‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 216 sur 257 · ACTION DE LA SPARTBINE ET DE L*0XYSPARTÉINE · texte numérisé non relu

ACTION DE LA SPARTBINE ET DE L*0XYSPARTÉINE

Cette épreuve renouvelée plusieurs fois donne constamment le môme résultat.

Notons cependant que chaque fois la pression générale diminue légèrement et ne remonte jamais à la hauteur primitive. , L*excitation faible du bout périphérique du nerf vague est efQcace.

A 3 heures, injection sous-cutanée de 4 centigrammes de sulfate de spartéine (4 0/0). Pas de modification appréciable du tracé manométrique.

On approche alors Téponge chargée de chloroforme; arrêt respiratoire et ralentissement du cœur. Toutefois le ralentissement est moins durable, le cœur reprend plus vite son rythme normal.

A 4 heures, une nouvelle épreuve donne les mêmes résultats, mais la pression remonte ensuite toujours à 11 centimètres.

Exp. III. — Chienne de 15 kilogrammes. Cœur très irrégulier. On donne quelques bouffées de chloroforme avant de pratiquer la mise à nu du pneumogastrique et de la carotide. Introduction de la canule manométrique. Les effets du chloroforme étant dissipés, la pression égale 14 centimètres de mercure. A ce moment on redonne du chloroforme. Agitation vive pendant laquelle la pression s'élève à 18 centimètres. Dès que Fagitation cesse, le mercure tombe à H centimètres. Irrégularités manifestes des contractions cardiaques. Section du pneumogastrique gauche. L'excitation du bout périphérique, la bobine à 14 centimètres, détermine un abaissement de pression normale : néanmoins le cœur reprend rapidement. On poursuit la chloroformisation : la pression tombe à 5 centimètres.

Il ne paraît pas prudent de continuer plus longtemps la narcose et on laisse Tanimal se réveiller.

Pendant ce temps on nettoie le manomètre. Une demi-heure après, la pression étant remontée à 14 centimètres, injection sous la peau de 8 centigrammes de sulfate de spartéine.

I/injection ne paraît pas avoir augmenté notablement la pression, peutêtre les oscillations sont-elles légèrement plus grandes.

On procède à la chloroformisation dans les mêmes conditions.

La narcose s'obtient assez rapidement après une courte période d'excitation. Mais la courbe manométrique est plus régulière : la respiration, qui fait sentir son influence sur le tracé, est bien rythmée.

L'excitation du bout périphérique du pneumogastrique est faite dans les mêmes conditions que précédemment. Même degré de narcose, même intensité d'excitation et même durée. La dépression est beaucoup moins forte qu'avant la spartéine.

Mais, ce qu'il est important de noter, c'est le maintien de la pression vasculaire.

La chloroformisation est poussée aussi profondément que possible, l'éponge saturée de chloroforme, les réflexes oculaires ont complètement disparu, et la pression se maintient à 9 centimètres.

L'excitation du bout périphérique du pneumogastrique, la bobine inductrice à 12 centimètres, est presque sans action appréciable sur le cœur.

696 p. LANGLOIS ET G. MAURANGE.

On laisse Tanimal se réveiller, la carotide est liée, la plate pansée aseptiquement et suturée, et une demi-heure après Tanimal est réveillé complètement.

An cours de nos expériences, nous avons pu constater de la façon la plus évidente que la sparléine n'élève pas, à proprement parler, la pression dans les artères, mais qu'elle la maintient seulement dans une constante qui se rapproche de la normale, contre toutes les causes qui sont susceptibles de l'abaisser. Il s'agit d'une action tonique sur le cœur dont les contractions sont simplement renforcées et régularisées.

Hûrthle * ayant signalé l'action plus énergique encore de Toxyspartéine (C**H**Az«0) sur le caîur, nous reprîmes cette étude avec cette nouvelle substance.

Voici dans quelles conditions fortuites ce physiologiste fut amené à s'occuper de cette nouvelle substance : un chien, curarisé pour une expérience, tomba tout à coup dans un état de collapsus tel que, malgré une respiration artificielle régulière, on le reganlait comme perdu : la pression moyenne de mercure s'était abaissée de 100 millimètres à environ 40, le pouls battait à 196. On injecte 1 centimètre cube d'une solution d'oxyspartéine à 1 0/0 dans la jugulaire. Quelques minutes après, le pouls descendait de 196 à 137, la pression s'élevait de 30 millimètres de mercure, la pulsation se renforçait de moitié, si bien que le chien put, contre toute attente, servir à l'expérience projetée. A partir de ce moment, il fut de règle dans le laboratoire d'employer Toxyspartéine dans tous les cas où, chez les animaux en expérience, on notait soit de la tachycardie, soit un abaissement marqué de la pression artérielle.

Nous avons immédiatement institué de nouvelles expériences en employant l'oxyspartéine à la place de la spartéine. Nous avons consigné nos résultats dans une note à l'Académie des sciences • que nous complétons ici.

Sur le lapin, le tracé manométrique montre que les perturbations observées dans le rythme cardiaque, quand on approche vivement des narines une éponge imbibée de chloroforme, sont très atténuées.

L'excitabilité du nerf vague est diminuée ; mais cette diminution ne peut être comparée à celle obtenue avec l'atropine. Nous reviendrons tout à l'heure sur ce point en parlant de la résistance du coeur

* HfiBTHLE, Orientirungsversuche ûber die Wirkung des Oxysparteins auF das Herz. (Arcb. t. exp. Paihol. und Pharm,^ 1895).

* Lanolois et Maurange, De l'utUité des injections d'oxyspartéine avant Tanesthésie chloroformique {Acad. dos sciences^ 29 juillet 1895).

ACTION DE LA SPARTÉINB ET DE l'OXYSPARTÉINE.

à l'asphyxie. Disons dès maintenant qu'on observe encore, après l'injection d'oxyspartéine, des phénomènes de ralentissement et même d'arrêt du cœur par l'excitation du tronc même du nerf par un courant induit ; mais qu'il faut, pour les obtenir, notablement renforcer l'intensité de l'excitation, rapprocher, par exemple, la bobine induite de 2 à 8 centimètres.

La pression vasculaire se maintient pendant de longues anesthésies à une tension sufQsante. Chez une chienne ayant 14 centimètres de pression au début, on fait tomber, par une narcose profonde (disparition totale de tous les réflexes), la pression à 5 centimètres, puis on réveille l'animal et on l'endort de nouveau après injection de 6 centigrammes d'oxyspartéine. La pression se maintient à 11 centimètres; elle tombe un moment à 9*",5, mais remonte rapidement quand on supprime les inhalations.

Cette résistance remarquable du cœur aux chloroformisations les plus prolongées, est mise en lumière par les expériences suivantes, dans lesquelles nous avons employé comparativement le chlorhydrate d'oxyspartéine et le sulfate d'atropine, associés ou non à la morphine.

Exp. IV. — 1^8 lapins étaient placés sous une même cloche recevant de Tair saturé de vapeur de clUoroforme (température 17 à 22^). On notait le moment où les battements du cœur cessaient d*ôtre perçus. Chez presque tous les animaux asphyxiés, on a fait inutilement la respiration artificielle.

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