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I. — Résumé des descriptions antérieures

Description de Mac Connell (2). — La première mention de la Douve de Chine remonte à Tannée 1873, époque où Mac Connell la signala, à Calcutta, à l'autopsie d'un Chinois de 30 ans, mort, deux heures après son admission à l'hôpital, d'une maladie ma définie, mais qui, selon l'auteur, devait se rattachera une dégénérescence hépatique, amenée par la présence des parasites. Voici le résumé de la description donnée par Mac Connell. On verra, en

;1) P. Verdun etL. Bruyant, Doit-on considérer comme deux espèces la grande et la petite variété de la Douve de Chine ^Opisthorchis sinensis (Cobb. 1875)]? C. n. Soc. de bioL, LXII, p. K>5, 20 avril lè07.

(2) Mac Connell, Remarks on thc anatomy and pathology relative of a specic of Liver-Fluke. The Lancet, II, p. 271-274, 1875.

la lisant, que si le médecin anglais a scrupuleusement fixé les caractères du nouveau Distome, il s'est plusieurs fois mépris sur la signification des organes qu'il a vus.

Corps étroit, aplati, lancéolé; extrémité antérieure plus effilée que la postérieure. Surface lisse. Ventouse antérieure terminale répondant à la bouche. Pharynx court; œsophage bifurqué bientôt en deux cœcums non ramifiés qui se séparent pour se rapprocher vers la partie postérieure du corps. Ventouse ventrale, de 700 « de diamètre (1/34"), située à 4'*, 233 (1,6") de la ventouse orale; diamètre de cette dernière 1 •■ (l/2o"). Orifice génital, où vient aboutir l'extrémité des circonvolutions utérines, placé juste au-dessus delà ventouse ventrale. Utérus à anses nombreuses, en relation, en arrière, avec un ovaire quadrilatère et occupant avec ce dernier à peu près le tiers moyen du corps. Vitellogènes latéraux communiquant avec l'ovaire par deux fins canaux transversaux. Testicule ovale (en réalité, le réceptacle séminal) en arrière de l'ovaire; plus en arrière encore, « a remarkable and peculiar developement of branched dendritic looking structure, among which, in several spécimens, a rounded sinaller testicle can be distinguished. This apparatus... forms perhaps a kind of receptaculum seminis » (1).

Canal délicat (vas deferens) allant de l'appareil mâle au bord inférieur de l'ovaire. Vésicule excrétrice située à l'extrémité postérieure, en continuité avec un canal dont on suit pendant quelque temps les ondulations au-dessus de l'appareil mâle. Longueur du corps variant de 15 *", 25 à 20 ", 30 (6/10" à 810"). Largeur très constante de3", 63 (1/7"). Œufs ovoïdes munis d'un operculeet mesurantSO.a sur 15/^(1 833" sur 1 666").

Cobbold peu après (2), reconnaît que la Douve décrite par Mac Connell est bien une espèce nouvelle et lui donne le nom de Disîoma sinensc.

En 1877, Mac Gregor (3), dans Tile Maurice, retrouve 8 fois le pai*asitechez des Chinois. La description qu'il donne de la Douve est absolument identique à celle de Mac Connell, et Cobbold n'hésite pas à y reconnaître le D, sinense.

En 1878, Mac Connell (4) retrouve, encore une fois, le môme parasite, à Tautopsie d'un Chinois, à Calcutta.

(1) Mac Connel, Loco citato, p. 272. On sait que ce soDt Ik les véritables testicules. Quant au prétendu testicule plus petit, dont parle Mac Connell, il constitue probablement une rarniHcation de la glande mâle, dirigée normalement à la surface, ainsi que Looss l'a fait remarquer.

(2) CoBBOLU, The new human flulie. The Lancet, II, p. 4^, 1875.

(3) Mac Gregor, A new form of paralytic disease associated with the présence of a new species of liver parasite. The lancet, I, p. 775, 1878.

(4} Mac Connell, The Lancet, I,"p. 406, 1878.

i02 p. VERDUN ET L. BRUYANT

Description de Baelz. — En 1883, Baelz (\ ) nous donne la description de deux nouveaux Distomes hépatiques, dont la présence chez les Japonais est assez fréquente. Ce sont : le D. hepatis endemicum s. pémiciosum et le D. hepatis innocuum.

a. — D. hepatis endemicum, — Ce parasiteconstitue pourles populations un véritable fléau, dans deux districts du centre du Japon, au sol bourbeux, et séparés par une zone saine de 70 kilomètres de longueur. Voici la description.

Ver plat, d'un rouge pâle; mesure 8 à 11 "■ de long sur 3, 5 à 4"" de large. Corps ovale allongé, aminci fortement en avant, arrondi en arrière. Un côté souvent convexe et l'autre concHve. Ventouse orale un peu plus grande que la ventrale, et pourvue d'un puissant sphincter. A Tintérieur de la cavité buccale, nombreux petits crochets cuticulaires (2). Pharynx épais, musculeux, auquel fait suite l'œsophage, se divisant rapidement en deux cœcums simples. Ceux-ci suivent le côté interne des vitellogènes et se terminent en cul-de-sac à l'autre extrémité du corps. Distance des deux ventouses, égale à 2". Dans la région médiane du corps se trouvent l'ovaire, la glande coquiliière et l'atrium de l'utérus. Ce dernier forme, dans la moitié antérieure du corps, une masse sombre, pelotonnée, de 2 à 3" sur 1 à 2'", et qui va s'ouvrir immédiatement .au-dessus de la ventouse ventrale. Vitellogènes arborisés, noirâtres, latéraux, le plus souvent formés de 6 à 8 pelotons folliculaires bien séparés. Testicules ramifiés, logés dans la partie postérieure du corps et formant tantôt une, tantôt deux masses. Canal déférent légèrement sinueux et se dirigeant en avant, en se rapprochant de la face dorsale. Pore génital médian et immédiatement en avant de la ventouse ventrale. Système excréteur bien développé en arrière, sans granulations noires. Œufs bruns, à coque mince, de 20 à 30 ,i sur 15 à 17 /«, possédant un couvercle au pôle le plus étroit, et souvent à l'autre une sorte de bouton. Quelques-uns sont tout à fait noirs.

b. — D. hepatis innocuum, — Parasite non pathogène. Les caractères distinctifs avec l'espèce précédente sont les suivants.

Longueur supérieure jusqu'à 20"). Partie antérieure non rétrécie. Utérus plus clairet plus volumineux. Œufs de même forme, mais un peu plus gros (21 à 36 // sur 18 à 20 ^v). Bouton polaire plus net. Pas d'œufs entièrement noirs. Parenchyme et système excréteur remplis de granulations noires. Cellules conjonctives du stroma différentes comme forme.

;1; Baelz, Uebcr einige noue Parasiten des Menschen. lier liner k lin. Wochenschrift, XX, p. 234-238, 1883.

2) Leuckart dit, en parlant de ces crochets :«DievonBalz ininnern erwàhnten «zahlreichenkleinenGuticularhaken » konnte ich eben so wenig, wie Ijima, auffînden ». — Die Parasiten des Menschen, 1886, p. 341).

Description de Leuckart. — Cet auteur décrit le D. sinense sous le nom de D. spathulatum (1). Il lui attribue 10 à 13 ^^ de longueur sur 2 à 3 ™™ de largeur. Les œufs ont 28 à 30 ^t sur 16 à 17 a. Sa description n'offre d'ailleurs rien de particulier; elle peut s'appliquer, n'étaient les dimensions, à la fois aux deux formes de Baelz. D'ailleurs, Leuckart écrit plus loin (2) que l'identité du Z). innocuum et du D, endemicum entre eux et avec son D, spathulatum est hors de doute : « Die Identilàt der beiden Formen — ich kenne dieselben durch eigene Untersuchung und habe auch Baelz,... von der Abwesenheit eines jeden specifischen Unterscheidungsmerkmalsûberzeugenkônnen — kaDnebensowenigzweifelhaftsein,wie die Uebereinstimmung derselben mit dem Dist, spathulatum oder «?iensc...Uebrigens hatbereits Prof.Ijima in Tokio, auf die grosse Aenlichkeit der Balz'schen Formen mit dem D. spathulatum hiugewiesen ». En parlant des caractères différentiels des deux types de Baelz, le même auteur dit plus loin : « Ich kann nach meiner Beobachtungen keiner dieser Eigenschaften ein allgemeines Vorkommen und eine grôssere Bedeutung beilegen ». La comparaison, enfin, des figures qu'il a dessinées d'après des préparations originales de Baelz ne saurait plus, selon lui, laisser aucun doute sur l'identité des deux formes.

Description de R. Blanchard. — En 1886, R. Blanchard (3) groupe les deux formes de Baelz sous le nom de D. japonicum, et reproduit sous cette dénomination la description du D. endemicum de cet auteur. Les caractères différentiels du D. endemicum et du D. innocuum sont, selon lui, trop secondaires pour justifier une séparation des deux formes; encore, ajoute-t-il, est-il fort possible que l'on identifie prochainement D. japonicum h D, sinense, avec lequel il offre les plus grandes ressemblances.

Description d'Ijima. (4). — Cet auteur n'hésite pas à admettre l'identité des deux espèces de Baelz, et les confond dans sa description sous le nom de 2). endemicum. A Tokio, celui-ci aurait

1) Leuckart, Die Paranten des Menschen. Leipzig, p. 336, 1886.

(2) Leuckart, Loco citalo, p. :J39.

(3) R. Blanchard, Traité de zoologie médicale. Paris, 2 vol. in-8% 1885- 1889; cf. I, p. 618-622, 1886.

(4) Ijima, Notes on D. endemicum. Journal of the Collège of science, Imp. Univ.Japan, I, p. 47-58, 1886.

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