‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 3)Chapitre 7 sur 28 · EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE · texte numérisé non relu

EXPLICATION DES FIGURES DE LA PLANCHE

Nerf libial po sté rie nr droit (Obs. I). Obj. 2 de Veriok. Gaines vides el ûbres variqueuses.

Fig. a.

Nerf iibiat aotérieur droîl (Obs. 11). Obj. 2 de Vei'lck. Gaines vides et Qbres variqueuses.

Fig. 3. •

Porlîon du Iroac nerveux précédenl, vue à an plus Tort grossissement (Obj. H de Verict).

' a, gaines vides parsemées de noyaux ovoïdes. fi, fibres variqueuses.

c, leucocytes iaDItrés de granulations graisseuses,éparsaii milieu des tubes et présentant l'apparence de corpuscules de Gluge.

Coupe de la moelle, région lombaire (Obs. I|.

Sclérose dirTuse portant sur les cordons an téi'O -latéraux et la presque totalilé des cordons postérieurs.

Fig. 5.

Nerf plantaire interne gauche (Obs. II). Obj. 4 de Verick.

a, fibres variqueuses el tubes dont le contenu est réduit à des noyaux et di;3 grains de myéline.

b, fibres volumineuse-^ dont la myéline est morcelée eu Iragments irréguliers, non homogènes et d'apparence écailleuse.

Fig. 6.

Tibial postérieur droit, extrémité luft-rieure (Obs. II). Obj. 4 de Verick.

A, gaines vides.

il, tubes dont la myéline est grossièrement fragmenlée-

c, fibre variqueuse.

Pirii. — Soeiité d'Impr. PAUL DUPONT, H, rn* jB>nJaci|ue5-Rous8e»u (CI.) tl9.I.S3

NORMALE ET PATHOLOGÏOUE

MÉMOIRES ORIGINAUX

m L'EXISTENCE D'AMAS ÉPITHÉLIAUX AUTOUR DE LA RACINE DES DENTS CHEZ L'HOMME ADULTE ET A L'ÉTAT NORMAL (DÉBRIS ÉPITHÉLIAUX PARADENTAIRES),

Par L. HALASSES.

(Travail du Laboratoire d'hieiologie du Collège de France.)

Pvodactions épithé/iales de dentition chez h fœtus : Résume général. ~- DescriptioD : 1° das bourgeons gingivaux; 2° da réaean intermédiaire; 3° de la couche eiLLerne de l'organe adamantin et des bourgeons qui en parlent. — Types hielologiques divers de ces productions. — Leur sigaificaEiou et leur devenir.

Masses épithéUales paradenlaires de fadaJte .-^^Teshnique. — Siège et disposition d'ensemble de ces masses. — Fbnâe e(, structure. — ^ Ressemblanoes et diFTérences avec les productioa^..^ilbéliaIes de dentition. — Origine, fréquence et dénomination. ' .

Appendice : Sur le prétendu périoste alvéolordéntaire.

Aacu. »■ PMTB., 3* •iuB — V. 9

La naissance de tumeut-s franchement épithéliales au sein des maxillaires, loin de tout épithélium connu, la ressemblance de certaines parties de ces tumeurs avec plusieurs des ■ productions épithéliales qui concourent à la formation des dents ou l'accompagnent, l'existence dans les gencives d'adulte à l'état normal de petites masses cellulaires ressemblant également à quelques-unes de ces productions, tous ces faits avaient porté à penser qu'il devait exister chez l'adulte au sein des maxillaires des débris épithéliaux de dentition.

Mais cette hypothèse, toute séduisante, toute vraisemblable qu'elle était, demandait à être vérifiée anatomiquefnent. Or, c'est ce que je crois avoir fait : j'ai, en effet, découvert autour de la racine des dfents chez l'homme adulte et à l'état normal des petites masses cellulaires qui, nous allons le voir, doivent justement être considérées comme des débris épithéliaux de dentition et comme l'origine de certaines néoformalions épithéliales intra- maxillaires.

Afin de rendre cette démonstration plus saisissante, je vais d'abord passer rapidement en revue les diverses productions épithéliales de dentition que l'on trouve chez le fœtus ; je décrirai ensuite les masses cellulaires que j'ai découvertes autour de la racine des dents ; puis, dans un second travail, j'indiquerai quelques-unes des tumeurs épithéliales qu'il m'a ' été donné d'examiner et qui me paraissent provenir de ces

Productions épithéliales de dentition chez le fœtus.

La dent humaine résulte, comme on le sait, de deux processus de nature différente : 1" d'un processus conjonctif amenant la f()rmation du bulbe dentaire et consécutivement celle de la denline, de la pulpe et du cément ; 2° d'un processus épithélial anienant la formation de l'organe adamantin et, par suite, celle de l'émail. Ce dernier, le seul qui nous intéresse ici, a pour point de départ l'épithélium gingival ; ce n'est tout d'abord qu'une sorte de lame épithéliale enfoncée dans la muqueuse; mais bientôt elle donne lieu, au niveau de

chaque future dent de lait, à une sorte do bourgeon qui se développe peu à peu, se pédiculise, s'isole même de la lame épithéliale pendant qu'il vient coifl'er le germe de la dentine. Au début, le bourgeon adamantin n'a aucun caractère parti- . culier ; il ressemble à toute néoformalion épithéliale embryonoaire ; mais, au fur et à mesure qu'il se développe, il se différencie peu à peu dans ses différentes parties et arrive à produire les formes épithéliales si spéciales, qui caractérisent l'organe de l'émail, telles que : cellules sécrétantes de l'émail, cellules de la couche intermédiaire, et cellules de la pulpe. Outre ce processus épilhclial, il se produit encore et en même temps toute une série d'autres bourgeonnements qui partent de l'épithélium gingival, de la lame épithéliale, des pédicules des organes adamantins et de la surface externe de ceux-ci. Parmi tous ces bourgeons, quelques-uns ont seuls de l'avenir, ce sont ceux destinés à former les organes de l'émail des dents pennanentes; tous les autres restent à l'état de bourgeons, sans emploi ni fonctions apparentes.

Je n'ai pas à reprendre ici l'étude et l'histoire de tous ces phénomènes ' ; je veux insister seulement sur un certain nombre de points particuliers que j'aurai à invoquer dans le cours de ce travail, principalement sur la disposition générale et la structure des bourgeonnements épilhéliaux qui accompagnent les formations adamantines. Je les ai étudiés sur des fœtus humains de 2 mois 1/2, 4 mois 1/2, 5 et 6 mois. Or, à ces âges, ces productions épithéliales forment, au point de vue de leur siège, trois groupes principaux : un superficiel attenant à la face profonde de l'épithélium gingival; un profond, en rapport avec la surface extérieure de l'organe adamantin, et un intermédiaire. Sur les coupes, ces groupes sont en général assez distincts, parfois même ils sont complètement isolés, mais souvent aussi , principalement au niveau des germes dentaires, il y a continuité entre eux; ce qui s'explique d'ailleurs par leur développement.

' Vojes les traduclîons françaises de l'hiatologle et l'enibryologie de Kwlli lier, ainsi que le Mémoire da Legros et MagUot {Jouroai de FAnatoaiie 1873, t. IX, p. iU9-«ai.

!• Les enfoncements épithéliaux qui partent de la face profonde de l'épithélium gingival sont de forme et de structure assez différentes. Il en est qui sont composés de cellules épithéliales du type malpighien ; les cellules périphériques ont assez souvent l'aspect cylindrique, comme celles de la couche profonde de l'épiderme ; les centrales sont parfois aplaties et disposées en globes épidermiques. Ces bourgeons ont, en général, la forme de massues, ils ressemblent à ceux que l'on rencontre dans quelques irritations cutanées ou dans certains épithéliomas. D'autres ont, au contraire, la forme de cordons simples ou arborescents, et sont en général constitués par des cellules arrondies ou polyédriques, n'ayant aucun caractère typique. Cependant on en trouve parfois dont les cellules se rapprochent du type malpighien ou du type cylindrique. Parmi ces derniers, il en est dont les cellules semblent se disposer en revêtement et qui présentent une cavité plus ou moins remplie de cellules arrondies ou polyédriques, parfois même une sorte de fente ou de lumière, ce qui leur donne l'apparence de tubes.

Ce sont probablement certaines de ces productions épithéliales, les malpîghiennes, que Serres aura décrites sous le nom de « glandes dentaires ' ». Il dit, en effet, qu'elles sont closes et que, pressées, il n'en sort rien; mais que si l'on a pratiqué une ouverture au préalable, la pression fait sortir une matière blanche de la consistance du cérumen et affectant une forme spirale. Cette matière, d'après lui, sortirait à l'état normal par transsudation et serait chargée chez le nouveauné de lubrifier les gencives et de faciliter ainsi la succion du lait; plus tard, elles sécréteraient le tartre dentaire.

2° Les productions épithéliales qui se trouvent dans l'épaisseur de la gencive, entre la muqueuse et les follicules dentaires, forment dans leur ensemble une sorte de bande qui, vue sur des coupes transversales, semble aussi large que les follicules, et qui, sur les coupes longitudinales, paraît s'étendre tout le long du bord gingival. Elle est assez irrégulière

■ Essai sur i'Aatlomie et la Physiologie des dents, Paris, 1817, p. 28 et

comme épaisseur et densité, les masses cellulaires étant plus ou moins nombreuses et plus ou moins espacées ; et tantôt elle se rapproche très prés de la myqueuse, tantôt des follicules. Un certain nombre de ces masses ^apparaissent sur les coupes comme indépendantes les unes des autres, peut-être quelquesunes le sont-elles en réalité ; mais la plupart s'anastomosent, en sorte qu'on doit les considérer dans leur ensemble comme formant un réseau épitbélial assez irrégulier.

On y rencontre que très exceptionnellement des boules et massues d'épithélium pavimenteux, avec ou sans globes épidermiques. La plupart des amas sont constitués par de l'épithélium polyédrique, sans caractère bien déterminé; ils sont tantôt arrondis, tantôt plus ou moins allongés et en forme de cordons simples ou ramifiés; parfois ils constituent des masses pleines, irrégulières et assez volumineuses. Dans quelquesuns de ces cordons, les cellules épilhéliales périphériques prennent le type cylindrique ; tandis que les cellules centrales restent sphériques ou polyédriques ; il en est même quelquesunes qui paraissent vraiment tubulées. Autour de ces tubes, le tissu conjonctif se dispose quelquefois en couches concentriques, leur formant une sorte de membrane d'enveloppe comme autour d'un conduit glandulaire.

Ce réseau épithélial intermédiaire communique çà et là avec l'épithélium gingival par des .cordons plus ou moins longs d'épithélium polyédrique ; il est également en communication avec l'organe adamantin. C'est évidemment une émanation de l'épithélium gingival ; son siège, ses rapports avec cet épithélium et avec l'organe de l'émail portent à penser qu'il provient en majeure partie de la lame épithéliale qui a bourgeonné et aurait été peut-être distendue et dissociée par les tissus environnants en voie de développement. Les cordons adamantins et leurs bourgeons doivent probablement aussi y prendre part. En même temps que ces changements de forme, il se serait fait, par places, des différenciations soit dans le sens pavimenteux, soit dans le sens cylindrique,

3* Le troisième groupe de produclionsépithélialescomprend les organes de l'émail et les bourgeons qui en partent.

Il y a bien longtemps que les organes adamantins ont été

vus ; mais les végétations qui en partent ne sont connues que depuis peu. Je sais bien que Hérissant * a décrit et représenté à la face interne de la i bourse » qui enveloppe la couronne de la dent naissante des petites vésicules qu'il suppose chargées de sécréter l'émail. Mais que sont les vésicules, les petites papilles vasculaires qui font saillie dans les mailles du réseau épithélial externe, les bourgeons épithéliaux euxmêmes ? Il est difficile de le dire. Il n'en est plus de même pour Todd et Bowmann qui ont, au contraire, très nettement distingué les bourgeons épithébaux et les ont comparés à des formations glandulaires. Robin et Magitot ° les ont décrits plus complètement encore et ont montré leur rapport avec l'épithélium externe de l'organe de l'émail; enfin Legros et Magitot' ont repris cette étude et donné en même temps une bonne description générale de toutes ces formations épithéliales.

La couche épithéliale externe de l'organe de l'émail mérite quelque attention. Celle-ci ne forme pas partout et toujours un revêtement continu, ainsi qu'on paraît le croire généralement; on y voit en certaines régions, et cela est très net, sur les coupes tangentielles, de nombreuses lacunes ou fenêtres, ce qui lui donne l'aspect d'un réseau épithélial. Ce réseau s'entrelace avec le réseau vasculaire; en sorte qu'au niveau des fenêtres de cette couche, des mailles de ce réseau, les vaisseaux sont en rapport immédiat avec la pulpe de l'émail, et le tissu conjonctif en continuité avec la substance amorphe qui sépare les cellules étoilées de la pulpe. Cette disposition doit favoriser singulièrement la nutrition des cellules de l'émail, et peut-être a-t-elle contribué à faire croire à la nature conjonctive de la pulpe.

Si nous examinons les travées de ce réseau dans les points

• Nouvelles recherchoa sur la (ormation à des gencLvoa {Hial. de l'Académia royale d p. 433 el pi. XVI, flg, 3),

• Mémoire aur le genèse si le développement des folliculasdeotaires {Jourml de la Physiologie, 1861, t. IV, p. 73-78),

• Origine et formation du follicule denlftire chez les mammilÈres (Joaroal de l'Anetomie, 1873, t. IX, p. 469-473).

où il n'existe pas de bourgeonnements extérieurs, nous constatons qu'elles sont peu épaisses, que leurs cellules composantes sont en général plus ou moins aplaties, allongées dans le sens des travées, contiguès les unes aux autres, que leur protoplasma est strié, filamenteux, ainsi que Ranvier l'a constaté pour les cellules adamantines et pour beaucoup d'autres'. Puis, plus profondément, établissant le passage entre les cellules des travées et celles de la pulpe, on trouve des formes intermédiaires, des cellules encore aplaties, mais écartées les unes des autres et présentant des piquants ou de courts prolongements anastomo tiques.

Dans les pointa où l'épithélium externe de l'organe adamantin n'est plus en réseau, mais en revêtement continu, la couche qu'il forme est généfalement plus épaisse et elle est composée de cellules stratifiées plus ou moins aplaties. Les plus externes se touchent par leurs bords ; tandis que les plus internes s'isolent, présentent des prolongements et se transforment plus ou moins rapidement en cellules de la pulpe, comme nous venons de le voir au niveau des travées. Au voisinage du repli qui réunit ta couche épithéliale externe à l'interne, les cellules les plus voisines du repli sont encore nettement cylindriques comme celles de l'émail ; mais, en s'éloignant du repli, elles perdent rapidement ce caractère, s'abaissent, deviennentcubiques,puiss'aplatiâsentet fmissent par ressembler à celles que nous venons de décrire.

Les bourgeons ou prolongements qui partent de la couche épithéliale externe, des points où elle est continue comme de ceux où elle est en réseau, sont constitués en majeure partie par des cellules polyédriques sans caractères bien nets. Les cellules profondes s'aplatissent et prennent progressivement l'aspect de celles qui composent l'épithélium externe; tandis que les cellules qui occupent l'extrémité libre des bourgeons ont parfois une tendance manifeste à prendre la forme cylindrique basale. Ces bourgeons ou prolongements ressemblent donc aux cordons pleins du réseau intermédiaire, avec

* Sur la Etruclure dea cellules des corps muqueax de Matpigh! (Acadéa des seienees, Compte readu du £6 déc. 1882).

lesquels on constate du. reste, principalement au niveau des parties saillantes du follicule, des anastomoses et une continuité parfaite. Nous n'en avons pas rencontré qui aient revêtu la forme tubuiée, ou présenté des globes épidermiques à leur intérieur.

Si, jetant un coup d'œil d'ensemble sur toutes ces productions, nous les classons, non plus d'après leur siège, mais d'après les caractères de leurs cellules composantes, nous voyons qu'elles forment un certain nombre de groupes à différenciation histologique différente et comme sens et comme degré :

1° Un premier groupe comprendrait les productions épithéliales formées de cellules arrondies ou polyédriques,sans caractère bien déterminé. On les trouve aussi bien dans les régions superficielles que dans les régions moyennes ou profondes.

2" Un second groupe ne dîflérerait du premier que par la tendance des cellules périphériques à prendre la forme cylindrique à la façon des cellules basales des revêtements malpighiens ; elles ont même siège que les précédents.

3° Dans un troisième groupe, les cellules sont encore polyédriques, mais elles se rapprochent du type malpighien et parfois même se disposent en globes épidermiques. Ces productions épithéliales sont fréquentes aux gencives, rares dans le réseau intermédiaire ; elles m'ont paru manquer parmi les bourgeons qui partent de l'organe adamantin.

4" Dans les mêmes régions, on en trouve encore qui ont un aspect tubulaire, et qui sont formées par une seule couche de cellules cylindriques basales; cependant on voit assez fréquemment des cellules polyédriques ou arrondies dans ce qui serait la lumière du tube.

5° Enfm nous rangerons dans un dernier groupe les bourgeons partis de i'épithélium externe de l'organe adamantin lesquels nous présentent une chaîne ininterrompue de formes intermédiaires entre des cellules cylindriques basales, des cellules polyédriques sans caractère défini et les cellules étoilées adamantines.

Comme on le voit, au fur et à mesure que l'on passe des parties superficielles aux profondes, les productions épithé-

DÉBItU ÉPITBÉLIAUX PAItADEHTAIRES. 137

liales tendent à passer du type malpighien au type adamantin. Cette remarque aura son application comme nous le verrons.

Et si maintenant nous envisageons toutes ces productions épithéliales en nous plaçant au point de vue de leur fonction, de leur utilité, nous constatons qu'un très petit nombre d'entre elles sont utiles : ce sont celles qui vont donner lieu aux organes adamantins des dents de première et de deuxième dentition, ou encore, à ceux des dents surnuméraires ou de troisième dentition ; toutes les autres semblent n'avoir aucun but et rentrer dans ce que l'on appelle les formations aberrantes. Ce sont, pourrait-on dire, des essais avortés de dentition, souvenir lointain de quelque disposition ancestrale, ou quelque chose de comparable à ce que nous montre la nature dans la production des êtres; combien de spermatozoïdes perdus pour un œuf fécondé ; combien d'oeufs fécondés qui n'éclosent pas ; combien de nouveau-nés qui n'arrivent pas à l'état adulte. Une telle prodigalité d'efforts existe peut-être aussi pour la formation des dents ; beaucoup de germes dentaires naîtraient, mais n'aboutiraient que ceux qui, favorisés par le sort, se sont trouvés dans de bonnes conditions de développement.

Que deviennent ces diverses productions épithéliales, les utilisées comme les aberrantes ? On sait que chez les animaux qui ont des dents à émail et à développement continu, les incisives des rongeurs par exemple, l'organe de l'émail persiste. On sait aussi que chez ceux dont les dents se renouvellent indéfiniment, certains poissons par exemple, il existe des bourgeons épithéliaux qui constituent le germe épithélial des dents de remplacement. Que se passe-t-il chez l'homme dont les dents sont à développement et à renouvellement limités?

D'après Legros et Magitot, i l'organe de l'émail lorsque sa fonction est achevée, s'atrophie et disparait' », et il en serait de même pour la lame épithéliale et les bourgeons qui en

Iiartent; ces parties subiraient, disent-ils, « nne résorption graduelle qui amène leur disparition complète avant le développement complet de la dent' ». — Kœiliker est à peu près du même avis : l'organe de l'émail serait destiné à s'atrophier et à disparaître*. Cependant il fait remarquer que la gencive des fœtus et du nouveau-né contient des petits nodules de la grosseur d'un grain de mil, les prétendues glandes du tartre de Serres ; d'après lui, ce seraient des nodules épithéliaux • restes de l'organe de l'émail de l'embryon' ». Puis quelques pages plus loin*, après avoir affirmé à nouveau la disparition des germes de l'émail , il ajoute que « l'atrophie des restes des germes de l'émail n'a pas toujours pour premier effet leur disparition totale » , une portion de ces restes se transformerait en < nodules arrondis de cellules cornées ».

Je n'ai pas suivi d'âge en âge les diverses productions épithéliales de la dentition ; mais les masses cellulaires que j'ai trouvées chez l'adulte aulourde la racine des dents présentent, comme nous allons le voir, un certain nombre de caractères qui permettent, ce me semble, de les considérer comme des débris de certaines des productions épithéliales que je viens de décrire, S'il en est ainsi, elles ne disparaîtraient donc pas toutes complètement, ce qu'on croit actuellement; une partie d'entre elles persisterait et cela non seulement chez les animaux qui ont des dents à émail se développant ou se renouvelant indéfiniment, non seulement chez le nouveau-né, ainsi quel'avaitdéjà remarqué Kœiliker, mais encore chez l'homme adulte.

Masses cellulaires paradentaires de rhontme adulte.

J'avais déjà remarqué, dansdiverses tumeurs des maxillaires

' Origine et formalioa du follicule rleotaire chez las maminirËres (/oaroa/ da rAnatomie, 1873, p. i70).

* Histologie bumaine, traduction fraoçaise, p. 494. — Embryologie da l'homme, traduction D-ançaise, p. 853.

.* Histologie, p. 495 ; Embryologie, p. 854.

' Histologie, p. 499; Embryologie, p. 859.

et même dans des gencives normales d'homme adulte, des masses cellulaires ressemblant extrêmement à certaines productions épithéliales de dentition, et j'avais supposé qu'elles devaient être des débris de ces productions.

Mais on pourrait objecter que ces observations ont trait, les premières à des faits pathologiques, les secondes à des dispositions anatomiques toutes superficielles et qu'on n'en saurait rien conclure pour ce qui existe à l'état normal et dans les parties profondes. Je parlerai donc uniquement de ce que j'ai constaté *, dans les parties profondes comme dans les parties superficielles, d'un maxillaire inférieur d'adulte parfaitement normal que M. le D' Galippe a bien voulu me procurer et m'aider à préparer.

Ce maxillaire, après avoir été débarrassé des parties molles qui l'entouraient, les gencives exceptées, avait été divisé à la scie en un certain nombre de fragments comprenant chacun une dent, son ligament alvéolo-dentaire ^ (le prétendu périoste des auteurs) et une certaine étendue de maxillaire. Après un séjour de quelques jours dans de l'alcool à W, ces fragments avaient été décalcifiées les uns dans de l'acide chromique au 1/100% que l'on renouvelait de temps à autre ; les autres dans un mélange d'acide picrique et d'acide azotique dans la proportion de 1 à 2 d'acide azotique du commerce pour 100 de solution concentrée d'acide picrique ; ce mélange m'a paru préférable, et parce qu'il agit rapidement et parce qu'il permet ensuite les colorations au picro-carmin, lesquelles sont très favorables dans cette étude. La décalciûcation opérée, les pièces furent laissées quelque temps dans une grande quantité d'eau, afin do se dégorger, puis passées à la gomme et durcies par la congélation ou par l'alcool. Elles furent alors débitées complètement, les unes en coupes

' J'ai déjà fait une commuDÎcalion Eur ce suj^l à la Société de Biologie, ■ancB du 19 avril 1884. (Voir Comples rendus, p. 341.)

■ Je montrerai à la fin do ce travail que l'expression de périoste atvéoloanlaire est tout à fait fausse, et cela aussi Jiien au point de vue physiologique u'au point de vue «natomique ; c'est pourquoi je me suis décidé à me srvir dans ce travail de celle plus exacte, quoique peu différeule, de ligalenl alvéolo-deuleire.

verticales transversales, les autres en coupes verticales longitudinales, les autres en coupes horizontales, ayant de 1/100" à 1/50* de millimètre d'épaisseur, opération qu'il est facile de mener rapidement et sûrement gràc« au microtome de Roy modifié '. Ces coupes, après avoir été dégommées dans l'eau, furent pour la plupart colorées au picro-carmin, puis montées dans de la glycérine picro-carminée.

J'ai ainsi examiné successivement toutes les coupes provenant de deux incisives, d'une canine, de deux petites molaires et d'une grosse. Or, sur le plus grand nombre d'entre elles il exislait des petites masses cellulaires siégeant dans l'épaisseur même du ligament alvéolo-dentaire, dans sa partie la plus interne au voisinage de la dent, parfois presque au contact du cément; cependant on en trouvait aussi, mais bien plus rarement, dans la partie la plus externe, du côté du maxillaire, voire même dans les espaces médullaires voisins. 11 faut avoir soin de ne pas confondre ces dernières avec les myéloplaxes ou cellules géantes multinuclées qui se rencontrent dans ces mêmes régions. Sur les coupes transversales de la dent, on en constate à tous les points de la périphérie ; sur les coupes longitudinales-, elles occupent toute la hauteur du ligament ; les plus profondes allant jusqu'à l'extrémité de la racine, les plus superficielles se continuant jusque dans l'épaisseur du rebord gingival. Cesontces dernières que j'avais remarquées antérieurement sur des gencives abrasées et que Serres considérait comme glandes du tartre.

Afin de bien me rendre compte de leur disposition générale, de leur ensemble, j'ai dessiné à la chambre claire et à un faible grossissement (50 fois) toutes les masses épithéliales que j'ai trouvées dans douze préparations provenant d'une même tranche verticale de dent, c'était une deuxième petite molaire ; puis j'ai réuni tous ces dessins en un seul, en prenant comme point de repère, dans le sens transversal le bord du cément, et dans le sens vertical son extrémité supérieure. J'ai obtenu ainsi la projection de toutes les masses contenues

* Voir Soeiélé de Biologie, aéance du 2S juin 1833. et Arebives de Physiologie, iiumiro du 15 novembre 1884.

dans cette tranche de dent. Or, elles constituent dans leur ensemble une longue file verticale de points, de traînées plus ou moins courtes, rectilignes ou courbes, formant des angles, des sinuosités, des boucles même, comme pourrait en donner une coupe de réseau vu de champ (Pl. Ul,iiff. 2). Et puisque ces masses existent sur toute la périphérie, il faut donc se les figurer comme correspondant à un réseau qui" entourerait la racine de la dent et se prolongerait jusque dans le rebord gingival, réseau fort irrégulier d'ailleurs, assez pauvre et manquant probablement par places. Les masses allongées se constatant surtout sur les coupes verticales, on peut en conclure que les mailles du. réseau sont allongées surtout dans le même sens que la dent, comme les vaisseaux et nerfs de la région ; du reste, on les rencontre assez souvent côte à côte dans les mêmes interstices ligamenteux ; elles ont donc en général une tout autre direction que celles des faisceaux ligamenteux alvéolo-dentaires, lesquels sont presque perpendiculaires à la dent.

Ces masses se présentent sous des formes très variées : il en est de parfaitement circulaires et qui correspondent soit à des coupes d'amas sphériques, soit plutôt à des coupes transversales d'amas cylindriques ; il en est d'ovales; il en est de très allongées en forme de cordons plus ou moins réguliers; il en est aussi qui sont ramifiées à la façon de glandes en grappe. La plupart sont à nu au milieu du tiesu conjonctif qui les entoure ; il en est, cependant, quelques-unes autour desquelles il existe une sorte de paroi propre. Toutes les masses sont pleines;je n'en ai pas rencontré qui présentassent de cavité bien nette. Les cellules qui les composent sont généralement polyédriques et assez petites, comme ratatinées; cependant, dans quelques gros ahias, les cellules périphériques sont parfois cylindriques et implantées perpendiculairement à la surface externe ; tandis que dans les amas effilés, elles sont plus ou moins allongées, comme étirées dans le sens même de l'amas. Les cellules polyédriques possèdent un protoplasma assez réduit et par conséquent un noyau relativement volumineux. Elles m'ont paru simplement contiguës; je n'ai pu distinguer entre elles ni espace intercellulaire, ni

filaments d'union comme en présentent les cellules épithéliales du type malpighien ou adamantin. Par le picro-carmin elles se colorent en brun rouge à la façon des cellules épithéllales. Cependant j'ai plusieurs fois rencontré dans des amas superficiels, intragingivaux, des cellules manifestement cornées et se colorant en jaune par le picro-carmin.

Comme oii le voit, ces masses cellulaires ressemblent entièrement à certaines des productions épithéliales de dentition que nous avons rencontrées chez le fœtus : ce sont les mêmes formes extérieures, la même composition cellulaire, à tel point que, vues isolément, on ne saurait les distinguer. Quant aux différences que l'on constate, la plupart, pour ne pas dire toutes, s'expliquent facilement. Ainsi, les masses cellulaires occupent chez l'adulte une étendue bien plus considérable que chez le fœtus; elles pénètrent plus profondément, et ne correspondent plus à la couronne dentaire, mais à la racine ; or, n'est-ce pas là la conséquence toute simple du développement du maxillaire, etde la poussée de la dent, de sa sortie au dehors? Les masses les plus profondes se seront trouvées enfouies au voisinage de l'extrémité de la racine ; tandis que les autres auront été séparées, étirées, entraînées par l'extension des tissus qui les entouraient, be ratatinement, l'atrophie des cellules qui composent les amas, s'expliquent également par les compressions qu'ont dû exercer les tissus environnants en pleine période d'accroissement; tandis qu'elles-mêmes étaient condamnées au repos. Ainsi donc, les différences qui existent entre nos masses cellulaires et celles de la dentition s'expliquent si naturellement qu'au lieu d'infirmer notre hypothèse elles viendraient plutôt la confirmer.

Peut-être trouvera-t-on extraordinaire que ces masses aient pu résister à tous les bouleversements qu'entraînent la dentition et séjourner ensuite si longtemps dans l'alvéole sans s'atrophier. Je ferai remarquer que pendant la période de dentition elles ont d'abord été en pleine activité formative et qu'ensuite elles ont dû conserver, pendant quelque temps au moins, un certain degré de vitalité; ce qui leur a permis de résister aux pressions des tissus voisins. Puis la dentition achevée, elles se sont trouvées dans une région où, comme

DÉBIt[S ÉPlTRtLIA<:i(

je le montrerai, il ne doit pas (!>:ister de pressions très considérables, puisqu'on y voit des nerfs qui ne sauraient les supporter et des vaisseaux et du lissu conjonctif lâche qui les atténueraient si elles tendaient à se produire. D'ailleurs, les exemples de persistances semblables ne manquent pas dans l'économie. Bref, il y a tout lieu de eroit-e que les masses cellulaires que j'ai trouvées chez l'adulte dans le ligament alvéolo-den taire ne sont que des débris des productions épithéliales de dentition.

Nous devons maintenant chercher à déterminer quelles sont, parmi toutes les productions, celles qui ont plu tôt donné lieu à ces débris. Nous avons vu que chez le fœtus elles formaient trois groupes principaux, assez nettement séparés, quoique faisant partie du même système et étant reliés les uns aux autres par des anastomoses fréquentes, surtout au niveau des follicules. On peut supposer qu'ils participent tous à former ces débris, puisque tous se trouvent sur le trajet de la dent qui pousse et sort. Le groupe gingival et le moyen donneraient lieu aux plus superficiels; ce qui expliquerait peut être deux renforcements que présentent les débris sur le dessin d'ensemble dont j'ai parlé plus haut et qui se trouvent l'un immédiatement au-dessous du collet de la dent, l'autre un peu plus bas (Voy. Gff. 2). Le groupe adamantin constituerait alors à lui tout seul tous les débris plus profondément situés. Nous verrons d'ailleurs, quand nous nous occuperons des tumeurs, que celles qui semblent avoir pour origine les débris les plus profonds tendent à revêtir le type adamantin.

L'existence de ces débris épithéliaux est-elle un fait constant, fréquent ou exceptionnel ? Je ne saurais répondre exactement ; tout ce que je puis dire, c'est que je les ai constatés sur toutes les dents du maxillaire que j'ai examinées. J'ajouterai qu'ayant eu l'occasion d'examiner au microscope les gencives de divers sujets, j'y ai souvent remarqué les prétendues glandes de tartre de Serres, qui, d'après ce que nous venons de voir, constitueraient j ustement la partie superflciellé de notre système de débris; je montrerai enfin qu'on en peut retrouver de semblables dans diverses néoformations des

maxillaires et nous verrons même à ce propos qu'il en existe probablement d'autres encore, mais dont je n'ai pas trouvé de traces sur le maxillaire que j'ai eu à ma disposition. L'existence de ces débris ne serait donc pas, d'après cela, un fait exceptionnel. Peu importe d'ailleurs pour le pathologiste ; du moment, en effet, que leur présence est possible, cela suffit pour expliquer l'origine, au sein des maxillaires, d'un certain nombre de tumeurs épithéliales

Et maintenant une dernière question à résoudre : quel nom donner à ces masses épitliéliales qui n'ont pas encore été décrites que je sache? — Comme leur origine et leur nature sont, il me semble, suffisamment établies par ce qui précède, comme a est préférable d'employer une terminologie à laquelle nous sommes déjà habitués, je propose de les désigner dans leur ensemble par le mot de parodontariam ou encore par celui de débris ou d'amas épithéliaux parodoniaires ou paradentaires.

Appcadie«.

Sur Je prétendu périoste alvéolo-dentaire.

Dans tout ce travail, je me suis servi de l'expression de ligament alvéolo-dentaire, parce que, ai-je dit, celle de périoste alvéolo-dentaire, communément employée, était aussi fausse au point de vue physiologique qu'au point de vue anatomique. Je dois justifier mon dire.

Je ferai remarquer tout d'edjord que, s'il existait un véritable périoste entre le maxillaire et la dent, la mastication serait absolument impossible ; car cette membrane se trouverait sujette à des pressions considérables, qui seraient atrocement douloureuses en raison de sa grande richesse en nerfs. Et de fait, si l'on examine des coupes microscopiques longitudinales ou transversales comprenant à la fois et la dent et les parties voisines du maxillaire, on ne voit, dans l'espace alvéolo-dentaire, rien qui ressemble à un périoste ou à toute autre membrane enveloppante ; on y voit de solides faisceaux

DÉ en [a éfitiiéliauz p fibreux qui, des parois de la cavité alvéolaire, vont en convergeant s'insérer à la surface de la racine dentaire et forment ainsi dans leur ensemble une sorte de ligament circulaire ; ils pénètrent profondément sous forme de fibres de Sharpey dans le maxillaire comme dans le cément, ainsi que cela a lieu dans les solides insertions tendineuses. Quelques-uns des faisceaux les plus superficiels, de ceux qui partent du rebord alvéolaire, se dirigent parfois en haut ou sont horizontaux ; mais lous'ies autres ont en général leur point d'attache maxillaire plus élevé ou plus superficiel que le dentaire ; en sorte que la dent se trouve comme suspendue par ces faisceaux à l'intérieur de la cavité alvéolaire. La mastication ne pourra donc produire de ces compressions dont nous parlions plus haut, mais de simples tractions comme sur tout ligament. De plus, il existe entre les faisceaux tendineux d'assez laides interstices remplis d'un tissu cellulaire lâche ou médullaire, communiquant avec les espaces médullaires voisina, et c'est dans ces interstices que se trouvent et les volumineux vaisseaux et les nombreux nerfs de cette région ; il n'y aura donc pas à redouter de compression pour ces derniers. Qu'on ne s'étonne pas non plus de cette richesse vasculaire pour un ligament , est-ce que le ligament interarticulaire de l'articulation coxofémorale n'est pas, lui aussi, très vasculaire ?

Que si enfin nous jetons un coup d'oeil sur les données de l'anatomie comparée ' , nous voyons que, chez beaucoup d'animaux, lés dents ne sont plus enfermées dans des alvéoles, qu'elles se trouvent simplement comprises dans la muqueuse gii^ivale ; mais qu'elles sont encore reliées au maxillaire par de solides faisceaux ligamenteux, les analogues de notre prétendu périoste alvéolo-dentaire !

Donc, à quelque point de vue qu'on se place, physiologie, histologie, anatomie comparée, il n'y a pas de périoste entre le maxillaire et la dent, il y a un véritable ligament. Les anciens anatomistes avaient donc eu raison de voir là une

■ H. MiLNBEDWâBDS, Lésons de physiologie et d'aaaiomie eoraperée, t. VI p. 161et suivantes.

Abch. dc put»., s* 8ÉRI«. — V. 10

articulation, une sorte particulière de synarthrose, à laquelle ilsavïûent donné le nom pittoresque de gomphose.

Depuis, cette idée si juste a été abandonnée par la plupart des anatomistes français ou étrangers. Nous la trouvons vivement combattue par Cruveilber et Sappey, nos deux clasùques. Gruveilher objecte que les dents ne sont pas des os*, opinion déjà soutenue par Hunter' et autres. Mais, est-ce qu'une notable partie du cément sur lequel s'insère le prétendu périoste n'est pas, de l'aveu de tous, du tissu osseux ? La dentineelle-mêmen'est-ellepas.histologiquement parlant, une £orte particulière de tissu osseux, que Kœlliker a d'ailleurs rencontré dans le squelette de certains poiBSons ?

Sappey' se base aussi sur ce qu'il n'y a pas d'os, et ajoutet-il, < m cartilages articulaires, ni ligament, ni synoviale, ni engrènement réciproque ». Nous venons de voir qu'il y avait os ; nous avons vu plus haut qu'il y avait ligament ; quant à l'absence de cartilage articulaire, de synoviale et d'engrènement réciproque, elle est bien réelle, mais on n'en peut conclure qu'il n'y a pas articulation ; les synarthroses sont bien des articulations, au dire de tous les anatomistes et cependant elles n'ont ni cartilages articulaires, ni synoviales, et plusieurs d'entre elles, les sutures harmoniques par exemple, ne présentent pas d'engrènement réciproque.

Pour Magitot, qui s'est occupé beaucoup de ces questions, la constitution du périoste dentaire le rapprocherait par ses caractères physiques du périoste osseux * ; cependant il reconnaît aussitôt qu'il s'en t éloigne par l'absence complète d'éléments élastiques et le grand nombre de ses filets nerveux»; puis il ajoute, quelques pages plus loin, quele périoste dentaire est « un organe non assimilable au périoste proprement dit en raison de sa structure et de ses usages *. Mais

Traité d'AaêtomU deseriptive, 4* AditioD, i. I, p. 289. ' Traité des dtala, dans traduction des Œuvres complitvt, par tttelialot, tome i.

* Traité d'Analomie descriptive, î* idition, t. IV, p. 91.

* Mémoire sur les lumeuri du pirioate dentaire, lu lia Société de cbirargie, lâavdi 1859, tirage à part.

DÉBRIS ËPITHÉLUVX PAUADKNTjURES. 147

■on pouvait l'entendre dire l'année dernière à la Société de biologie : < Je ne saurais en vérité refuser le nom de périoste à une lame fibreuse qui tapisse une couche osseuse, le cément, qiai participe à tous les phénomènes morbides du périoste ordinaire ',

Tous les modernes, cependant, ne se sont pas laissé entraîner par ce courant. Kœlliker, il y a longtemps déjà, observant aur une coupe de maxillaire de chat le périoste alvéolo-dentaire d'une incisive de première dentition, ne manque pas de comparer celui-ci à un véritable ligament; et il présume que cette même disposition doit se rencontrer sur les dents permanentes '.

Aguilhon de Sarran, s'appuyant sur des examens de dents humaines et de dents d'animaux divers, a dit très nettement, dans une note sur la gingivite expulsive s et plus tard dans une autre sur les kystes, dits périostiques *, que le prétendu périoste alvéolo-dentaire ne ressemblait en rien au périoste ordinaire et qu'il appartenait en réalité au système ligamenteux.

Enfin, Ranvier, dans son cours de ISSa-lSSi, au Collège de France, cours encore inédit, a montré, pièces en main, qu'il n'existe pas entre la dent et son alvéole de membrane isolable comme il en existe une autour des os longs ; que la cavité alvéolaire n'est qu'un espace médullaire agrandi, communiquant avec les espaces voisins ; qu'on y trouve de la moelle fibreuse ou adipeuse, et en plus, et c'est là ce qui lui donne son aspect plus particulier, des vaisseaux, des nerfs et de solides faisceaux fibreux qui, des saillies de la cavité alvéolaire, vont s'insérer sur le cément dentaire et pénètrent dans le tissu osseux à la façon des fibres de Sharpey.

C'est là du reste la conclusion à laquelle arriveront certainement toutes les personnes qui voudront bien examiner au

' Société de biologie, Béance du Î9 mars 1884, p. 176; des Comptes readaa. Voir wiBsi Soc. de ehir., séance du S3 juin 1880. ' Hintologie bain aine, traduction française, p. 490.

* Socim de chirurgie, séanc« du 16 jnin 1880 ; Compte rendu, p. 402.

* Société de biologie, séance du i9 mars 1884 ; Comple rendu, p. 185.

microscope de bonnes coupes longitudinales et transversales de dents saines encore implantées dans leurs alvéoles.

EXPLICATION DES FIGURES, PLANCHES III k IV.

Masses épitbélialea paradealaires d'ui)« seconde pelile moisira rue k an groBsissemcDt de 50 dîamèlres.

De c à J). — Masses épithÉlialoE parades lalres.

- Couronoe do la dont ;

- Cullcule de l'émail, celui-ci a disparu dSDS la décalclScalion ;

- Racine de Is déni ;

- Cémeui ;

- Ëpithélium de ta bce inlerno du rebord gingival ;

- Rebord gingival;

- Ligament et véolo- dentaire [la coupe i;ant été traitée par l'acide acé tique, les faisceaux llbreui soqI moins distincts qu'ils ne le sont en réalité) ;

.'aisseBiii compris dans le ligament ; 9. — Portion alvéolaire du maxillaire ; . 10. — Espace médullaire du maxillaire en conlinailé avec les inlerstices liganienleux alvéolo-deotab'es.

Flg. 9.

Semi schématique : Masses épilhélislos paradentaires de plusieurs coupes provenant de ta mËme région alvéolo-denleire dessinées à part, puis reportées sur la llgara 1; même grossisseroeol.

Mêmes indicalions que Qgure 1.

«, il. — Masses épiihéliales de la gencive ; elles sont représentas à un plus fort grossissement. Voir Ûji. 4,

«, A fl- — Masses situées au-dessous du collet. Voir flg. 3.

De i à i. — Masses plus profondes encoro. Voir flg. S.

Fig. 8, 4 et D.

Quelques unes des mSmes masses épithétiates paradentalres vues h un grossissement do 400 diamètres.

Mêmes indicalions que flgures précédentes.

RECHERCHES EXPÉRIMENTALES ET CRITIQUES SUR L'EXCITABILITÉ DES HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX,

Par MM. FKANÇOIS-FBANCK et A. PlTBES.

Page 1