Exemple
Exp. X (18 janvier 1892). — Chien de 12 kilogrammes, à jeun depuis vingi^uatre heures; narcotisé par chloroforme-atropine-morphine. Recherche du canal thoracique à la façon ordinaire. La lymphe s*écoule a raison de 10 gouttes par minute environ; elle est conduite par un tube bifurqué dans les deux éprouvettes A et B. — A contient 40 centimètres cubes d*alcool absolu. On y reçoit en deux heures 21 grammes de lymphe. — Dans le même temps il tombe dans B 28 grammes de la même lymphe. On attend deux heures de plus pour traiter B par Talcool et arrêter ainsi les actions fermentatives.
On épuise par Talcool A et B :
!• (A) La liqueur alcoolique est évaporée, reprise par Teau. On analyse nu moyen de la liqueur de Violette ferrocyanurée, dont 10 centimètres cubes équivalent à 4"*c',9 de glucose. -^ La lecture donne 16% 5. Donc 16% 5 contiennent 4"»', 9 de glucose, et les 54 centimètres cubes qui l'é-
pondent à 21 grammes de lymphe \^\ — . D'où 1000 de lymphe :
lO.b
2® (B) Volume total =44.6 correspondant a 28 grammes de lymphe. Analyse-lecture = 13.2. Pour 1000 :
La récolte de B ayant duré deux heures, et le délai avant l'addition de Talcool ayant été de deux heures encore, il en résulte que les premières parties ont été exposées pendant quatre heures aux causes de la destruction spontanée, et les dernières pendant deux heures. Le chiffre global correspond donc à une moyenne de trois heures.
Nous dirons donc qu*en trois heures, la lymphe originelle qui contenait 0''','763 de sucre p. 1000 ne contient plus que 0«',591 ; elle a perdu 0^^,172 par 1000, soit 22 0/0 de la quantité initiale.
A^. B, — Les résidus traités par la méthode de Kûlz pour la rechei*che du glycogène ont fourni un précipité alcoolique opalescent faible, et qui a paru composé de cristaux (chlorure de potassium ?), alcali-albuminates, peptones et quantité inappréciable de glycogène.
Il faut, pour la recherche du glycogène, des quantités plus considérables ou un procédé plus sensible.
5, Résultats. — Une série d'expériences de ce genre chez des chiens dans les mêmes conditions (à jeun depuis vingt-quatre heures, pour éviter les causes d'erreur pouvant provenir du sucre alimentaire) a donné la moyenne de résultats suivants :
GLYGOOiraB DE LA LYMPHE.
Tableau I.
Sucre de 1« Irmpbe pour 1000.
Apre» 3 h.
Aprèf6 h.
Apr«i 13 h.
Aprèi 24 h.
Ot'.ÎOi
traces
La conclusion est que le sucre se détruit. La glycolyse se produit dans la lympbey sensiblement comme dans le sang. Elle ne parait pas modifiée ou compensée (au moins après les premiers moments) par une production concomitante de sucre qui se formerait aux dépens du glycogène, dont on a pu supposer l'existence dans la lymphe. Cette observation apprend qu'en tous cas le glycogène, s'il existe dans la lymphe, y est en faible proportion, par rapport au sucre.
6. TnsufUsance des expériences sur les petits animaux (chien). — Les expériences sur le chien ne permettent pas la solution complète du problème de la glycolyse. Il est impossible de savoir ce qui se passe dans les premiers moments, la lymphe devant être récoltée lentement pour suffire aux analyses. Plus tard, on ne peut encore fixer avec précision le point de départ de la glycolyse, puisque la récolte dure environ deux heures, c'est-à-dire que les premières parties sont, à ce point de vue, en avance de deux heures sur les dernières. Enfin, la modicité des quantités obtenues s'oppose encore à la recherche du glycogène.
Pour ces raisons, j'ai voulu opérer sur des animaux de grande taille, pouvant fournir rapidement des quantités considérables de lymphe.