P. MARAIS DE BEAUCHAMP
Dimensions. — Bothridie 0°»™ 60 sur 33. Diamètre de la ventouse accessoire 0^^ 13. largeur maxima du cou O"»'" 23. Dimension des plus grands anneaux 2n^»n30 sur l»""» 30. Longueur du pénis 1 «"».
Tribu : Echéneibothrinés.
Genre Discobothrilm Van Beneden, 1871.
Ce genre ne comprend qu'une seule espèce :
Discobothrilm fallax Van Beneden, 1871.
Synonymie. — Discobothrium /"aWao: Van Beneden (36), Lônnberg (16). — Echeneibothrium variabile Monticelli (20), Olsson (23).
Cette espèce extrêmement remarquable était jusqu'à ce jour fortement soupçonnée de ne reposer que sur une erreur d'observation. Van Beneden en 1871 (36, pi. V, lîg. 13) a figuré sans le décrire, sous le nom de Discobothrium fallaj:, la tète d'un Cestode caractérisé par un myzorhynchus énorme aplati en ventouse surmontant quatre bothridies arrondies et presque sessiles, dont il avait trouvé deux exemplaires d'ailleurs passablement contractés. Lonn berg en 1889(16, pi. I, fig.8 10) rencontre deux strobiles et un scolex qu'il figure et rapporte à la même espèce. 11 en donne la diagnose suivante: (( Scolex magnus, acetabulum terminale mcutimum, crateriforme seu hcemisphcricum. Ba^i illim bothria bo/hHufnfallax; quatMOT, multo minora, crasse pedicellata, versatUia, partie antérieure tum ostio circulari, tumcochlearia. Ultima strobila
de l'animal vivant ...^ • a ^ -^ i j
Pt^jaié monihformia, Aperturœ génitales secundo, pcnts
echinatus. » Monticelli en 1890(20) déclare que les figures données par ces deux auteurs se rapportent à des Echeneibothrium variabile contractés, qui peuvent en effet dans certaines conditions présenter une trompe presqu'aussi développée (voir une des figures de Van Beneden se rapportant à cette dernière espèce, 34, pi. 111, fig. 4). Le dessin original de Van Beneden prête en effet à celte interprétation qui ne peut guère s'appliquera ceux de Lônnberg. Celui-ci maintient la réalité du genre et de l'espèce et engage à ce sujet une polémique avec Monticelli (17, 21). Olsson (23) a été de l'avis de ce dernier et Braun (3) ne cite le genre Dwcobothrium qu'avec doute.
La défiance de l'auteur italien était certes justifiée par Timmense variabilité de forme sur laquelle nous avons tant insisté et que nous retrouverons encore plus grande dans les Echeneibothrium, et Ton ne saurait montrer trop de prudence à Tégard (Jes espèces et des genres fondés sur un petit nombre d'observations dans de mauvaises conditions. Néanmoins Monticelli était dans son tort : Discobothrium fallax existe, et justifie comme on le voit pleinement son nom spécifique. Je l'ai trouvé en grande abondance à Banyuls, où il représente une des formes les plus développées et les plus fréquentes, et j'ai pu m'en procurer de nombreux exemplaires. La connaissance très imparfaite que nous avons de cet animal m'engage à en donner une description un peu plus détaillée, accompagnée d'une étude anatomique sommaire.
Discobothrium fallax est un Cestode de grande taille : 12 à 15 cm. fixé. Sa tête qui est énorme et renflée, offre une très grande variété de forme. Elle se compose essentiellement d'une partie centrale se continuant, d'une manière insensible, avec le cou, qui va en se dilatant jusqu'à l'insertion des quatre bothridies, et d'une trompe extrêmement développée formée par le myzorhynchus, terminée par une ventouse puissante et pouvant s'invaginer complètement à l'intérieur de la première partie, qui se renfle alors en une sorte de pyramide quadrangulaire très arrondie, parfois même presque globuleuse, dont les angles supporteraient les quatre bothridies également rétractées (fig. 8). Décrivons successivement ces différents éléments.
Les bothridies (fig. G) diffèrent assez profondément de celles des Pliyllobothrinés ; sur le vivant elles sont très mobiles et se composent d'un pédoncule cylindrique assez court s'évasant insensiblement à son extrémité en un cornet dont l'orifice ourlé d'un renflement est ovale, ou en pointe à son bord supérieur. On pourrait les comparer à des fleurs d'Aristoloche. 11 ne présente aucune espèce d'alvéoles ou de replis transversaux. Mais les bothridies sont tellement contractiles que je n'ai jamais pu parvenir à les fixer dans cet état; parfois elles se rétractent tellement qu'elles disparaissent dans la masse de la tête et ne sont plus représentées que par une dépression circulaire qui les a fait comparer par Lônnberg aux cotyles des Ténias (fig. 8). Plus souvent elles se réduisent à un moignon cylindrique terminé par une ouverture généralement
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plissée en bourse; on distingue à l'intérieur par transparence la partie musculaire {ûg. 7).
La trom|ie est l'organe le plus caractéristique, bien que le plus variable. Elle est légèrement rétrécie k son insertion sur la tèle dans son élat de complète exleusion, rare il est vrai, où sa longueur tbeauoflup plus gi'ande que dans la fig. 6), peut atteindre presque deux fois celle du cou et de ta tète réunis, sa largeur étantau moins égale à celle de cette dernière. L'aspect de l'animal rappelle alors d'une manière frappante celui de certaines Annélides comme les
Piereis, quand la partie aniérieure du tube digestif se dévagine en une énorme trompe, plus longue et plus grosse que la tête et les premiers segments. Il est, à première vue, i m possible de coin prendn' comment elle arrive rbez le Ce.>itode à se loger dans la [)artie céplialique beaucoup plus petite qu'elle. Son extrémité peut parallre, vuedeprolil, brusquement tronquée, el Ion s'aperçoit alors quelle est invaginée en une énorme ventouse formant un puissant orgaoe d'adhésion. Quand celle ci se dilate et se rétracte à la fois, la t^le prend l'aspect c raté ri forme décrit et ligure par LÔnnbei^ el sa
ETUDES SUR LES CESTODES DES SELACIENS
largeur devient maxima. Mais cette extrémité, complètement évaginée, peut aussi se terminer en pointe plus ou moins obtuse, parfois entourée d'un ressaut circulaire qui représente le bord de la ventouse précédente. Alors, surtout quand Tanimal est mort naturellement, la tête peut offrir absolument Taspect d'un pénis atteint de paraphimosis dont la trompe serait le gland, le ressaut précité la couronne, et la zone d'insertion des ventouses plissées et rétractées le prépuce fortement rejeté en arrière (fig. 9). Enfin la trompe complètement invaginée ne se trahit plus que par une dépression entre les quatre ventouses.
A la tête fait suite un cou proportionnellement assez grêle et dont la longueur a de 1 à 2 fois celle de la portion céphalique proprement dite. II est légèrement crénelé sur ses bords à l'état de contraction. Ensuite commencent les anneaux qui croissent avec une extrême lenteur; leurs marges sont légèrement bombées ou convergentes en avant, donnant au ruban un aspect dentelé. Il devient rapidement moniliforme et montre des orifices génitaux s'ouvrant un peu en arrière de la moitié de chaque anneau, irrégulièrement alternes (1). Les proglottis qui se détachent sont beaucoup plus petits que chez VAcanthobothrium coronatum dont la taille est à peu près la même. Ils sont elliptiques, deux fois plus longs que large, et leur mobilité est beaucoup moindre que dans ce dernier; ils ne montrent pas de différenciation apparente.
Je donnerai à présent quelques détails anatomiques uniquement topographiques. Tout d'abord la cuticule présente sur la trompe et jusqu'à la base des ventouses une différenciation analogue à celle du cou d'Acanthobothriiim filicoUe : petites épines très serrées, en brosse, obliques en arrière, implantées dans une couche anhiste mince. La partie ainsi revêtue correspond très exactement à celle
Fig. 9. — D, fallax y ïndïyi' du placé dans le formol a près sa mort et observé dans la glycérino.xli.
(!) Lônnberg dit, sans en être bien sûr, que son espèce se distingue d'Echeneibothrium variabile par les pores unilatéraux; les miens sont alternes, mais l'erreur se comprend facilement étant donné qu'il n'en a vu que très peu d'exemplaires et que les pores restent souvent dans plusieurs anneaux de suite du mémo côté, ses figures ne permettent pas de douter de l'identité de son espèce avec la mienne.
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qui est en entier iDvagJDable dans la tête. Sur 1» ventouse terminale proprement dite, les bâtonnets sont tellement serri^s (]u'ilsdonneiil l'aspect d'un épilliélium cylindrique à cellules minuscules. Tout le reste du corps est revélu d'une cuticule plus épaisse, glabre. ])résentiint des plis et des sillons irréguliers et qui sur le cou et le corps r se divise en deux couches d'épaisseur h peu près semblable, inégalement colorables par rhéinatoxyline-éosine.
Surunecoupelon(fitudinale(lig. I1|, on voit la tête jusqu'au rou formée i essentiellement d'un parenchyme réti-
culé très ténu et très peu colorable;on y dislingue des librilles très minces^, en cbevétrées dans toutes les directions, que l'imprégna lion au carmin osmiquc met seule bien en évidence, et de petits noyaux épars. Sa laible densité permet de rompi-endre corn ment il se tasse quand la trompe ren ti-e, de sorle qu'elle n'occupe guère [dus de place à son intérieur que n'en tient sa partie musculaire dont nous allons parler tout a l'heure. A la périphérie la cuticule est doublée parles cellules sous-culiculaires (ce) bien con nues chez les (^stodes, allongées non maleuienl à la surface, enchevêtrées.
tri>s colorctbles sauf leur portion distaie qui se termine eu une couche de librilles radiaires très seri'ées, se cou fondantà un faible grossissemenlaver la cuticule en une zone incolore en dehors de la zone colorée des cellules; près de leur insertion à celte cuticule, on distingue avec un lort objectif des librilles longitudinales très minces, coloi-ables par l'éo sine. Les libres musculaires de la ventouse terminale et des bothridies semblent représenter une différencialion sur place
FlR. 10. — a. fallax: coupe longitudinale de la parUe anléricuro.— 6, bollirldic; ce, couche des cellulca sous-cuUcuIaires ; ce, éli^menls celluluirca indéterminés ; cj, couche des éléments jeunes; m, muscles riïtracteurs de lu ventouse apica le; tr, troncs eicrélcurs ; va, venlousc api-
CTL'DES SUR LEP CESTODES DES SELACIENS
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de ces cellules sous-culiculaires, qui manquent 'd leur niveau et ont les mêmes rapport qu'elles, La couche sous-cuticulaire devient très mince en approchant du tjout de la trompe.
A l'extrémité antérieure un trouve une énorme masse musculaire (fit) qui tranche vivement par sa coloration plus intense sur le parenchyme clair dont nous avons parlé. C'est la ventouse terminale. Quand elle est rétractée, elle offre sur la coupe longitudinale une forme se mi- circula ire avec une lumière en Y : en effet le fond de la ventouse fait saillie pour en constituer pour ainsi dire le piston quand les bords s'écartent et font prise sur un objet. Mais ce lobe ne borne pas là son mouvement : il peut faire saillie au dehors et, s'agrandissant aux dépens des parties latérales, n'être plus entouré que du sillon que nous avons signalé tout à l'heure et quidispardtt même dans l'extension complète (fig. il}. L'organe est alors complèlement retourné comme un doigt de gant, sauf qu'il n'est [las ri-eux, el rien n'y rappelle plus la structure d'une ventouse; sa forme sur la coupe est trapézoïdale, k angle Kupérieurplus ou moins obtus. Il est impossible de ne pas être frappé de la ressemblance entre ce mode d'évagioatioii et celui du rostelluni des Ténias, (^eci nous donne la clef des changements de forme et de longueur de la trompe : les premiers dépendent de l'invagination et de ta dévagination de cette ventouse, les seconds de sa protraclion ou de sa rétraction à l'intérieur de la tête par un mécanisme dont nous allons parler.
\u point de vue de la structure, cet organe est une masse très serrée de fibres qui, à l'état d'extension complète, sont toutes longitudinales et sensiblement parallèles, à l'état d'invagination convergent vers la lumière pour produire l'aspiration. Sur une coupe transversale de la trompe (fig. i2) dans le premier état,
V\g. i\. ~~ D. faliax; coupes loiigituOinales sch<^ma listées de la veolouse terminale, il gauche daDsI'iDvaKioallon.âdroile dans l'é vagi nu tiona compile. Mi^mcs Icllres que dans la Hg. 10.