‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 2)Chapitre 10 sur 53 · REMARQUES GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

REMARQUES GÉNÉRALES

Est-il vrai qu'on ait vu Vabsence congénitale {Borrel, Dantz,

' SippKT, Aaai., l. IV, 3'édit., p. laO.

• Chez le Douveau-né, le Irou mentonnier eet siluë entre la caolne et la petite molaire «otérieufe ; h la 3' année, entre les deui prémolaires ; au-dessous de la prémolaire antérieure à la 7* année; chez l'adulte il a reculé jusqu'au-dessous de la prémolaire postérieure.

Distance de la symphïse au trou mentonnier : fœtus à terme, 14 millimètres ; enfant de 7 aD8,S0 millimèlres; adulte, 36 millimètres.

Fox, Sabatier, Fauchard) de îa totalité des dents ? Magitot regarde ces observations comme apocryphes.

Les faits de 3* et à* dentitions paraissent mieux établis, bien que Magitot les considère comme des éraptions tardives.

Gehler mentionne une canine qui s'est renouvelée 2 fois. Blandin a trouvé chez un adulte pourvu de ses 2 prémolaires, au-dessus de la 1", une dent nouvelle, située dans l'épaisseur de l'os. Diemerbroeck nous dit qu'ayant perdu une de ses canines à 50 ans, il lui en survint une autre quelques années plus tard. Le même auteur raconte qu'il vit une petite molaire revenir chez un homme de 40 ans ! Hunter cite des exemples analogues. Arnold a cité le cas d'un sujet chez lequel le nombre total des dents s'était élevé à 72 (8L-1-4G. 4-24 molaires à chaque mâchoire). Ungebauer parle d'un enfant de 10 ans chez lequel 12 dents se reproduisirent 3 fois dans l'ordre normal. Mais voici qui est plus extraordinaire:

Joubert raconte qu'une femme qui avait perdu toutes ses dents vit 20 dents nouvelles apparaître à 70 ans. Sennert à rapporté un cas semblable !

Ces faits (à part les 2 derniers, qui tiennent du merveilleux) ne peuvent-ils pas trouver leur explication dans une éruption tardive de la dent permanente, la dent de lait qu'elle devait remplacer étant restée en place ?

Mais il ne faut accorder aucune créance aux auteurs qui disent qu'on a vu quelquefois toutes les dents se reproduire à l'àge adulte et même dans la vieillesse. Les changements bien connus qui surviennent sur le bord alvéolaire après la chute des dents rend le fait à peu près inadmissible.

A côté de l'éruption tardive viennent se placer les dents abortives. Les jeunes baleines ont des dents à la mâchoire supérieure, alors qu'à l'âge adulte elles n'en ont plus. Une tête de Lamantin du musée Vrohk, à Amsterdam, montre un intermaxillaire qui contient une dent abortive. La même anomalie peut se voir sur un crâne du musée d'anatomie de la Faculté de Lyon (voy. fiff. 16), et l'on trouve dans Albinus deux exemples pareils. La dent de sagesse, on le sait, est souvent une dent abortive.

Sqiis le titre: Une Dent de sagesse peu précoce, Toirae(/'4r( dentaire, 1886) rapporte qu'il avula tète d'une femme morte 4 103 ans, dont la bouche ^vgit perdu ses dents longtemps avant la mort, ce que l'on rpconpaissait à l'oblitération totale des alvéoles. Chose curieuse : sur un des côtés de I^ loâchp(re inférieure, on apercevait une dent de sagesse qui n'aurait pas tardé à paraître. Ce sont sans dqutp deg faits analogues, ^Qute l'auteur, qui ont pu pqrter quelques anatomistes à parler d'une 3° dentition- Nous ne pouvons partager cette opinion. Nombre de dentg de sagesse restent enfouies toute la vje dans leurs alvéoles, et rien ne permet d'affirmer que la dent de ce crâne allait bien faire son éruption.

I^a dent de sagesse est plus petite chez l'homme blanp que chez le nègre; elle est la plus petite des molaires de l'homme, la plus grosse chez le singe ; chez ce dernier, son éruption est ponstante ; chez le premier, elle reste parfois toute la vie ensevelie dans son alvéole. f(elativeraent précoce chez l'anthropoïde, moins retardataire chez les races humaines ipférieures que chez les races caucasiques (Mantegazaa), elle paraît être un organe en décadence, ainsi que le suggère Darwin, et semble appartenir à l'ordre des organes représentatifs.

A côté des éruptions tardives viennent se placer les érap' tions p^-éGoces,.

On cite Curius Dentatus, Papyrius Cartpr^ (Pline), Louis XIV, Mazarin, Mirabeau, Boyde, Broca, etc., comme é^(it nés avec des dents. Le relevé de 17,518 naissances à la Matçivnité de Paris, de 1858 à 1868, n'a donné que 3 enfants Qés avec des iucisives. Sur 500 nouveau-nés, Magitot a rencontré une fois cette éruption précoce.

h'auffijientation numérique de la formule dentaire est le fait 4u développement de germes supplémentaires. D'une façon générale, elle est en raison directe du degré de l'infériorité de la race et proportionnelle au prognathisme. Un crâne 4\i musée d'anthropologie de Vienne, pour ne citer qu'un exei^ple, possède 36 dents (S^ molaires'à chaque mâchoire au lieu de 6), ce qui constitue un retour vers, la formule simienne (Lémuriens).

L'augmentation numérique des molaires est assez fréquente

OONTBlEUTfON A

chez les nègres. Fontan l'a constatée 3 fois sur 36 crânes de Néo-Calédoniens. Busch a noté chez les nègres l'augmentation des incisives supérieures (5-6) spécialement {Soc. de pbysioi. de Berlin, in Seifi. Méd., p. -155, 1885).

Le diastéma, constant chez les singes, est en rapport avec de fortes et puissantes canines. Il existe parfois anormalement chez l'homme, avec cette circonstance importante, qu'on l'a fréquemment rencontré sur des crânes de races inférieures, et sur certaines mâchoires des époques préhistoriques (Broca).

Le volume des dents est proportionnel, en thèse générale, au degré de prognathisme et inversement. Conséquemment, elle est en raison directe de l'infériorité de la race. Les criminels, parait-il, auraientles canines fort accusées, ce qui, joinj à la 4' circonvolution qu'on a quelquefois trouvée chez eux *, les rapprocherait encore des carnassiers. Lombroso * a rencontré 4 fois sur 100 criminels cette canine volumineuse et bestiale, et A. Dumur ^ rapporte avoir confirmé cette opinion par l'examen de 16 crânes de décapités ou criminels au laboboratoire de médecine légale de la Faculté de Lyon *.

Les cas d'une dent unique monstre, ou de quelques dents réunies ensemble et tenant lieu de toute denture ne sont que le fait, qu'on nous pardonne l'expression, d'une fossilisation des dents dans un bloc de tartre. C'est ainsi qu'il faut interpréter les faits concernant Pyrrhus, roi d'Épire, l'un des fils de Prusias, roi de Bithynie, dont l'histoire dentaire est racontée par Plutarque et Valére- Maxime; celui de Bernard Gengha, ayant trait à un crâne trouvé k l'hôpital du Saint- Esprit, à Rome; les faits rapportés par Eustache, Sahatier et autres.

< Hanot s pnéaealé à la Sociélé de biologie, le 27 décembre 1S79, quatre cer» veaux provauant •i'sul^psies (aiXea à riDÛrmerie de la prison ceaimle ; chacun de ces cerveaus possédail quatre circoDTolulîon-s frontales, ce qui semble vdiir a l'appui de l'opinion de Benedict (de Vienne), qui admet que la présence d'une quatrième circouvolutioa frontale est ijo signe caractépistique du cerveau des scélérats ■

' LokBSOSO, L'uomo deliqiiente, 3' éd., 1884.

-' A. Dumur, Tbèae de Lyon, 188Î.

* R. OvfEN, O^oa^ogrepliy, p. 45^,

Suivant la remarque de Magilot, l'éruption est d'autant plus précoce dans l'espèce que la vie de celle-ci est plus courte. Cette loi, Magitotravérifiée chez les Lapons,qui,comme on le sait, ont une existence relativement raccourcie, La précocité de l'éruption est, en outre, en rapport avec une bonne nutrition, ce qu'ont vérifié Sanson chez les animaux, Bensengre (de Moscou) chez les enfants ; l'éruption est également plus précoce chez les races perfectionnées par la culture et la sélection, chez les races domestiquées, que chez les races sauvages, au dire de Simonds et Darwin.

D'autre part, il est constant que la syphilis héréditaire (Parrot), le rachitisme, la scrofule et la tuberculose, le crétinisme et l'idiotie (BournevUle) retardent notablement l'évolution dentaire.

Les moyens d'union des dents avec le maxillaire sont les suivants : les alvéoles où tes racines des dents sont reçues ont toujours la même forme qu'elles, et sont moulées dessus. Cette disposition donne à l'articulation des dents toute la fermeté dont elles sont susceptibles, parce que les efforts qu'elles supportent se communiquent à tous les points de la surface des alvéoles. Il en résulte aussi un autre avantage, c'est que les racines ne pouvant entrer plus avant qu'elles ne le sont dans ces cavités, les vaisseaux et nerfs qui les pénétrent ne sont pas exposés à la compression. Ce n'est point là une articulation proprement dite; la dent est enchâssée dans la mâchoire comme le poit l'est dans la peau. La gompbose est à rayer de la syndesmologie.

Enfin, disons que Vanité dentaire, Yarchetype dentaire est le type conique, c'est-à-dire la canine. Les tubercules des molaires peuvent être réduits à un seul. Ce fait tératologique constitue une réversion au type conique primitif, un retour que présentent presque toujours les dents surnuméraires. La contre-épreuve est décisive.

Les dents multicuspidées résultent de l'agglomération de plusieurs cônes ou chapeaux de dentine (ou dents multicuspidées)qui se soudent pour former une dent unique. Preuve: ce sont des chapeaux dentinaires identiques à ceux des incisives

et des canines, qui, par leur réunion, donnent naissance au plateau tuberculeux des molaires.

Les incisives elles-mêmes sont des dents composées, trifoliées, ainsi qu'on le voit très bien sur les incisives qui n'ont point subi l'usure, et ce que l'anomalie accuse parfois à l'évidence. La canine représente donc la tradition morphologique *.

Le prototype des mammifères supérieurs à ce point de vue parait avoir été un grand ongulé fossile découvert en Patagonie par Flower et auquel il a donné le nom de Hamalodontbérium.

Chez cet être disparu, la formule dentaire était :

Chez l'homme adulte, elle est :

L'homme a perdu les 4 dernières incisives et les 8 premières petites molaires, d'où chez lui le brusque changement dans la forme en passant des incisives aux canines, et de celles-ci aux molaires, alors que chez Y Hamalodonthérium on passe des incisives aux molaires par une gradation régulière et presque insensible.

Les prémolaires de l'homme peuvent être considérées comme 2 canines soudées, les molaires comme 2 prémolaires fusionnées.

Importance pratique des données précédentes. — Nul ne

' Les deux canines inférieures de la Temme de Solutré sont bifldss comme la canine inférieure gauche du Bojet n* i de Greaelte. Cette anomalie présentée par le tossile de Smoermasa (vaUée de la Meuse eo Hollande) est beaucoup moins fréquente aujonrd'bui. Sœmmering cependant (Oslôo/., in facyo/o;). »naJ., p. 72, Pnris 1843) avait rencontré oelle anomalie, et Magitot ne la croit pas si rare que semble l'indiquer le silence des auteurs. Dans les collections de Tramond, Magitot a en effet trouvé une vingtaine de canines à deux rociuss sur 2,000, 1 0/0 {Bull. Soa. d'Anthrop., 2» série, t. IX). De Quatrcfages et HacD; l'estiment à IS 0/0 environ dans la race de Cro-Magoon [Craaia etlinica, p. 87, Paris ISSSq.

71 am, DHBBMBB IT I. ntlTAk.

méconnaîtra l'importanoe des oignes dentaires pour déterminer l'âge dans un cas donné. Ce sont là des organes durs et extrêmement réfractairas qui résistent longtemps à la putréfaction. Aussi la médecine légale, en particulier, a-t-elle grand intérêt à connaître exactement la disposition dans la mâchoire des dents temporaires et permanentes, le degré de développement de celles-ci en fonctions de l'âge, l'état des alvéoles, l'éruption, l'usure des dents.

Un embryon est-il en morceaux, l'état de l'évolution dentaire permettra d'ailirmep à quel âge il est parvenu; est-il macéré, les sacs dentaires, difTicilement altérables, permettront encore à l'expert de ae prononcer; pour peu enfin qu'on puisse recueillir un des maxillaires, on aura dans le chapeau de dentine un élément d'appréciation sûr '.

Chez le foetus, l'ossification du maiciUaire débute par une mince lamelle osseuse qui s'étend à tout le maxillaire sous forme d'une gouttière dans laquelle sont placés les sacs dentaires appendus à la muqueuse gingivale. Cette lamelle, située au-dessus du cartilage de Meckel, s'interpose entre les vaisseaux et nerfs dentaires et les sacs. Longtemps la gouttière folliculaire, largement ouverte du côté du bord alvéolaire de la mâchoire, reste à cet état, et les sacs dentaires sont placés dans cette gouttière comme l'étaient toute la vie les dents de YHesperornis et de VIcbtyosaurus. Ce n'est qu'après le début de la couronne que des cloisons se détachent des parois de la gouttière, qui finissent par la séparer en compartiments dits alvéoles.

Au 6' mois, ces compartiments sont encore incomplets, et chaque sac dentaire est bien logé déjà dans une loge , mais celle-ci communique encore avec les voisines. Il n'en est plus de même au 9" mois de la conception. Les alvéoles des inciflives, canines et 1™ promékires se sont complétées. La séparation de l'alvéole commune à ia prémolaire postérieure et à la 1" molaire est encore incomplète. A la mâchoire supérieure, ce travail est un peu plus avancé; mais l'alvéole de la 1" molaire n'a pas encore de paroi postérieure. Les

• Maoitot, Compt. rend. Acad. Se, 1874.

alvéoles des I. perinanontes centrales sont visibles; celles des I. Jatérales achèvent de se creuser derrière les I. provisoires.

L'alvéole commune à la 1" molaire et à la prémojatre pos*térieure n'est pas encore séparée du nerf dentaire par une lame osseuse à la mâchoire inférieure. Le trûu mentoni)ier est placé entre la canine et la 1" petite molaire, Uoe telle mâchoire, mise entre les mains du médecin légiste lui permettra de dire que l'enfant auquel elle a appartenu était à terme. La symphyse mandibulaire est-elle soudée, cette ankylose lui permettra de dire que l'enfant a de 6 à 8 mois ; la gouttière alvéolaire a-t-elle dépassé le demi-pylindre, une loge particulière s' est-elle montrée pour la 1" molaire permanente et s'est-elle séparée de l'alvéole de la 2* prémolaire temporaire, cette simple constatation lui sufTira pour établir l'âge du sujet, 8 mois environ.

Chez le nouveau-né, les cryptes ou alvéoles ne sont point encore disposées sur une ligne régulière; à la mâchoire supérieure, le bord alvéolaire descend à peine au-dessous du plan de la voûte palatine, les alvéoles ne sont séparées que par une mince cloison osseuse des fosses orbitaires, et c'est à peine si le sinus maxillaire est représenté par une légère dépression sur la paroi de la cavité des fosses nasales. Les débris d'une telle mâchoire seraient suflisants pour établir l'âge de l'enfant. Le développement des dents après la naissance, qui, avant nous, n'avait été que fort imparfaitement observé, de la naissance au moment de leur éruption, est un guide non moins fidèle. Nos figures, mises en regard d'une dent donnée et inconnue, permettraient facilement d'en déterminer la nature et l'âge, â quelques mois près.

Avant l'apparition des dents, le canal dentaire est moins bas, parce que le rebord alvéolaire est moins élevé (il y a pour chaque dentition un canal dentaire particulier) ; le trou menlonnier s'ouvre au-dessous de l'alvéole de la canine. Après l'éruption, le canal dentaire se rapproche (relativement) de la base de la mâchoire; le trou mentonnier recule jusqu'à l'intervalle qui sépare la 1" de la â" prémolaire. Chez le nouveauné, ce trw ^ placé entr^ la C, et lu 1" petite molaire anté-

,lzeo.ïCoOt^[c

rieure ; entre les 2 prémolaires, à la 3* année ; il est au-dessous de la prémolaire antérieure à 7 ans, et chez l'adulte il a reculé jusqu'au-dessous de la prémolaire postérieure ou tout au moins au niveau de l'intervalle qui sépare les 2 prémolaires.

A 14 millimétrés de la symphyse chez le fœtus à terme, ce trou est à 20 millimètres de la même symphyse à 7 ans, à 26 millimètres chez l'adulte.

Les caractères de l'éruption ne sont pas moins précieux à connaître pour le médecin légiste; car, d'après les recherches de Saunders *, 13 fois sur 14 (calcul établi d'après l'examen de 708 sujets), il y a concordance parfaite entre l'âge réel et l'état de la dentition. Dans les autres cas, on aurait pu confondre un enfant de 9 ans avec un de 8 ans (52 fois sur 708).

Les dates données exactement plus haut permettront à l'expert de se prononcer en connaissance de cause. Comme les bords alvéolaires s'accroissent en hauteur à mesure que s'allongent les racines et se fait l'éruption, l'anatomiste possède encore un nouveau caractère pour l'estimation de l'âge de la mâchoire qu'on lui met sous les yeux.

L'usure, élément d'appréciation si juste chez les solipèdes, par exemple, est un caractère qui a moins de valeur chez l'homme, car il est en rapport avec le genre de nourriture, et la f fleur de lis » des incisives disparaît trop de bonne heure pour avoir une autre portée que celle de déterminer à peu près l'âge d'un très jeune sujet.

Les dents temporaires ou caduques sont plus grêles et plus maigres que les dents permanentes. Leur volume respectif peut être exprimé par le rapport de 1 : 3.

Ce simple détail les fera reconnaître au premier coup d'ceil. Il suffirait de se reporter à nos figures pour en estimer l'âge avec précision.

La cavité de la dent, très grande chez l'enfant, diminue prc^ressivement avec l'âge, pour finalement disparaître chez le vieillard. Le mécanisme de cette réduction réside dans le phénomène continu de production de dentine, laquelle se surajoute couche par couche pendant toute la durée de la vie à la face interne de la cavité dentaire. L'examen de cette

cavité peut donc servir encore à l'expert dans ses détenninations.

Mais si l'étude des dents importe au premier chef en médecine légale, cette étude est non moins indispensable au chirurgien et au dentiste.

Nous ne voudrions pas entrer dans le domaine de l'anatomie pathologique. Nous ne pouvons cependant passer sous silence que les débris et le bourgeonnement de la lame épithéliale et du cordon adamantin peuvent être le point de départ de l'épithélioma central des maxillaires (Verneuil).

Pour Malassez, les kystes des maxillaires, dits folliculaires, dont la paroi du sac est doublée d epithélium paviraenteux, sont le fait des masses épithéliales qui se trouvent en grand nombre autour de la racine de la dent, opinion conforme à celle de Verneuil, Recliis, Nepveu , opposée à celle de Magitot, qui fait provenir ces kystes du périoste alvéolo-dentaire. (Voyez Soc. de biologie, 8, 15, 22, 29 mars 1884 et 31 octobre 1885.)

Les débris épithéliaux paradentaires semblent être des essais avortés de germes adamantins d'attente, dit Malassez {Arcb. de physiol., 15 mai et 15 novembre 1885), analogues à ceux que l'on rencontre chez les animaux dont les dents se peuvent régénérer. Ils sont le point de départ des kystes radicule-dentaires, dentifères, odontoplastiques, ainsi que du plus grand nombre des épithéliomas des mâchoires.

Les alvéoles ne sont point des cavités préexistantes creusées exprès pour les dents et attendant que celles-ci veulent bien venir s'y loger. Loin de là, les alvéoles sont sous l'entière dépendance des dents. Le développement de celles-ci est leur seule raison d'être; elles paraissent avec elles, se développent et grandissent en même temps qu'elles, s'effacent et disparaissent avec la chute de l'organe dentaire. D'où, circonstance importante, la possibilité de modifier la direction des dents irrégulièrement plantées. Une traction faible et soutenue suffit au dentiste pour obtenir les meilleurs résultats de ce genre. D'où encore la possibilité d'enlever une dent pour faire place aux deux voisines, qui s'approprient fort bien alors la sphère alvéolaire de la dent qu'on a fait sauter.

La connaissance des faits odontogéniques met également

73 CB. DEBlBBItê £T J. t>ltAVÀ£.

lé chirtit-gien à l'abH dé bien dés iriéprises et dé ftiusaes manœuvres opératoires. Grâce à l'anatomie, il sait par exemple que la 1" molaire n'ajtpartient paa à la pretriîère dentition, qu'elle n'd poiHt au-dessolis d'elle dé deflt de Remplacement, d'où il se gardera bien d'en pratiquer l'avulsion dans des Conditions données et excellentes poiir l'avulsion d'une prémolaire prbvtsoire par exemple, car cet organe dentaire resterait sans successeur.

Les prémolaires permanentes sont étroitement eriibrassées par les racinfes deâ prémolaires provisoires. Cette condition anatomiqUé exige certaines précautiéns quand il s'agit d'enlever tes premières, cat* on a vu avulser les secondes en même fëlilpB, chose d'autant plus facile qu'assez souvent les racines des pt^molaires dé lait sont recourbées eri « branches de forceps i déni là concavité embrasse les petites molaires permanentes.

Plus la cavité deiltaire est ample, moins la substance osselise des détils a d'épaisseur, et réciproquement. C'est sans doute U rdlàon pour laquelle on voit dés caries peu profondes causer des douleurs fort vives, pendant que chez d'autres sujets cette affection attaque les dents à Une grande profondeur, sanâ que l'orl en soit incommodé.

Dans le Caë de diitiinution numérique par absence congénitale, la conduite du ptalicieii devra être l'abstention, aucune opération ne pouvant provoquer le développement d'un germe absent OU avorté (Magitot). Dans l'âugmenlatibn numérique, le chirurgiéh se guidera sur les dispositiOtis particulières poui', suivant les circônstdHceS, coilsei"ver ou avUlser certaines dents, de manière à rétablir l'hârmoilié dé ta dentiire.

Noua ne ^ioUlons jjas liisistél*, cénvftlncus que noua en âvtîns dit assez poiit- faire saisir toute l'ittipoi-tance pratique des doilnéeS prëcëdéiUnient acquises.

DMz.d.ïGoog[c

GOHtniBtmOTt A L'bbDNTtktÉN».

EXPLICATION DE3 FIGURES DES PLANCHES I à IV.

n taXiiB de 6 mots.

aniae ; 4, prémolaira antdrieare. (Gross., S. d.)

Deots provisoires d'un fœtus q A terme.

1, incisive ; 3, canine ; 3, prémolaire antérieure ; 4, prfimolalro poetérieure, dont les chapeaux de dentine ne eont pas encore soudés en un chapiteau continu. Mâchoire supérieure. (Orandeur naturelle.)

Fig. 1".

Coupe loDgitndinale de la mlchoire inférieure d'un enl^nt O de 2 mois.

Derrière les prémolairas conteuues el renterniéeB comilie les incislTes et canines dans leurs sacs, on aperçoit le sac de la !■• molaire permanente, dont se dessine d^â un tout petit chapeau de dentine. (Grandeur uatOrelle.)

Fig. 1"'.

MSchoire inférieure d'un enfant Q de 8 mois.

La comparaiBOQ avec la figure précâdeute montre oeltemenl les progrès du développement. (Grandeur naturelle.)

Fig. 2.

Denis provisoires d'un enfant de 6 mois.

1, incisive (triroliée) ; !, canine', 3, pr. ant.; i, pr. poat.; 5, Ir* molaire. La cavité de la dent, comme partout, est figurée soua forme d'ombre, la oalolte ds deutiue en blanc. Leurs dimensions et rapporta râciproques Soal, de la sorte, bellement saisis par l'œil. (Grandeur naturelle. |

Fig. S-

Dente d'an enfant de 6 mois.

1, incive provisoire ; S, iuclsive permanente ; 3, conpe longitudinale d'Une I. provisoire', 4, mSme coupe d'une des C. temporaires. (Grandeur natu* relie.)

Fig- 4.

Coupe perpendiculaire de la mâcboire inférieure d'un enfant O de 12 moifl (1 an).

1, au niveau d'une I.; !, au niveau de la C.; 3, au niveau d'un* Pr. Audessous de l'I. sortie, de la C. encore ioclusedanilamachoi™, on aperçoit (audessous et en arrière) l'I. el la C. permanentes dans leur sac. relit » la gencîTe par le juberatealam deatia. (Grend*«r naturelle.)

!'• molaire inférieure d'un eabDl de IS mois, à gaaebe vue d'en haut, à droite Tue en coupe (suivant le grand axe de la mâchoire}.

Coupe de la mâchoire iorëricUFe d'un eafant q i^^ ^^ mois, et deals repi'ésentéeH séparémcot du mûme sujet.

1, coupe verticale au niveau de l'I.; 2, au uivtau de la C; 3, suivant le grand axe de la mâchoire, pour montrer les Pr. et la !'■ M. La l" Pr. est sortie, et au-dessous d'oUe, entre ses racines, on aperçoit le sac delà Pr, permanente. En arrière d'elle, se trouve la S' Pr., non sortie, et en arrière de cette dernière, la 1" M.^ 4, I. prov. vue en coupe; 5, I, perm. vue en coupe; 6, C. prov. entière ; 7, I. prov. vue de face ; 8, Pr., dont le collet est ébauché ; 9, M. vue de cSté. (Grandeur naturelle.)

Fig. 7.

Conpes de la mâchoire d'un enfant Q de 20 mois.

1, au niveau d'une 1.; i, au niveau de la C. Au-dessous et en arrière des 1. et C. provisoires (l'I. est sortie, la C. est encore enfouie dans aon alvéole, mais prêle à sortir), on voit les I. et C. permanentes ; 3, coupe longitudinale de la mâchoire comprenant les Pr. et la 1" M. permanente. (Grandeur natureUe.)

Fig. 8.

Enfant 5 de 2 ans.

1, coupe verticale au niveau d'une I. ; f, au niveau de la C. Les I. et C. prov. sont sorties; les 1. et C. permanentes sont au-dessous et en arrière dans l'âpaisseur de U mâchoire ; 3, I. supérieure vue par la face antérieure ;

4, coupe verticale de la mâchoire supérieurs au niveau d'une 1. Au-dessus est le sac de l'I. permanentes en arrière, la coupe excentrique du sac de l'autre I.;

5, coupe longitadinale du maxillaire inférieur pour montrer la disposition réciproque et le développement dea Pr. provisoires (sorties) et permanentes (leur Bac est entre les racines des provisoires) et de la 1" M. permanente, enfouie encore dans sa loge osseuse.

Fig. 9.

Enfant de S ans i/±

1,1. prov.; â, C. prov.; 3, 1. permanente; 4, C. permanente; 5, Pr. provisoire avec le sac de la Pr. permanente entre ses racines ; 6, 1" M.

Enfant de 3 ans.

1, coupe longitudinale de la mâchoire inférieure montrant la disposition des dents provisoires el des dents de remplacement contenues dans l'intérieur du mailllaire. Le sac de la S' M. est visible derrière la 1" M. au niveau de laquelle s'est faite une tenStre (fenêtre de sortie) sur le bord alvéolaire du maxillaire. On voit que les M. naissent dauti la base même do l'apophyse coronoïde.

et qu'il est de toute nécessité que la branche hoi'iionlala de la mâchoire s'aU longe pour qu'elles puissent trouver leur place; 2, I. perroaaeute; 3, C. perm.; 4, C. proï.; 5, I. perm.; 6, 8- prémolaire ; 7, l" M.; 8, 1" M., 9, 1" Pr. avec le sac de la dent de remplacemeot au-dessous.

Fig. 11.

Mâchoire iarérieure d'un eoraot de 4 ans, vue par sa face interne ou buc-

1, 1. centrale: 2, I. la lé Aie ; 3. G; i et 5, Pr.; 6,1" M.; 7, sac de la a*M.;- 1'. sac de l'I. centrale permanente sppendu par eoq cordon d'origine à la gencive ; 2', sac de l'I. latérale perm.: S', sac de la C. perm.; 4', sac de la Pr. antérieure ; 5', sac de la Pr. postÉi'ieui'e ; D, canal dentaire.

Fig. 12.

Enfant de 5 aos.

1, coupe verticale de la M. 1. au niveau d'une incisive; 2, I. permanente; 3, coupe longitudinale de la M. I. pour montrer la C. pr. et permanente, les Pr. prov. et perm., la 1" M. et le sac de la S* M.; 4, coupe verticale au niveau de Ib C; 5, coupe longitudinale de la M. I. d'un sujet plus avancé en développement. Le sac de la 3* M. a paru pour la première fois. '

Fig. iW.

T£te d'un enfant de 5 ans pour montrer les dents provisoires, toDles sorties et les dents permanentes encore toutes enfouies dans l'épaisseur des mâcboires et renfermées dans leurs sacs, eux-mSmes contenus dans leurs alvéoles.

1, 1. centrale perm.; 2, I. latérale perm.; 3, C. perm.; 4, Pr. antérieure perm.; 5, Pr. postérieure perm.; 6, !'• M.; 7, 2* M.; M., trou mentonnier auquel abontit le canal dentaire. (Grandeur naturelle.)

Fig. 13.

Mâchoire d'un enfant de (i ans. [Grandeur naturelle.)

1, coupe verticale de la mâchoire inférieure au i^iveau d'une incisive. L'incisive provisoire a diminué de hauteur, sa racine est comme usée et rongée par l'incisive permanente qui pousse vigoureusement vers la gencive ; 2, une I. vue en coupe pour montrer la valeur réciproque de la portion dure et de la portion molle; 3, coupe verticale de la mâchoire au niveau de la C. Au-dessous et en arriére de la C. provisoire se voit I» C, permanente enfouie dans l'épaisseur du maxillaire ; 4, Canine permanente vue de proQl ; 5, grosse molaire supérieure avec ses racines tronquées et en voie d'accroissement.

Fig. 14.

Denis provisoires et permanentes d'un enbnt de 7 ans. 1 et 1', I prov. et perm.; 2 et 2', C. prov. et perm.; 3' et 3, pr. ant. prov. et perm.; 4 et 4', pr. posl. perm. el prov.; 5 et 5', M. ant. perm. et provi-

Fig. 14'.

Mùchoires d'un eofônt de 7 ans, (Grandeur [laturellR.)

A, mâchoire intépicore; B, mâchoire supérieure (figures destinées à montrer la structure creuse des mâchoires à cet âge de la vie).

A. t, C. temporaire el au-dessous C. permanente; 3. Y'c. antérieure dont les racines sont déjà considérablement raccourcies, et au-dessous alvéole de la Pr. ant. permanente ; 3, Pr. poet. el au-dessoua alvéole de la Pr. pose, de remplacement. Les alvéoles de la C. et des Pr. sont percées d'un petit trou en haut pour laisser passer le « gubernaculum i et d'un autre perluis en bas pour laisser entrer les vaisseaux cl nerfs dentaires; i, i" M.; 5, alvéole non encore ouverte de la S* M.

B. 1, 3, 3, racines de la C. et des Pr. do Uit ; au-dessus alvéoles des C. et Pr. permanentes ; 4, racines de la i'* M,; 5, alvéole de la 8' M,; 6, sinus maxillaire.

Fig. 15.

Dentition d'un enfant Q de U ans.

1, I- 1 2. C. ; 3, !' molaire sup.; 4, coupe vorticale de la màcboire an niveau de la C. Au-dessous et en arrière de la C, de lait, déjà diminuée et comme refoulée, s* volt la C. permanente; G, coupe longitudinale de la màcboire intérieure. Celle ligure montre la diminution progressive des nicines des Pr. de lait au fur et à mesure du développemeut des Pr. permanentes. La 3* molaire ébauche son collet; les racines de la première sont complètes. (Grandeur naturelle.)

Fig. 16.

Maxillaire supérieur adulte, prëseulant une incisive abortive enfouie dans la base de l'apophyse montante, I.

Fig- 17.

Coupe verticale de la mâchoire inférisare au niveau d'une Incisive pour montrer exactement la disposition des organes dentaires.

1, incisive de lait; 2, cordon d'origine ou auspenaeur (gubernaculum demis) du 8BG de la dent inoisive de remplacement ; incisive de remplacement (I . permanente) ; 4, paroi dn sac dentaire ; 5, paroi alvéolaire ; 6, os maxillaire.

Fig. 18.

Premiers développements des organes dentaires.

A. 1, épilhélinm buccal ea son lien alvéolaire; 2, germe on bourgeon adamantogénique.

B. I, épithélJum de la muqueuse buccale; S, lame, bourrelet ou mur épithélia! ; 3, germe adamantin de la dent permanente (germe d'attente) ; 4, organe adamantin de la dent provisoire ; 4. sa paroi épithéliale externe ou dislale ;

5, sa paroi épithéliale interne, proximale, ou couche des adamantoblastes ;

6, bulbe dentaire ; 7, origine de la paroi folliculaire. Embryon humain de 10 cent, (vartex-coccyx). Figures à demi-scbématiqne.

E. 1, émail ; 2, ivoire ; 3, odonloblastes ; 4, subatratum des odonloblaslcs ;

.ïGcxiglc

&, balbe dentaire recoavert à bb périphêr blasiea. Figures à demi-schématiques.

a couche élégante des odouto-

MSchoire înfériei

1, STeo 6 s la Pr, post.

msïillaire vu reUe.)

s inclus dans l'épiisi îia 1-M. est encore c 1 haut pour montrer les ca

Fig. 20.

le la mâchoire. L'aivéols de (5j; — % moitié d'un même alvéolaires. (Grandeur uatu-

Coupes de la mâchaire inrérieure d'un enl^nt de 11 moia. C'est ui taira, car aucune dent n'esl encore sortie.

En A, les dents de lait sont seules repréaenlées avec la 1" M.; e D, on voit les I. et C. prov. et perm. â côté (en arrière) ; en E, i coupe de la mâchoire au niveau d'uoe prémolaire.

Fig. !I. .

large fenêtre (la t»ble ex voit les 1. C. et Pr. en ant.; 3, Pr. postérieure;

Coupe longiludinaie de

iroe do la mandibule est enlevée); en S, 3 et 4, on coupe verticale; 5, 1. prov.; 6,1. perm.;7, Pr, ^,Pr. post. delà M. S.; 10, I" grosse molaire.

Fig. 22.

a mâchoire inrérieure d'un sujet de SO ans.

Fig. Ï3.

la mâchoiro d'un adulte

Coupes verticales relie.) Comparer avec la figure précédente pour )c l'&ge de la cavité dentaire.

is. (Grandeur naturendre compte du râtréi^sement

D,q,lzeo.ïCoOt^[c

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