‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 2)Chapitre 2 sur 53 · INTERPRÉTATION · texte numérisé non relu

INTERPRÉTATION

Voici, selon nous, l'interprétation qui convient à notre observation. Des germes présents dans les foyers d'angéiocholite ont passé dans le sang et arrivés au niveau des valvules mitrales se sont fixés et multipliés. Le sang renfermant

' JoFFBOT, Société de Biologie, 1869 et Tbèse Peotray. i ' Ohabcot, Leçons aor lea maladies da foie.

t VÉSÉTANTB-IILCËIIEUBE. 13

de plus en plus des germes formés dans les foyers biliaires et dans les végétations, un état infectieux de plus en plus marqué s'est manifesté et a fmalement amené la mort.

L'introduction des germes s'est faîte au niveau des ramiiications biliaires. De ceci il existe une surabondance de preuves cliniques, anatomiques, microscopiques. L'histoire clinique nous montre en effet l'existence de la colique hépatique au début des accidents, l'ictère présent encore au cours du séjour. L'anatomie macroscopique nous permet d'affirmer que les abcès du foie doivent être antérieurs à l'altération mitrale et qu'ils n'en sauraient être la conséquence par suite d'embolies. Dans ce dernier cas, il devrait y avoir des abcès dans tous les lobes du foie, et ils ne se voient qu'à droite. Les abcès du foie sont évidemment d'origine biliaire. Enfin, le microscope fait voir dans les abcès et dans les végétations les mêmes organismes. Des granulations de pigment biliaire sont déposées dans les végétations en même temps que les microbes.

Mais les caractères morphologiques toat particuliers de ces micro-organismes permettent une autre conclusion bien importante. Ces microbes, présents dans les foyers d'angéiocholile suppurée, sont venus de l'intestin, dont ils sont normalement les habitants.

L'un de nous a examiné 19 endocardites végétantes de diverse origine sans jamais voir de microbes analogues à ceux actuellement décrits. 11 s'agissait toujours de formes rondesou elliptiques. En revanche, il a pu voir les mêmes bacilles dans deux cas d'angéiocholite suppurée, liés l'un à des kystes hydatiques, l'autre à un cancer du canal cholédoque.

Ces formes bacillaires sont normalement présentes dans l'intestin grêle*.

Normalement encore les microbes intestinaux remontent à une faible hauteur dans les gros conduits qui s'ouvrent dans le duodénum,

La chose a été prouvée maintes fois pour le pancréas. Une

' Nettbb, Revua critique. Des fermenls Uguréa du tube digestif (Arcbirùs de médecÎBe, octobre 1834, p. 4471.

récente démonstration a été fournie pai" Kûhae et Lea ' et Duclaux ^ .

Nous sommes en possession de faits qui démontrent qu'il en est de même des conduits biliaires et, circonstance qui nous importe plus encore, alors qu'il y a obstacle au cours de la bile.

'En effet, dans leur mémoire sur les altérations du foie consécutives à la ligature du canal cholédoque, MM. Charcol et Gombault nous apprennent qu'Us ont trouvé dans la vésicule du fiel, les canaux hépatique , cystique, cholédoque , un nombre considérable de granulations mobiles dont un grand nombre formaient des chaînes également mobiles. Cette constatation fut faite immédiatement après la mort par piqûre du bulbe d'un cobaye auquel six jours auparavant ils avaient lié le canal cholédoque.

MM. Charcot et Gombault^ n'hésitaient pas à attribuer à ces micro^rganismes une part importante dans la production des accidents de la lithiase biliaire.

Notre observation montre combien leur prévision était justifiée.

Nous n'avons pas fait de cultures qui nous auraient permis de préciser davantage les qualités des bacilles observés.

Mais nous avons inoculé une souris avec le contenu d'un abcès (partie centrale). L'animal, pendant plusieurs jours, a paru très affaibli. Nous avons trouvé dans son sang dea bacilles courts identiques à ceux que renfermait le pus injecté dans la plèvre droite. L'animal a guéri. Une autre souris a été également incommodée sans mourir. Deux cobayes, un lapin n'ont présente aucun trouble appréciable.

Ce que nous avons observé chez les souris semble autoriser cette conclusion que le microbe présent dans le foyer d'angéiocholite est susceptible de se multiplier dans l'organisme

■ KuRNS et Lea, Bem«rkua(;en uber die Absoaderuag der PancreaB (Unler sudiungcn aus dem pliys. /nsiiiuil.Hcidelbcrjj, 1882.

' Duclaux, KocyclopéiiiB chimique.

' Chahcut el GoHBAULT, AUéi'atioa du fois parJigalnra du canal oholidoqua {Archives de Physiologie, i87C. p. 2851.

I VBOÉTANTB-ULCËREUai!:. 1&

et de vivre dans le sang. Bans ce cas, on s'explique aisément comment il peut se fixer sur l'endocardite et s'y multiplier,

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