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ÉTUDE AN ATOMIQUE

elle est molle, grisâtre ; elle n'est pas nettement encapsulée. La rétrolinguale est généralement sur le côté externe de la sous-maxillaire ; quelquefois, tout en restant eu dehors de cette glande, elle se trouve un peu en avant ; je l'ai même vue séparée de la sous-maxillaire par toute l'épaisseur du muscle digastrique. Elle est petite, piriforme, unilobée, ferme. La fermeté de cette glande est surtout frappante quand on la compare à la sous-maxillaire, qui, comme je l'ai dit plus haut, est particulièrement molle.

Le canal excréteur de la rétrolinguale se dégage de son extrémité antérieure, un peu plus mince et plus effilée que la postérieure.

Les canaux des deux glandes cheminent séparément sur la face interne du ptérygoîdien interne, se dirigent eu couver-' géant vers l'intersection tendineuse dudigastrique, faiblement marquée, et passent ensemble au-dessous de ce muscle, puis sous le mylo-hyoïdien ; ils sont croisés par le nerf lingual, dont les rapports avec eux sont à peu près les mêmes que chez les deux espèces de rongeurs que j'ai examinées tout d'abord.

En avant du lingual et en dehors des canaux de la sousmaxillaire et de la rétrolinguale, se trouve la sublinguale. Cette glande a la forme d'une amande. Comme la rétrolinguale, elle est de consistance ferme ; lorsqu'on l'a enlevée et qu'on la presse entre les doigts, on dirait que l'on touche un nodule cartilagineux. De son bord externe et supérieur se dégagent quatre ou cinq canaux excréteurs qui vont s'ouvrir sur la muqueuse du plancher de la bouche, en dehors et en arrière de l'ouverture des canaux de la sous-maxillaire et de la rétrolinguale.

La sous-maxillaire du cochon d'Inde est une glande séreuse ; la sublinguale et la rétrolinguale sont des glandes muqueuses.

Lapin. — Le lapin n'a pas de rétrolinguale; sous ce rapport, il se distingue du rat, de l'écureuil et du cochon d'Inde.

La sous-maxillaire et la sublinguale présentent la même disposition chez le lapin sauvage que chez le lapin domestique.

La sous-maxillaire est une glande multilobée qui ne possède pas de capsule distincte. Ses différents lobes sont unis et séparés par du tissu conjonctif lâche. Son canal excréteur s'engage au-dessous du dlgastrique, chemine à la face interne du ptérygoïdien interne, puis passe au-dessous du mylo-hyoi-'

Fig. 3.

Gluiides soua-manillaires et sublinguales du lapin. — Du cûtc droit, la glande sublinguale eal masquée par les muscles qui la recouvrant ; à gauche, ces muscles ajanl élÉ enlevéa, la glande L et ses canaux ci ont pu être disséqués ; la corps de la gtanile a Èlé reuversé de dedans en dehors ; M. glande sous -maxillaire ; cm, canal de la sous-ma;iillaire ; ot, nerf lingual ; il a été relevé el tiré en detiors au moyen d'une érigne ; d/i, nerf hypoglosse ; D, muscle digaslrique.

dien. Sous ce muscle, il est croisé par le nerf lingual. Ce nerf le recouvre et émet, un peu avant ou immédiatement au niveau du point d'entre-croisement, des filets nerveux qui se distribuent à la surface du canal, soit en avant, soit en arrière. Le nerf lingual et le canal de la sous-maxillaire sont ainsi reliés étroitement l'un à l'autre. Pas plus chez le lapin que

ETUDE ANATOHIQUE E

chez les autres rongeurs que j'ai examinés, il n'y a de corde proprement dite comme elle existe chez ie chien, chez les carnivores en général et chez d'autres animaux.

Immédiatement en avant du nerf lingual, commence la glande sublinguale, qui est relativement beaucoup plus volumineuse que chez le cochon d'Inde et surtout que chez le rat et l'écureuil. Cette glande, contrairement à la sous-maxillaire, est entourée d'une capsule résistante, sorte' de sac aponévrotique, formé par une expansion du chorion de la muqueuse du plancher de la bouche.

Le canal excréteur de la sous-maxillaire, en avant du lingual, s'engage dans ce sac aponévrotique et le parcourt dans toute sa longueur. Pour le dégager à ce niveau et en même temps observer les canaux de la sublinguale, il faut, au moyen d'une érigne, tirer la glande en dehors et inciser le feuillet interne de la capsule glandulaire dans toute sa longueur. Le canal de la sous-raaxillaire se montre alors nettement, et, en dehors de lui, on aperçoit les dix ou douze canaux de la sublinguale, dont le trajet est perpendiculaire à celui du canal de la sousmaxillaire.

La sublinguale du lapin est aplatie entre le mylo-hyoidien et la muqueuse buccale. Ses canaux excréteurs se dégagent de son bord externe et supérieur, de telle sorte que, lorsqu'elle a été convenablement disséquée, elle est libre de tous côtés, excepté au niveau de ce bord fixé à la muqueuse au moyen des canaux excréteurs.

Au delà de la sublinguale, le canal de la sous-maxillaire continue son trajet pour venir s'ouvrir par une fente transversale en avant et sur les côtés du frein de la langue. Cette ouverture est assez grande pour qu'on puisse y introduire sans trop de difAculté un stylet de métal ou un tube de verre.

Chez le lapin, la sous-maxillaire esl une glande séreuse, la sublinguale est une glande muqueuse.

Li^TTe. — Depuis que le manuscrit de ce mémoire a été remis à l'imprimerie, j'ai eu l'occasion de disséquer les glandes salivaires du lièvre. La sous-maxillaire et la sublin-

guale de cet animal sont semblables aux mêmes glandes du lapin. La rétrolinguale fait défaut chez le lièvre comme chez

le lapin .

Hérisson. — A l'angle de la mâchoire inférieure et le débordant en arrière, on trouve, chez le hérisson, deux glandes

Fig. 4.

Glaodes sous- maxillaire s, l'éirolinguales «I sablinguales du hérisson. — M. glande sous- maxillaire ; El, glande rclrolinguale ; L, glande sublinguale droite; ni, oerr lingual; ab, nerf hypoglosse; D, muscle digaalriqne. A droite, les muscles digaslrigue et mj'lo-tiyojdien ont clé enlevés pour dégager les canaux da la aous-maxiHaire el de la rétpolinguale et découvrir la glande sublinguale.

volumineuses irrégulièrement hémisphériques, en rapport par leur face plane. De ces deux glandes, l'une, qui est externe par rapport à l'autre, est un peu moins volumineuse. Elles

ont toutes deux à peu près le même aspect, et, si n'étaient les notions acquises déjà sur les rapports et Ja structure de la sous-maxillaire et de la rétrolinguale, on pourrait être embarrassé pour savoir laquelle de ces deux glandes est la sousmaxillaire.

Noua avons vu, chez les animaux examinés jusqu'à présent, que lu rétrolinguale était plus petite que la sous-maxillaire, qu'elle était en dehors de cette dernière et de structure muqueuse. Parmi les deux glandes du hérisson qui sont situées à l'angle de la mâchoire, l'externe, un peu moins volumineuse que l'interne, est une glande muqueuse, tandis que l'autre est une glande séreuse. Ces deux caractères réunis, la situation externe et la structure muqueuse me conduisent à admettre que la glande qui les possède est la rétrolinguale, la glande interne de structure séreuse étant la sousmaxillaire.

Les deux canaux de la sous-maxillaire et de la rétrolinguale s'associent bientôt, passent ensemble sous le digastrique, au niveau de son intersection tendineuse, et s'engagent au-dessous du mylo-hyoïdien, où ils rencontrent le nerf lingual.

En avant de ce nerf et en dehors des canaux excréteurs des glandes rétrolinguale et sous-maxillaire, cachée sous la branche horizontale du maxillaire inférieur, comprimée et aplatie entre la muqueuse buccale et le mylo-hyoïdien, se trouve la sublinguale, qui paraît, au moins chez les deux individus que j'ai examinés, formée de deux lobes distincts.

La sublinguale du hérisson est une glande muqueuse comme la rétrolinguale.

Le nerf hngual, pour fournir à l'innervation des glandes, n'émet pas une corde, mais une série de filaments nerveux qui l'unissent aux canaux excréteurs de ces glandes.

Taupe. — Chez la taupe comme chez le hérisson, on rencontre, au niveau de la mâchoire, deux glandes séparées Tune de l'autre par du tissu conjonctif diffus qui permet de les disjoindre; seulement, à rencontre de ce que l'on observe chez le hérisson, la glande externe est un peu plus volumineuse

que la glande interne. D'abord j'ai été très surpris de ce fait, surtout après avoir constaté que la glande interne était une glande muqueuse; mais une observation attentive me conduisit bientôt à reconnaître que le canal excréteur de la glande interne croisait le canal excréteur de l'externe en passant au-dessus de lui pour venir se placer à son côté extérieur. Or, les glandes se développant aux dépens d'un boui^eon de l'épithélium de revêtement qui marque et le lieu d'origine de la glande et le point d'abouchement de son canal excréteur, le canal de la glande interne étant placé en dehors du canal de la glande externe, celle-ci doit être considérée, au point de vue embryologique et morphologique, comme si

Glaixles saus-maxillaires et réirolinguales de la laupc (vù(é gauche). — M, glande sous-maiUlairo; R, glande rélrolinguaU ; cm, canal de la sous-msiillaire ; cr, canal de la rélrolinguale ; al, nerf lingual ; ah, nert hypoglosse.

elle était située en dedans de sa voisine; elle correspond donc à la sous-maxillaire, tandis que l'autre, qui est de structure absolument muqueuse et plus petite, est In rétrolinguale.

Je n'ai pas trouvé de sublinguale chezla taupe; mais comme je n'ai eu à ma disposition qu'un seul individu de cette espèce, il serait possible que ma dissection eût été insuffisante ou que je fusse tombé sur une anomalie. Je n'affirme donc rien encore relativement à la sublinguale.

Ce qui me fait admettre que la glande interne de l'angle

ETUDE ÂNATOUmUE II

de la mâchoire de la taupe est la rétrolinguale et non pas la sublinguale, c'est qu'elle est placée en arrière du nerf lingual, tandis que la sublinguale vraie, telle qu'on peut l'observer chez le rat, l'écureuil, le cochon d'Inde, le lapin, le lièvre et le hérisson, est en avant de ce nerf.

Vespertilio murinus. — Parmiles chauves-souris que l'on peut se procurer aux environs de Paris, le murin (vespertilio murinus) est assez grand pour qu'on puisse sans trop de dittîculté disséquer ses glandes salivaires. Comme chez le rat, l'écureuil et le cochon d'Inde, on trouve chez cet animal, de chaque côté, une sous-maxillaire, une rétrolinguale et une sublinguale. La sous- maxillaire est bien dessinée; elle est irrégulièrement prismatique. La rétrolinguale est beaucoup

Fig. 6.

naxiJIaires, rëiro linguales et sublinguales du muria [vespertilio - M, glande bous - mai i 11 aire ; R, glands rélrolinguale ; L, glande Bublînguale gauche ; al, ueiT lingual ; nh, nerf hypoglosse. Du câté gauche, les muscles digaslriquc el mylo-hyoïdien ont été enlevés pour dégager les canaux des glandes sous-niaxillaîre H rélrolinguale «t la glande sublinguale.

plus petite. Elle est placée en avant de la sous-maxillaire et en dehors du canal excréteur de cette glande; son canal, réuni à celui de la sous-maxillaire, passe au-dessous du muscle digastrique d'abord, du mylo-hyoidien ensuite; il est croisé par le lingual. En avant de ce nerf, en dehors des canaux excréteurs de la rétrolinguale et de la sous-maxillaire juxtaposés, se trouve la sublinguale, dont la disposition rappelle celle que l'on observe chez le rat.

La glande sous-maxillaire du murin, aussi bien que celle de la pipistrelle et de la noctule, n'est pas, comme chez les rongeurs, une glande purement séreuse, car on trouve dans ses culs-de-sac un certain nombre de cellules muqueuses. La sublinguale et la rétrolinguale de ces animaux ont la structure des glandes muqueuses.

Furet (Patorius pulorius). — Le furet possède" une glande sous-maxillaire et une glande rétrolinguale. La sublinguale manque chez cet animal.

Glandes sous 'maxillaires el réti'oliagualea du furel. — M, glande sous-maxlllalre ; R, rclrolinguale ; cm, caoal de la aoua-maxillaire ; cr, canal de la rétrolinguale ; ni, Qerf lingual ; ah, nerr hypoglosse ; D, section du digastrique; c, corde du tympan,

La sous-maxillaire est encapsulée, irrégulièrement ovoïde; son grand axe est longitudinal. Elle est située sur le bord externe du muscle digastrique.

),ïGoot^[c

ÉTUDE ANATOBLQUE

La rétrolinguale, plus petite que la sous-maxillaire, en esl séparée par le digaatrique ; elle est cachée par ce muscle, qu'il faut enlever pour la décou^Tir. E^le se trouve en arrière du nerf lingual e>en avant de lliypoglosse ; elle est interne par rapport à la sous-maxillaire, comme chez la taupe. Si l'on dissèque avec soin les canaux excréteurs de ces deux glandes, on voit celui de la sous-maxillaire passer au-dessous du digastrique, se placer sur le côté externe de la rétrolinguale, et se mettre en rapport avec le canal excréteur de cette dernière glande avant d'atteindre le nerf lingual. Au niveau du nerf, le canal de la rétrolinguale croise le canal de la sous-maxillaire et vient se placer au-dessous de lui, puis sur son côlé externe. La glande rétrolinguale qui est en dedans de la sous-maxillaire a été en dehors de celle-ci à l'origine, si l'on accepte les données embryologiques et morphologiques que j'ai déjà développées à l'occasion des glandes salivaires de la taupe.

La sous-maxillaire du furet est une glande muqueuse et la rétrolinguale du même animal est une glande mixte, c'est-àdire séreuse et muqueuse. Chez les autres animaux que j'ai examinés jusqu'à présent, la sous-maxillaire était une glande séreuse pure, comme chez les rongeurs, ou une glande appartenant au type séreux, quand même elle contenait quelques cellules muqueuses dans ses culs-de-sac, comme chez la taupe parmi les insectivores et chez les chéiroptères, tandis que chez tous ces animaux la rétrolinguale était une glande franchement muqueuse. Il s'est donc produit chez le furet une inversion relativement à la structure des deux glandes. Nous retrouverons cette inversion chez le chat et chez le chien ; elle existe probablement chez les autres carnivores.

Chez le chien en particulier, tous les anatomistes et physiologistes s'entendent pour désigner sous le nom de sousmaxillaire une glande marronnée, oblongue, d'un volume relativement considérable, qui correspond évidemment à la glande du furet que je désigne sous le nom de sous-maxitlaire, et ces deux glandes ont la même structure. L'on verra dans le paragraphe suivant que la glande du chien désignée

parles auteurs sous le nom de sublinguale, et qui est située eu dehors et en avant de la sous-maxiltaire, est en réalité une rétrolinguale; par sa structure et la situation de son canal excréteur, elle correspond à la rétrolinguale du furet. Chez le furet, nous voyons encore appnraitre un nouveau caractère : le nerf lingual, avant d'atteindre les canaux excréteurs de la rétrolinguale et de la sous-maxillaire, émet un cordon nerveux qui, se dirigeant en arriére, décrit une courbe pour atteindre le canal excréteur de la sous-maxillaire; c'est là la corde, nerf cérébral salivaire bien connu chez le chien, ' le chat, etc.

Chien. — Le chien, comme le furet, n'a pas de sublinguale, mais seulement une sous-maxillaire et une rétrolinguale. Cette dernière, comme je l'ai dit dans le paragraphe précédent, a été désignée par tous les auteurs sous le nom de sublinguale.

La sous-maxillaire du chien est une glande relativement volumineuse. Elle présente à peu près la forme d'un marron. Elle est multilobée et entourée d'une capsule qui se prolonge sur la rétrolinguale.

La rétrolinguale qui est placée immédiatement en avant de la sous-maxillaire semble se confondre avec elle. Par la dissection au baquet dans l'alcool au tiers, on arrive sans difficulté à séparer les deux glandes. Claude Bernard les avait distinguées l'une de l'autre en les injectant alternativement par leurs canaux excréteurs. C'est une expérience qu'il est facile de répéter, surtout en employant comme liquide d'injection le bleu de Prusse soluble dans l'eau.

La rétrolinguale, formée d'un grand nombre de lobes appendus au canal excréteur comme autant de grains, a, dans son ensemble, la forme d'un cône dont la base reposerait sur l'extrémité antérieure de la sous-maxillaire ; elle est recouverte en partie par le muscle dîgastrique et le mylo-hyoïdien. Son canal excréteur est placé'en dehors de celui de la sousmaxillaire dans toute la longueur de leur trajet commun. L'extrémité antérieure de la rétrolinguale correspond d'habitude au nerf lingual ; quelquefois elle le dépasse un peu.

DMzeo.ïCoOt^[c

Comme chez tous les an maux que j ai étudiés jusqu'à présent, les deux canaux excreteurb de la sous-maxillaire et de

,. Fig- 8.

Glandes sous-maxillaii'as el rélpolioguales du chien. — M, glande bousnaïilla're ; R, R', glandes rétro lingual es. Du câlÉ gauche, la glande r£tn>lioguale R n'a pas été séparée de la sous-maxlllajre, avec laque lie elle aiTectedes rapports intimes ; du c6lé droit, la glande rétrolinguale W a été séparée da la £ous-maxillaire à l'aide de la dissection; cm, canal de la sous-maxillaire; cr. canal delà rélrolinguale; ni, nerf lingual; dA, nerf hypoglosse; c, corde du tympan. Anca. DU PKïs., 3- sÉBCB. - Vm. lU

la rétrolinguale passent au-dessous du digastrique et du mylo-hyoïdien pour se metlre en rapport avec la face profonde de la muqueuse du plancher de la bouche. Le nerf lingual les recouvre et fournit aux deux glandes leur nerf cérébral, la corde du tympan.

La glande sous-maxillaire est une glande muqueuse, la glande rétrolinguale, une glande mixte.

Chat. — La disposition des glandes sous-maxillaire et

Fig. 9.

Glandes soua-msxillaires «t rétrolinguale s du chai. — M, gtentle sous-maxillaîre ; H, B', glandes rétro lingual es. Du c6lé droit, la glande rélroiinguale R n'a pas él6 séparée de la Bous-majiillairo, avec laquelle elle atfecle des rapporln iniimeB ; du calé gauche, la glande rétrolinguale R' a été séparée de ta sous-maxillaire à l'aide de la dissection ; cm, canal de la sous-maxillaire ; cr, canal de la rétrolinguale ; ni, nerf lingual; nh, nerf hypoglosse; c, corde du tympan.

sublinguale est à peu près la même chez le chat que chez le chien. La sous-maxillaire est relativemenl volumineuse, en-

ÉTUDE AMATOUigUE DEB CI

tourée d'une capsule qui se prolonge sur la rétrolinguale, de telle sorte que pour séparer las deux glandes l'une de l'autre, il faut enlever cette capsule. Du reste, même rapport des glandes entre elles, avec le digastrique, le mylo-hyoîdien et le nerf lingual. Il n'y a pas plus de sublinguale chez le chat que chez le chien et le furet, ou du moins je n'ai pas trouvé trace de cette glande chez les animaux de cette espèce que j'ai étudiés.

Chez le chat, la structure relative des deux glandes sousmaxillaire et rétrolinguale est la même que chez le chien.

Cheval. — Chez le cheval que j'ai disséqué, la glande sous-maxillaire avait une longueur de 22 centimètres, une largeur de 4 centimètres et une épaisseur de 2 centimètres.

La glande sous-maxillaire du cheval est donc très allongée. Elle émet au niveau de son extrémité antérieure un canal qui s'engage sous la digastrique et le mylo-hyoïdien. Au-dessous de ce dernier muscle, après avoir été croisé par le nerf lingual, ce canal rencontre la glande sublinguale, et se loge dans un sillon longitudinal creusé aux dépens de la face inférieure de cette dernière glande.

La sublinguale a à peu près 12 centimètres de longueur, 3 de largeur et 1 1/2 d'épaisseur. J'indique ces chiffres parce que je n'ai pas fait dessiner les glandes salivaires du cheval. Les dessins qui reproduisent les glandes décrites jusqu'à présent dans ce travail sont de grandeur naturelle, ce qui m'a dispensé de donner les dimensions des organes qu'ils représentent.

La sublinguale du cheval étalée entre le mylo-hyoïdien et la muqueuse buccale présente un bord interne et inférieur et un bord externe et supérieur. De toute la longueur de ce bord, on voit se dégager un nombre considérable de canaux excréteurs qui, venant s'ouvrir à la surface de la muqueuse, y forment autant de pertuis que l'on distingue facilement sur les côtés de la langue. Chacun de ces canaux correspond à une petite glande absolument distincte de ses voisines et que l'on peut facilement isoler au moyen de la dissection au baquet dans l'alcool au tiers.

rK,iz=..,C(Xît^[c

Tous les canaux de la glande sublinguale se dirigent de dedans en dehors et de bas en baut, et, par suite, leur trajet est perpendiculaire à celui du canal excréteur de la sousmaxillaire.

Chez le cheval, la glande sublinguale est située en avant du nerf lingual, comme chez tous les animaux qui possèdent une vraie sublinguale.

La glande sous-maxillaire et la glande sublinguale du cheval sont des glandes mixtes; leurs culs-de-sac contiennent des cellules séreuses et des cellules muqueuses ; seulement, dans la sublinguale, les cellules muqueuses sont relativement plus abondantes, de telle sorte que cette dernière glande est plus muqueuse que la sous-maxillaire, contrairement à ce que l'on observe chez les carnivores.

Cochon. — Le cochon possède une sous-maxillaire, une rétrolinguale et une sublinguale. La ligure 10, qui représente ces trois glandes chez le cochon, a été dessinée demi-grandeur d'après une dissection faite au baquet dans l'alcool au tiers.

La sous-maxillaire est marronnée. La rétrolinguale est une glande mince allongée qui rappelle par sa forme la rétroHnguale du chien et du chat, bien que son lobe postérieur soit moins volumineux que chez ces derniers animaux et soit bien séparé de la sous-maxillaire; en avant, elle s'étend jusqu'au nerf lingual et même le dépasse un peu. Le canal de la rétrolinguale est parallèle et externe à celui de la sous-maxillaire comme chez les autres mammifères que j'ai examinés jusqu'à présent et qui possèdent une sous-maxillaire et une rétrolinguale.

La sublinguale constituée par un nombre assez considérable de glandes associées forme une masse aplatie entre la muqueuse buccale et le mylo-hyoïdien.

Les canaux excréteurs de ces glandes, au nombre d'une vingtaine, se dirigent tous de bas en haut et de dedans en dehors ; ils sont par conséquent perpendiculaires au canal de la sous-maxillaire et de la rétrolinguale.

nK;,iz.d.,GoOg[c

La sous-maxillaire, la rétrolinguale et la sublinguale du cochon ont toutes la même structure. Ce sont des glandes

Glandes sous-m

BublîDguale dri

maxillaire ; R . lingaale ; ni,

mixtes dans lesquelles les cellules muqueuses et les cellules séreuses se trouvent à peu près dans les mêmes proportions.

Mouton. — La sous-maxillaire du mouton est une glande

Fig. 11.

GlaDdea sous-maxillairr el sublingusle gauches du moutun. — M, glande sous-maxillaire ; L, gros lobe de la subliaguale ; L', p«lila lobea de la sublinguale ; cm, caqal de la sous- maxillaire ; cl, caaal du gros lobe de la subliuguale ; ni, nci't lingual ; c, corde du tympan.

multtlobée qui est située sur le bord externe du digastrique.

nK;,iz.d.,GoOg[c

A côté d'elle, on ne trouve rien qui ressemble à la rétrolinguale. Son canal excréteur passe au-dessous du muscle digastrique et du mylo-hyoïdien ; il est croisé par le nerf lingual.

En dehors du canal de la sous- maxillaire, en avant du lingual, se montre une glande allongée et aplatie, dont le grand diamètre est longitudinal, et qui, par son siège, correspond à la sublinguale. Cette glande possède un canal excréteur assez gros qui se dégage de son extrémité antérieure et vient se placer sur le côté externe du canal excréteur de la ^ousmaxillaire. En dehors et en dedans se trouvent plusieurs glandes analogues, mais beaucoup plus petites, qui possèdent chacune un canal excréteur dont le trajet est longitudinal, c'est-à-dire parallèle au canal excréteur de la glande principale.

La glande soust-maxillaire et la glande sublinguale du mouton sont des glandes mixtes; la sublinguale est plus muqueuse que la sous-maxillaire. Sous le rapport de la structure relative des deux glandes, le mouton se rapproche donc du cheval.

Homme. — Chez l'homme, comme chez le cheval et le lapin, il n'y a pas de rétrolinguale ; mais seulement une sublinguale et une sous-maxillaire.

La sous-maxillaire est une glande volumineuse, noyée dans une atmosphère de tissu cellulo-adipeux qui, pénétrant entre les lobes qui la composent, les unit assez solidement.

Son canal excréteur, après avoir été croisé par le nerf lingual qui lui fournit une corde, passe au-dessous ' et en dedans de la glande sublinguale, entre cette glande et la muqueuse qui la recouvre.

■ Dana la description des glandes sallvaires de l'homme, comme dans celle des glandes salivaires de» mammifères, précédemment décrites, je suppose les rapports en parlant de l'observateur qui estamioe la préparation. Par suite, lorsque je dis que le canal excréteur de la sous-maxillaire passe au-dessous de la glande sublinguale, il faut comprendre au-dessus si l'on emploie le langage habituel des anatomistes qui considèrent les rapporis des organes tel» qalla sont chez les animaiix dans leur silaatiou naturelle.

D,q,lzeo.ïCoOt^[c

La sublinguale, comme la sous- maxillaire, est entourée de

Fig. la.

Glandes sous- maxillaire s et sublinguales de l'homme. — M, glande soas- ■ maxillaire -, L, glande sublinguale gauche eu place et dont les divers lobes ne Eoul pus séparés par la disBeclioD -, L', glande sublinguale droite dont les divers lobes sont disséqués ; ni, acrt lingual ; nh, nerf hypoglosse ; e, corde du tj-mpan ; coi, canal de la sous-maxillaire.

[issu cellulo-adipeux qui la pénètre et la rend solide et résistante.

On dirait, au premier abord, une glande bien délimitée.

ETUDE ANATOKigna DU (O^NDES. 247

comme un seul organe; mais, en réalité, elle est composée d'une série de glandes que l'on peut, non sans quelque difiîculte, séparer les unes des autres au moyen de la dissection au baquet dans l'alcool au tiers. Chacune de ces glandes possède un canal excréteur qui se dirige de dedans en dehors et de bas en haut pour venir s'ouvrir par un orifice distinct sur le plancher de la bouche.

Parmi ces glandes, dont on compte une douzaine à peu près, les premières à partir du nerf lingual sont petites, les moyennes paraissent être les plus volummeuses.

Le canal excréteur de celles qui sont placées en avant s'ouvre à une faible distance de la caroncule salivaire du canal de la sous-maxillaire.

La disposition que je viens de décrire parait être la plus

commune, celle que l'on doit considérer comme normale;

mais on peut en observer d'autres qui, je le crois, sont des

anomalies. Ainsi, en disséquant dans mon laboratoire les

glandes salivaires d'un enfant d'une dizaine d'années,

M. Auscher a mis en évidence des dispositions assez curieuses

onsidérées comme représentant l'état

istes de grande valeur, ainsi qu'on

s l'historique de cette intéressante

13), la souVmaxillai qui accompagne son ( !t présente la forme d cette portion de la se après un trajet assez long, vient s'ouvrir dé Wharton, en avant du hile de la sous-maxillaire proprement dite. Du même côté, en outre de la sublinguale, dont la disposition rentre dans la description donnée précédemment, il existe une glande allongée placée sur le côté externe du canal excréteur de la sous-maxillaire, et dont le fond atteint le nerf lingual.

Cette glande possède un canal excréteur parallèle au canal de Wharton, et assez volumineux pour qu'on puisse y introduire un stylet.

Du côté droit, cette dernière glande n'existe pas, et la

disposition de la sublinguale est a peu près celle que j'ai considérée comme normale ; mais il s'est produit une autre anomalie. Parmi les glandules qui composent la sublinguale.

Fig. 13.

Anomalies des glandes sous-maiillgirea et soblinguales de l'homme. — M, sous-maxillaire ; M', portiou accossoire et anormale de la sous-maxillaire gauctie ; M", portion accesaotre et auormale de la ?ou8- maxillaire droite ; L,L, sublingualea ; L', glande anormale à canal excréteur lougliudiDsl qui, par son siège, est une sublinguale ; □/, nerf lingual ; c, corde du tympan.

on en voit deux dont les canaux excréteurs, au lieu d'aller s'ouvrir sur le plancher de la bouche, vont se jeter dans le canal de Wharton.

C'est là, du moins, une manière de décrire le fait; mais,

ETUDE ANATOUIQUE D

en réalité, ces glandules n'appartiennent pas à la sublinguale ; elles doivent être envisagées comme une dépendance de la sous-maxillaire.

Pour disséquer au baquet dans l'alcool au tiers la sousmaxillaire et la sublinguale de l'homme, on procède comme pour enlever la langue et l 'arrière-bouche dans une autopsie ; seulement il faut inciser avec soin le mylo-hyoïdien au niveau de ses insertions au maxillaire inférieur et diviser ensuite la muqueuse buccale après avoir décollé la gencive.

La pièce est alors épinglée sur le fond du baquet que l'on remplit d'alcool au tiers, et l'on procède à la dissection. Je pense que cette méthode est bien supérieure à la dissection à l'air libre et à celle qui a été préconisée par M. Tillaux, la macération dans l'acide tartrique.

La glande sous-maxillaire de l'homme est une glande mixte; mais cependant la plupart de ses culs-de-sac contiennent seulement des cellules séreuses ou granuleuses. Quelques-uns de ses culs-de-sac, en très petit nombre, ne renferment presque que des cellules muqueuses ; d'autres sont occupés par des cellules muqueuses et des cellules granuleuses en proportion variée.

La glande sublinguale de l'homme est aussi une glande mixte ; mais elle se rapproche davantage du type des glandes muqueuses.

HISTORIQUE

Dans les ouvrages d'anatomie humaine et comparée, il existe une grande confusion relativement à la glande sublinguale. Cela tient à ce que l'on désigne sous le nom de sublinguale deux glandes qui cependant sont bien différentes : la sublinguale proprement dite et celle à laquelle j'ai donné le nom de rétrolinguale.

Cette confusion subsistera probablement longtemps encore, parce que les physiologistes qui se sont occupés des glandes salivaires, Ludwig, Claude Bernard, Heidenhain, etc., les ont étudiées surtout chez le chien, et que tous ont désigné la rétrolinguale de cet animal sous le nom de subhnguale. C'est

là une trop forte tradition pour qu'elle soit abandonnée de sitôt.

La glande rétrolinguale du chien, comme la rétrolinguale que l'on observe chez un grand nombre d'espèces de mammifères, possède un seul canal excréteur qui a été bien décrit et figuré par Bartholin ', et que l'on désigne sous le nom de ce dernier anatomiste. Le dessin annexé au petit mémoire de Bartholin, et qui est reproduit à la page suivante, représente la glande rétrolinguale et son canal excréteur chez la lionne; on observe une disposition semblable chez le chat (%. 9), chez le chien (%. 8) et chez d'autres mammifères encore.

On fut naturellement conduit à généraliser l'observation de Bartholin, et on chercha un canal semblable à celui qui porte son nom chez les divers mammifères et surtout chez l'homme. Cependant, il convient de le dire de suite, Cuvier, pas plus que Meckel et, en général, les auteurs français, Cruveilhier, Sappey, ne parlent du canal de Bartholin chez l'homme. Voici comment s'exprime Cuvier^ à propos de la sublinguale de l'homme :

Le canal excréteur des maxillaires rencontre, dans son trajet, une autre glande plus allongée, plus petite, ei quelquefois conliguo à cette dernière, et paraissant alors en être la continuation. Cette glande, que l'on appelle sublinguale, est placée immédiatement sous la membrane interne de la bouche et sur les côtés du frein de la langue. Elle est en dehors du canal excréteur de la maxillaire, mais elle s'en distingue par le nombre de ses canaux excréteurs, dont la plupart se terminent par une rangée de six jusqu'à douze orifices et plus, percés en parlie'dans le frein de la langue, en partie un peu sur le côté, et dont les plus reculés, quelquefois au nombre de trois, se réunissent d'abord et s'anastomosent avec le canal de Warton, ou se terminent séparément.

' Caspabi B a htholi h r, ite daclu salivali ligctenus aon descripto observalio aaatomica, Ibbg:

• G. Clvler, Leçons d'aaalomie comparée recueillies et publîéss par Duvcrnois, £• ddlt., I. IV, p. 490.

ETUDE ANATOMIDUK D

Reproduction de la Ûgure de Barlbolin.

EXPLICATIO FIGURARUM EX ANATOME LEvEN-E,

ductu suo salivai! D, jam primum à nobla descripto, cujus varis ra tiooes per tolam glandulam dispersa; coiispidunlur.

Secunda Ûgure indical duo ulriQque oalia ductuum aalivalium infâr Warthouiani nempe et noatri, quorum locum sub lingUB designaul eilrer stilorum us sa, per dicta ostia exeuntium sul) lingua b, qma hic paulîapor r nerailur à maxilla îarerjori c, al singula reclius paleanl.

Meckel' dit : La glande linguale est formée de plusieurs lobes allongés qui adhèrent entre eux par du tissu cellulaire ; ils augmentent ordinairement de grandeur d'avant en arrière.

Ces lobes donnent naissance, chacun séparément, à un conduit excréteur court se dirigeant en Jiaut pour s'ouvrir dans la bouche. On les a désignés sous le nom de conduits de Hivin ou de Walter. Quelquefois il arrive qu'un ou plusieurs- des postérieurs de ces conduits vont se réunir àcelui de Wharton.

Nous trouvons dans la splanchnologie de Huschke (traduction française 1845, p. 32), une nouvelle indication : en outre des conduits de Rivinus qui se trouvent au nombre de 7 à 12 et s'ouvrent sur le plancher de la bouche, en outre des petits conduits de la sublinguale qui se jetteraient dans le canal de Wharton, comme cela est dit dans les traités d'anatomie comparée de Cuvier et de Meckel, la glande sublinguale aurait encore un véritable canal de Bartholin.

C'est cette manière de voir qui a été adoptée par Henle* danâ son anatomie de l'homme. Cet auteur admet que la sublinguale est constituée par une série de glandes ayant chacune son canal excréteur. Plusieurs de ces canaux s'ouvriraient dans le canal de Wharton. Un d'entre eux, le canal de Bartholin, après avoir suivi un trajet parallèle au canal de Wharton, viendrait s'ouvrir sur la muqueuse buccale à côté de l'orifice de ce dernier canal. Le canal de Bartholin n'aurait pas une existence constante chez l'homme ; quelquefois on ne le trouverait que d'un côté. Les autres canaux de la sublinguale, après un trajet court et direct, viendraient s'ouvrir sur le plancher de la bouche.

Parmi les auteurs qui se sont spécialement occupés de l'anatomie des animaux, Cuvier' paraît être le premier qui ait reconnu l'existence des deux glandes que j'ai décrites sous le nom de sublinguale et de rétrolinguale. Le cochon, dit Cuvier,

' Mkckel, Analomie comparée, Paris, 1838, t. VIII, p. ïll. * Hbnle, Htadbaeh der aystematiseben ADaComie des Mûnschen. Zw. Band, p, 134, 135, 1S7, 138.

■ CoTiER, loe. cit., t. IV, p. 433. •

a deux sublinguales : l'une, très étroite, fort allongée, accompagne en dehors le canal excréteur de la maxillaire, depuis l'angle de la mâchoire jusqu'à la deuxième sublinguale; elle est composée de petits lobes d'un rouge pâle. Son canal excréteur en sort près du tiers postérieur et marche en dehors et à côté de celui de la sous-maxillaire.

Celte glande pourrait être considérée tout aussi bien comme une deuxième sous-maxillaire. (Cest l'opinion de Meckel.) La deuxième sublinguale est placée au-devant de la

première Elle a huit à dix canaux excréteurs qui

percent la membrane palatine sur une rangée.

L'observation de Cuvier a été contredite par Meckel. Voici un effet comment s'exprime ce dernier auteur' :

La glande sublinguale (du cochon) est un peu plus petite que In sous-maxillaire La division en deux glandes mentionnée par Cuvier ne se trouve ni chez le cochon, ni chez le pécari. Le long conduit, attribué par cet auteur à ta postérieure de ces deux glandes, n'est ici, en effet, autre chose que le conduit excréteur de la glande sous-maxillaire, à la portion antérieure duquel sont appendues de petites masses glandulaires. Aussi Cuvier ne fait aucune mention de la glande sous-maxillaire chez le cochon.

Il est de toute évidence que Meckel n'a jamais disséqué d'une manière convenable les glandes salivaires du cochon domestique, car la description de Cuvier est fort exacte.

Il y a lieu de se demander maintenant comment, après avoir observé chez le cochon les trois glandes, la sous-maxillaire, la sublinguale et la rétrolinguaie, Cuvier a pu dire que Meckel considérait cette dernière glande comme une seconde maxillaire. Ce serait difficile à comprendre, à moins de se reporter à ce que dit Meckel desglandes salivaires des carnivores et des ruminants ^.

Faisons remarquer d'abord que Meckel et Cuvier paraissent ignorer absolument le travail de Bartholin. Meckel ayant vu la glande de laquelle se dégage le canal de Bartholin, et que

■ Meckbl, loe. eil., t. VIIl,"p. 502.

" Meckel. loc. cit., t. VIII, p. 080 et 4Î4.

ce dernier auteur considérait comme une sublingale, la rattache à la sous-maxillaire et la considère comme un prolongement antérieur de cette dernière glande chez l'hyène, le chien et le chacal, comme l'analogue de la glande sous-maxillaire antérieure des oiseaux, chez les ruminants en général. Il est clair que la rétrolinguale du cochon, décrite par Cuvier sous le nom de sublinguale postérieure, est l'analogue de la rétrolinguale du chai, du chien, etc., que les physiologistes modernes appellent sublinguale.

D'après la description donnée par Meokel des glandes salivaires du chat ' , cet animal posséderait les trois glandes dont nous nous occupons dans ce mémoire : la sous -maxillaire, la rétrolinguale, qu'il considère comme une portion de la sousmaxillaire, et une véritable sublinguale. Il reproche à Cuvier d'avoir méconnu l'existence de cette dernière glande chez le chat. Elle manquait réellement chez les animaux de cette espèce que j'ai disséqués, et si elle existait chez ceux qui ont servi aux recherches de Meckel, cet auteur aurait, comme Cuvier, observé chez un même animal les trois glandes salivaires de la région sus-hyoïdienne.

Plus récemment, dans un travail d'ensemble sur la morphologie des glandes salivaires des vertébrés, Reichel * dit avoir vu sur une coupe de la tête d'un embryon de souris la section du canal de Wharlon, tout à côté la section du canal de Bartholin, puis la coupe d'une glande sublinguale. Il en conclut à l'existence de trois glandes salivaires distinctes dans la région sus-hyoïdienne delà souris.

Plus récemment encore, Chievitz ^, dans un mémoire sur le développement des glandes salivaires, a observé chez les embryons de cochons les trois glandes décrites par Cuvier; mais, au lieu de désigner, comme ce dernier auteur, la sublinguale et la glande que nous appelons rétrolinguale, sous les

■ Meceœl, Ioc. cil.. I. VlU, p. 679 et 080.

' P. Reicuel, BeJlrag zur Morphologie der Mundhâhlendriisen der Wirbel- Ibiere (MorpbnI. Jahrb. de Gcgenb»ur, t. VIII, 1883, p. 1.)

' J. H. Ch[evitz, Beilrage zur Entwickelungs geschichte der Spsicheidrûsea {Archiv. tùr. Anal. u. Entwickelanga gesch. de His et Braane, 1885, partie anat., p. 40i.

noms de première et de deuxième sublinguale, il appelle la première alvéololinguale, et la deuxième sublinguale.

Il ajoute que les trois glandes eyslent chez le bœuf, le cochon et le rat, et que l'alvéololinguale (la vraie sublinguale, celle que je désijçne sous ce nom dans ce mémoire) manque chez le chien, le chat et la souris. L'observation de Reichel sur les glandes de la souris serait donc inexacte. Chez le lapin, il y aurait une sous-maxillaire et une alvéololinguale et pas de sublinguale. L'homme n'aurait pas de sublinguale et la glande que l'on désigne sous ce nom serait l'alvéololinguale. Chievitz ne donne aucun renseignement sur la forme et l'étendue des différentes glandes salivaires chez les animaux où il les a étudiées.

Je crois devoir terminer cet historique par quelques citations tirées des traités d'anatomie comparée de Cuvier et deMeckel, citations relatives aux animaux dont j'ai étudié les glandes salivaires.

Dans le surmulot (Cuvier, joc. cit., t. IV, p. i,'S&), les maxillaires sont plus grandes que les parotides, et conséquemment très Yolamineuses, Je n'ai trouvé ni sublinguales ni molaires.

Dans les écureuils, les parotides sont beaucoup plus grandes que les maxillaires. Les sublinguales sont petites (p.' 427).

Chez le lapin (Cuvier, loc. cit., t. IV, p. 429), les maxillaires sont arrondies : l'orifice de leur canal placé sur le côté du frein de la langue n'a pas de pajtilles. Les sublinguales sont minces et allongées.

Les maxillaires sont plus grandes que les parotides, dans les chauves-souris ou chéiroptères insectivores; elles ont une forme arrondie et leur substance est plus ferme; la sublinguale est très petite (Cuvier, loc. cit., t. IV, p. 422).

Je donne ces diverses citations de Cuvier pour montrer l'insuffisance de ses dissections pour les oi^anes des petits animaux ; du reste, Meckel n'a pas été plus heureux. Il dit par exemple (loc. cit., t. VIII, p. 742) :

Les chauves-souris m'ont toujours présenté des parotides et des maxillaires volumineuses différant peu en grandeur. Je n'y ai pas trouvé de sublinguales.

AnCH. Dl PHT3., s* SÉBIK. - VUI. 17

,lzeo.ïCoOt^[c

A propos du cochon d'Inde {loc. cil., t. VIII, p. 590), il parle de ta parotide et de la sous-maxillaire, mais il ne dit rien de la rétrolingual^^ et de la sublinguale qui cependant sont si accusées chez cet animal.

En revanche, quand ces auteurs s'occupent des grands animaux dont les organes peuvent être facilement examinés par ta simple dissection à l'air, sans qu'il soit nécessaire d'avoir recours à la dissection au baquet, leur description est généralement exacte. Il n'y a rien à changer à celles qu'ils ■donnent des glandes salivaires de l'homme, de la subhnguale en particulier, des glandes sous-maxillaire et sublinguale du ■cheval. Aussi cette description a-t-elle été reproduite à peu prés exactement par d'excellents anatomistes, tels que M. Chauveau ' et M. Tillaux*.

Dans une prochaîne publication, je m'occuperai de la fine structure des glandes sous-maxillaire, réirolinguale et sublinguale des animaux dont il est question dans ce mémoire, et j'y ajouterai la relation de quelques expériences relatives aux propriétés physiologiques de ces diverses glandes.

domestiques, p. 43S et 135.

sua QUELQUES NOUVEAUX APPAREILS '

Par L. MALASSEZ.

{Travail du laboratoire d'histologie du ColIËge de FrauCË.)

I. Chambre claire k angle variable. — 11. Hémochroinomètre perrectionné. — III. Cuve pour analyses microscopiques. — IV. Platine chauffante. — V. Plaque chauffante. — VI. Échelle à préparations el à plaques de culture. — VII. Seringue à inoculation. — VIII. Éclairage à ralbo-carbon.

Ghambre claire ù angle variable. '

La chambre claire à 45 degrés' que j'ai précédemment fait connaître a, comme je l'ai déjà dit, le grand avantage de permettre de dessiner au microscope, cet instrument étant renversé en arrière de 45 degrés et le papier étant placé derrière lui sur la table ou sur tout autre plan horizontal;

' Ces appareils ont été déjà présentés ù ta Société de Biologie, séances du 9 mai 1SS5 et du 10 juillet 1886.

* J'ai appelé angle de la chambre claire l'angle que forment entre eux le rayon visuel pai-ti d'un point quelconque d'un objet microscopique et celui parti du dessin de ce point ; autrement dit c'est l'angle qui mesure la déviation produite par la chambre claire. (Voyez Société de biologie, séance du 2ô juillet 1884, p. 510; Archives de Physiologie, numéro du 1" octobre 1884, p. 238.

nK;,iz.d.,GoOg[c

dispositions qui sont 'les plus commodes de toutes pour le dessinateur. Elle permet en plus d'obtenir des dessins d'une grande étendue et d'une exactitude parfaite.

Cependant elle a un inconvénient : c'est de n'être vraiment plus pratique quand il s'agit de dessiner des objets qui sont mobiles dans la préparation; car il faut alors laisser la préparation à plat, donc le microscope vertical, et se servir de cette chambre claire comme on se sert de celles à 16 ou à IS degrés. Or, dans de telles conditions, l'image se trouve reportée à une très grande distance du pied du microscope; puis, on est obligé, pour obtenir des dessins exacts, de dessiner sur un plan incliné à 45 degrés; deux choses aussi incommodes l'une que l'autre. En sorte que pour ces cas spéciaux il vaut mieux recourir à un autre type de chambre claire; c'est-à-dire qu'il faut en somme avoir à sa disposition deux instruments différents.

Cet inconvénient, j'avais eu soin de le signaler et j'avais ajouté qu'on pourrait le supprimer en modifiant cette nouvelle chambre claire de façon qu'elle donnât à volonté soit une déviation à 45 degrés, pour les cas où l'on pourrait incliner le microscope; soit une déviation de 16 à 18 degrés, pour ceux où il faudrait le laisser vertical. O'avais déjà fait quelques essais heureux dans ce sens. Depuis, je suis arrivé à faire construire ' un instrument qui répond parfaitement à cette * double indication; et je l'ai présenté à la Société de Biologie sous le nom de chambre claire à angle variable '

Cette chambre claire se compose, comme celle ae Doyère et Milne Edwards, comme la précédente à 45 degrés, de deux prismes à réflexion totale (on pourrait, bien entendu, employer tout autre mode de réflexion). Seulement le deuxième prisme, le plus gros, au lieu d'être ûxe, est mobile autour de son axe; en sorte qu'en le tournant plus ou moins on peut obtenir toute une série de déviations diverses. Cependant, comme il suffit en pratique d'en avoir deux seulement : une faible de 16 à 18 degrés pour dessiner le microscope vertical, puis une autre plus forte de 40 à 45 degrés pour dessiner le

■ Chez M. SliaSBoie, Bucceaaeur de M. Vérick, à Paris. eociété de biologie, séance du fl mai 1885, p. 277.

nK;,iz.d.,GoOg[c

microscope incliné, le jeu de ce prisme a été limilé par deux points d'arrêt correspondant à ces deux déviations. Un boulon placé sur l'un des côtés de l'appareil permet d'agir sur le prisme et de le faire buter contre l'un ou l'autre point d'arrêt (%. i). Une aiguille attenante au bouton, indique l'angle obtenu.

L'autre prisme, le plus petit, celui qui se trouve le plus près de l'œil, reste toujours fixe; mais la forme et l'orientation qu'il

Fig. 1.

avait dans les chambres claires précédentes ont été modifiées légèrement, afin que les réflexions totales puissent se produire également bien, quelle que soit la position donnée au second prisme.

Veut-on se servir de cette chambre claire, le microscope étant vertical? On la place, comme celle de Doyère et Milne Edwards, de façon que l'image microscopique tombe sur le côté droit du microscope ^ ; et l'on tourne Je boulon du prisme jusqu'à ce que celui-ci vienne buter contre le point d'arrêt en rapport avec le plus petit angle, angle indiqué par l'aiguille. — Veut-on s'en servir, le microscope renversé en arriére de 45 degrés? On oriente la chambre claire de fagon que l'imite soit reportée en arrière ^ et l'on tourne le bouton jusqu'à ce

' Voyci la ngupe des Archives de Physiologie, 1878, p. 410.

' Voyei la Ilguro des Archives de Physiologie, 1" oclobre 1884, p. 249-'

que l'aiguille indique une déviation du prisme de 45 degrés. Ce nouvel instrument est donc à volonté une chambre claire à 45 degrés et une chambre claireà 16oul8 degrés; elle répond ainsi ;) elle seule à tous les besoins d'un dessinateur au microscope.

Pour avoir des dessins parfaitement exacts avec cette chambre claire, il faut, comme avec toute autre, que le plan sur lequel on dessine soit en tous sens parfaitement perpendiculaire à l'axe optique dévié ou axe de la chambre claire; et cela, parce que la préparation est elle-même perpendiculaire à l'axe optique direct ou axe du microscope. Jeme suis expliqué déjà sur ce sujet et n'y reviendrai pas. Je rappellerai seulement que ce résultat dépend de deux conditions ; 1" de l'orientation de la chambre claire par rapport au microscope; 2° du degré d'inclinaison du papier sur la table et du renversement du microscope.

1" L'orientation? Supposons le microscope vertical, la planchette à dessin placée bien d'équerre sur le côté du microscope, et inclinée de la quantité voulue : l'orientation doit être telle que l'image d'un point situé au centre du champ microscopique vienne tomber sur l'axe transversal du microscope. Tandis que si le microscope est renversé en arrière, cette image devra tomber sur l'axe antéro-pogtérieur. Il est facile de déterminer ces orientations; mais, pour n'avoir pas à faire cette recherche chaque fois que l'on aura un dessin à exécuter, il suffit, après l'avoir faite une première fois, d'établir des points de repère sur le collier de la chambre claire et sur le tube du microscope.

2° Quant au degré d'inclinaison de la planchette à dessin ou du microscope, il doit être égal au degré de déviation produit par la chambre claire. Par exemple, soit une déviation de 1 6 degrés, le microscope devant rester vertical : la planchetleà dessin devra être inclinée de la même quantité, de 16 degrés. Soit une déviation de 45 degrés, le dessin devant se faire sur la table : le microscope devra être incliné de 45 degrés également.

Et à ce propos j'engage vivement les personnes, qui voudront se servir de ces nouvelles chambres claires â angle

variable et tiendront à avoir des dessins parfaitement exacts, à ne pas se fier aux indications fournies par les appareils ; je me suis aperçu qu'elles n'étaient pas toujours parfaitement conformes à la réalité. On devra donc vérifier son appareil une fois pour toutes ; j'en ai précédemment ' donné le moyen, moyen simple et facile.

Dans le cas où les indications données par l'instrument ne seraient pas exactes, on peut agir de deux façons : ou bienrégler à nouveau l'appareil en changeant la position des pointsd'arrèt qui limitent le mouvement du prisme ; ce sont de simples vis qu'il suffit de tourner plus ou moins dans un sens ou dans l'autre. Ou bien, et ce sera plus simple encore, ne loucher en rien à la chambre claire et s'en servir suivant les résultats donnés par la vérification : si, par exemple, la plus petite déviation est en réalité de 15 degrés, au lieu de 16 degrés valeur indiquée, on dessinera sur une planchette inclinée non à 1 6 degrés, mais à 15 degrés; si la plus grande déviation est d& 44 degrés, au lieu de 45 degrés, on inclinera le microscope^ de 44 degrés seulement.

Voici bientôt deux ans que nous nous servons avec grand avantage de cette chambre claire au laboratoire d'histologie du Collège de France et je crois pouvoir la recommander tout spécialement. Inutile d'ajouter que l'on pourrait modifier delà même façon d'autres types de chambres claires.

Hémochromomètre perfectionné.

Pour apprécier les quantités d'hémoglobine contenues dans le sang, la méthode colorimétrique est certainement la plus simple de toutes celles imaginées jusqu'ici ; de plus, elle peut donner une exactitude aussi grande que n'importe quelle autre, elle paraît même ne le céder en cela qu'aux procédés. spectro-photométriques les plus perfectionnés. Il y a donc

■ Archives da Physiologie, Ul^, p. 412-413.

grand intérêt à la rendre la plus parfaite possible en pratique. Avant d'indiquer les nouveaux perfectionnements que j'ai imaginés, je voudrais indiquer brièvement quelles sont, à mon avis et dans l'état actuel de la science, les meilleures solutions à donner aux principaux termes du problème.

i" Tout procédé colorimétrique exige évidemment un étalon, et un étalon qui ne risque pas de s'altérer avec le temps pour qu'on n'aitpas à en déterminer sans cesse la valeur. Or, comme on n'est pas arrivé jusqu'ici à conserver indéfminient des solutions de sang ou d'hémoglobine, sans que leur couleur s'altérât, il faut avoir recoui-s à des étalons colorimétriques artificiels qui soient plus durables.

2° On peut arriver à reproduire exactement et l'intensité et la qualité de couleur d'une solution sanguine donnée, en employant des substances ne s'altérant pas ou ne s'altérant que fort peu à la longue ; mais, si l'on vient à faire varier dans les mêmes proportions l'intensité de l'étalon arlificiel et celle de la solution sanguine prise comme type, des différences vont apparaître ; c'est du moins ce que j'ai toujours constaté avec les diverses substances colorées que j'ai essayées. Les intensités de coloration restent bien semblables, les qualités de coloration, par contre, deviennent différentes. Ainsi, une solution depicrocarminqui reproduit exactement une solution donnée de sang, se trouve plus rouge que la solution sanguine quand on en diminue l'épaisseur ou qu'on la dilue davantage; plus jaune dans le cas contraire. Autrement dit : on ne peut avec un seul et même étalon colorimétrique, reproduire toutes les variétés de teintes que présentent des solutions sanguines d'intensité différente. Il en résulte qu'il faut, ou bien établir toute une série d'étalons fixes auxquels on comparera les solutions à examiner, solutions qui seront toujours de titre el d'épaisseur constants; ou bien établir un seul étalon fixe el faire varier l'intensité de coloration de la solution sanguine à examiner. Le premier de ces procédés a l'inconvénient ou de nécessiter un nombre considérable d'étalons divers, ce qui complique l'instrumentation; ou, s'il n'y en a qu'un petit nombre, de laisser entre eux des intervalles trop considérables, ce qui diminue la précision des recherches. Il faut

pni,l,zed.ïG0(lg[c

SVB QUELQUES NOUVEAUX APPAKEILS. 363

donc recourir au second procédé que je viens d'indiquer; il est plus simple et plus précis.

3° Soit donc un seul étalon fixe ; comment faire varier l'intensité de eoloralion de la solution sanguine à examiner? Deux procédés se présentent : ou bien diluer plus ou moins la solution sanguine en l'examinant toujours sous la même épaisseur, ou bien, au contraire, faire une solution de titre constant et en faire varier l'épaisseur. Ce deuxième procédé est de beaucoup supérieur au précédent, parce qu'il permet de renouveler à volonté les observations faites sur une même solution de sang, ce qui est absolument indispensable si l'on ne veut pas risquer de commettre des erreurs considérables.

4° Quant aux variations d'épaisseur, elles peuvent être obtenues, soit en plaçant la solution dans une cuve prismatique en verre dont on examine les divers points lesquels se trouvent ainsi correspondre à des épaisseurs plus ou moins considérables ; soit en plaçant ta solution dans une cuve à fond de verre, dans laquelle on plonge un tube également fermé par un disque de verre et par lequel on regarde ; en enfonçant plus ou moins le tube, on limite entre la glace du tube et celle de la . cuve un espace plus ou moins considérable.

Il semblerait à priori que le premier de ces procédés doive être moins avantageux que le second, parce qu'avec lui on se trouve avoir sous les yeux une couche de liquide dont les surfaces ne sont pas parallèles, n'ayant donc pas partout la même intensité de coloration. Mais cet inconvénient, outre qu'on peut y remédier en plaçant derrière le prisme un prisme semblable disposé en sens inverse, n'est vraiment pas sensible en pratique lorsque l'inclinaison des glaces l'une sur l'autre est peu considérable et que l'oriftce par lequel on regarde est suffisamment étroit. En sorte que ces deux procédés sont à peu près aussi avantageux l'un que l'autre.

5° Reste la graduation des appareils : elle pourra indiquer simplement les épaisseurs que présente la solution sanguine examinée lorsqu'elle arrive à reproduire l'intensité de teinte de l'étalon ; ou bien donner d'emblée les valeurs correspondantes en hémoglobine. Ce dernier procédé est évidemment le plus commode en pratique, puisqu'il évite l'ennui d'avoir à

faire des calculs ou de se reporter à une lable. Mais quel que soit le genre de graduation adoptée, il arrive que de très faibles changements d'épaisseur correspondent à de notables différences dans les valeurs en hémoglobine, et ces différences sont d'autant plus grandes que la couche de liquide examinée est plus petite. Il en résulte que les divisions doivent être excessivement rapprochées. Pour éviter cet inconvénient, il est préférable de multiplier, par un artifice mécanique quelconque, l'amplitude des mouvements produits; on a ainsi des divisions plus espacées et des lectures plus faciles.

Il y a quatre ans, j'ai présenté à la Société de Biologie et décrit dans ces archives ' deux nouveaux hémochromomètres. L'un d'eux était une transformation, un renversement, pourraiton dire, d'un autre que j'avais imaginé précédemment ^ ; comme il remplit touslesdesiderataqueje viens d'exposer, jen'ai pas eu à le modifier. Le second au contraire, qui n'était qu'une appropriation aux études hématologiques des colorimétrea bien connus de Oubosc et de Laurent, présentait quelques défauts que j'ai tenu à faire disparaître, et c'est de lui seul dont il va être question ici.

La graduation de cet appareil exprimait simplement des • épaisseurs obtenues et celles-ci n'étaient pas amplifiées. Dans les nouveaux, il n'en est plus ainsi : la pièce que l'on met en mouvement pourfaire varier les épaisseurs, agit sur un pignon, lequel pignon porte une aiguille, dont l'extrémité déctit un grand arcde cercle pourun faible changement d'épaisseur; un ressort qui appuie sur l'aiguille empêche qu'il n'y ait le moindre temps perdu dans les mouvements de montée comme dans ceux de descente. L'extrémité de l'aiguille oscille devant une échelle qui est analogue à celle de mon hémochromomètre à cuve prismatique, elle donne d'emblée les quantités d'hémoglobine en pour cent du sang examiné. Enfin, l'extrémité de l'aiguille peut être amenée facilement au zéro, ce qui permet de voir si l'appareil ne s'est pas dérangé ; elle peut aussi êlre déplacée, ce qui permet de remédier aux dérangoments qui pourraient se produire {(iff. 2).

' Société de biologie, séance da 14 oclobro 1882; Arcli. de Pliysiol., 1885. ' Il avait élé imaginé en 1H72 et présenlé à la Sociélé de biologie en ISÏli.

Autre changement : la cuve contenant la solution sanguine était fixe dans l'ancien appareil, et c'est le tube plongeant qui s'y enfonçait plus ou moins ; il en résultait que la glace inférieure du tube et par conséquent la solution sanguine ne se trouvait pas comme l'étalon à une distance constante de

Fig. s. Fig. i bU.

l'œil. Plusieurs personnes m'ayant dit en éprouver de l'inconvénient, j'ai fait modifier cette disposition; le tube plongeant a été rendu immobile, son extrémité inférieure ayant été placée au même niveau que la face supérieure de l'étalon; et c'est la cuve qui monte ou descend, lorsqu'on veut diminuer ou augmenter l'épaisseur de la solution sanguine {Hg. 2 bis). Cet appareil, ainsi modifié, est devenu beaucoup plus commode qu'il ne l'était; il a, d'ailleurs, été mis à l'essai dans le service de M, Potain qui en a élé très satisfait, et l'a adopté pour ses recherches cliniques ' . Ce n'est pas à dire

' Il est construit ^ar Dumaige, <J, rue de la BucheiHc; celai i eav« prismatique se trouve toujours chez MM. Vérick et SliassnJe, 3, rue de la Parche-

pour cela qu'il soit meilleur que celui à cuve prismatique ; car je sais d'autres observateurs qui préfèrent ce dernier appareil et s'en servent même sans employer le prisme à double réflexion totale.

Moyen de contrôler les hémochromomètres k cave prismatique et A tube plongeant.

Il était important de pouvoir contrôler la graduation de mon hémochromomètre à cuve prismatique et de celui à tube plongeant que je viens de décrire. Voici le moyen assez simple que j'emploie.

1° Supposons d'abord qu'il s'agisse de l'hémochromomètre à cuve prismatique. On se construit ou l'on se fait construire une petite équerre en bois ou en métal, ayant de 3 à 4 millimétrés d épaisseur, 10 centimètres de longueur pour l'un des côtés de l'angle droit et pour l'autre 1 centimètre seulement. Appelons hauteur le long côté, et base ou largeur le petit. Si l'on trace sur cette équerre, à 5 centimètres du sommet de l'équerre, une ligne parallèle à la base, celte ligne aura évidemment une longueur de 5 millimètres; c'est-à-dire qu'à 5 centimètres du sommet, la largeur de l'équerre est de 5 millimètres. De même, à 2™,5 du sommet, la largeur serait de 2°"°,5; à l'"°,5, elle serait de 1"'",25. Indiquons les diverses hauteurs que je viens de dire par des traits tracés sur le tranchant du long côté ouhauieurde l'équerre; puis, introduisons celle-ci dans la cuve de l'appareil à vérifier. Ces équerres étant construites dans les mêmes proportions que les cuves, leurs bords devront s'appliquer, exactement et dans toute leur longueur, contre les deux faces de la cuve. Cependant, il faut avoir soin de couper la pointe de l'équerre qui pourrait venir buter au fond de la cuve contre du mastic qui est souvent en excès dans ce point.

L'équerre étant soigneusement enfoncée dans la cuve, il est bien évident qu'au niveau du trait situé à une distance de 5 centimètres du sommet, l'épaisseur de la cuve est exactement de 5 millimètres. Si donc, nous mettons la cuve en place dans l'appareil et tournons la crémaillère jusqu'à ce que

le trait 5,dont je viens de parler, se trouve yaste au milieu de l'orifice diaphragmatique par lequel on regarde la solution; le degré de réchelle chromométrique, qui se Irouve être en regard de l'index devra être le degré 5.

Je rappelle que, dans cet appareil, l'étalon est supposé semblable à une solution au centième de sang à 5 0/0 d'hémoglobine vue sous uneépaisseur de 5 millimètres. Si, par conséquent, examinant un sang également dilué au centième, on s'arrête à ce même niveau d'épaisseur, c'est que le sang examiné contient 5 0/0 d'hémoglobine ; c'est pour cela que le degré chromométrique 5 doit correspondre à l'index de l'échelle, quand l'épaisseur 5 se trouve en vue au milieu de l'orifice diaphragmatique.

Faisons apparaître maintenant au milieu de cet orifice le trait de l'équerre qui correspond à une épaisseur de 'i°"',b. Il est bien évident que si un sang, étant encore dilué au centième donne la même intensité que l'élalonà ce niveau, c'està-dire sous une épaisseur moitié moindre, c'est qu'il est deux fois plus coloré; donc le degré chromométrique qui doit correspondre à l'index doit être le degré 10. — De même, si c'est le trait correspondant à une épaisseur de l^^jâS que l'on place au milieu de l'orifice diaphragmatique, ce sera le degré chromométrique 20 qui devra se trouver vis-à-vis de l'index. On le conçoit, on pourrait vérifier ainsi tous les degrés de l'échelle ; il suffirait d'établir une table donnant la correspondance entre tes épaisseurs et les valeurs en hémoglobine comme celle que j'ai publiée précédemment '. Mais les trois épreuves quejeviensd'indiquer sont parfaitement suffisantes.

2° S'agit-il de l'hémochromomètre à tube plongeant, un procédé, sinon semblable, du moins analogue, en permettra la vérification. On se procure trois petits disques en cuivre, ayant un diamètre assez étroit pour pouvoir entrer facilement dans la cuve et mesurant exactement ; l'un 5 millimètres d'épaisseur, l'aufVe 2""",5, le troisième i'°'°,25.

On commence par enfoncer le tube plongeant dans la cuve vide, afin de voir si dans ces conditions, l'aiguille correspond

' Archives de Physiologie, 1882, p. WB. ...

bien au zéro. On ferait, bien entendu, les corrections nécessaires s'il n'en était pas ainsi. On place alors successivement les diiïérents disques dans la cuve. Et, puisque dans cet appareil, comme dans le précédent, l'étalon colorimétrique correspond à un sang à 5 0/0 d'hémoglobine vu sous une épaisseur de 5 millimètres, l'aiguille devra donc marquer 5, lorsque le disque de 5 millimètres d'épaisseur sera placé dans la cave ; tandis qu'avec le disque de 2"'°,5 d'épaisseur, elle devra marquer 10 ; et avec le disque de 1""",25, la valeur 20, On pourrai t imaginer d'autres procédés de vérification ; mais, que ce soient ceux-là ou d'autres, on fera bien d'y avoir recours avant de se servir d'un nouvel appareil.

Cuve pour analyses micro-spectroscopiques .

Dans les analyses micro-spectroscopiques, comme dans les analyses spectroscopiques ordinaires, il est nécessaire, on le sait, de pouvoir faire varier à volonté l'épaisseur des liquides examinés el de savoir exactement quelles sont les épaisseurs obtenues. Il est souvent utile aussi de pouvoir faire l'analyse avec de très petites quantités de liquide. Voici trois formes différentes de cuves qui répondent à ces besoins.

1" La première est une cuve prismatique ayant les mêmes proportions que cellede mon premier hémochromomètre, c'està-dire que les glaces s'écartent de 10 millimètres sur une longueur de 10 centimètres; en sorte qu'à une distance de i, 2, 3 centimètres de son sommet, l'écartement des glaces, c'està-dire l'épaisseur de liquide interposé, est de 1, 2, 3 millimétrés. Une échelle millimétrique placée sur le côté de la cuve indique les épaisseurs correspondant aux différents points de sa longueur. *

2" Les deux autres cuves sont à tube plongeant, La plus simple se compose : a) d'un tube métallique de 2 à 3 centimètres de long et de 5 millimètres de diamètre environ ; son extrémité inférieure est fermée par une glace, et l'extrémité

t APPARE[LS. 269

supérieure s'élargît en cuvette. C'est la cuve proprement dite dans laquelle on versera le liquide à examiner. Elle se place dans rorifice de la platine du microscope et y est retenue par son extrémité élargie, b) Le tube plongeant est formé par un tube métallique, un peu plus long, mais un peu moins large que le précédent ; il est fermé, lui aussi, par une glace à son extrémité inférieure; tandis que son extrémité supérieure s'élargit et se visse sur le tube du microscope à la façon et en place des objectifs. En enfonçant plus ou moins le tube du microscope, le tube plongeant s'enfonce d'autant dans la cuve et limite ainsi une couche de liquide d'épaisseur variable. Si le tube du microscope porte une échelle millimétrique, si le bouton de la vis micrométrique est gradué, il sera facile desavoir exactement quelle est l'épaisseur de cette couche liquide.

3° La troisième cuve est moins simple que la précédente, mais elle est disposée de façon à donner directement l'épaisseur de la couche liquide. Elfe se compose, elle aussi : a) d'une cuve formée par un tube métallique dont l'extrémité inférieure est fermée par une glace, tandis que son extrémité supérieure s'évase en cuvette ; b) d'un autre tube également fermé par une glace à son extrémité inférieure et destiné à plonger dans le précédent. Mais ce dernier tube, au lieu de se visser sur le microscope, se visse sur le bras d'une sorte de potence dont le montant est fixé sur le rebord de la cuve ; de façon qu'en tournant le tube dans un sens ou dans l'autre, on le fait monter ou descendre dans la cuve et l'on obtient ainsi une couche de liquide plus ou moins épaisse.

Quant à la mensuration desépaisseurs, elle est obtenue par un dispositif comparable à celui des instruments dits Palmer. Le montant de la potence a la forme d'un prisme triangulaire; l'un des angles dièdres est tourné en dedans et porte une division millimétrique dans sa portion qui dépasse le bras. L'extrémité supérieure du tube plongeant est élargie en forme de disque et sa périphérie, venant frôler l'angle dièdre et son échelle, indique le nombre de millimètres dont le tube est monté ou descendu. Afin de rendre la lecture plus facile, une ligne circulaire a été tracée sur le tranchant du disque et on n'a qu'à lire la division de l'échelle qui se trouve en face d'elle.

Pour savoir les fractions de millimèlres, la face supérieure du disque a été divisée en dix, et chacune des divisions subdivisée en deux ; or, comme le pas de vis est de i millimétré, ces divisions se trouvent donner le 10' et le 20' de millimètre ; on pourrait aller plus loin. La fraction à lire est celle qui se trouve en face de l'angle dièdre du montant de la potence.

Enfin pour que l'instrument soit plus commode à nettoyer et qu'on puisse le ramener facilement au zéro, le montant de la potence est fonné de deux pièces entrant l'une dans l'autre ;

Fig. 3.

la pièce interne est solidement fixée au rebord de la cuve, tandis que l'externe porte le bras de la potence et le tube plongeant. Une vis de pression permet de les fixer l'une sur l'autre dans la

position voulue (fig. 3).

S'agit-il de faire l'examen d'un liquide déposé dans la cuve? Ou commence par retirer la pièce externe et l'on tourne le tube plongeant de façon que la ligne circulaire gravée sur le tranchant du rebord corresponde au zéro de l'échelle millimétrique et que le zéro des subdivisions millimétriques gravées sur le rebord corresponde également à l'angle dièdre du

eUH QUeLQUBS N

montant. On remet alors la pièce externe en place sur la pièce interne, et on l'enfonce jusqu'à ce que le tube plongeant soit exactement appliqué contre le fond de la cuve. Cela étant, on fixe solidement les deux pièces l'une sur l'autre au moyen de la vis de pression. Cette position correspond évidemment à l'épaisseur ; aussi sera-t-on bien sûr qu'après avoir tourné le tube pour obtenir l'effet optique voulu, les indications d'épaisseur données par l'appareil seront bien exactes '.

Platine chauffante.

La platine chauffante de Max Schultze est certainement la plus simple de toutes; mais elle a l'inconvénient de ne chauffer la lame porte-objet que par sa partie inférieure, en sorte que la préparation n'est pas enveloppée de toutes parts par la chaleur, et qu'il est difficile de savoir exactement quelle température elle a subie. Il n'en est pas ainsi avec la platine de Ranvier; mais elle est moins simple et plus encombrante. On peut, il est vrai, la simplifier : en supprimant par exemple la chaudière et les tubes en caoutchouc qui la relient à la platine, et en remplaçant le tout par un large tube métallique, dirigé en bas et fermé à son extrémité inférieure, comme ceux des filtres pour fiUratîons chaudes. On peut encore supprimer la chaudière et le liquide destiné à transmettre la chaleur, en remplaçant les deux tubes de caoutchouc par deux tubes métalliques ouverts, dont l'un, dirigé en bas, est destiné à être chauffé ; tandis que l'autre, dirigé en haut, fait office de cheminée. Le chauffage se fait ainsi par circulation d'air chaud.

Cependant la platine que je vais décrire maintenant me paraît plus simple et plus commode encore. EUle est constituée

' Les premiëros de ces caves ont été construites par M. Vérick, U dernièpé par M. Dumaige.

Ces appareils pourraient encore servir à mesurer la couleur ou l'opacité de liquides, donc servir d'hémo chromé ire ou de laclooièlre, par exemple. AncH. DB puïs-, 3* aÉB[E. - VllI. 18

par une plaque métallique pleine, sur le milieu de laquelle se trouve unechambre également à parois métalliques pleines, chambre qui est destinée à recevoir la préparation. De la partie antérieure et médiane de cette platine part une tige métallique aplatie et articulée à la façon d'un mètre de poche. Cette tige se termine par une extrémité élargie destinée à recevoir l'action de la flamme, et grâce à ses articulations, on

Fig. i.

peut la placer, elle et la flamme, dans la position la plus commode pour l'observateur (fiff. A).

La chaleur se transmet par elle jusqu'à la plaque proprement dite et à la chambre aux préparations. Les parois de cette chambre sont plus minces du côté où la chaleur arrive, plus épaisses du côté opposé ; afm que la chaleur s'y répande à peu près également. On peut d'ailleurs s'assurer facilement qu'il en est ainsi en déposant des gouttelettes de paraffine cri différents points de sa surface, on les voit se

DMzeo.ïCoOt^[c

BUB QUELQUES NOUVE

londre à peu près en même temps lorsque la platine est chauffée progressivement. Un thermomètre qui se place dans la chambre à côté de la préparation indique la température obtenue ; en chauffant plus ou moins l'extrémité de la tige, on fait monter la température de la chambre plus ou moins rapidement et plus ou moins haut ; on.peut donc ainsi obtenir tous les effets voulus et même arriver à un certain équilibre de température. Cependant quand il faut obtenir une température déterminée et restant longtemps parfaitement constante, s'il s'agit de cultures par exemple, il vaut mieux avoirrecours à celle que M. Vignal a imaginée et décrite l'année dernière dans ces Archives ' ; celle-ci, beaucoup plus simple et plus facile à manier, est surtout destinée aux études ordinaires de microscopie, lesquelles ne nécessitent pas une telle constance de température.

On pourrait aussi refroidir des préparations avec cette chambre, en projetant du chlorure de méthyle sur l'exlrémité renflée de la tige ou sur la plaque elle-même^.

Plaque chauffante.

Il est utile pour le micrographe d'avoir sous la main un appareil lui donnant des températures différentes ; soit qu'il veuille faire fondre de la paraffine, ou un mélange de cire et d'huile, pour des enrobages; soit qu'il veuille chauffer des préparations montées dans le baume, afin de résinifier rapidement celui-ci ; soit qu'il veuille dessécher et coaguler des préparations de sang, de crachats, etc.. On pourrait évidemment se servir d'étuves graduées, mais ce serait bien encombrant et bien dispendieux. Il est plus simple, et c'est ce que font certains micrographes, d'avoir une plaque métallique dont on chauffe l'une des extrémités ; selon qu'on utilise une

' Vûjez Archives do Physiologie, 1885. et Société de biologie, séance du 25 avril 1885.

' Cette platine chauCfanle a été construite par M. Dumaïgu.

partie plus ou moins rapprochée du point chauffé, on obtient des températures plus ou moins élevées. Le seul inconvénient de ce procédé, c'est que pour avoir à sa disposition une échelle de température suffisamment étendue, il faut une plaque de dimensions assez grandes, et tenant par conséquent beaucoup de place sur la fable de travail.

Pour remédier à cela, j'ai imaginé le dispositif suivant, qui donne les effets d'une plaque de grande dimension sous un très petit volume. C'est une lame métallique ayant environ 50 centimètres de long, fi de large et 2™™, 5 d'épaisseur, qui a été repliée plusieurs fois sur elle-même, de façon à faire une sorte d'étagère à trois étages; vue de profil, elle a la forme d'un S majuscule qui serait aplatie de haut en bas et dont les contours, au lieu d'être arrondis, seraient formés de lignes

Fig. 5.

droites se coupant à angle droit. Cette étagère occupe peu de place, elle n'a que 12 centimètres de long, sur 12 de haut et 6 de large.

On peut lu chauffer par l'étage inférieur, il faut alors la monter sur quatre pieds ; ceux-ci doivent être légèrement divergents pour plus de solidité, et leur hauteur doit être en rapport avec celle du bec employé (iiff. 5). On peut aussi la

EUn QUELQUES N OU V BAUX A

chauffer par l'étage supérieur ; on prolonge alors celui-ci de quelques centimètres; afin que, dépassant les sous-jacents, il puisse recevoir directement l'action de la flamme; comme dans ces conditions il n'est plus nécessaire de monter l'ap-

Fig, 5 Aïs.

pareil sur des pieds élevés, qu'il suffit d'en avoir de très réduits, l'ensemble de l'appareil tient, sous cette forme, aussi peu de place que possible {%. 5 bis). Voici prés de deux ans que nous nous servons au Collège de France de ces deux sortes de plaques, et nous en sommes très satisfaits \

Échelle ù préparations et ù plaques do culture.

En 1871, j'avais fait construire de petites échelles doubles sur lesquelles on pouvait ranger plusieurs étages superposés de préparations, et qu'on pouvait mettre sous cloche, dans une atmosphère humide ; elles étaient très commodes dans certains cas, lorsqu'il s'agissait par exemple d'obtenir des colorations lentes; aussi ont-elles été adoptées dans bon

< Elles ont M. Dumaige.

■lé coDSlruiles chez MH. Vérick bI SiÎBBsnie, ainsi que chez

).ïGo(ig[c

nombre de laboratoires. Cependant elles avaient uiî défaut; les montants étaient en cuivre, les barreaux en verre et ils étaient réunis les uns aux autres par un mastic résineux; il en résultait que l'appareil était assez fragile et que si on voulait le stériliser par la chaleur pour l'employer dans des cultures : barreaux et montants se décollaient.

J'en ai fait alors construire d'autres, de même forme, mais dont les différentes pièces étaient entièrement métalliques et rivées les unes aux autres; elles étaient donc très solides et l'on pouvait les stériliser à toute température. Cependant cette forme était défectueuse : quand on voulait mettre une lame en place, il fallait l'introduire par une de ses deux extrémités entre deux barreaux, puis la faire glisser entre ceux-ci jusqu'à ce qu'elle ait atteint les barreaux opposés correspondants;, or, dans cette manœuvre, on risquait de toucher et d'abîmer la préparation déposée sur la lame. J'ajouterai enfin que, par sa construction, ce petit appareil revenait encore assez cher. C'est pourquoi j'ai imaginé le suivant de forme plus heureuse et de construction plus simple.

Cette nouvelle échelle est encore entièrement métallique. Elle se compose de deux montants verticaux reliés entre eux par deux traverses. En avant et en arrière de ces deux montants, aux mêmes hauteurs, parlent des branches horizontales qui se terminent par une extrémité libre munie d'un point d'arrêt ; ces brandies sont destinées à recevoir les lames porte-objets, et, comme pour mettre en place celles-cî on les introduit par leur largeur, elles ne peuvent toucher les branches que par leurs extrémités; il n'y a donc plus à craindre d'abîmer les préparations, qui sont généralement placées au centre des lames (%. 6) '.

2° J'ai fait construire aussi des échelles de même forme, mais de dimensions et de force plus grandes, destinées à recevoir des plaques de culture spéciales dont nous nous servons, M. Vignal et moi^ Ces plaques sont des lames de glace excavées à leur face supérieure, afin d'éviter que ta gelée nutritive ne s'écoule lorsqu'elle vient à se ramollir sous l'in-

' Ces échelles sont fabriquées par MM. Vérïck et Stiassnie. ' Elles sont consiruiles par MM. Vériok et Stiassnie.

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