Helvelle. Les bords sont régulièrement crénelés, ce qui est dû à ce que la marge un peu épaissie est partagée par un bourrelet saillant et festonné en une rangée de petits loculi aussi nets que ceux qui couvrent toute la surface des ventouses d'Echeneibothrium. Cette disposition a été décrite en détail par Linton chez son Phyllobothrium foliatum, espèce que j'aurais bien ajoutée à la synonymie s'il ne spécifiait pas que les orifices génitaux sont au milieu des marges, mais sa figure d'Anthocephalum gracile en montre l'ébauche ainsi que celle de Pintner. Elle est presque un artefact, n'étant parfaitement nette que sur ]a bothridie contractée : quand elle est étalée on ne voit qu'une marge crénelée dont les dents sont séparées par des ébauches de replis radiaires.
Le bord antérieur de la bothridie porte une petite ventouse accessoire parfaitement circulaire, à peine plus grande qu'une de ces alvéoles dont elle interrompt la série et dont elle pourrait peut-être représenter une différenciation plus accusée. On voit souvent sur le vivant la partie antérieure de la bothridie s'allonger en une sorte de trompe terminée par cette ventouse. Ce qui montre bien comme il peut être difficile de constater ce caractère et explique l'attribution de Diesing, c'est que mon dessin précité de l'animal vivant n'en montre pas trace : mis en éveil par la description des auteurs, et bien que Linton déclare à peu près impossible de la voir sur la bothridie contractée, je l'ai recherchée de très près sur mes échantillons fixés et j'ai fini par en retrouver une sur l'un d'eux.
Du point de réunion des quatre pédoncules, assez courts, part le cou dont la longueur n'atteint guère qu'une fois et demie le diamètre d'une bothridie étalée, et qui est fort grêle comme l'indique le nom spécifique choisi indépendamment à la fois par Wedl et Linton, du moins sur l'animal vivant car mes échantillons qui ont été mal anesthésiés ne suggéreraient guère cette épithète. Puis commencent les anneaux, très nombreux et croissant graduel-
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leinent; leurs bords s'arrondissent à mesure. Ils se détachent quand ils sont devenus à peu près aussi longs que laides (à l'état ronlraclé), et sont alors tout à fait ovales. On les trouve en très grande abondance dans l'intestin de l'hôte. Mais à ce moment la plupart des organes ont subi une régression et ils ne représentent plus que des sacs à œufs qui crèvent d'ailleurs au moindre contact, répandant dans la préparation et dans les bocaux des milliers de ces derniers que nous décrirons plus loin. Pour avoir une bonne idée de l'appareil femelle, il faut décrire d'abord les derniers anneaux attachés à la chaîne.
Leur anatomie, qu'a étudiée en détail Zschokke, est très spéciale. Ils sont, comme je l'ai dit, rectangulaires à bords latéraux très arrondis. Tout à fait en arrière d'un de ces bords, au contact de l'anneau suivant, on aperçoit une dépression où la sous-cuticule s'épaissit et qui alterne très irrégulièrementd'un anneau à un autre, restant souvent dans trois ou quatre de suite du même côté. Ce sont les orifices génitaux qui s'ouvrent, selon Zschokke, superposés non dans le plan frontal mais dans le plan transversal, le vagin étant dorsal, ce qui est tout à fait exceptionnel chez les Cestodes. On voit qu'il n'y a plus qu'un pas à faire pour arriver à l'ouverture tout à fait postérieure des pores co[)ulateurs chez VUrogonoporus armatus de Liihe. En regardant par transparence même sans coloration un proglottis, on distingue dans sa largeur trois zones, une médiane un peu plus étroite, claire et transparente, deux latérales plus sombresetopaques.Cettedispositionsignaléechez plusieurs espèces du même groupe, et déjà dans la diagnose du Bothriocephalua auriculatus de Rudolphi, est due aux vitellogènes qui sous la forme de petits follicules très serrés et brujiAtres remplissent toute cette partie latérale. Dans l'espace clair médian on distingue un utérus droit, non encore ramifié, et un ovaire bilobé peu découpé. Les testicules sont déjà régresses à ce stade et je n'ai pas vu le pénis dévaginé. Sur le proglottis détaché tel qu'on le rencontre d'habitude on ne voit plus d'autres organes qu'une masse postérieure prenant fortement le carmin et qui est le reste du germigène. Tout le reste est rempli par l'utérus qui s'est lobé sur les bords, généralement vidé par une déchirure médiane. Les orifices génitaux par suite de l'arrondissement du bord postérieur semblent reportés plus en avant, jus(|u'au dernier quart de la longueur.
ÉTUDES SUR LES CESTODES DES SÉLACIENS SOo
Restent à décrire les œufs, qui sontune des meilleures caractéristiques de l'espèce et atteignent un degré de différenciation rare chez les Tétraphylles. Ils ne présentent pas moins de quatre enveloppes successives (lig. 5). La première est assez mince, ovoïde, étirée aux deux extrémités, comme ces ampoules de verre fermées à la lampe qui renferment des solutions stérilisées pour injections hypodermiques, en deux filaments très longs, s'amincissant graduellement et portant même parfois des ramifications, qui s'accrochent partout dans les préparations. Un très petit espace de cette enveloppe est rempli par la seconde, dont le diamètre n'a guère plus delà moitié du diamètre minimum de la première. Elle est beaucoup plus épaisse, parfaitement sphérique et chitineuse. Ces deux enveloppes sont sécrétées par l'ootype, comme le prouve la présence entre la dernière et la suivante de quelques débris informes des cellules vitellines différées par l'embryon. Au-dessous
^, , . . , , Fîg. 5. — Phyllobothrium
se trouve une troisième coque, très ^ract/e ; 0 gauche, trois œufs semblable comme aspect à la précé- To^'j^^^^u^Z^f^. dente, mais d'un diamètre notable- x2ao. ment moindre et sécrétée par l'œuf.
Lembryon, dont le diamètre est encore de moitié inférieur au sien en est séparé par une dernière enveloppe très mince, non accolée à lui, peu visible et présentant sur la coupe optique des renllements indice d'une structure épithéliale : c'est évidemment unexamnios conforme à ce qui existe chez les autres Cestodes. Enfin l'embryon lui-même est un embryon hexacanlhe typique, globuleux, sans différenciation cellulaire visible à moins de coloration, et portant trois paires de crochets cunéiformes.
Il faut noter que ces œufs doivent être observés directement dans l'eau ou le formol: la glycérine et les alcools les ratatinent à tel point qu'il est impossible de reconnaître les diverses enveloppes qui ne se laissent d'ailleurs pas traverser par les réactifs. Ce qui corrobore l'origine qui leur a été attribuée plus haut, c'est que Wedl, qui a figuré fort exactement cet œuf, l'a vu à un stade plus jeune où les deux premières, d'origine maternelle, existent seules: on ne trouve en dessous que plusieurs globules granuleux qui
Archives de Parasitologie, IX, n» 4, 1905. 33
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représentent l'un l'œuf non encore segmenté et n'ayant pas formé d'enveloppes propres, l'autre les cellules vitellines non encore digérées.
Dimensions: largeur du cou sur le vivant O^^Oli, fixé 0,5. Hauteur de la bothridie fixée O^^n^SQ à 0™*"60. Derniers anneaux) lmra5 sur 1"""^ à l^^ii. Œufs: enveloppe externe (sans les filaments, 18()pt sur 70 ; deuxième enveloppe iSa ; troisième, 29ix; diamètre de Tembryon 16 p.
Trouvé une fois dans la seule Torpédo marmorata examinée.
Genre Monorygma Diesing, 1863.
Le genre Monorygma^ étécréé par Diesing (3) pourY Anthobothrinm perfectumde Van Beneden (35) qu'il sépare de ce genre par l'existence d'une ventouse accessoire, d'ailleurs plus développée que dans les Phyllobotkrium où les bothridies sont de plus crispées. Voici sa diagnose : « Corpus articulatiimy t^œnioeforme. Caput a corpore collo disjunctum, bothriis quatuor oppositis, sessilibus, marginibus integris, singulo acetabulo auxiliario subcirculari instructo, Myzorhynchus terminaUs, Aperturœ genitalium terminales. » Ces caractères, tout relatifs comme nous l'avons montré, sont néanmoins assez nets dans les trois espèces qui composent ce genre (la troisième est M. chlamydoselachi Lonnberg), et qui forment un groupe bien naturel.
Monorygma elegans Monticelli, 1890.
Synonymie. — Monorygma perfectum Zschokke (42). — - Monorygma elegans Monticelli (20).
Zschokke, qui a trouvé le premier cette espèce et en a fait l'étude anatomique, l'avait rapportée à VAnthobothrium (Monorygma Diesing) perfecttim de Van Beneden. Dans une note de son travail sur les Helminthes de Wimereux, Monticelli déclare qu'elle en est très différente et en fait une espèce nouvelle surlaquelle il annonce des détails ultérieurs qui n'ont jamais paru à ma connaissance. L'espèce que j'ai rencontrée, et qui est identique à celle de Zschokke, n'étant évidemment pas conforme à la description de Van Beneden, nous pouvons tenir cette opinion pour bien fondée.
J'ai trouvé deux très beaux exemplaires de Monorygma ekgans dans un Scyllinm catulus. C'est le plus grand Gestode que j'aie rencontré (longueur totale 17 ou 18 cm. à l'état fixé). La tète, dilatée.
porte quatre bothridies convergentes en avant, libres par leur bord postérieur qui s'incurve souvent vers le cou, de forme générale ovale, planes ou légèrement concaves en dehors ou en dedans. Elles ne se crispent jamais comme celles des Phyllobothrium mais peuvent, ainsi que l'indique Zschokke, présenter des plissements transversaux qui leur donnent une certaine ressemblance avec celles des Acanthobothrium, beaucoup moins nets toutefois, moins réguliers et moins persistants que dans ce genre. A leur partie antérieure se trouve la ventouse accessoire, de taille relativement grande, à contour circulaire ou ovale mais généralement un peu aplati en arrière, ce qui peut lui donner l'apparence en ce point d*un septum cloisonnant en deux loges inégales une bothridie unique, bien que la postérieure n'ait pas de rebord musculaire. Entre ces quatre ventouses qui sont assez rapprochées les unes des autres on devine un petit myzorhynchus pointu et très court.
A la tête fait suite un cou très allongé, montrant comme toujours les vaisseaux par transparence. Puis commencent les anneaux, longtemps tout à fait linéaires, s'allongeant avec une extrême lenteur de sorte qu'ils restent toujours notablement plus larges que longs môme à l'état adulte, ce qui est tout à fait exceptionnel chez les Cestodes de Sélaciens et constitue une différence importante avec M, perfectum. Chacun d'eux a son bord antérieur légèrement invaginé dans Tanneau suivant et recouvert par le bord postérieur de celui-ci. Je n'ai pas pu les étudier complètement mûrs, mais dans ceux dont la largeur est égale à 2 fois 1/2 la longueur, les glandes génitales sont déjà bien développées et répondent complètement à la description et aux ligures de Zschokke. L'orifice est marginal, très voisin du bord antérieur cette fois, irrégulièrement alterne. Il peut y faire saillie un pénis très allongé et hérissé de soies très fines, qui invaginé se porte transversalement vers le milieu sans se replier sur lui-même. Le parenchyme de l'anneau est semé de testicules très petits dans toute son étendue. Latéralement deux vitellogènes formés de follicules épars dans deux régions latérales, comme chez Phyllobothrium, mais moins serrés et localisés su rtout en arrière. Au milieu on aperçoit l'ootype flanqué de deux petits germigènes triangulaires assez écartés. Utérus peu développé à ce stade.
Dans Scyllium catubis où Ta trouvé Zschokke.