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VII. — Révision bibliographique de la question

En général, les grandes séreuses abdominales du Chien hébergent assez rarement des parasites et Ton ne connaît guère que les formes larvaires du genre Dithyridium (Plérocercoîde de Braun) et quelques cas d'Echinocoque tombés du foie.

Nos parasites sont très rares et n'ont pas été vus souvent; cependant leur aspect et leurs dimensions semblent bien rappeler une formation de nature échinococcique. Reimann et Hartmann ont signalé, chez le Chien, la présence dans le péritoine d*un nombre considérable d'Hydatides atteignant un volume variant de celui d'une noisette à celui d'un œuf de Poule ; elles étaient accompagnées de scolex bien caractérisés et de quelques acéphalocystes. Dès 1694, Hartmann, dans le péritoine d'un Chien, trouva un si grand nombre d'Hydatides qu'il put en remplir plusieurs assiettes; les unes étaient libres, les autres adhérentes au péritoine et à tous les organes qu'il tapisse. Toutefois, il ne fit pas une étude approfondie de ces formations. En 1883, Neùmann a rencontré, dans un cas d'ascite, un nombre incalculable de petites vésicules claires, dont le volume, variable de celui d'une tète d'épingle à celui d'un pois, pouvait atteindre, dans trois exemplaires, le volume d'une noix. Elles adhéraient en partie au péritoine et semblaient issues du lobe moyen du foie.

Dans un autre cas, les parasites formaient avec le liquide clair qui les tenait en suspension un volume de 4 à Slitres.Leur nombre, impossible à évaluer, était certainement supérieur à cent mille. Outre le péritoine dont elles remplissaient la cavité, en adhérant çà et là aux divers points de sa surface, on les trouvait dans le lobe moyen du foie qui en était farci et dans le sillon épiploîque de la rate. 11 y avait une péritonite généralisée et chronique. Neumann les a rapprochées du type de l'Echinocoque multiloculaire, ces formes étant toutes dépourvues de tête.

En effet, d'après Montez, au lieu d'atteindre une taille parfois colossale, les Échinocoques peuvent rester fort petits, de la grosseur d'un grain de mil, ou tout au plus d'un pois, tout en s'aggio-

mérant pour former des masses qui peuvent atteindre ou dépasser le volume de la tête d*un enfant. A première vue, les Échinocoques ont Taspecl de masses molles, gélatineuses, transparentes, fixées dans un tissu en général très dur, formé d*éléments conjonctifs qui se propagent en traînées dans les tissus voisins; on peut énucléer ces Echinocoques, et il reste une trame, un stroma formé d alvéoles aux contours plus ou moins irréguliers, aux dimensions variables.

Cette sorte d'Échinocoque n'a guère été observée que chez THomme (Huber Ta trouvée dans le foie du Bœuf), où on le rencontre généralement dans le foie. Elle a été prise longtemps pour un cancer colloïde, à cause de Tulcération que présente toujours la tumeur qu'elle forme. Zeller y trouva des scolex ; Virchow y vit le bourgeonnement exogène d'une vésicule primitive; Leuckart a constaté que les prolongements de la vésicule mère deviennent des vésicules filles en se creusant d'une cavité centrale.

On voit que, par cette sorte de reproduction, l'aspect générai des vésicules, la dégénérescence presque cancéreuse des tissus atteints par l'infection, il semblerait se passer là quelque chose d'analogue à ce que nous avons rencontré dans la forme péritonéale parasite de nos Chiens. D'ailleurs, dans cette forme multiloculaire de l'Échinocoque, ces scolex sont rares, mais cependant on en trouve toujours. La forme des Echinocoques est régulièrement arrondie, mais souvent aussi très plissée par pression des tissus et disparition du liquide (nous avons constaté le même phénomène pour la forme compacte de nos parasites) et dans ce cas les parois sont très irrégulières.

Klebs et Moniez ont démontré que c'était là une forme pathologique de l'Échinocoque ordinaire, produite par voie exogène, comme l'ont montré Virchow et Leuckart. Meyer pense qu'ils proviennent d'un bourgeonnement exogène de vésicules filles ou petites- filles, tirant leur origine d'un petit nombre de vésicules mères. Enfin, pour ce qui est delà longévité de ces Hydatides, Ton sait qu'elle est souvent très grande, puisque Courty en a vu dans la région iliaque de l'Homme qui dataient de trente-cinq ans et Raymond a pu en suivre pendant sept ans, chez le Cheval.

Pécard a retrouvé des parasites analogues chez une Chienne foxterrier d'Alfort. A côté de grosses vésicules hydatiques, il a trouvé

de petites formes de la grosseur d'une tète d*épingle, d'un pois ou d*une noisette. La séreuse pariétale était recouverte par de fines granulations miliaires, translucides ou blanchâtres, rappelant les lésions d'une péritonite tuberculeuse et qui n'étaient autre chose que de petites vésicules en voie d'évolution et enveloppées d'une coque fibreuse plus ou moins épaisse. En coupe, on reconnaissait la constitution fibreuse lamellaire caractéristique des Échinocoques. Les vésicules renfermaient un liquide clair contenant en suspension une poussière fine formée de vésicules proligères et de scolex isolés (sable échinococcique). Pour savoir si ces Échinocoques étaient susceptibles de devenir des Ténias, il a fait ingérer une dizaine de ces Échinocoques riches en scolex à une Chienne indemne de tout parasite et il a trouvé, après l'avoir sacrifiée, une quantité notable d'Échinocoques adultes.

On a fait des observations analogues chez l'Homme. Anel, chez un Homme hydropique, a trouvé une foule de vésicules de petit volume et sans scolex et les a rattachées à l'Échinocoque multiloculaire.

Pendant que se poursuivaient les expériences que nous avons entreprises depuis bientôt deux ans, une série d'observations de même nature étaient faites aux environs de Toulouse, dans la région même qui parait être le point d'origine de nos parasites. C'est ainsi que Sendrail et Cuillé, dans une étude détaillée de l'ascite du Chien, et particulièrement de l'ascite parasitaire, décrivent un certain nombre de cas fort analogues au nôtre. Favorisés par les circonstances, il ne se passa pas de mois sans qu'ils n'observassent un ou deux cas d'ascite due à la présence dans la cavité péritonéale d'une foule de formes cystiques de nature indéterminée. Ils ont recueilli les observations relatives à huit malades, dontcinq seulement ont été autopsiés. Toutefois, ils n'ont fait aucune sorte d'expériences.

De même que nous, ils n'ont jamais, chez leurs parasites, ren* contré ni tètes ni crochets. Cependant, dans un de leurs Chiens, ils ont trouvé une forme larvaire évoluée dans le péritoine et représentant le genre Dithyridium, larve de Cestode longue de 1 à 2 centimètres appelée par Braun Plérocerccfide. Cette forme avait une tète invaginée munie de quatre ventouses, mais sans trompe ni crochets; le corps présentait de nombreux corpuscules calcaires Archives de Parasitologie, XII, no 2, 1908. 21

dans son parenchyme. Or, l'on sait que cette forme larvaire, dont le stade adulte est inconnu, a été trouvée par Baillçt dans la cavité péritonéale de deux Chats; par Blumberg et de Kasan, chez deux Chats et un Chien et qu'enfin à Toulouse, où elle paraît commune, Neumann Ta observée chez dix-neuf Chats, le plus souvent dans la séreuse péritonéale. Ce dernier auteur (1) parait avoir établi que le Dithrydium constitue une forme larvaire d'un Téniadé, hôte assez fréquent de l'intestin du Chien, le Mesocestaides litteratus.

Sendrail et Cuillé semblent avoir suivi tous les passages des vésicules allongées au Dithrydium par des formes filamenteuses identiques à celles que nous avons signalées nous-mêmes plus haut. Ces auteurs ne sont pas éloignés de croire que leurs vésicules cystiques ne seraient que des formes aberrantes du Dithrydium. Toutefois, ils n'ont jamais pu constater la présence du Mesocestaides litteratus adulte dans l'intestin de leurs animaux.

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