THYROIDBCTOMIB CHEZ LES REPTILES
Il n'en est plus de même pour Textirpation de la glande thyroïde accessoire. Pour extirper ce petit organe, Touverture que nous venons de décrire n'est plus suffisante et il est nécessaire de se faire du jour en excisant une portion du sternum ou préiérablement en ouvrant, par une section médiane, la partie supérieure de Tos.
Quelle que soit la manière de procéder, on arrive à mettre à découvert la partie supérieure du cœur et les gros vaisseaux. C'est du côté gauche qu'il faut chercher, immédiatement au-dessus de la crosse de l'aorte, en dehors de la trachée. Ce petit organe ne se distingue pas, chez les petits lézards, sans le secours d'une loupe : sa recherche devient on ne peut plus difficile, lorsqu'il y a hémorragie. Il faut des pinces très fines, pointues, pour le saisir : il est très adhérent et se laisse facilement morceler.
Chez les gi*os lézards verts l'opération, tout en restant difficile, est un peu plus aisée : l'organe peut se voir à l'œil nu, surtout si Ton a soin d'isoler les parties avec une aiguille un peu mousse.
L'accident le plus fréquent dans cette reclierche est la blessure d un gros vaisseau : il est prudent dans ce cas de ne pas insister, car d'un côté l'opération devient impossible à cause de l'infiltration sanguine des tissus, et d'un autre côté on risquerait d'attribuer à l'extirpation de Torgane des phénomènes consécutifs qui ne seraient dus qu'à une complication opératoire.
D'ailleurs le rôle de cette glandule, ainsi que son analogie avec les glandules correspondantes décrites dans ces derniers temps chez différents animaux, leur signification embryologique et physiologique méritent encore une étude très sérieuse et nous nous proposons d'y revenir.
Vu les nombreux accidents opératoires qui nous sont arrivés en voulant extirper cette glandule, nous sommes obligés de ne tenir compte que de 18 de nos expériences, où il n'y avait pas eu de lésions des gros vaisseaux, et où les suites immédiates de l'opération avaient été bonnes.
Ces 18 animaux se subdivisent ainsi :
1 animal auquel le corps thyroïde principal seul avait été extirpé,
sans même rechercher la glandule.
6 animaux chez lesquels l'extirpation complète avait été essayée,
mais chez lesquels on a retrouvé après leur mort des traces recon-
naissables de l'organe accessoire.
8 animaux chez lesquels l'extirpation complète avait été faite et chez
lesquels on n'a plus retrouvé de traces de Torgane. 8 animaux chez lesquels on avait essayé l'extirpation complète et
dont on n*a pas pu contrôler microscopiquement les résultats de
l'opération.
Voici quelques observations :
Obs. 1. — Lézard gris moyen très apprivoisé, vit gatment dans une cage depuis environ deux mois. Mange des mouches qu'on lui présente sur une pince ou qu'on laisse libres dans sa cage vitrée, est très adroit pour les saisir. Lorsqu'on lui présente un morceau de sucre, il s'approche vivement et se met à le lécher avec grand plaisir avec des mouvements lents ci rythmés de la langue. Boit aussi avec beaucoup d'avidité des gouttes d'eau ou de sirop suspendues à une baguette de verre.
Anesthésie par l'éther; extirpation du corps thyroïde principal ; laglandule n'est pas recherchée. Suture continue. Se réveille vite et ne présente aucun phénomène particulier pendant les premiers temps. Guérison parfaite de la plaie par première intention. L'animal continue à bien manger et ne pourrait pas être distingué d'un animal non opéré.
Au bout d'environ un mois, on remarque une grande lenteur dans ses mouvements et des mouches laissées libres dans sa cage, s'y retrouvent encore quelques jours plus tard. L'animal n'essaie pas de fuir lorsqu'on veut le prendre avec la main et ce n'est que rarement qu'on peut lui faire accepter une mouche vivante ou un petit ver de terre : il n'aime plus le sucre.
Ces phénomènes s'accentuent de jour en jour : lorsqu'on lui présente une mouche, il la regarde longuement et si on a la patience d'attendre, au bout d'un temps très long, à différentes reprises, il essaie de la saisir avec sa bouche, mais les mâchoires ne se resserrent pas sufllsamment : on dirait qu'il fait <• dents de velours »»,si on peut s'exprimer ainsi, et la proie lui échappe. Lassé de ces tentatives il s'en va et reste somnolent dans un coin de la cage, d'où il ne bouge pas des journées entières, si on ne le dérange pas.
Est trouvé mort un mois et demi après l'opération.
Autopsia. — Rien de remarquable à l'œil nu, dans les organes. La cicatrice est presqu'imperceptible, pas de trace du corps thyroïde.
La région du cou est débitée en coupes sériées jusqu'au cœur pour étudier les changements histologiques que peut avoir subi la glandule. Cette étude sera relatée plus lard.
Obs. V. — Gros lézard vert apprivoisé.. Anesthésie. Extirpation du corps thyroïde principal et de la glandule. Pendant Textirpation de ce dernier organe l'animal s'arrête de respirer et malgré la cessation de l'anesthésie et l'exposition à l'air, la respiration ne se rétablit pas>. On introduit par la bouche dans le larynx la pointe eflilée d'une pipette de
* Nous avons observé souvent ces arrêts prolongés de la respiraUon pendant des opopalions sur des reptiles et avons toujours pu les conjurer par l'insufllation dipccle. Il s'agit probablement (Schiff et Brown-Séquard avaient observé ces falis chez les mammifères) d'un phénomène inbibitoiro et non de la lésion d'un organe, car on l'observe le plus souvent pendant Tincision de la peau du cou. Nous avons même pu plusieurs fois en faire la preuve en prenant des