‹ Archives de parasitologieChapitre 32 sur 161 · P. VERDUN ET L. BRUYANT · texte numérisé non relu

P. VERDUN ET L. BRUYANT

également pour habitat le foie des Ctiats. Voici, résumée, la description qu'il en donne :

Ver incolore ou faiblement rougeàtre, de 8 à 13** (11"*75 en moyenne) sur 2'* à 2'" 75. Partie antérieure effilée à partir de la ventouse ventrale, dont le niveau est marqué par deux légères encoches. Extrémité postérieure formant un angle arrondi d'environ 90**. Cuticule lisse. Ventouse orale un peu plus large que l'autre, sans les crochets cuticulaires signalés par Baelz. Pharynx musculeux, en tonneau; œsophage court se bifurquant bien avant la ventouse ventrale. Cœcums atteignant presque l'extrémité postérieure. Canal excréteur large, médian et postérieur. Deux vaisseaux excréteurs latéraux. Ovaire lobé, placé vers le tiers postérieur du corps et du côté ventral. Réceptacle séminal oval ou en poire, rejeté, d'ordinaire, sur le côté. Vitellogènes latéraux, formés de nombreux petits groupes glandulaires, non séparés, s'étendant depuis le niveau de la ventouse ventrale jusqu'à celui de l'ovaire. Canal excréteur transversal, issu de leur partie postérieure. Utérus très contourné, à 16- 24 anses, contenant, en arrière, des œufs clairs non segmentés, et, en avant, des œufs plus sombres, avec embryons développés. Orifice utérin au-dessus de la ventouse ventrale. Deux testicules postérieurs et ventraux, ramifiés, à 6-7 lobes principaux. Canaux déférents se réuuissant vers le milieu de l'utérus en une vésicyle séminale qui débouche au pore génital. Œufs de 28 à 30 ,a sur 16 à 17.». Miracidium de 25 /a.

Opinion de R. Blanchard. — En 1891, R. Blanchard revient sur cette question (1), à propos de lots de Douves de Chine, en provenance d'Hanoï, qu'il possède dans sa collection. Dans l'un des lots, tous les individus sont grands ; dans l'autre, il en est de deux sortes ; les uns sont d'aspect foncé et mesurent 14 «^m de long sur 3 °^™ 2 de large; les autres sont plus clairs et ont 8™"» sur 2. « A première vue, écrit-il, on dirait qu'il s'agit d'espèces distinctes.» Cependant a... la disposition anatomique est la mémedans les deux cas; la structure et les dimensions des œufs sont identiques. On constate simplement que les plus petits individus ont les vitellogènes moins développés et l'utérus chargé d'œufs en moins grand nombre. Cette observation démontre donc que les petits individus sont des jeunes non encore parvenus à toute leur croissance; elle explique en môme temps leur aspect plus clair ».

D'après R. Blanchard, les dimensions données pour l'œuf par les auteurs seraient comprises entre 20 et 36 /^ pour la longueur

(1) R. Blanchard, Note sur quelques Vers parasites de l'Homme. C.R.Soc, de bioL, 18 juillet, 1891.

et 15 à 20 ji. pour la largeur. Selon lui, les limites seraient 23 à 30 tx sur 13 à 16 HL.

Observations de Katsurada(I). — Dans ces dernières années, cet auteur a repris l'étude du D, spathulalum surtout au point de vue de ses effets pathogènes, car il trouve que la constitution anatoinique est suflisamment fixée par Leuckart et par Max Braun. Il n*insiste que sur la taille qui, d'après lui, peut varier avec celle de riiôte, avec le nombre des parasites, avec leur état de contraction ou d'extension. Dans trois cas qu'il a observés, il trouve, comme moyenne : dans le premier cas, 14 m™ œ sur 3™°» 88; dans le second^ 9 ""^ 78 sur 2 »"™ 4 ; dans le dernier, U mm sur 2 »»"» 5. Il admet que, chez les personnes adultes, ces Vers ont de plus grandes dimensions, surtout s'ils sont peu nombreux, et que par contre, chez les enfants, chez les Chats et chez les Chiens, ils sont plus petits, de telle sorte que les variations observées dans la taille dans les divers cas, pourraient bien n'être que la conséquence des différences d'âge et de taille de l'hôte parasité (2). D'après Katsurada, les œufs mesurent 27 à 30 }jl sur 15 à 17^. 5. Comme chiffres exceptionnels il cite 35 |t sur 19 a; 20 p. sur 15 a 7 ou 22 p. 5 sur 15. Ce parasite se rencontrerait, d'après lui, sporadiquement dans tout le Japon, avec une prédilection marquée pour certaines provinces. Il ne parle pas des autres pays.

Description de Looss. — L'étude des Douves de Chine est reprise tout dernièrement par Looss (3). Ayant été amené à étudier un flacon de Douves étiquetées D. sinense Cobb. et appartenant au Musée de l'École de Médecine tropicale de Liverpool, il fut frappé par les grandes dimensions des parasites. Un peu plus tard, il retrouva la même grande forme dans la collection deï Institut fur Schiffs-und Tropenkrankheiten de Hambourg. A son retour au Caire, une autopsie d'un Chinois lui fournit plusieurs centaines de Douves de Chine appartenant à la grande variété. Après comparaison avec la petite variété, il lui semble que sous le nom de D,

(1) Katsurada, Beitrâge zur Kenntniss des Dist. spathulatum. Beitràge zur path. Anat. und lur allg, Pathol., XXVIH, p. 479-504, «900.

(2) Chez un {eune Homme de 17 ans, il a trouvé des Vers qui ne mesuraient que 5"* 16 sur 0"* 96. Ainsi que le fait remarquer Looss, il est possible que, vu les peUtes dimensions des parasites, on avait là, non pas la véritable Douve de Chine, mais une autre espèce, peut-être l'O. feUneuSy peut-être encore une espèce mal connue, signalée par Ijima chez le Chat.

(3) Looss, Loco citato.

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sinense on a confondu, en réalité, deux espèces de Douves et qu'il convient de les séparer. De plus il retranche ces deux nouvelles espèces du genre Opisthorchis pour les faire rentrer dans le genre nouveau C{onorc/it.s (1) dont la diagnose est la suivante:

Testicules ramifiés et non lobés comme chez Opisthorchis, à branches ventrales par rapport aux cœcums intestinaux et atteignant presque le bord latéral de l'anneau. Un autre caractère important repose sur la disposition de l'appareil excréteur. Chez Opisthorchis^ la vésicule excrétrice est en forme d'Y, avec une branche inférieure très longue et en S : la bifurcation se fait au niveau du bord postérieur du réceptacle séminal et des deux branches de division partent les canaux excréteurs principaux. Chez Clonorchis, le tube impair s'élargit seulement quelque peu, formant une sorte de triangle irrégulier; mais les canaux excréteurs ne naissent pas aux angles supérieurs de ce triangle, mais sensiblement au-dessous.

Les deux espèces créées par Looss sont dénommées Clonorchis sinensis (Cobbold, 1875) et Clonorchis endemicus (Baelz, 1883). Les caractères qu'il leur attribue sont les suivants :

A. — CL sinensis (Cobbold, 1875). — Syn : Distoma sinense Cobbold, 1875; D. spathulatumR. Leuckart, 1876; D, hepatis innocuum Baelz, 1883; D, japonicum R. Blanchard, 1885 (pro parte).

Forme lancéolée. Longueur de 13 à 19"" sur 3 à 4"* de large. Au début de la période sexuelle, le corps atteint 12 à 13"* sur 2,5, à 3 ". A ce moment, les œufs sont encore rares dans les anses utérines. Ventouse orale de 600 .a de diamètre (520 à 630), en général 580 à 620 u. Ventouse ventrale de 470 .« (390 à 520), en général 450 à 490. Rapport des ventouses variant de 15/12 à 16/12. Pigmentation évidente et caractéristique, parfois cependant visible seulement en certains points, sur les côtés du pharynx, le long des cœcums et à l'extrémité postérieure du corps. Testicules ramifiés, le premier à 4, le second à 5 branches, avec parfois des branches se dirigeant ventralement (telle la formation interprétée comme un véritable testicule par Mac Connell). Ovaire trilobé avec 5 ou 6 lobes plus petits. Vitellogènes latéraux allant de l'ovaire à la ventouse ventrale et offrant la particularité frappante d'être formés toujours d'un certain nombre de groupes de follicules séparés par des espaces clairs où la glande n'est pas développée. Vésicule séminale s'élendant en arrière jusque vers le milieu de l'utérus. Œufs de 29 f^ sur 16 u. Les limites sont 26 à 30 u sur 15 à 17 /«. Œufs présentant dans beaucoup d'échantillons un rétrécissement vers l'extrémité antérieure et un couvercle assez haut

(1) Relativement à la création du genre Clonorchis par Looss, nous sommes absolument d'accord avec ce savant pour reconnaître le bien fondé de cette innovation.

marqué par un rebord saillant. Looss ajoute cependant que ces caractères seraient un peu inconstants.

D'après cet auteur le parasite est surtout répandu en Chine, et ne s'observerait que rarement au Japon. Il ne semble pas avoir été trouvé chez les animaux.

B. — ClonorchUi endemicus (Baelz, 1883). — Syn : Distoma-hepatis endernicum s. pernidosum Baelz, 1883; D. japonicumR. Blanchard, 1885 (pro parte).

Longueur de 10 à 13 " sur 2 à 3 " (limites : 6 à 13 sur 1,8 à 3). Ventouse orale de 430 à 450,» (limites : 370 à 500 /a); ventouse ventrale de 370à400u (limites : 330 à 450 «). Le rapport des ventouses varie de 13/12 à 15/12. Jamais de granulations pigmentaires dans le parenchyme. Vitellogènes ayant la même extension que chez CL sinemis; mais l'absence de groupes folliculaires n'y est que rarement observée. Vésicule séminale se terminant entre le 2« et le 3* tiers de la longueur de l'utérus. CEufs de 26 tt sur 15 tt (13 à 16). En général, pas de rétrécissement antérieur. Couvercle assez plat et sans rebord aussi saillant.

Cette espèce se montre très communément au Japon et aussi en Annam et au Tonkin. On la trouverait également chez les Chats, les Chiens, les Porcs.

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