CONTRIBUTION A L ETUDE DES CYTOTOXINES
cependant lentement dans le sang de rÉcrevisse, sa formation était instantanée avec le sérum fraîchement prélevé. Mais il était aussi abondant avec le sérum frais qu*avec le sérum conservé. Le sérum maintenu 4 mois à la glacière pouvait encore précipiter le plasma de l'Ecrevisse; il a entièrement perdu la propriété hémotoxique. Dans Torganisme de l'animal préparé, la propriété précipitante se conserve aussi très longtemps après la dernière injection.
La lecture du travail de von Dungern, qui avait obtenu le précipité dans le sang de nombreux Crustacés avec le sérum de Lapin préparé au moyen du sang de Maja, nous a fait espérer que nous pourrions obtenir le précipité dans le sang de Carcinus mœnas, de Pifinoteres, de Palœmon avec le sérum de Cobaye préparé par les injections du sang de l'Ecrevisse. 11 n'en était rien. Nous savons déjà que notre sérum préparé avait une action agglutinante et héinotoxique manifeste sur les cellules du sang des Crustacés cités, mais nous n'avons jamais observé trace de précipité ni avec le sérum préparé ni avec le sérum neuf. Et cependant le sérum denotre Cobaye préparé était fortement précipitant pour le sang de TÉcrevisse.
Cette contradiction apparente entre les résultats de nos expériences et ceux de von Dungern nous a fait pensera un facteur qui pouvait entrer en jeu dans nos expériences et qui n'existait pas dans les expériences de von Dungern. L'Ecrevisse est un Crustacé d'eau douce, Carcinus mœnas, Pinnoteres et Palœmon sont des ani maux marins. Von Dungern expérimentait seulement sur les animaux marins. Il est admis, il est vrai, que les animaux à parenté rapprochée donnent du précipité dans leur sang avec le sérum préparé au moyen du sang de l'un d'eux, mais le milieu extérieur des animaux aquatiques doit influencer la composition du milieu intérieur que présente le sang. Nous savons que la composition en sels du sang des Crustacés d'eau douce diffère de la composition de celui des Crustacés marins, mais nous ne savons pas si la même différence existe au point de vue de la composition en substances albuminoïdes. Les résultats de nos expériences prouveraient que celte composition doit être également différente. Ils prouveraient encore que l'existence dans le même sérum de deux espèces de précipilines, spécilique et non spéciliquecomme lèvent von Dungern ne peut pas être généralisée.
Les recherches ayant en vuel'immunisation des Ecrevisses étaient
Àrchirea de Paraaitologic, IX, n* 4, WHl 31)
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remplies de difficultés. J'ai déjà indiqué, dans mon premier travail les causes de ces difficultés: l'extrême fragilité de ces animaux, lorsqu'on les élève dans l'aquarium, le manque de connaissances quant à ce qui concerne leur physiologie et d'autant plus leur pathologie. Parmi les difficultés de l'élevage des Écrevisses il faut mettre avant tout l'infection microbienne. Au cours de mes expériences, sur 27 Écrevisses neuves mortes dans l'aquarium, j'ai isolé dans le sang de 25 un microbe pathogène qui rappelait par beaucoup de caractères le microorganisme trouvé par Hofer dans l'épidémie des Écrevisses, appelée peste des Écrevisses.
Je pratiquais aux Écrevisses les injections dans l'abdomen, dans les espaces inter-annulaires du côté ventral et latéralement pour ne pas léser le système nerveux. Je les immunisais avec le sérum de Cobaye neuf et préparé, injectant aux unes des doses faibles que j'augmentais progressivement pour arriver à la dose mortelle, aux autres des doses plus considérables dès le début. J'ai vérifié enfin la valeur de la dose mortelle du sérum de Cobaye neuf qui était toujours de 1 ", comme je l'ai déterminé dans mon premier travail. Les animaux mouraient 24 à 48 heures après l'injection. Quant à la dose mortelle de mon sérum dernièrement préparé, elle était supérieure à la dose du sérum préparé antérieurement (0 "' 4 à 0 «^«^ 5), ce qui cadrait bien avec les résultats de l'action de ces deux espèces de sérums sur les globules du sang de l'Écrevisse in vitro.
Au mois de juillet de l'année dernière, ayant eu un Cobaye suffisamment préparé (il a reçu 43 <** de sang d'Écrevisse), dont le sérum était agglutinant, hémotoxique et précipitant pour le sang de l'Écrevisse (j'ai précisé plus haut la valeur de ces propriétés) j'ai soumis aux injections 3 Écrevisses. Deux d'entre elles ont reçu en une foisO<*«^^ 5 de sérum préparé, une autre a été injectée de la même quantité de sérum neuf. Toutes trois étaient de grande taille et très vigoureuses. L'analyse bactériologique de leur sang m'a donné des résultats négatifs. Je les appellerai Écrevisses A, B et C. Je dois ajouter ici que l'Écrevisse A a rejeté une partie du liquide injecté.
J'ai procédé, avant l'expérience, à la numération des globules. Je la faisais sans dilution préalable, les globules du sang de l'Écrevisse n'étant pas assez nombreux pour nécessiter cette opération.
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