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Le cas m'a paru nouveau et intéressant. J*ai donc écrit à M. le professeur Bar la lettre suivante- Paris, le 15 février, 1908.
Mon cher ami,
Le cas que vous me soumettez est très intéressant à plus d'un titre.
On sait que la bilharziose existe en Tunisie, mais on n'a encore que des renseignements très imprécis sur son aire de distribution géographique. Dans le cas présent, il serait donc très utile de savoir où le jeune homme habite ordinairement, jusqu'où il est allé ces années dernières, ne fût-ce que transitoirement, en excursion, vers le sud ou vers l'est: s'il est allé en Egypte ou en Tripolitaine et à quelle époque; si l'on connaît d'autres cas d'hématurie dans sa famille ou dans son entourage : quelle eau il boit ordinairement: eau d'une source vive, d'un puits ou d'une citerne? Y at-il dans cette eau des Mollusques ou coquillages et peut-on en obtenir des spécimens? Ce dernier point est de la plus haute importance.
La bilharziose n'est pas une maladie contagieuse. Il n'y a donc aucune raison pour refuser de garder au lycée un jeune homme qui en est atteint; il n*est aucunement dangereux pour ses camarades. Pourtant, une mesure s'impose; elle est facile à réaliser: elle consistée mettre à la disposition du jeune homme un récipient spécial, contenant de l'acide sulfurique, du formol ou telle autre substance destructive énergique, capable de tuer les œufs; c'est dans ce récipient qu'il devra uriner.
Il sera utile d'examiner aussi les selles du malade pour y chercher les œufs du parasite, et même de pratiquer le toucher rectal, pour se rendre compte de l'état de la muqueuse, au cas où les selles seraient parfois plus ou moins sanglantes. Dans ce cas, les selles devront être également traitées par un désinfectant énergique.
Et c'est là tout ce que l'administration scolaire la plus scrupuleuse est en droit de faire et d'exiger. Quant à renvoyer l'élève du lycée et à le mettre dans rimpossibilité de poursuivre ses études, il n'y faut pas songer ; rien ne justifie une mesure aussi arbitraire.
Le régime lacté est inefficace. Les désinfectants intestinaux ne le sont pas moins ; ils ne pourraient agir que sur les œufs évacués par la voie intestinale, mais ils sont administrés à trop faible dose pour être vraiment utiles; leur usage est donc purement illusoire.
Le parasite ne vit ni dans l'intestin, ni dans la vessie, mais dans les veines abdominales, spécialement dans celles de la région recto-vésicale. Nous n'avons actuellement aucun moyen de le détruire. A Londres, pas plus qu'ailleurs, on ne sera capable de guérir le jeune malade. Au lieu du régime lacté et des désinfecianfs qui le débilitent sans aucun profit, il lui faut un régime reconstituant, pour lutter contre l'anémie résultant des pertes de sang qu'il éprouve par les voies urinaires. A la longue, ses parasites mourront ou cesseront de pondre des œufs et la guérison viendra. Quand? Allah seul le sait.
Enfin, les eaux dont le jeune homme a fait usage à une certaine époque, qui remonte apparemment à plusieurs années, sont contaminées. On devra donc, dans les mêmes localités, à supposer qu'on puisse les déterminer avec une précision suffisante, s'abstenir absolument de ces mêmes eaux. S'il n'en existe pas d'autres, il sera indispensable de ne les employer en boisson et pour les usages domestiques qu'après les avoir filtrées sur la bougie de porcelaine ou soumises à l'ébullition.
Veuillez croire, etc.
R. Blanchard.
La lettre qui précède fut transmise à la famille du jeune homme, trop tard pour qu'il pût en être tiré argument en faveur de son maintien au lycée. Le jeune malade était déjà retourné à Gabës dans sa famille.
Une courte note relative à son cas, a été publiée par les D" Bruch et Catouillard (1).
Un Rat dans les fosses nasales d'un Cheval? — Le Buffaio Enquirer du 16aoùt 1907, page 4, publie la note suivante, dont nous lui laissons rentière responsabilité.
HORSE SNEEZES AND A RAT FLIES FORTH. FRANKLIN, Ps., Aug.l5. — WheO
James A. EAGLES,a Franklin teamster, went to bis barn yesterday morning he observed that one of liis Horses was bleeding at the nose.
Suddenly the animai sneezedand out came a half grown Rat, which bad evidently crawled into the Horse's nostril when its bead was close to the floorin sleep.
La Lutte contre les maladies infectieuses. — Peste. — On se souvient que le Président Castro avait fait jeter en prison le D' Gomez Pkraza, qui avait diagnostiqué les premiers cas de peste bubonique à la Guayra et refusé de modifier son diagnostic, malgré les injonctions du dictateur.
L'épidémie qui a suivi n'ayant que trop justifié ce diagnostic, le Président (Castro, qui n'a pu traiter la vérité avec la même désinvolture avec laquelle il se joue des puissances, a dû s'incliner et a accordé une réparation éclatante au D' Peraza en le faisant sortir de prison et en lui conférant la décoration du Buste de Bolivar. — Le Temps du 8 août 1908.
(1) A. Bruch et M. G. Catouillard, Un cas de bilharziose contracté en Tunisie. Archives de l'Institut Pasteur de TuniSy II, p. 78-80, avril 1906.
SUR OOSPORA LINGUALIS NOV. SP.
ET
CRYPTOCOCCUS LINGU^Ë-PILOStE LUCET