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EXTIRPATION TOTALE DE L ESTOMAC

aller prudemment libérer, à l'aide de la sonde cannelée, les insertions de tissu lamineux, que la figure 2 montre bien en connexion avec toute l'étendue du cardia. Celui-ci se trouve ainsi mobilisé; il peut dès lors être attiré dans la cavité abdominale, et l'étranglement qui sépare l'œsophage vient, dans ces conditions, fort nettement s'offrir aux yeux de l'opérateur. C'est là la manœuvre opératoire, inspirée directement de l'anatomie, qui peimet de réaliser avec une facilité relative l'extirpation complète de l'estomac sur le chat. Un clan est posé sur l'étranglement cardio-œsophagien, qui est sectionné d'un coup de ciseau donné bien franchement au-dessous du clan ; il ne reste plus qu'à suturer le bout œsophagien avec le duo-

Fig. 2.

T. 1., tissa lamineux s*étendanl du diaphragme sur le cardia; D, diaphragme;

P, pilier du diaphragme.

dénum, après section du pylore. Nous avons toujours pratiqué excluvement la suture de Lembert, toute suture à étages étant difficilement réalisable sur le chat, surtout sur le bout œsophagien nécessairement très petit, si l'on a fait la gastrectomie bien complète. Les sutures doivent être faites bien perpendiculairement à la surface de section des deux bouts œsophagien et duodénal, et dans des points aussi exactement symétriques qu'il sera possible. Ce n'est que dans ces conditions que les parois s'accolent bien, sans former de bourrelets muqueux, par lesquels les liquides du tube digestif pourraient fuser soit dans la cavité abdominale, soit dans la cavité thoracique.

Le chat, du poids de 2 kilogrammes, que nous avons opéré le 20 novembre 1894, pesait 1,850 grammes, le 15 décembre 1894, jour où

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nous Tavons présenté à la Société de biologie *. D pèse 2*^,250, le 7 mars 1895, soit trois mois et demi après Topération. Cette augmentation de poids suffit à établir que la nutrition générale est parfaite chez cet animal. 11 est assez intéressant de constater que le poids primitif de Tanimal a même été dépassé. Cela tient à ce qu*il s*agit d'un jeune chat dont le développement n*est pas achevé ; la croissance n'est donc pas troublée par la déficience stomacale.

Comme alimentation, notre chat a reçu jusqu'à ce jour une nourriture surtout liquide, constituée par du lait pur, préalablement soumis à l'ébullition, et par une bouillie très claire et sucrée, faite de lait, de farine de riz et d'un jaune d'œuf. La digestion du lait seul n'est pas parfaite ; les fèces sont liquides et contiennent des grumeaux de lait mal coagulé (ces grumeaux ont l'aspect d'un précipité plutôt que d'un coagulât). La digestion du mélange sucré de farine de riz, de jaune d'œuf et de lait est, au contraire, parfaite : les fèces, de coloration jaune clair, ont une consistance ferme et souvent même solide. Des morceaux de viande cuite, des boulettes de fromage, de purée de pommes de terre, sont également bien digérés. La digestion des trois classes d'aliments organiques, albuminoïdes, hydrates de carbone et graisses, est donc parfaite chez le chat, comme chez le chien agastre.

Le fait, que nous avions, les premiers, signalé*, de la digestion imparfaite de la viande crue chez le chien sans estomac, par opposition à la digestion parfaite de la viande cuite chez ce même animal — fait confirmé par les recherches de M. deFilipi*, — s'observe avec la même netteté sur notre chat. Devant la double confirmation de ce fait, il devient permis de penser que les résultats contraires obtenus par Ogata * sur la faculté digestive de Tintestin vis-à-vis de la viande crue et de la viande cuite doivent être mis sur le compte des conditions de la méthode employée par cet expérimentateur (occlusion de l'estomac par un ballon de caoutchouc maintenu distendu par de l'eau ; introduction directe des aliments par une fistule duodénale). — A l'heure actuelle (7 mars 1895), notre chat se refuse à manger le plus petit morceau de poumon frais, dont les chats sont ordinairement si friands.

La fatigue générale, l'état d'affaissement qui suit immédiatement l'ingestion des aliments chez le chien agastre se retrouvent plus ac-

* Carvallo et Pachon, De Textirpation totale de l'estomac chez le chat. Comptes rendus de la Soc. de biol.^ 1894, série X, t. I, p. 794.

" Carvallo et Pachon. Comptes rendus de la Soc. de Biol.^ 25 novembre 1893; Arch. de phys. norm. et patbol.^ janvier 1894, série V, t. VI, p. 106-112.

» De Filipi, Acad, roy. des sciences de Vlnstitut de Bologne^ 18 février 1894; Arch. ital. de biol., août 1894, t. XXI. p. 445-447.

* OoATA, Du Bois-Reymond's Archiv, Pbysiol. Abtb., 1883, p. 89..

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