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V. — Inoculations

Conclusions 97

Clonorchis sinensis (Cobbold, 1875)

PAR

P. VERDUN et L. BRUYANT

Professeur Préparateur

De Zoologie médicale â l'Université de Lille

Sous le nom de Douve de Chine (1) on désigne un Distome qui s'observe plus spécialement dans le foie des Chinois, mais qui se rencontre également dans la glande hépatique des Japonais et des Annamites.

L'unité spécifique de ce parasite humain, admise sans conteste jusqu'ici, a été mise en doute, dans ces derniers temps, par Looss (2), car cet auteur est persuadé que les deux variétés de ïOpisthorchis sinensis (Cobbold, 1873) se distinguant par la taille, constituent, en réalité, deux espèces; à la grande il donne le nom de sinensis et à la petite celui d^endemicus; comme il propose, en outre, pour elles, la création du nouveau genre Clonorchis, les deux espèces sont finalement dénommées Clonorchis sinensis et Clonorchis endemicus.

Voulant nousrendrecomptede la valeur des caractères spécifiques attribués, par Looss, aux deux nouvelles espèces et nous faire, sur cette question, une opinion personnelle, nous avons entrepris Texamen de nombreux échantillons en notre possession et que nous devons à Tobligeance du D^ Séguin, médecin à Thôpital militaire d'Hanoï. Les Douves de Chine de notre collection proviennent toutes d'Annamites et forment deux lots bien distincts. Le premier se compose de plusieurs centaines de Douves recueillies dans le foie et dans le duodénum du même malade. Ces organes renfermaient un nombre considérable de Douves, puisque la partie prélevée ne constituait que le cinquième environ de la masse totale des parasites.

(1) Distoma stnense Cobbold, 1875; Di spathulatuin R. LeUckart, 1876; D. hepatis innocuum Baelz, 1883; D. hepatis endemicum s.peniicioi>um Baelzj 1883; D. japonicum R. Blanchard, 1885; Opisthorchis sinemis R. Blanchard, 1895; Clonorchis sinensis Looss, 1907.

2; Looss, On some parasites in thc MuRcuni of thc school of tropical mcdicinc Liverpool. Annals of tropical med. and para^itologyi I, 1907, p. 123-154.

100 p. VERDUN ET L. BRUYANT

Le second ne comprend que quelques individus, mis dans le même flacon et ramassés au hasard des autopsies.

Les résultats de notre examen ont été succinctement énoncés dans une note présentée à la Société de biologie (1). Nous étions arrivés à cette conclusion que les variations ou les différences constatées, par Looss, dans les caractères anatomiques, n*avaient pas assez de constance ou de fixité pour constituer de véritables caractères spécifiques, et que, par suite, il était difficile de suivre l'auleur dans la voie où il élait entré, c'est-à-dire d'accepter la dualité spécifique de la Douve de Chine.

Cette question nous paraissant assez importante et la note publiée ayant été forcément trop brève, nous avons cru devoir la reprendre dans un travail plus étendu, dans lequel il nous serait possible de développer, à loisir, les arguments et les objections que soulève le travail de Looss.

Mais avant de nous livrer à cette étude critique, il nous paraît nécessaire, pour avoir en main tous les éléments d'interprétation et de discussion, de résumer, dans une première partie, les descriptions ou les opinions des auteurs qui se sontoccupésdece parasite; puis, dans une deuxième partie, nous comparerons leurs descriptions avec celles de Looss et avec les nôtres, et enfin, dans une revue critique, nous essayerons de mettre en lumière et en relief les conclusions qui nous paraîtront ressortir et découler de cette étude comparée.

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