‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 129 sur 257 · VII. — Application. Explication de la ûbrinolfse · texte numérisé non relu

VII. — Application. Explication de la ûbrinolfse

Les faits précédents contiennent l'explication d'un certain nombre de particularités observées par les physiologistes. J'en citerai une seule, la ûbrinolyse *.

Au cours de mes expériences sur l'influence des saignées répétées chez les animaux, j'ai eu l'occasion d'observer ce fait curieux, à savoir que : la fibrine laissée en contact avec son sang générateur,

' A. Dastrk, FibriDolyse daas le sang (Arcb, de phyaiol.^ 1893, p. 661).

414 A. DASTRE.

Y disparaît dans des proportions souvent considérables (de S 0/0 à 44 0/0 dans les cas extrêmes; en moyenne de 8 0/0^ dans les yingt-quatre heures). J'ai donné à ce phénomène le nom de ûbrinofysey nom qui éveine Vidée d^tne amlo^ie plus ou moins lointaine avec la glycolyse signalée par Cl. Bernard et qui coaoicte dans la disparition du sucre dans ce même liquide sanguin.

J'ai ultérieurement indiqué quelques conséquences de ce fait. L'explication restait à trouver. On pouvait invoquer a priori l'existence d'un ferment protéolytique, par exemple, de la pepsine dans le liquide sanguin, et quelques auteurs ont fait cette supposition. Mais j'aurai l'occasion d'établir, contrairement à cette opinion, que le sang, non plus que l'urine, ne renferment ni trypsine, ni pepsine.

Une seconde hypothèse s'offre maintenant. La digestion de la fibrine peut être due aux sels, en solution faible, du sérum. Dans ce cas, la disparition de la fibrine doit s'accompagner de la production des fibro-globulines a et p et de propeptones. Pour ce qui est des globulines, il sera impossible de les discerner d'avec le flbrinogène et la sérumglobuline du sang. Mais on pourra rechercher les protéoses. De fait, si, après vingt-quatre heures, l'on fait bouillir, avec du sulfate de soude, le sang défibriné, au contact duquel a séjourné la fibrine, on y trouve une quantité appréciable de propeptones ; de même si l'on examine la liqueur obtenue après traitement par le sulfate de magnésie à saturation.

Vn. — Résumé.

i^ Les solutions faibles des sels neutres (de 7 à 20 0/00), chlorures, iodures, digèrent la fibrine fraîche, ainsi que font les solutions fortes, c'est-à-dire en produisant, à ses dépens, la fibro-globuline a, la fibro-globuline p et des propeptones ;

2<* Cette transformation est indépendante de l'action des microorganismes ou des ferments solubles ;

8° Elle explique, entre autres, le phénomène de la disparition partielle de la fibrine que l'on abandonne pendant quelque temps au contact de son sang générateur, c'est-à-dire la fibrinolyse.

CANULE OBTURATRICE POUR FISTULE GASTRIQUE Par MM. J. CARVALLO et P. LAN0L0I8

(Laboratoire de physiologie de la Faculté de médecine de Paris.)

Dans les recherches que nous poursuivons actuellement sur l'influence des antiseptiques dans la digestion gastrique, nous avions besoin, non seulement de recueillir le suc gastrique, mais surtout de pouvoir nous rendre compte très fréquemment de Tétat de la digestion et des modifications que présente la muqueuse gastrique. Il nous fallait, en un mot, maintenir une fistule suffisante pour introduire facilement, soit le doigt, soit une pince permettant d'aller à la recherche des cubes d'albumine ou autres blocs alimentaires témoins, soit encore une petite lampe électrique susceptible d'éclairer la cavité stomacale et d'en permettre l'examen direct.

Les premiers physiologistes qui ont établi des fistules gastriques, se préoccupant essentiellement de recueillir du suc gastrique, se servaient de canules qui, une fois mises en place, ne pouvaient que très difficilement être retirées. Leur but même était de restreindre autant que possible la grandeur de la fistule et d'obtenir le maximum d'adhérence entre Tappai'eil obturateur et les parois abdominales. Telles sont les canules de Blondlot, de Bassow, de Claude Bernard ; les modifications très heureuses apportées par Laborde, puis par Dastres, n'avaient encore qu'un seul but, réduire au minimum la plaie stomacale, en permettant au besoin le retrait de l'appareil. Toutefois, nous avons pu constater que ces dernières canules, malgi*é la double demi-lune pivotante, ne pouvaient, après quelques jours, être retirées facilement, c'est-à-dire sans amener un traumatisme de la muqueuse gastrique et, par suite^ des perturbations possibles dans son activité fonctionnelle.

A côté des canules fixes, nous devons mentionner les obturateurs, tels que ceux employés par Bardeleben, Contejean, etc., qui répon-

416 a. CARVALLO ET P. LANGLOIS.

dent aux desiderata posés plus haut : large fistule gastrique et par suite examen facile de Tintérieur du viscère. Ces appareils, tout en réalisant leur but, sont d*un maniement assez difficile et exigent des animaux parfaitement dressés; d'autre part, ils doivent être complètement enlevés quand on veut recueillir simplement le suc gastrique.

L'appareil que nous avons fait construire par M. Verdin, présente les avantages des canules précédentes, tout en pouvant être enlevé avec la plus grande facilité. Et, d'autre part, les progrès réalisés dans l'utilisation des métaux légers, ont permis de lui donner un calibre tel, qu'une fois enlevé, l'orifice gastrique est assez grand pour permettre toutes les explorations nécessaires.

La canule obturatrice est constituée par deux moitiés de cylindres creux, munis à leur extrémité d'une ailette légèrement incurvée de deux centimètres de long. Les deux demi-cylindres sont munis d'un pas de vis destiné à recevoir une rondelle filetée qui les maintient exactement l'un contre l'autre. La coaptation exacte des deux moitiés du cylindre est assurée par l'existence d'une rainure (branche femelle) et d'un filet (branche mâle) et en outre des taquets situés à la partie inférieure, au niveau des ailettes, s'opposent au glissement et assurent la concordance du filetage.

Une large rondelle métallique R très mince constitue la plaque externe, sur laquelle vient s'appliquer l'anneau fileté E, permettant une pression variable suivant le gonflement des tissus. La canule est enfin fermée par un bouchon métallique B. Nous avons été conduits, depuis que notre planche a été dessinée, à modifier le bouchon B,de telle sorte qu'il recouvre complètement le filetage et le protège contre les dents de l'animal. De même, nous substituons souvent, à la plaque métallique R, une simple rondelle en cuir plus souple, et plus légère et qui n'irrite pas la peau de l'animal.

Introduction de la canule. — A la rigueur, la mise en place de la canule obturatrice peut être faite sans délai après l'ouverture de Testomac, mais il nous a paru préférable d'attendre l'accolement des diverses parties suturées.

La gastrotomie se fait suivant les procédés ordinaires : insufflation d'air dans l'estomac de l'animal. Sutures séro-musculeuse et mucocutanée. L'animal qui, avant l'anesthésie chloroformique, a reçu une forte dose de la solution spartéo-morphine (un centigramme de morphine et cinq milligrammes de spartéine par kilogramme), reste après l'opération très tranquille; il est maintenu à jeun pendant quarantehuit heures, temps suffisant pour permettre l'accolement de la muqueuse à la peau. La sécrétion gastrique étant nulle, grâce à l'état de jeûne et à l'action persistante de la morphine, il suffît d'assm^er

Page 1