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IV. — Pouvoir pathogène

Lucet a établi que le Cryptococcus linguœ-pilosœ n'avait aucune action sur la Poule, le Cobaye et le Lapin, et qu'il n'était pathogène que pour la Souris blanche ; Roger et Weil ont obtenu à peu près les mêmes résultats. Je n'ai donc pas cru devoir répéter ces expériences.

J'ai fait quelques essais avec VOospora, Les travaux de divers pathologistes ayant montré que les cultures de certains Champignons de ce groupe n'étaient pathogènes qu'en anaérobies, je me suis servi, pour mes inoculations, d'un mélange de cultures sous huile de vaseline et de cultures faites en présence de l'air ; la petite quantité dont je disposais ne m'a pas permis d'opérer séparément avec des Oospora de l'une et de l'autre provenance. Les colonies étaient dissociées dans l'eau salée physiologique, et cette émulsion injectée aux animaux soumis aux expériences.

l"" Un Pigeon de 450 gr., inoculé dans le péritoine avec âcc.d'émulsion d'une vingtaine de colonies, a diminué de poids pendant quatre jours. Le cinquième il a repris son poids du début : résultat négatif.

^ Un Lapin de 2185 gr. inoculé dans la marginale interne de l'oreille droite avec 5 ce d'une émulsion de six cultures (une cinquantaine de colonies au moins) était les deux jours suivants un peu amaigri et abattu (influence du choc opératoire?). Du troisième au douzième jour, la perte de poids s'accentue, mais dès le quatorzième jour le poids augmente légèrement, et le vingtième il a dépassé celui du début de l'expérience. En raison delà sensiblité particulière du Lapin, il est difficile de dire si la diminution persistante de poids est attribuable à VOospora.

3^ Un Cobaye de 890 gr. a été inoculé à la langue par frottis d'une culture, après une légère scarification. Résultat nul.

Il semble donc que VOospora ne puisse être inoculé aux animaux précités. Ce résultat n'a rien qui doive étonner, car on sait combien il est difficile d'inoculer la plupart des Champignons de ce groupe, soit à partir des cultures, soit même en s'adressant aux produits pathologiques. Les expériences ne réussissent même

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pas avec les animaux aptes à contracter spontanément la maladie (Oospora bovis, non transmissible au Bœuf).

La difficulté d*obtenir des quantités suffisantes de culture m'a empêché jusqu'à présent de faire des expériences plus nombreuses, et notamment de tenter l'inoculation de mélanges de Cryptococcm et d'Oospora, qui auraient peut-être donné d'autres résultats.

Voici la diagnose de cette espèce nouvelle :

OosPORA UNGUALis H. sp. — Ifh sUu = Mycelio albo, 0,3-vix-0{i5 diamètre, candide, articulis bacilliformibus 1-3-6 \l longis, irregulariter sparsis, dissocia to; conidiis (?). — In cuUuris = Mycelio ut supra, sed chlamydosporis ovoideis 1 -3 z^, simplicibus aut transverse 1-3 septatis, passim interrupto; ramulis spiralibus mox in articules curvatos secedentes, terminatis. Conidiis sphaBroideis levibus albidis dein isabellinis [x8diametro, e conidiophoris simplicibus clavulatis 4-5 (xlongis, catenatimortis. Adsunt rarius articules tarsiformes. — Charact. biologicis = Substratibus idoneis, coloniis punctiformibus subconicis, 0""5 — 1""5 diamètre, albidis dein isabellinis (146 G. C). Gelatina non liquefacta; lacté coagulato dein parce liquefacto; albumine digeste liquefactoque ; nitratibus reductis. Optime culto 37° + 41* C. Non valde anaerobius.

Hab. in lingua humana morbosa « lingua uigra pilosa » dicta, sive cornes Cryptococci lingiiae-pilosae, sive solus ?

Conclusions.

Il existe dans l'hypertrophie papillaire connue sous le nom de langue noire pileuse un Champignon (Oospara lingiuilh n.sp.) non décrit jusqu'à présent. Cet organisme possède un mycélium cloisonné se dissociant aisément, au niveau des septums, en articles inégaux. En dehors de l'appareil conidien caractéristique du genre, le Champignon produit, dans les cultures, des chlamydospores et des tortillons analogues à ceux des Gymnoascées, ainsi que des (( organes tarsiformes » rappelant les tarses faviques. Ces caractères permettent de considérer les Oospora ténus comme des Gymnoascées, YOosp. lingualis établissant le passage entre les Trichophyton et les Achorion.

VOospora lingimlis paraît être fréquemment associé au Cryptococcus lingum-pilosm. Il en était ainsi dans le cas que nous avons étudié, et probablement aussi dans les cas de Raynaud, dcBrosin, de Wallerand, de Lucet, de Roger et Weil. D'autres fois, il semble que YOospora puisse se rencontrer sans la Levure (cas

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de Gallois, de Morelli, de Bouchez, d*Emery, Gastou et Nicolau).

On ne peut affirmer avec certitude, croyons-nous, lexistence de cas dus à la seule Levure, car les auteurs qui ont observé ce Cryptococcusoni méconnu Timportancedes corps bactériformesquî raccompagnaient, ou même, commeLucet,ontefIectuéleurssemisd*origine dans des conditions impropres au développement de YOospora,

Quant au traitement, il consiste en remploi de collutoires antiseptiques. Raynaud a recouru avec succès, dit-il, à des badigeonnages avec une solution phéniquée au cinquantième, précédée d'un raclage; il ne semble pas, loin de là, que les remèdes préconisés par les auteurs plus récents se soient montrés d'un meilleur emploi.

Bien que les essais dlnoculation aux animaux n'aient donné jusqu'à présent que des résultats négatifs (ainsi qu'il arrive d'ailleurs pour la plupart des Oospora) il nous parait légitime de considérer YOospora lingtAalis comme le véritable parasite de la langue noire. Le Champignon semble ne pouvoir s'implanter que sur un organisme déjà débilité par une autre maladie ou parla vieillesse.

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