V. — Inoculations
Pour terminer cette longue étude, nous devons exposer maintenant des résultats que nous ont fournis les inoculations à l'animal des cultures de Trichophyton (uuminatum et craieriforme. On peut les résumer en disant que ces deux espèces parasitaires sont régulièrement inoculables au Cobaye; mais elles donnent lieu à des lésions peu durables qui guérissent spontanément en vingtcinq jours. Ainsi du reste évoluent beaucoup des mycoses humaines transportées sur Tanimal.
Nous avons pratiqué quinze inoculations à l'animal et toujours dans les mômes conditions qui nous ont semblé par expérience être les meilleures pour tous les Dermatophytes.
Les poils sont coupés ras aux ciseaux, sur une surface de trois centimètres de diamètre entre les deux épaules, et sur une autre d'un centimètre de diamètre sur les reins. Sur cette dernière on implante dans un trou d'aiguille un cheveu de l'enfant qui a fourni les cultures. Sur la grande surface on inocule les cultures ellesmêmes en quatre ou cinq points, de la manière que voici :
On pique la peau avec un scarificateur et dans celte minime entaille on loge une petite parcelle de la culture adulte dont on a
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vériAé au préalable la sporulation par un examen microscopique extemporané(l).
Dans les quelques jours qui suivent, les piqûres s*atténueut ainsi que la rougeur du voisinage que le traumatisme a provoquée. Après le cinquième jour, tout a disparu. C'est le dixième ou douzième jour que chaque point s'entoure d^une aréole inflammatoire qui grandit, sur laquelle Tépiderme est bientôt remplacé par une squame séro-croûteuse, d'un rouge brunâtre dans laquelle les poils de la région sont emprisonnés.
11 est ù remarquer que ces résultats sont identiques en tous les points piqués, et aussi autour du point où Ton a inoculé le cheveu même de Tenfant. Suivant les espèces inoculées, les réactions inflammatoires des points piqués sont plus ou moins vives et surtout plus ou moins durables. Pour le Tr. acuminatum et le Tr. crateriforme, elles sont peu considérables. L'évolution totale de la maladie est comprise entre le dixième et le vingt-cinquième jour qui suit l'inoculation. A ce moment, les cheveux emprisonnés dans la croûte tombent avec elle, laissant une surface glabre de cinq millimètres de diamètre environ. Les meilleurs examens microscopiques de cette lésion se feront du quinzième au vingtième jour après l'inoculation. Dans la squame, avec quelque peine, on retrouve de ci delà desfllamentsmycéliensonduleux, dont quelques-uns sont septésen cellules quadrangulaires, mais la plupart à des intervalles plus espacés. Les éléments du parasite sont un peu plus petits sur le Cobaye que sur l'Homme.
Les poils du Cobaye, comme presque tous les poils animaux trichophytiques, ne sont envahis que dans leur portion radiculaire qui est très courte. Là encore, il faut beaucoup d'examens avant de rencontrer un poil envahi. Avec un peu de peine on y parvient, on trouve alors, dans le poil, un, deux ou trois fllaments, nettement septés en cellules quadrangulaires, plongeant dans le cheveu vers
;i) Nous nous servons, pour les inoculaUons, des cultures sur milieu d'épreuve égées de 15-25 jours; mais il est à remarquer que l'inoculation d'une culture de Tr. craiertforme de fô jours sur milieu exclusivement et fort ment peptonisc (peptone 5 0/H) a donné lieu à une lésion tout à fait typique et active, quinze jours après l'inoculation. Les cultures sur ce milieu ne présentent pourtant pas de spores externes mais seulement des réserves protoplasmiques sur les trajets mycéliens. Je mentionne le fait parce qu'il s'oppose à l'opinion des auteurs qui pen^ sent qu'une culture, pour être inoculable^ doit présenter des spores externes en Ibyrses ou en grappes.
% R. SABOURAUD
son bulbe, chacun composé par exemple de quinze ou vingt élé ments agminés en chaîne.
L'examen microscopique fournit des résultats identiques quand on le pratique sur les points inoculés avec la culture, ou inoculés directement avec le cheveu de l'enfant.
La culture de retour est d'une obtention assez aisée; on la pra~ tique, comme celledestondantes, par Tensemencement parcellaire de la partie radiculaire du poil compris dans la squame-croûte et aussi par l'ensemencement parcellaire de la squame-croûte. La seule difficulté en ceci est la fréquence et l'abondance des Moisissures banales dans la fourrure de tous les animaux domestiques et du Cobaye vivant en cage. Quelquefois des Penicillum ou d'autres Mucédinées se développent sur plusieurs points ensemencés, c'est pourquoi on doit toujours pratiquer l'es cultures sur cinq ou six tubes, et en chaque tube sur quatre ou cinq points, on aura ainsi, en opérant bien, cinq ou six cultures positives d'emblée, qui transportées sur matras reproduiront la culture mère intégralement.
Qu'il s'agisse de la culture acuminée ou de la culture cratériforme, il n'y a vraiment aucune différence à mentionner dans les résultats des inoculations. A peine peut-on dire que les inoculations du 7r. crateriforme semblent un peu plus actives, et, peut-être aussi les inoculations de Jr. acuminatum sont-elles un peu plus tôt guéries, mais ce sont là des différences minimes.
Nous avons inoculé aussi le duvet blanc pléomorphique obtenu du Tr. crateriforme. Une culture de 3 mois portant des spores externes nous a fourni une inoculatioli positive impossible à dilïérencier, dans ses symptômes, de celles que la culture-mère nous avait données. Les lésions ainsi produites ont évolué dans le même temps et guéri de même. Les examens microscopiques positifs ont montré les filaments parasitaires intra-épidermiques non septés, non sporulés comme disent les dermatologistes. On a trouvé des filaments de ce genre rampant côte à côte sur le poil mais sans en trouver qui pénètrent dans sa substance. La culture de retour après dix-huit jours a fourni de nouveau le duvet blanc pléomorphique et non la culture crateriforme primitive.
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