SUR QUELQUES N
fluence de la chaleur ou des microorganismes. Elles sont plus petites que celles de Koch, elles mesurent seulement
10 centimètres de long sur 5 de large; ce qui permet de les explorer avec nos microscopes ordinaires, sans qu'il soit nécessaire de les retourner'.
Seringue à inoculation.
Pour les recherches que M. Vignal et moi avions entreprises sur la tuberculose, j'avais fait faire des seringues tout en
' M. Vignala failconsli'uii'e aussL par M. Dumaige dos Écholles plus grandes encore que celles-ci, afin de recevoir les grandes plaques de cullure de Koch; mais pour qu'il soit possible de se servir des clocUes ordinaires, it n'a tait mettre de branches que d'un seul côté, il n'y a donc plus qu'une seule série verlioalo de plaques.
verre, ce qui en rendait le nettoyage et la stérilisation très faciles; de plus elles avaient toutes une extrémité conique semblable pour recevoir les canules et un même calibre intérieur, ce qui permettait de les remplacer l'une par l'autre, tout en se servant des mêmes canules et du même piston. Ce piston était formé d'une tige métallique et de deux pièces coniques, également métalliques, se vissant sur la tige ; entre les deux pièces, on introduisait deux rondelles de cuir que l'on renversait, l'une d'un côté, l'autre de l'autre. Ce piston était également facile à stériliser, et l'on pouvait remplacer les cuirs à volonté. Cependant, afin de rendre la stérilisation plus facile encore, j'avais essayé de remplacer ces cuirs par de l'amiante ; mais j'avais été obligé d'y renoncer, parce que l'amiante dont je me servais laissait échapper de petits fragments qui risquaient de tomber dans le liquide d'inoculation. Dans ces derniers temps, la maison Luër nous a fourni des pistons revêtus d'une amiante qui ne présente pas cet inconvénient ; aussi les seringues en verre munies de tels pistons sont vraiment très commodes pour la pratique des inoculations et méritent d'être signalées.
Vin
Sur l'éclairage dit à l'albo-carbon.
Je voudrais terminer cette présentation d'instruments divers, en donnant quelques renseignements sur un nouveau système d'éclairage au gaz, l'éclairage dit à • l'albo-carbon ». Voici trois ans que je m'en sers, deux ans que je l'ai fait installer dans le laboratoire d'histologie du Collège de France, et nous l'avons tous trouvé très favorable aux études microscopiques.
Ce système consiste à carburer le gaz d'éclairage ordinaire; on sait que celui-ci, devant également servir au chauffage, n'est pas aussi carburé qu'il pourrait et devrait l'être s'il était uniquement employé pour l'éclairage. La carburation est obtenue au moyen de vapeurs de naphtaline qui se produisent
dans un petit appareil très simple, lequel se met à la place des becs de gaz ordinaires. C'est un petit réservoir métallique à travers lequel passe le gaz et dans lequel on a mis la naphtaline. Comme il se trauve à peu de dislance du bee qui brûle, il s'échauffe, la naphtaline fond, et sa vapeur vient se mêler au gaz. Une pièce métallique placée au-dessus de la flamme, et qui présente à celle-ci une surface plus ou moins grande, selon sa position, permet de chauffer plus ou moins le vase. Dans certains appareils, il y a en plus un dispositif qui permet d'avoir du gaz plus ou moins chargé de vapeurs de naphtaline ; il suffit pour cela de tourner un bouton dans un sens ou dans l'autre. On peut donc régler à volonlé la carburation du gaz et lui faire donner le maximum d'effet. Voici maintenant quels sont les avantages de cet éclairage au point de vue micrographique : l" la ffamme est beaucoup moins jaune, beaucoup plus blanche que celle du gaz ordinaire; aussi devient-il inutile d'interposer entre elle et les objets à éclairer soit des verres, soit des liquides colorés ; 2° s'il n'y a pas de courants d'air trop forts dans la pièce, si la lampe est placée sur un appui solide, la flamme est absolument fixe; il n'y a plus de ces ressauts que présente si souvent la lumière du gaz, ressauts qui sont si fatigants pour l'observateur et que les meilleurs régulateurs (celui de Giroux, par exemple) n'arrivent pas à atténuer complètement. Ici c'est la vapeur de naphtaline qui, par sa tension, fait office de régulateur; 3° la flamme du gaz ainsi carburée est devenue très peu chauffante, et l'on peut se placer à une faible distance d'elle sans en être incommodé. On peut, il est vrai, obvier à cet inconvénient avec la lumière ordinaire du gaz ; mais il faut avoir un dispositif spécial, ce qui est moins commode* ; 4" j'ajouterai enfin que l'installation de ce système ne nécessite aucune appropriation spéciale, les prises de gaz déjà existantes pouvant être utilisées ; que les appa-
' J'ai (ait coDsLruire autrefois par M. Wiosoegg un abat-jour qui répondait arfaitement à ce l)ut. Cel abat-jour e[ait à double paroi et se terminait par ne cheminée égalemeol 1 double paroi. Le* courant d'air qui s'élabliasail atre les deux paroia de l'abal-jour el de la cbemioêe sudlssil pour entraver D majeure partie le rayounemeut do chaleur.
reils sont d'un prix peu élevé ; que la consommation de naphtaline est très minime, et que celle du gaz est très notablement diminuée, assez diminuée même pour que l'adoption de ce système soit une cause réelle d'économie. Le seul inconvénient, c'est que les appareils ne donnent toute leur lumière qu'après avoir été suffisamment échauffés, donc un certain temps après avoir été allumés ; inconvénient bien léger et qu'on peut même faire disparaître à peu près complètement en chauffant le réservoir de naphtaline. C'est ce que l'on peut faire à notre laboratoire, où j'ai fait installer, à côté de chaque bec à l'albo-c-arbon, une prise de gaz destinée ii alimenter les petits becs qui servent à chauffer les plaques chauffantes susdécrites et à stériliser les instruments; celle disposition est 1res commode.
joïGoot^lc
CONTRIBUTION A L'ÉTUDE DE L'INFLUENCE DU CERVEAU SUR LA CHALEUR ANIMALE ET SUR LA FIÈVRE,
Par le D' H. CIBABD.
(Travail du laboratoire de physiologie d« la Faculté de médeciae de Genève.)
Les travauxde savantsde premier ordre ont établi une tliéorie désormais indiscutable de la production de calorique dans le corps de l'homme et des animaux à sang chaud.
Les hypothèses anciennes de la caloricité, inhérente à la prétendue force vitale de l'action calorifiante du cœur, de l'influence mystérieuse du système nerveux sur la température de l'homme et des animaux ont fait place à la doctrine de Lavoisier, adoptée par la physiologie moderne avec cette importante modification que les sources de la chaleur animale se trouvent non seulement dans les oxydations respiratoires, mais aussi dans toutes les combustions organiques dont nos tissus sont le siège.
Mais la physiologie, l'anatomie et la pathologie de la chaleur animale ont encore bien des points obscurs.
Nous tenons pour évidente l'influence complexe du système nerveux central sur la caloricité, et nous ne nous refusons pas il admettre avec Claude Bernard que,indépendaramentde son action vaso-motrice, le nerf sympathique préside directement à la production de chaleur et de froid en déterminant une accélération des échanges chimiques ou en ralentissant le
mouvement de nutrition, les nerfs vaso-dilatateurs étant en même temps calorifiques, tandis que les nerfs vaso-constricteurs sont frigorifiques. Mais nous sommes obligés de reconnaître que cette hypothèse ne s'appuie pas encore sur des preuves suflisantes.
D'autre part, l'augmentation de chaleur que nous observons dans la fièvre soulève une foule de questions qui attendent leur solution définitive. La fièvre est-elle l'effet immédiat de l'introduction dans nos tissus et tout spécialement dans le torrent sanguin d'éléments pyrogènes de divers genres? N'est-elle pas plutôt dans toutes les affections qui peuvent atteindre l'organisme animal, dans les inflammations catarrhales les plus légères et dans les maladies infectieuses les plus graves, une suractivité chimique réglée par le système nerveux central dans le but d'éliminer les produits de l'inflammation et ses agents? N'est-elle pas la vraie vis medicatvix natarœ, dont l'action est éminemment salutaire aussi longtemps qu'elle se maintient dans certaines limites, et lorsque, d'autre part, une thérapeutique maladroite ne vient pas intempes tivement contrecarrer ses efforts?
Je laisse à la pathologie générale le soin do résoudre ce problème, et d'autres encore, et j'aborde la question aujourd'hui controversée des centres de la calorificalion et de leur topographie.
L'observation clinique d'un certain nombre de lésions de la moelle cervicale suivies d'une élévation de température considérable (Brodie, Billroth, Frerichs, Weber, Fischer), et les piqûres du bulbe pratiquées par plusieurs expérimentateurs (Fischer, Naussyn et Quincke) avaient fait placer les centres moteurs ou excitateurs de la chaleur dans les segments proximaux de la moelle.
Tscheschichin ' avait pratiqué des sections de la moelle à diverses hauteurs et observé trois ordres de faits : à la suite d'une section médullaire dans la région dorsale ou lombaire, abaissement de la température générale, due probablement (Ludwig et Thiry) à la paralysie des nerfs vaso-moteurs et à
' Arcb. fur Ami. und Pbyaiahgie, 18G0.
LA CaALEUR ANIUALG ET LA FIËVRB. 283
une augmentalion de la perte de chaleur par rayonnement; plus la paralysie vasculaire était étendue, plus le refroidissement était rapide ; — après une section de la partie supérieure (ou antérieure) de la moelle, respiration gênée, diminution de la pression dans le système artériel et ralentissement des échanges organiques, trois nouveaux facteurs do refroidissement ; — enfin, après une section à l'union du bulbe et de la protubérance, accélération de la respiration et de la circulation, réflexes exagérés et augmentation considérable de la température.
Tscheschichin conclut de ses expériences que la moelle renfermant les centres de la respiration, de la circulation et des combustions organiques, est le foyer de la chaleur animale, que ce foyer siège dans ses parties proximales et que la production de chaleur augmente lorsqu'on a artificiellement interrompu ses communications avec le cerveau qui possède des centres modérateurs de la calorification.
Mais Lewitzky *, Bruek et Gûnther* ont répété l'expérience de Tscheschichin avec des résultats négatifs, et d'autres expérimentateurs (Peyrani ^, Christiani *, Wood ^) ont signalé l'influence considérable exercée sur la température du corps par les destructions et les piqûres de la protubérance et des couches optiques.
Enfm, dans ces dernières années, nos connaissances se sont enrichies de faits nouveaux concernant les modifications apportées à la caléfaction par des irritations de diverse nature des parties antérieures du cerveau.
M . Schreiber * dit que les lésions expérimentales à la limite du bulbe et de la protubérance produisent constamment, et dans toutes les conditions, une élévation de la température corporelle et que le même résultat est obtenu par la lésion d'une région quelconque de la protubérance, du cervelet, des
• Virehow'a Arcbiv, XXXVII.
' PBagtrS Arcbiv, Ut.
* Biologisebes Centralblatt, 1881.
* Berliner Akademiù der Wisseasebaft, 17 Feb. 1881.
" Fever, a study in morbid and normal Physiology, Washington, 1380.
• PÛ'ùger'a Arcbiv, VIII.
pédoncules et des hémisphèpes cérébraux lorsque les animaux sont enveloppés de ouate ou de ilanelle, prémunis ainsi contre la perte de chaleur par rayonnement.
M. Oit ' a fait des sections des corps striés et admet qu'il y a dans leur voisinage des centres en rapport avec l'augmentation de la chaleur animale.
M. Ch. Richel ^ a produit des excitations mécaniques et électriques des parties antérieures du cerveau sans en déterminer exactement la topographie, et se servant d'un appareil calorimétrique qui enregistre la déperdition de chaleur, il a voulu établir que l'excitation du cerveau sans lésion des corps striés, et, à plus forte raison, du mésocéphale produit de l'hyperthennie. « II ajoute que la piqûre des parties antérieures du cerveau produit une augmentation d'excitabilité, que ses lapins dits de chou prenaientles alluresde lapins de garenne. D'une part, l'accroissement de la température ; d'autre part, l'accroissement d'excitabilité psychique : actions dynamogéniques de Brown-Séquard. » Résumé de ses expériences : t Toutes les foisqu'on fait un traumatisme superficiel au cerveau, il y a une hyperthermie consécutive... quand la lésion n'atteint pas les corps opto-striés. » Conclusion : « Le système nerveux, indépendamment des effets vaso-moteurs, augmente ou diminue les combustions interstitielles. Son excitation les augmente, son affaiblissement les diminue. » Citons encore celte phrase de M. Richet : o II serait évidemment de la plus haute importance de pouvoir localiser et préciser les parties de l'encéphale qu'il faut toucher ou détruire pour faire ainsi croître ou diminuer l'excitabilité. Mais jusqu'ici il ne nous a pas été donné de faire celte détermination précise, et il faut nous résigner à ces notions vagues, telles que : piqûre superficielle qui produit l'excitation; destruction profonde qui produit la paralysie. »
MM. Aronsohn et Sachs ^, à Berlin, ont pratiqué méthodiquement une longue série de piqûres horizontales et verticales
* Journal of Nerroas and Msntal Diseaaea, vol. IX, n° a, April 1884.
* Archives de Physiologie, 188i.
' raUger'a Archiv, XXXVII.
dans les hémisphères et dans les parties antérieures du cerveau, ainsi qu'un certain nombre de cautérisations et d'excisions des couches corticales. 11 semble résulter de leurs observations que la portion médiane des corps striés et les parties sous-jacentes jusqu'à la base constituent l'uniifue région dont l'excitation mécanique et électrique exerce une influence sur la température corporelle, et que cette influence consiste en une augmentation de la production de chaleur animale.
Enfm j'ai cherché, moi aussi, à localiser le plus exactement possible les régions antérieures du cerveau proprement dit et du mésocéphale dont l'excitation s'accompagne d'hyperthermie et d'augmentation des combustions organiques. Dans ce but, j'ai fait un certain nombre de piqûres cérébrales et plusieurs excitations électriques des régions thermogènes. Toutes ces piqûres ont été soigneusement contrôlées par l'autopsie, et les figures 1, 2, 3 et 4 reproduisent quelques coupes topographiques des cerveaux piqués.
Comme mes prédécesseurs, je me suis servi de lapins, ces animaux étant très sensibles aux agents producteurs de la chaleur et me paraissant pour cette raison spécialement appropriés à des expériences de ce genre.
Je me suis gardé d'ailleurs d'imiter le procédé de M, Schreiber, qui enveloppait ses animaux de ouate et de flanelle. Je n'ai fait intervenir dans mes expériences aucun agent propre à en modifier le résultat et les changements de température observés doivent être attribués exclusivement aux opérations que mes animaux ont eu à subir .
Dans la plupart des cas, j'ai pratiqué à la voûte crânienne, au moyen d'une petite tréphine de 8 millimètres de diamètre, une ouverture ayant pour limite postérieure la suture coronaire et pour limite médiane la suture sagittale. Puis, après l'incision de la dure-mère, j'ai plongé une pointe à piqûre de 3 millimètres de largeur jusqu'à la base du crâne, dans des directions diverses dont la verticale, à 1 millimètre environ de la ligne médiane, atteignait presque infailliblement le bord interne du corps strié. Dans d'autres cas, l'aiguille, introduite à l'angle antérieur de l'œil sous le bulbe oculaire, était poussée avec vigueur de façon à perforer la paroi orbi-
taire postérieure et à traverser les hémisphères cérébraux jusqu'à l'orbite du côté opposé.
Après la trépanation, le pansement a consisté invariablement en une aiguille d'acier préalablement flambée, plantée au travers des lèvres de la plaie cutanée, un petit bourrelet de ouate salîcylée et une suture entortillée faite d'une bande de gaz phéniquée. J'ai obtenu la réunion par première intention dans tous les cas où l'animal n'a pas réussi à arracher son pansement, ce qu'il est parfois impossible d'éviter ; lorsqu'il s'est établi une faible suppuration, j'ai employé le salol avec beaucoup de succès; je n'ai jamais observé une suppuration abondante.
Le résultat de ces piqûres a été le suivant, une lésion atteignant le corps strié dans sa partie médiane était régulièrement suivie d'une hyperthermie bien accentuée ; lorsque, au contraire, l'aiguille avait passé en avant ou en dehors du corps strié, ou lorsqu'elle avait lésé seulement sa portion externe ou enfin lorsqu'elle avait traversé dans une direction horizonlaie les hémisphères cérébraux au-dessus des gros ganglions, on ne pouvait constater après l'opération aucune augmentation sensible de la température corporelle.
Ces diverses opérations ont été dans tous les cas très bien tolérées; le premier soin de l'animal, après avoir réintégré sa cage, était de se mettre à manger avec la gloutonnerie qui le caractérise, ne manifestant d'ailleurs aucun malaise quelconque. Je n'ai jamais remarqué l'excitabilité psychique mentionnée par M, Richel.
On trouvera dans les pages suivantes quelques tracés de température qui font ressortir avec évidence l'augmentation observée après les piqûres ayant atteint les centres excitateurs de la chaleur animale. Les courbes ont été établies sur la température rectale mesurée avec un thermomètre gradué en dixièmes de degré et soigneusement vérifié. Mais je me hàle d'ajouter que la chaleur augmente dans toutes les parties du corps. MM. Aronsohn et Sachs l'ont constaté par de nombreuses mensurations thermo-électriques en se servant de la boussole de Wiedemann, et d'autre part M. le professeur Schiff a bien voulu mettre à ma disposition un galvanomètre
très sensible et me prêter son précieux concours pour quelques mensurations qui nous ont prouvé que l'élévation de température est proportionnellement à peu près la même dans le rectum, à la peau et dans les muscles tout au moins. Voici un résumé de quelques expériences :
ExpùRiBNCK I. — Lapin màie, 2,830 grammes.
La température rectale de l'animal, mesurée deux fois par jour durant toute la semaine qui a précédé la première opération, n'a jamais dépassé 39", 6 G.
Le 22 avril, à 9 heures du malin, température 39",4. Trépanation à gauche, la tréphiue placée de façon à ce que l'ouverture de la voiile crânienne ait la suture coronaire pour limite postérieure et la suture sagittale pour limite médiane. Incision de la dure-mère. La pointe ù piqi^re est introduite à peu près au centre de l'ouverture et poussée dans la direction verticale jusqu'à la base du crâne. Après l'opération, le lapin va bien et mange.
Le 14 mai, même opération que ci-dessus, mais à droite.
Voici la courbe de température de cet animal. Les astérisques dési-
gnent les opérât îo us successives. On négligera l'abaissement momentané qui suit toute trépanation.
Le il mai, !e lapin pèse 2,3S0 grammes. Il est utilisé et sacrifié pour ane tout autre expérience. — Le cerveau a été durci dans le liquide de Millier, puis dans l'alcool. Les figures 1 et 2 sont la reproduction de deux coupes que j'en ai conservées, montées dans la glyeéro-colle. La première piqûre a lésé la partie antérieure et médiane du corps strié
ARCH. de PHV3., 3' SÉRIE. — VIII. i9
nK;,tz.d.,GoOg[c
à gauche ; la seconde, à droite, a atteint la même régto plus en arrière.
Fig. i. Fig. 2.
Deni conpes de grandeur naturelle du cerreau du lapin de l'expérience 1.
L'expérience suivante est démonstrative. L'opération réussie à droite élève la température de l'animal jusqu'à Al",'! C, tandis que la deuxième piqûre, qui a passé en avant du corps strié à gauche, n'est suivie que d'une très faible augmentation, due peut-être à l'irritation des méninges, et que nous pouvons considérer comme insignifiante. Dans d'autres cas, nous verrons que des piqûres n'atteignant pas les centres excitateurs de la chaleur n'ont donné lieu à aucune réaction appréciable.
ExPBRiBNGE II. — Lapin iemelle, 2,670 grammes.
Le S4 avril, trépanation à droite et piqûre dans la région de la convexité médiane d,u corps strié.
Le 11 mai, je cherche à répéter la mâme opératioa à gauche.
Le 15 mai, le lapia est tué par le chloroforme. A. l'autopsie, on constate que la piqûre à gauche est plus rapprochée des lobes olfactifs que la première. Des coupes préparées plus tard (voir Sg. 3 et 4) montrent que la pointe à piqûre s fortement endommagé la région du corps strié à droite, tandis qa'à gauche elle a passé en avant de cette partie du cerveau en ne l'effleurant que très légèrement.
Fig. 3. Fig. 4.
Deux coupes, l'une superQcIetle, l'autre proronde, du cerveau du lapin
de l'expérience II.
Dans les deux expériences suivantes, j'ai introduit le thermomètre dans le rectum et dans des plis de la peau, et des mensurations thermo-électriques ont en outre établi que la température, qui s'était sensiblement élevée k la peau, avait monté proportionnellement dans les muscles. J'ai noté la différence entre la peau et les muscles en degrés du galvanomètre, sans pouvoir indiquer exactement à quelle élévation correspondent, par exemple, 20 de ces degrés. Ce serait d'ailleurs superflu, puisqu'il ne s'agit que de mensurations comparatives, faites dans le but de prouver que l'hyperthermie qui suit la piqûre des corps striés ne résulte pas d'un spasme des nerfs vaso-constricteurs de la peau, avec rétention de la chaleur centrale normale, mais d'une augmentation de la production de chaleur se manifestant simultanément et proportionnellement dans toutes les régions du corps.
Expérience III. — Jeune lapin mâle, 6 mois environ.
10 juin. Température rectale, 39°, 2;
— de la peau, 3T*,5;
— des muscles fessiers =; température cutanée
-|- 20 degrés du galvanomètre.
T juillet, 8 h. soir. Piqûre du corps atrié k gauche. % juillet, 8 h. 30 matin. Température rectale, 40°,9;
— de la peau, 39>,4;
— des muscles fesBier8= tempé-
rature de ia peau + 19 degrés du galvanomètre.
La température de cet animal avant et après deux opérations successives réussies (contrôlées par l'autopsie) nous a fourni les deux courbes ci-dessous, La ligne noire marque la
température rectale, la ligne pointillée, la température de la peau.
ExpÉRiEHCK IV. — Jeune lapin femelle, 6 mois environ.
1 juillet, 7 h. 30 soir. Piqûre de la région calorigène à gauche. &jaillcl, 9 h. malin. Température rectale, 40°, 8;
— de la peau, 39", 5;
— des muscles fessiers ^= température
de la peau + 30 degrés du galvanomètre.
Voici les courbes de la température rectale et cutanée de cet animal
avant et après deux opérations successives et réussies (graphique,
Voici encore un très court résumé de quatre expériences, dans lequel je ne donne que la température rectale maximale
après des piqûres de la partie médiane des corps striés, con-
trôlées, comme toutes les précédentes et les suivantes, par l'examen anatomique après la mort.
EipérienoB V,..
Expérience VI., Expérience VII .
Expérience VIII
Chez les chiens, la température monte moins haut que chez les lapins, mais, toutes circonstances égales d'ailleurs, la marche ascendante de la courbe est plus lente et la défervescence moins rapide. C'est ce qui résulte de plusieurs expériences et en particulier d'un cas que M. le professeur Schiiï a bien voulu me charger d'observer.
Voici la température de cet animal après la piqûre du corps strié à droite :
i8 jaia, 11 h. matin.. 38° ,95 {immédiatement après l'opération). 4 h. soir. . 39»,85
5 h. soir... 40«,02
6 h. aoir, . . 39»,60 1 h. Boir... 39°,45
lOh. BOir... 39»,25
iOjuio, 5 h. matin.. 39",35 1 h. matin- 39",32 9 h. matin.. 39° ,15 11 h. matin.. 39° ,65 1 h. soir... 39° ,58 3 h. Boir... 39°,92 5 h. soir. . . 39°,60
1 h. Boiv... sg'-.sa
I..e 21 juin et las jours suivants, j'ai mesuré plusieurs fois encore la température de ce chien; elle était constamment de 39° C. à 39*,2° C, ce que j'ai coneidéré comme sa température normale.
Je transcris dans tous ses détails l'une des expéi^ences que j'ai faites dans le but d'établir que des piqûres même plusieurs fois répétées des parties antérieures du cerveau n'augmentent nullement la température, lorsqu'elles n'ont pas atteint les corps striés. Le lapin dont il s'agit a été opéré huit fois ; à deux reprises, les corps striés ont été lésés ; la première fois volontairement, la second fois involontairement, toujours avec augmentation de la température; les six autres opérations n'ont pas produit d'hyperthermie.
Expérience IX, — Jeana lapin, 1 mois environ, 2,310 grammes.
Du 20 au 23 juin, la température rectale, mesarâe deux foiB par jour, s'est toujours maintenue au-dessous de 39°, 8 C.
L CHALEtr» ANIHALB E
matin - 9 h. 45 matin . Trépanation à droite, comme dans les expériences précédentes ; piqâre dirigée vers la région thermogène.
Oh
matin.
Sli
soir. .
soir..
soir. .
Oh
soir..
matin.
5 h. soir... 39°,8 26 juia, 9 h. matin.. 39°,4 26 et 21 jaÏB, température normale.
28 Juin, 9 h. 30 matin 39°,3
1 h. 45 matin. La pointe à piqûre est introduite dans l'ouverture du crâne pratiquée le 23, et dirigée en avant, de façon à éviter le corps strié.
Troisième piqûre à droite, éloignée plus que la première de la ligne médiane.
Du i" au 1 juillet, température normale.
1 juillet, 9 h. 15 mat. 39° ,6. Trépanation à gauche et piqûre dans
10 b. matin.
11 h. matin.
3 h. soir. .
6 h. soir. .
9 h. soir. .
'SSjuin,
9 h. matin
SO juin,
9 h. matin.
11 h. matin.
3 h. soir..
& h. soir. .
1 h. soir. .
l" Juillet, 9 h. matin.
les régions antérieures du cerveau, avec l'intention d'éviter le corps strié.
matin.
matin.
soir. .
aoir. .
Th.
soir..
% juillet, 9 h. matin.. 41*,1 11 h. malin.. 40° ,6 3 h. soir... 39°,8 1 h. soir. . . 89° ,8 9 juillet, 9 h. matin.. 39° ,4. L'animal ne pèse plus que 2,060 gram. Un autre lapin de la même portée pèse 3,430 grammes.
11 juillet, 8 h. 40 mat. 39» ,3. Cinquième piqûre, dans les lobes aalérieure à gauche.
11 h. malin.. 39°,4 3 b. soir... 39° ,6 T h. soir... 39», 5 13 juilîel, 9 11. 20mat. SO^B. Sixième piqûre, dans la région antêroexterne du cerveau.
11 h. matin.. 2&\^ 3 h. soir... 39°,8 1 h. soir. . . 39°,4 \Gjaillel, 9 h. matin., 39° ,2. L'aiguille à piqûre, introduile sous le bulbe oculaire à l'angle antérieur de l'œil droit, perfore la paroi orbilaire et traverse les hémisphères cérébraux jusqu'au côté opposé.
H h. matin.. 39",6 Th. soir... 39°.5 n jaillet, 9 h. matin.. 39°,6 5 h. soir... 39°,6 i9 jaillet, 9 h, matin.. 39°, 5. Même opération que la précédente, mais en dirigeant l'aiguille obliquement en arrière.
H h. malin.. 39°,9 3 h. soir... 40° 1 h. soir... 39'',6 ^0 juillet, 9 h. matin.. 39° ,5 5 h. soir... 39°,8
21 juillet. L'animal est tué par une injection de strychnine. Sou poids est de 1,990 grammes. A l'autopsie, on constate que les première et quatrième piqûres ont atteint les corps striés, toujours à leur bord médian. Les quatre autres piqûres verticales ont passé en avant et en dehors des corps striés, la troisième ayant toutefois éraflé légèrement la partie externe du corps strié droit. Les deux piqûres horizontales ont traversé les hémisphères cérébraux au-dessus des gros ganglions.
Pour désigner les régions du cerveau antérieur dont la
lésion produit constamment une élévation de la température corporelle, je me suis servi à plusieurs reprises de la dénomination plus courte de centres excitateurs de la chaleur animale, ie dois maintenant justifier cette dénomination. On a abusé du mot : centres, j'en conviens, mais je m'en sers faute de mieux et me bornerai à démontrer que l'hyperthermie qui suit la piqûre des corps striés est due à une excitation.
Cette démonstration est superflue, puisque Schiff a établi que dans l'hyperthermie paralytique les exacerbations vespérales et les rémissions matinales s'observent aussi bien que dans la température normale, ce qui n'arrive pas dans la période de caléfaction exagérée qui accompagne nos piqûres. Mais l'expérience suivante, plusieurs fois répétée, fournira une deuxième preuve de notre assertion, que c'est là un phénomène d'excitation et non pas un phénomène de paralysie.
ExpiHlEKCE X.
Ua lapÎQ a subi, les 8 et 15 juillet, deux piqûres eucceBsives, l'une à droite, l'autre à gauche, ayant produit les températures maximales de
41°,1 G. et de41",8 G.
Le SO juillet, je fixe sous la peau du vertex, d'après te procédé de M. Kronecker, un disque de liège, au travers duquel j'ai passé deux ûle de platine disposés de façon à ce que le bout péDêlrant dans le cerveau, en suivant le canal de la piqûre, arrive dans la région du i^orps strié, tandis que l'autre bout, qui en soH par les lèvres de la plaie, est recourbé en œillet. Las deux fils atteignent donc les régions thermogènes à droite et à gauche. Toutes les parties de cet appareil, à l'exception des pointes et des œillets, ont été recouvertes d'un vernis protecteur. J'ai fixé l'appareil soigneusement pour éviter toute irritation mécanique des parties avec lesquelles il est en contact.
21 JuUIel, 9 h. malin.. 4i",4 5 h. soir... 40>,8
i2 juillet, 9 h. malin.. 39^,8. Les électrodes introduites dans le cerveau du lapin sont mises en communication avec un appareil à glissement de du Bois-Reymond actionné par une pile au bichromate de potasse. L'animal, laissé relativement libre dans une petite caisse, reçoit
DMz.d.ïGoog[c
ainsi, de 9 h. à 9 h. 30 du matin, un courant d'induction que je réduis à une intensité minimale, faisant en outre alterner une minute d'électricité avec une minute ds repos. Hâchonnement fréquent; aucun autre symptôme visible.
9 h. 30 mat
10 h. matin.
il h, matin.
2 h. soir. .
5 h. soir. .
, 9 h. matin.
ag^.e. J'électrîse l'animal comme hier pendant 30 minutes.
d'abord
9 h. 30 mat
39»,8. Je continue l'éleotrisation 10 heures.
jusqu'à
10 h. matin.
11 h. matin.
2 h. soip. .