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LÉSIONS DES CAPSULES SURRENALES

dinaira en se multipliant. Dan» la partie profonde de la substance médullaire les tubes se renflent beaucoup et se terminent en massue, par suite de la multiplication cellulaire qui se fait dans la couche moyenne. Ces renflements sont remplis de cellules polyédriques par pression réciproque, chargées de grains jaunes ou bruns, ce qui, joint à leur forme et

Vue d'ensemble d*une capsule surrénale de cobaye. Apoplexie diffuse de la capsule surrénale chez un cobaye soumis à Tingestion d*essence de géranium rosa^ d'Algérie. Hémorragies allongées dans la substance corticale, pigmentation légère des tubes de la substance médullaire et dilatation des veines centrales de la capsule.

à leur volume, leur donne une grande ressemblance avec les cellules hépatiques chargées de pigments biliaires figurés dans la lithiase. On retrouve en ces points des capillaires vides de sang; ils sont réduits à de minces fentes circulant entre les tubes.

Dans la zone médullaire, ils sont au contraire remplis de sang, irréguliers, distendus, élargis, séparant les tubes que les éléments prolifères

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ont transformés en boyaux d*un diamètre considérable. L*endotbélium* ne se retrouve que d*une manière incomplète, peut-être parce que ses* cellules se sont pigmentées et tuméfiées les premières et sont par suite devenues méconnaissables. Le sang contenu dans les capillaires est altéré, ses globules ont une grande tendance à se souder, à s*agglutiner, et certains capillaires sont remplis par des moules d*hémoglobine homogène.

Le centre de la capsule est à peu près complètement détruit par une hémorragie plus étendue que les autres. Le sang épanché a subi des

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Fig. 5.

Détail de la substance médullaire de la capsule surrénale d*un cobaye intoxiqué avec de l'essence de girofle. Congestion des vaisseaux sanguins, apoplexie des tubes médullaires, pigmentation granulée de leurs cellules. (Grossissement : 480.)

modifications particulièrement rapides. On n'y retrouve que quelques globules rouges reconnaissables. Le reste forme une masse homogène, sans caillots fibrineux, comme si le tissu du contact capsulaire liquéfiait le sang rouge d'une façon particulière. Les cellules, les boyaux médulaires se retrouvent encore en quelques points du foyer, autour des veines centrales. Elles sont volumineuses et sphériques. Dans Thématoxyline

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eosinée, elles prennent une coloration brun foncé. Leurs noyaux sont volumineux. Par places leurs contours cellulaires sont indistincts et elles constituent de véritables plaques à noyaux multiples.

Les sillons profonds qui découpent la capsule chez le chien existent aussi chez le cobaye ; aussi rencontre-t-on dans la substance médullaire des tubes contenant de volumineuses cellules claires ramollies, sans traces de pigment, qui ne sont autres que des fragments aberrants de la substance corticale.

Exp. XVIL — Cobaye ayant reçu dans Testomac 1 centimètre cube d^essence de girofle ; mort en six heures.

Cette essence détermine une très vive injection de toute la glande * les capillaires de la substance médullaire sont gorgés de globules rouges. Le centre de la glande est fortement pigmenté et ses vaisseaux tellement remplis de sang que Faspect des boyaux médullaires et des capillaires remplis de globules rappelle celui du foie cardiaque au pourtour des vttÎAes sus-hépatiques. Le pigment est sous forme de grains, jaunes ou bruns; il est facile à mettre en évidence et à distinguer des ^obules rouges des vaisseaux par la double coloration au picro-carmin et au vert de méthyle ; le irert se fixant en partie sur les grains pigmentaires leur donne un reflet qui les fait ressortir avec beaucoup de netteté.

Il existe de la stéatose caractérisée par la présence de grosses gouttes graisseuses intra-cellulaires dans les deux sijd)stances de la capsule.

Exp. XVIIL — Cobaye nourri avec du son additionné de bleu de méthyle.

I^a proportion de bleu en poudre absorbé ne peut être évaluée, parce que ranimai gâche le son coloré; mais Fimprégnation des tissus était poussée assez loin, car, a Fouverture du corps, les viscères exposés à Fair ont vivement pris ime teinte bleu foncé. On trouve la substance corticale intacte, la substance médullaire fortement bistréa^ comme chez le chien et, de plus, ses cellules contiennent ce même pigment jaune en grains que nous avons constaté dans les recherches précédentes. Les tubes contournés du rein montrent une lésion tout à fait semblable de leurs cellules. Cette lésion n'existe pas chez les animaux intoxiqués avec les huiles essentielles. Cela tient sans doute à ce fait que le bleu de méthylène s'élimine surtout par les tubes contournés du rein, dont il imprègne fortement Fépithélium [Pilubt, Sur la coloration des tissus à Fétat vivant par les couleurs d'aniline {Progrès médical^ mai 1888)].

Expériences sur le lapin.

Chez le lapin, la structure de la capsule surrénale est plus simple et sa trame est plus serrée que chez le cobaye ; les vésicules souscorticales, ou vésicules de Grandry, ne contiennent que de petits éléments serrés, à cytoplasma peu développé. En revanche, on trouve

SÇjS:: A.-H.. PILUET.

dans la partie profonde des tubes corticaux/ au voisinage de la substance médullaire, des portions de boyaux dans lesquelles les cellules du parenchyme sont disposées en piles d'éléments à cytoplasma clair, tels que ceux qui remplissent les vésicules de Grandry du chien. ' Les lésions observées sont en général semblables dans nos différentes expériences.

Exp. XIX. — Lapin, ingestion întra-stomacale d'essence de citronnelle, 16 centimètres cubes durant onze jours.

^ Les boyaux des cellules médullaires sont groupés comme toij^ours autour des veines centrales de Torgane et émettent de ce centre des prolongements rameux qui s'engagent dans la substance corticale. Ils forment des cordons irréguliers et floxueux, alTectant la même disposition que Ton rencontre chez le chien, et leurs cellules polyédriques sont chargées d'un pigment bistre. Elles ont la forme en coin, l'apparence de stries claires, longitudinales, au milieu du plasma pigmenté, que nous avons notées déjà pour l'espèce canine. Ces stries paraissent correspondre à des fentes ou à des espaces ménagés dans la masse de méthémoglobine dont la cellule est remplie. Les boyaux médullaires ainsi constitués sont enveloppés d'une membrane nette, composée de cellules plates à noyaux saillants en dehors, c'est-à-dire dans les cavités inter-tubulaires. Ces cavités n'étant que des capillaires sanguins, il s'ensuit que les travées du parenchyme sont limitées par l'endothélium des capillaires sanguins, exactement comme les trabécules du foie. On rencontre des travées contournant un capillaire et lui formant une couronne plus ou moins complète, suivant l'incidence des coupes, et c'est sur ces points que cette disposition est surtout évidente. Les globules rouges sont au centre, puis l'endothélium, puis la rangée de cellules bistrées qui repose directement sur lui.

Dans la substance médullaire on rencontre de nombreuses figures de karyokinèse. liCS vaisseaux ne sont pas injectés.

. Exp. XX. — Lapin, injections sous-cutanées de chlorhydrate d'hydroxylamine à 1/10^ ; 5 centimètres cubes par jour pendant deux jours.

Il existe une congestion vasculaire qui dessine le contour des tubescorticaux et des vésicules remplies de petites cellules tassées, à plasma clair et peu développé» Les globules de sang contenus dans les vaisseaux sont groupés en amas mûriformes; ils paraissent avoir une grande tendance à se souder entre eux. La substance médullaire n'offre qu'une pigmentation très légère.

Avec l'essence d'avis chez un animal jeune, on observe des lésions fort accentuées. La substance médullaire est chargée de pigment bistre et tuméfiée, au point de représenter le quart du volume total de la glande. ■ L'essence de genévrier (exp. XXI) donne une légère coloration bistre de quelques groupes de boyaux de la substance médullaire. Il en est de môme de l'essence d'absinthe (exp. XXII), de l'essence de tanaisie (exp. XXIII) dpnt les eifets sont encore bien marqués.

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£afiii, les poisons minéraux introduits dans Testomac déterminent une congestion intense du plexus solaire et des capsules surrénales, s*accompagnant de pigmentation de la substance médullaire, pourvu que la survie soit seulement de quelques heures. C*est ce qu*on observe avec racide chromique (exp. XIV), et surtout avec Tacide sulfurique(exp. XXV), que j*ai déjà indiqué dans ma note à la Société de biologie sur ce sujet {3 février 1894).

En résumé, le cobaye et le lapin empoisonnés par la voie gastrique avec des huiles essentielles ou des dérivés de l'aniline montrent des lésions du rein succenturié tout à fait comparables à celles que Ton observe chez le chien ; seulement, chez le cobaye, elles sont beaucoup plus marquées, l'apoplexie et l'hémorragie se produisent plu3 facilement. Le pigment ne se montre pas seulement sous forme d'ihflltrat cellulaire ou de fines granules, on le trouve en gros grains caractéristiques dans les cellules de la substance médullaire.

La constatation de ces lésions nous conduit forcément à conclure pour les rongeurs comme pour le chien que la destruction intense des globules rouges amène la congestion de la capsule, pouvant aller jusqu'à la production d'hémorragies difiîises, et une surcharge pigmentaire des éléments du parenchyme. L'endothélium participe à cette surcharge ; et d'autre part les boyaux corticaux et médullaires sont, selon l'ensemble des recherches faites sur ce sijget, d'origine mésodermique. 11 y a donc dans cette fixation do l'hémoglobine altérée par les éléments de la paroi vasculaire et du mésoderme un phénomène exactement inverse de celui qui se produit dans la formation des vaisseaux sanguins de l'aire vasculaire du poulet, quand es cellules endothéliales de la paroi se chargent d'hémoglobine, se tuméfient et tombent dans la cavité des vaisseaux pour former des globules rouges circulants. La propriété de produire de l'hémoglobine est commune à toutes les cellules du parablaste chez les animaux jeunes ; mais elle se localise vite à un certain nombre d'organes dits hématopoiétiques. La propriété de la détruire et de la fixer sous ibrme de pigments est également commune à toutes les cellules du tissu conjonctif, surtout à celles du derme ; mais elle est surtout concentrée en certains organes dont la capsule surrénale nous offre un type. C'est du moins la conclusion que l'on peut tirer de ces expériences.

CoDcIusioDS.

Dans les destructions expérimentales du sang on observe une surcharge de la substance médullaire des capsules. Le sang altéré traverserait donc la glande de dedans en dehors, du centre à la périphérie. Cîhez l'homme, c'est la partie profonde du tube de la substance

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corticale qui se pigmente en général. La pigmentation de la substance médullaire est fort rare.

La glande se charge donc aux dépens du sang de différents principes, les uns connus, pigments et dérivés biliaires; les autres à déterminer. Quand elle est imprégnée, ce sont d'autres éléments d'origine mésodermique qui viennent la suppléer; d'abord les globules blancs du sang, puis les cellules connectives de la peau ; d'où la pigmentation cutanée dans certaines affections destructives de la capsule.

La fonction de la capsule nous parait donc assimilable à la fonction biliaire de la glande hépatique. Du reste, l'analogie de ces deux organes a déjà été mise en lumière au point de vue anatomique par ôrandry.

L'hypertrophie, le changementde teinte, la congestion, les hémorragies, enfin tout l'ensemble de lésions qui résulte de l'emploi de toxiques se retrouve avec les toxines et les microbes ; c'est ce que MM. Langlois et Charrin (juillet 1893 et février 1894), Roger (janvier 1894) ont mis en lumière dans leurs communications à la Société de Biologie ; et c'est ce qu'on peut retrouver en clinique. Nous avons eu en efiet l'occasion de constater la superpigmentation de la substance médullaire dans un cas de péritonite tuberculeuse et dans un cas d'infection purulente.

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