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RECHERCHES SUR LE SUCRE ET LE GLYCOGÊNE DE LA LYMPHE

Par M. A. OAtTRC

(Travail du laboratoire de physiologie de la Serboime.)

1. But de ce travail, — J*ai cherché, il y a plusieurs années déjà, à résoudre, pour la lymphe, les problèmes que, dans le même temps, d'autres physiologistes essayaient d'éclaircir, à propos du sang. Je veux parler du sucre de la lymphe et de la manière dont il se détruit (glycolyse), et, en second lieu, de l'existence du glycogène dans le contenu lymphatique et de ses changements.

Ce sont là deux questions, connexes sans doute, mais néanmoins différentes, et très inégalement difficiles. L'étude du sucre et de la glycolyse peut être poursuivie avec les moyens usuels de nos laboratoires, sur le chien, par exemple ; l'étude du glycogène, au contraire, exige l'emploi de grands animaux (bœuf, vache), permettant de recueillir des quantités considérables de lymphe.

L — Sucre et glycolyse de la lymphe chez le chien.

2. Marche de T opération, — J'ai pratiqué la fistule du canal thoracique, chez le chien, au lieu d'élection, c'est-à-dire au voisinage de son embouchure dans la veine sous-clavière gauche. Le manuel opératoire ne mérite pas de nous arrêter ; divers auteurs, et Heidenhain entre autres, l'ont suffisamment fait connaître. Une forte canule salivaire étant introduite dans la branche principale du canal, la lymphe s'écoule lentement, avec une vitesse, par exemple, de

qLYOOGÂNI M LA LYMPHE. 5SS

dix gouttes à la minute. Il faut d<mc un tempa as^ez long pour en obtenir la quantité suffisante aux analyses.

Je ne me proposais pas simplement la détermio^tioa du sucre de la lymphe; c*est un point qui a été traité par plusieurs physiologistes et, en dernier lieu, par Rôhmann. Je voulais surtout savoir comment le sucre se comportait dans la lymphe abandonnée à elle-même. Il fallait comparer les teneurs en sucre à différents intervalles de la prise. On prélevait deux échantillons de lymphe, Tun que Ton examinait sur-le-champ, Tautre quelque temps après. Ces échantillons doivent être initialement identiques, condition remplie s'ils proviennent de lymphe recueillie au même moment.

On réalise cette condition de la manière suivante : la canule lyii\phaUque se continue par un tube de caoutchouc, bifurqué en Y. Les deux branchements aboutissent à deux éprouvettes A et H où tombe la lymphe. Dans Téprouvette A, on a versé, par avance, de ralQOol à 95^, en quantité double (au moins) de la quantité de lymphe que Ton veut recueillir, de telle sorte que les gouttes de lymphe s'y coagulent à mesure qu'elles y tombent, et que toutes les actions fermentatives qui pourraient altérer le sucre soient annihilées. Cet échantillon A fournira la quantité de sucre existant bic et nunc dans la lymphe circulante. L'éprouvette B ne contient point par avance d'alcool ; elle reçoit de la lymphe identique à celle de A, puisque le flux du canal thoracique se divise à chaque instant entre les deux branchements et que chaque goutte se partage, pour ainsi dire, entre les deux éprouvettes. Les altérations qu'éprouve spontanément le sucre dans la lymphe ne sont pas empêchées ; elles se produisent donc. On pourra, en l'analysant, savoir ce qu'est devenu le sucre un temps quelconque après la prise, dix minutes, une heure, deux heures, vingt-quatre heures. Pour cela, au moment où l'on veut arrêter l'action, on verse deux volumes d'alcool à 85* et on broie le caillot dans l'alcool avec du sable ou du verre pilé.

3. Marche des analyses. ^^Qaani aux analyses, elles se préparent et s'exécutent de la manière suivante :

Le mélange, alcool et lymphe, est épuisé par l'alcool chaud (dans l'appareil à épuisement de Soxhlet modifié, modèle du laboratoire municipal). Tout le sucre passe ainsi dans la liqueur alcoolique ; le glycogène, s'il y en a, doit rester dans le résidu. La liqueur alcoolique est évaporée, reprise par l'eau et analysée, par décolorattOQ, au moyen de la liqueur de Violette ferrocyanurée, comme je l'ai expUqué ailleurs ^

« A. DA3TRE, L*aoalyse du sucre du sang (Arcb. de physiol., 1891, p. 543). Aik::i. i>b phts., S* s^rib. — Vil. 35

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