P. M ABATS DE BEAUCHAMP
Cettesemelleestdiviséeen deux rangées longitudinales dechanips musculaires, approximativement quadrangulaires, dans chacun desquels les fibres sont disposées d'une façon radiaire et paraissent, comme l'indique Zschokke (42), ne pas passer dans les voisins. Il faut bien comprendre que le nombre de ces champs, qui sont des unités anatomiques, mais qu'on ne peut guère distinguer que sur une ventouse bien fixée et colorée, est le seul qui puisse présenter une certaine constance (sur le degré de laquelle je ne suis d ailleurs pas fixé) — il parait être de 5 ou 6 de chaque côté dans Tespèce dont il s'agît — mais qu'il peut ne pas correspondre du tout à celui des alvéoles visibles par un examen superficiel. En effet les plis qui séparent celles ci sont des modifications dynamiques qui répondent à l'état variable de la contraction. Le plus généralement ils se font en effet à la limite de deux champs musculaires, et peuvent être alors soit simples, comme le figure Van Beueden, soit doubles, et chaque champ devient alors suivant l'expression de Zschokke une petite ventouse avec sa paroi propre. Ils peuvent disparaître complètement ou partiellement à Tétat d'extension, et les limites des champs ne sont plus visibles sans coloration, leur nombre parait plus petit. Il peut aussi s'en former de surnuméraires, comme nous Talions voir.
La forme générale de la bothridie peut se modifier par l'allongement de sa semelle, qui prend la forme d'une bande souvent creusée en gouttière, et qui peut porter sur les deux extrémités : on a alors l'aspect indiqué par Linton dans la plupart de ses Rhinebothrium, où le pédoncule paraît inséré au milieu; plus souvent elle ne porte que sur la partie supérieure, et le pédoncule paraît inférieur, les alvéoles de la portion sous-jacente semblent rangées en demi-cercle autour de lui. La feuille peut même sembler se continuer directement avec son pétiole, par disparition de celle-ci. Sur l'animal fixé, la semelle se creuse souvent en une coupe ovale, très concave, insérée par son milieu, dont les bords se rabattent vers le dedans. Mais alors ces bords se plissent et se festonnent eux-mêmes très régulièrement, un peu comme nous l'avons vu chez Phyllobothrimn gracik, et voilà deux autres rangées d'alvéoles qui paraissent situées en dehors des premières ; l'aspect se rapproche beaucoup de celui que décrit Linton dans M. c^mccllatum. Enfin sur l'animal mort ou mal fixé, la semelle devient
ÉTUDES SrR LES CESTODES DES SÉLACIENS 523
globuleuse et son orifice se plisse en bourse ; on ne soupçonne plus la subdivision que par quelques traces du feston régulier des bords qui subsistent.
Le niyzorhynchus peut être complètement invisible quand il est rétracté, et ne crée pas alors un élargissement particulier de la tête comme chez Viscobothrium, On ne peut donc ranger une espèce dans le sous genre Rhinebothrium Linion, que caractérise son absence, avant de s*ètre assuré qu'il manque réellement par une longue observation sur le vivant, ou mieux encore par des coupes. Protracté, il se dilate en général en une large cupule hémisphérique, toujours moins développée proportionnellement que chez Discobot/erittmetdont surtout la partie réellement musculaire est beaucoup plus petite; elle présente généralement un rebord mince et dentelé qui n'existe pas dans ce genre. Cette cupule peut se contracter en globe, et je ne serais pas étonné qu'elle pût aussi présenter dans cette espèce les formes spéciales que je décrirai dans la seconde.
A la tête fait suite un cou très court, puis les anneaux qui croissent rapidement et montrent bientôt à leur intérieur les testicules disposés en deux rangées imbriquées comme les grains d'un épi, entourés de deux bandes marginales plus foncées qui s'élargissent et se rejoignent en arrière, rudiments communs du germigène et des vitellogènes qui existent de môme chez les Acanthobothrium par exemple. Le proglottis, qui a été bien figuré par Wagener (39), est de petite taille, absolument gonllé d'œufs quand il est mûr. Les orifices génitaux sont marginaux, un peu en arrière de la moitié, et le pénis est couvert d'épines de longueur uniforme sur toute son étendue. On distingue dans la région postérieure un ovaire massif, de forme générale triangulaire. Les vitellogènes forment deux bandes latérales épaisses, pas très découpées. Le milieu est rempli par l'utérus.
Dimensions : longueur de la tête et du cou réunis l^ni^ à imm;^. largeur de la tête 0,44, du cou 0,10. Longueur d'une bothridie à un état moyen de contraction 0.38 à 0,39, largeur 0,28. Longueur du bulbe évaginé 0,14, largeur 0,3o à 0,3G. Proglottis 1,50 sur 0,60 environ.
J'ai trouvé ce Ver très fréquemment dans l'intestin de Itaja punctata, mais souvent mort; il parait peu vivace. 11 est connu dans la plupart des espèces de Raies.
p. MARAIS DE BEAUCHAMP
ECHENEIBOTHRIUM Sp.
J'ai trauvé <i plusieurs reprises, mais un ou deux exemplaires seulement à chaque fois, dans H. punclata et R. nuurorkytKhm un Echeneibothrium qui semble distinct du précédent el que je niti pu rapporter à aucune des descriptions des auteurs. ÏJt télé (fig. I!) et 20) est remarquable par un myzorhynclius [très développa, généralement aplati en un dis<iue ti'ès large <i libres radiaires nelles, dont les bords sont fréquemment godronnés et plissés, caractère que je n'ai jamais constaté sur l'espèce précédente. Mais il peut aussi se creuser en cupule, se contracter en globe, et même j'ai trouvé une fois un individu dont le slrobile et l'aspecl de la léle une fois fixée étaient absolument semblables, même au point de vue dr ce caractère, mais dont le myzorhyncbus avait sur le vivant uup forme toute particulière, celle que Van Benedcii donne comme camctérisli que de son E. dtibium d'ailleurs fort différent par le nombre des alvéole^ et des anneaux : une petile ventouse longuement prdonculée quia absolument lair dune cinquième bofjg (g tbridie, celtes-ci ayant »o
Fin. \s<-ii3.- Eciieiieibothnum sp. lad\- ""^'"^ moment une ti?e vidus vivunis. longue el une semellecon-
Iractée (Tig. 18}. Il serait fort désirable qu'une étude anatoinique analogue à celle que j ai faite pour Discoboïkriiim fut entreprise sur la tête des diverses es pècesd' Echeneibothrium, surtout decellespourvuesd'un myzorhynchus sur les(|uelles nous n'avons aucun détail de cette nature; elle donuerait la clef des variations d'aspect de ce dernier et poumil servir de base à la l'évision très nécessaire des espèces du genre, t'i ])enneth-e d'ideulilier les éduintillous conservés. '
Les ventouses sunl à peu |»rès semblables à celles de l'espwf pi-écédente- à l'étal fixé, leur bord postérieur a une tendance lii's reniar(|uabk> à s'enrouler en dedans. Elles peuvent s'allonger beau-
coup, et daas ce cas leur forme est lout k fait linéaire et les replis
transversaux invisibles. Les alvéoles paraissent au nombre de 6 ou
7 de rha((ue ciMé. Le cou ne dépasse pas la longueur de la léle.
mais il est par rapport à elle 1res grêle ainsi que le corps dont le
sépare un léger étranglement et dont la largeur
n'augmente presque pas. Les anneaux croissent
avec une extrême lenteur ; je n'ai pu colorer
qu'un seul proglotlis en mauvais état, mais la
forme de l'ovaire et des vitellogènes m'y a paru
dillérer de la description précédente. Je ne puis
évidemment songer dans les conditions actuelles
à donner un nom à cette espèce, qui se confond
peut-être avec une de celles qui ont été décrites,
à moins qu'elle ne soit une simple variété de la
précédente, ce qui m'étonnerait néanmoins.
Dimensions: largeur du myzorhynchus étalé w —Eehe
en disque On""(i(). Longueur dune boliiridie neibothrium sp. moyennement contractée 0.60. Longueur du cou '"'"«■''i" ''^;f' ™ 0,30 k 0,60. Largeur sur le vivant 11,083, fixé lebaumB. xXi. 0,14 à 0,2. Proglottis 2,oO sur 0,50 environ.
Ordre: DIPHTLLES.
Famille: Echinobothridés.
(ienre Ethinobothrium Van Beneden, 1849.
Ce genre, qui constitue à lui seul presque tout le groupe des Dipiiylles, est un des plus caractéristiques qu'on puisse rencontrer. Ses aHinités sont assez douteuses et on peut lui en trouver avec toutes les autres formes de Ce.stodes ; la symétrie binaire de sa léle (les bothridies montrent d'ailleurs des tracesdebilidité), de même que l'ouverture ventrale des pores génitau.x rappellent les Pseudoph viles; mais il n'existe pas de pore utérin distinct. Des Trypanorbynques le rapproche le fait que la tête est portée par une tige différenciée qui n'est pas un véritable cou, car on peut trouver entr'elle et les anneaux une région insegmentée. Il est très voisin des Tétraphylles par la disposition des glandes génitales, la forme et la motilité du proglottis, et par ses ventouses qui sont de véri tables phyllidies très mobiles et semblables à celles que nous avons
526 p. MARAIS DE BELAUGHAMP
vues jusqu'ici. Les crochets qu'on voit disposés devant elles semblent d'abord homologues de ceux des Phyllacanthidés, mais leur rétractilité à l'intérieur de la tête, et le fait que dans une espèce (E. musteli Pintner), il est séparé d'elles par une portion différenciée de celle-ci montrent qu'en réalité ils correspondent bien plutôt à l'unique couronne de crochets de certains Ténias, celle partie in vaginable étant un véritable rostre dont il suffit de supposer l'armature très développée et interrompue à droite et à gauche. L'historique du genre est brève. Il fut établi par Van Beneden en 1849 (33) pour V Echinobothrium typus dont il sera ici question. Wagener (39) rapporte à cette espèce une forme que Leuckarl et Pagenstecher reconnurent différente (8) et que Diesing (;>) en sépara sous le nom d'A\ affine. Pintner en 1889 (28) fit la révision du genre et y ajouta deux espèces nouvelles, E, musteli et £. brachjjsomtim. Ces quatre espèces sont les seules connues, car ÏE, Inicolle de Lespès est une forme larvaire enkystée dans Nassa reticulatu, qui correspond peut être à r£. mustelL Les larves d^ Echinobothrium semblent vivre surtout dans les Amphipodes et les Gastéropodes.
EcHiNOBOTHRii'M TYPUS Vau Beuedeu, 1849.
Synonymie. — Echinobothrium typus Van Beneden (34, 35, 36), Olsson.(24), Lônnberg (16), Pintner('28), Monticelli (20). — non Wfco thrium typus Wagener (39). — non Echinobothrium typus Wedl(40), Leuckart et Pagenstecher (8).
Ce Ver est l'espèce typique décrite par Van Beneden en 18W dans une notice préliminaire à son grand travail, retrouvée par une foule d'auteurs. Elle parait présenter une distribution assez irrégulière et être fort rare sur les côtes françaises: tandis que Van Beneden et Pintner l'ont trouvée parfois en grande abondance. Monticelli ne l'a rencontrée qu'une fois à Wimereux, M. (îuiarl (communication orale) qu'une fois à Roscofï, et je n'en possède de Banyuls qu'un seul exemplaire. Linton, dont les recherches éten dues et scrupuleuses nous ont fait connaître tant de formes spéciales de Cestodes ne mentionne aucun Echiiwbothnum,
Echinobothriumtypus est un Cestode de fort petite taille (3 ou 4 """l. composé d'un très petit nombre d'anneaux, quatre ou cinq dans mon individu. A l'œil nu, son aspect est presque celui d'un Ecbinocoque. La tête porte deux larges bothridies, libres à leur parlie
postérieure et très mobiles comme celles des Tétraphylles. Vues de face, elles ont la forme d'une raquette à petite extrémité antérieure dont la surface paraît finement ponctuée, ce qui est dû à ce qu'elle est couverte de petites soies visibles à un plus fort grossissement. Vues de profil, elles se retroussent en pétales de fleurs. Au-dessus de chacune est disposé un véritable peigne formé par les crochets, qu'on voit s'invaginer et se dévaginer d'un brusque mouvement de bascule à Tintérieur de la tête, et, tandis que Tani mal progresse, se porter à droite ou à gauche en s'écartant comme pour chercher à agripper un obstacle. Ces mouvements sont extrémement curieux et frappants. Leur longueur n'excède pas le quart ou le cinquième de celle de la bothridie; j'ai pu difficilement les compter, les voyant de profil sur mon individu monté, mais ils paraissent au nombre de sept ou huit grands de chaque côté entremêlés de plus petits. Leur profil a la forme d'une lame de couteau pointue, évidée à la base et légèrement recourbée vers le bas. Au milieu de la tête on aperçoit un espace clair qui est une sorte de bulbe musculaire et que les premiers auteurs ont pu prendre pour un rudiment de tube digestif.
La tête se continue «n arrière sans démarcation par son pédoncule qui dépasse les bothridies de une fois et demie à deux fois leur longueur. A un faible grossissement, il paraît régulièrementcannelé et même grillagé ; on s'aperçoitviteque cette apparence est due aux longues épines régulièrement disposées en files longitudinales qui l'arment, et dont chacune comprend une pointe allongée, se portant en bas pour s'imbriquer sur la suivante et s'appliquant étroitement au pédoncule, et une base composée de trois courtes épines dirigées à angle droit les unes des autres et de la précédente, et rejoignant les voisines (mais sans s y souder) pour dessiner lequa drillage précité. J'en ai compté 14 à 15. dans chaque file longitudinale. Par transparence on ne distingue dans cette tige aucune différenciation. Vient ensuite une très courte région collaire proprement dite, peu distincte du premier article, portant une tache rouge comme dans Scolex polymorphus, puis les anneaux qui, dès le troisième, laissent apercevoir à leur intérieur des testicules en deux files imbriquées comme dans Echeiieibothrium, et en arrière la masse bifide du germigène. Le dernier anneau, qui a plus du double de la longueur du précédent, est mûr à point pour se déta-
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cher. Les organes génitaux, que je n'ai pu étudier que' très superficie] lement, sont conformes au type Tétraphylle; la poche du cirrhe s'apen;oit facilement par transparence vers le tiers posté rieur de l'anneau et est entourée d'une boucle décrite par le vagin (position et rapport qui avec le nombre des crochets antérieuii» et pseudo-collaires sont caractéristiques de l'espèce). L'ouverture est ventrale, mais rapprochée d'un des bords, le pénis échiné. Les œufs, que je n'ai pas vus, sont isolés dans cette espèce.
Dimensions: longueur de la portion céphalique 0 ™™ 360, de la tête, 0 »""» 116, d'un grand crochet 0 "«"» 093, d'une épine pédonculaire la même à peu près, du dernier anneau 1 «""> 5. Largeur du pédoncule céphalique 0 »""» 046.
Trouvé une seule fois dans l'intestin de Rajapunctata. Il a été signalé par les auteurs surtout dans R. clavata.
Ordre : TRYPANORHTNQUES.
Les Trypanorhynques forment un groupe très bien délimitédonl nous avons déjà indiqué les caractères principaux et les affinités. Ils comprennent des espèces fort nombreuses dont la systématique et la nomenclature sont au moins aussi embrouillées que chez les Tétraphylles; il faut en incriminer non tant la variabilité de la forme extérieure qui est peu marquée, la taille et la dispositioa des crochets sur les trompes pouvant d'ailleurs intervenir utilement dans la spécification, que l'existence de formes larvaires qui ont été décrites indépendamment des adultes et mal rattachées à eux, et surtout de la part des auteurs beaucoup de descriptions in suffisantes et le médiocre souci des lois de la priorité. Ils ont été étudiés depuis plus longtemps et par plus d'observateurs que les précédents, ce qui a contribué à accroître la confusion.
Là aussi, l'inutile multiplication des genres a sévi. On a lon;;temps distingué les Tétrarhynques en quatre ou cinq genres et deux familles, Dibothriorhynchidés et Tétrabothriorhynchidés de Diesing, suivant qu'ils avaient deux ventouses ou quatre. Vaullegeard (37) qui a entrepris la révision de ce genre basée sur des recherches anatomiques et embryogéniques étendues, a eu le mérite de montrer que ce caractère n'a absolument aucune importance, qu'il conduit à rapprocher des formes très difléreutes, et qu'on trouve tous les intermédiaires marqués parla fusion plus ou moins
complète des deux ventouses d'une même paire. Il a donc conclu, après Von Siebold, à la réunion de tous les Trypanorhynques en un genre unique. Malheureusement il a eu le tort, comme Railliet Ta justement fait observer (30) de donner à ce genre le nom de Tetrarhynchus qui a été donné originairement à une forme larvaire et n'a même pas la priorité à ce point de vue, comme plus répandu, alors qu'il doit porter le plus ancien nom donné à une forme adulte du groupe, celui de Rhyncltobothrius Rudolphi, 1819. Parla même raison, les formes larvaires doivent porter le nom, non de Floriceps Cuvier ou d'Anthocephalus Rudolphi, mais de Tentacularia Bosc 1797. Le nom très employé de Tétrarhynque ne peut être conservé qu'en français comme nom vulgaire, l'usage devant en ce cas prévaloir.
De plus pour la subdivision de ce genre Vaullegeard a employé des caractères un peu vagues, sauf le caractère embryogénique qui n'est point aisé à constater, et la revision des espèces existantes s'en est vivement ressentie; on ne pourrait guère déterminer une forme quelconque avec son seul secours. Quoiqu'il en soit, l'ouvrage étant le plus récent sur la matière, nous nous servirons de sa terminologie, sauf les rectifications énoncées plus haut, pour les quelques espèces que nous avons eu l'occasion de rencontrer et que nous décrirons brièvement avec la synonymie essentielle, renvoyant à Vaullegeard pour tous les détails bibliographiques, anatomiques, embryogéniques, etc.
Famille : Rhynchobothridés.
Genre : Rhvnchobothhiis Rudolphi, 1819.
Caractères de l'ordre.
Rhynchobothrius robustus (Linton, 1891).
Synonymie. — Tetrarhynchus phycis M éditer ranei Wagener(38)?. — Tetrarhynchus robustus Linion (10), Vaullegeard (37).
Cette espèce appartient à la première section de Vaullegeard, qui a pour type le Rh. lingualis (Van Beneden) etqui est caractérisée par une larve Tentaculaire enkystée dans les tissus de son hôte, mais entourée simplement du kyste fourni par leur réaction et non invaginée dans une vésicule faisant partie de son propre corps, et, dans la plupart des espèces, par un collier ou repli formé parla basedu
ihMi F. MARAIS DE BEAl'CUAMP
pédoncule céphalique autour du COU proprementdîlquis'yînvagine pour ainsi dire. Je rapporte le seul échantillon que j'aie rencontré à cette espèce, qui dilTère du Ith. &îsu/ca(u« (Liiiton) par sa taille plus grande, sa tôte et la tige de celle-ci plus allongées, et ses trompes plus minces à crochets plus gros. Elle n'avait eucore été observée qu'eu Amérique, dans Trygon renirtirus, par Lînton ; mais Vaullegeard admet que sa larve est probablement le Tcirarhynchux phycis Medilerranei décrit par \Vagener en tH31, ce que vient confirmer la rencontre de l'adulte dans la Méditerranée.
La tête de Bk.robustus (fig 21) porte quatre bolhridies qui sur le vivant sont allongées en rrg 21. — Rhyn forme de cuiller, à bords flexibles, assez rapprochobothrtuyro- , , , , ...
fruslw ; tête do chées les unes des autres; leur disposition eit l'individu vi- deux groupes dorsal et ventral se voit surtout sur l'animal mort, et est accusée par celle des trompes. Celles-ci sont grêles, atteignent la longueur des bothridies; leurs bulbes allongés commencent dans le pédoncule céphalique immédiatement en arrière de l'iiisertion de celles ci. On ne distingue donc guère les gaines, très courtes. La tige céphalique, assez mince, atteint presque une fois et demie la longueur des bothridies, et s'évase en arrière pour engalner assez profondément le début du strobile. Je n'ai guère pu étudier celui-ci, ne l'ayant pas dessiné vivant et mon échantillon, que je n'avais pas eu la précaution d'auesthësier, 6«*iiiis;extrénii- $' étant contj^cté et froncé extrêmement lors de presqu'" ontirre^ '* fixation. A un fort grossissement (fig. 2i), les ment invajtfnéc. crochets de la trompe apparaissent gros etcourU. ^ fortement recourbés; leur base est dilatée en une
plaque d'insertion et ils sont assez peu espacés. La longueur totale pouvait atteindre une dizaine de centimètres avant Tixation. En raison de la grande contraction, je ne puis donner, n'ayant rien mesurésurle vivant, que lediamètre d'une trompe (lS,u). la longueur d'un crochet |Mu) et de sa plaque basale
(i;ia).
ÉTUDES SUR LES CESTODES DES SÉLACIENS o3i
. J'ai trouvé une seule fois cet animal dans un 5ci///tt/7n dont je ne puis préciser Tespèce.
Rhynchobothrius tetrabothrius (Van Beneden, 1850).
Synonymie. — Tetrarhynchus tetrabothrius Van Beneden (34, 36), 01sson(24, 23),Lonnberg(16),Vaullegeard(37),etc.— 7'errar/ij/wc/iofcothrium affine Diesing (5) . — Tetrabothriorhynchus affinis Monticelli (20) .
Ce Ver, qui correspond peut-être ^u Rhynchobothrius paleacem de Rudolphi, a été fréquemment trouvé par divers observateurs, et son anatomie a été étudiée par Lonnberg et Blochmann. Il ferait passage entre les deux groupes principaux de Vaullegeard. Mais son embryologie est totalement inconnue, sa forme larvaire n'ayant jamais été rencontrée.
Rh. tetrabothrius est un animal d'assez petite taille (23 à 30"»™) et très transparent. Ce qui frappe d'abord quand on l'examine vivant, c'est que sa tôtese bifurque en deux prolongements, deux véritables cornesdivergentesà l'extrémité dechacune desquelles se dévaginent deux trompes grêles, et qui portent chacune, insérées un peu plus bas à droite et à gauche, deux bothridies transparentes, ovales ou circulaires. Ces bothridies se collent volontiers a la lame porto objet, et rappellent alors tout à fait celles d'un Phyllobothriné dans la même position. Sur l'animal fixé, les deux prolongements ne sont plus séparés que par une légère échancrure, mais les bothridies restent nettement en deux groupes. Il faudrait le comprimerd'unefaçonextraordinairepourqu'ilarrivatà ressembler à la figure de Vaullegeard, qui en donne une très mauvaise idée. A l'état fixé, on voit aussi ces bothridies limitées par un bord épais, musculeux, en forme de boudin, qui paraitpassersans interruption d'une des ventouses d'une même paire à l'autre, formant boucle autour du sinus qui lessépare. 1-e pédoncule céphalique est court : deux fois à deux fois et demie la longueur de la tête. On y distingue par transparence les quatre gaines très sinueuses des trompes qui se terminent dans quatre petits bulbes ovales n'ayant que le tiers ou le quart de sa longueur. Ces trompes sont très grêles; elles sont couvertes de petits crochets légèrement recourbés, insérés sur une spirale très serrée de telle sorte qu'on en voit cinq ou six sur la môme demi-spire, et qui à un faible grossissement appaniissent comme de simples aspérités.
532 p. MARAIS DE BEAUCHAMP
Les anneaux croissent très rapidement. On y aperçoit dès les premiers le vagin déjà formé s'ouvrant sur un des bords, d'une façon irrégulièrement alterne, tout près de l'anneau précédent, et gagnant ensuite la ligne médiane. Je n'ai pas vu le proglottis entièrement mûr; dans les plus avancés on distinguait simplement un canal femelle médian aboutissant en arrière à deux petits ovaires juxtaposés, et de nombreux testicules minuscules épars dans le parenchyme.
Dimensions.— Longueur de la portion céphaliquel»""^2î) à i«>m5o sur une largeur de O^nn^So à 0"™n»45. Longueur d*une bothridie Oro^SS à 0»""»40. Bulbes O'""^3o sur 0»n'"14. Largeur d'une trompe 2o fx. Longueur d'un crochet 5/a. Proglottis^le plus Agé 2 à 3°>"» sur
Cet animal est le Tétrarhynque le plus commun à Banyuls. Je Tai trouvé deux ou trois fois en assez grande abondance dans l'intestin A'Acanthias vtilgarù, où l'ont signalé Van Beneden, Lônnberg, Monticelli, etc.
RHYNCHOBOTHRirs ERiNAClius (Vau Beucdcn, 1858).
Synonymie. — Tetrarhynchus erinaceus Van Beneden (35, 36), OIsson (24, 25), Lônnberg (16) Linton, (11, 14) etc. — Rhynrhobothritim erinaceum Diesing (5). — Bhynchobothrium imparispine Linton (10, 11, 14).
Cet helminthe est un des types de la deuxième grande section de VauUegeard, où la Tentaculaire est entourée d'une vésicule formée par la partie postérieure de son corps où elle estinvaginée. On sait que cette production avait été prise par les premiers observateurs pour un Amphistome à l'intérieur duquel était parasite une larve de Tétrarhynque. Rh. erinaceus est bien caractérisé par les crochets de ses trompes : il semble que le premier qui ait signalé cette disposition est Dujardin (6), qui l'indique dans son Tetrarhynchus corollatus (Rudolphi); mais il n'y a pas lieu de reprendre ce nom, car il ne correspond que pour une partie au Bothriôcephalus, puis Rhynchohothrius corollatus de Rudolphi, auquel VauUegeard reconnaît simplement valeur générique, comme nous l'avons fait pour B. coronatus, tumidulus ou auriculatus, et qui comprend tous lesTétrarhynques, et pas du tout au premier Cestode de Sélacien ayant porté ce nom, le ra?wMicaro//amd'Abildgaard,qui est un Phyllacanthidé qu'on a même voulu identifier à rAcawf/ioior/ïrtMm
coronatum. Le nom employé par Van Beneden en 1858, et à sa suite par de nombreux observateurs, peut donc être conservé. J'ai fait figurer à la synonymie le Wiynchobothrium imparispine de Linton, n'ayant jamais pu comprendre pourquoi l'auteur, qui reconnaît sa grande affinité avec Rh. erinaceus, l'en avait séparé, l'identité de la description et de la disposition si caractéristique des crochets sur les trompes étant absolue; il prétend néanmoins avoir trouvé lui-même Rh, erinaceus à l'état larvaire seulement (en même temps que son espèce ).Vaullegeard l'admet comme variété différant parses dimensions; jecroisquec'estlui donner beaucoup d'importance(l).
Rhynchobothrius erinaceus est un Tétrarhynque de grande taille, surtout de grande, épaisseur car il n a guère que 30'""™ de long, à portion céphalique très allongée par rapport à la tète proprement dite. Celle-ci porte seulement deux bothridies, épaisses et peu mobiles, nettement bifides d'ailleurs, ce qui le faisait ranger autrefois danslesDibothriorhynchidésdeDiesing. Les trompes, qui sortent par paires au dessus de chaque ventouse, sont très épaisses et très longues. Leurs gaines, modérément sinueuses, aboutissent en arrière à des bulbes musculaires extrêmement allongés qui occupent près de la moitié de la longueur du pédoncule céphalique. Dévaginée, la trompe se montre couverte de crochets très caractéristiques et disposés avec une grande régularité sur une spirale serrée. 11 en existe de trois ordres : sur chaque demi tour de spire on trouve en dedans un crochet très gros, très fort, avec plaque basale et extrémité fortement recourbée en bas ; auprès de sa base s'insèrent çleux crochets aussi longs, mais beaucoup plus minces, faiblement arqués, renflés à la base. Un ou deux autres semblables sont espacés sur la spire. Enfin entreux sont disposés par groupes de petits aiguillons ayant à peu près la même forme que les précédents, mais quatre ou cinq fois moins grands (voir les figures des auteurs). C'est l'appareil de fixation le plus puissant que nous ayons encore rencontré.
Les anneaux croissent rapidement, et les derniers articles qui se
(1) Zschokke a signale la larve du Rh. erinaceus dans un PoLsson d'eau douce, une Lote du lac Léman, en même temps qu'une autre espèce dans un Silure du Bielersee (43). C'est le seul cas connu de Tétrarhynque dans des Poissons non marins, et il serait intéressant de savoir s'ils peuvent avoir leur forme adulte en dehors des Sélaciens, dans des Poissons carnassiers d'eau douce, ou si ce sont des formes égarées et condamnées à ne pas évoluer.
p. MARAI8 DE BEACCHAMP
détachent sont presque cylindriques, gonflés d'œufs qui leur donnent une couleur noirâtre. Leur épaisseur et le mauvais état de fixation de ceux dont je disposais ne m'ont pas permis d'en faire une étude anatomique même sommaire.
Dimensions. — Longueur de la portion céphalique 4""™ 90, de la tête 0™™ 80. Largeur du pédoncule derrière la tète 0™™ 53, à la jonction du corps 0™"™ 80. Bulbe l"»"™ 78 sur 0"»"» 33. Largeur d'une trompe 84 «. Longueur des grands crochets des deux espèces 50 u, des petits 13 à 9/*. Proglottis 4"»"» sur 1"""3 à peu près.
J'ai trouvé deux individus de Rhynchobothrim erinacem, dont un seul complet, l'un dans une Raie non déterminée, l'autre dans R punctata où il a déjà été signalé par les auteurs.
TaBLKAU RÉCAPITILATIF DES PARASITES RENCONTRÉS DANS