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TOXINES ET DESCENDANCE

Lorsque ces enfanta, au lieu de recevoir des toxines de leur mère, les reçoivent directement, par le fait d'une infection qui permet le développement d'un agent pathogène, ces enfants subissent les mêmes effets; ils ne continuent pas à croître; quelquefois ils maigrissent ; il suffît d'une pyrexie aussi légère que la vaccine, que la varicelle, pour réaliser ces désordres.

L'expérimentation révèle des phénomènes identiques; les jeunes animaux contaminés cessent de grossir, pendant la période d'activité des ferments morbifiques.

Il existe donc deux liens communs entre ces enfants comme entre ces animaux : tous sont imprégnés, à des degrés variables, par des sécrétions bactériennes; tous ont une croissance troublée, ralentie.

Ces troubles, ces ralentissements, constamment, succèdent à la mise en jeu de ces sécrétions ; l'observation impose la croyance, en présence de phénomènes aussi nets, aussi précis, aussi réguliers, à des relations de causes à effets.

Dès lors, on est conduit à interroger la nutrition, à rechercher les perturbations que provoque, dans ses différentes étapes, l'intervention de pareilles substances.

Les. urines, on le sait, renseignent fréquemment sur ces perturbations: or, dans ces circonstances, leur analyse révèle une série de détails intéressants.

L'urée, dosée chez des enfants sains, a fourni 1,801 ; 1,312; 1,409; 1,820 par litre; 0,41 à titre de moyenne des vingt-quatre heures; 0,095 par kilogramme et par jour.

Le nouveau-né, qui, issu d'une mère atteinte d'un phlegmon du cou, n'avait eu que 5 grammes d'augmentation quotidienne, a donné 2,113 pour 1,000 centimètres cubes; 0,70 par journée; 0,16 par kilogramme.

Chez le rejeton de la pneumonique, qui avait pris 9 grammes, ces chiffres sont représentés par 2,120; 0,72 et 0,18.

Des enfants, entre 1 et 3 mois, à l'exemple des précédents, ont fourni, en pleine éruption vaccinale, 2,122; 2,834; 3,049; 4,507; en outre, 0,95 à titre de dose quotidienne moyenne, et, 0,19 par kilogramme.

D'un autre côté, si on injecte des toxines à des animaux, ainsi que je l'ai fait avec Chevallier, on voit également l'urée augmenter; il en est de même de l'acide phosphorique qui, le plus souvent indosable chez les nouveau-nés normaux, atteint 0,25 à 0,49 quand ils sont infectés.

Avec Desgrez, j'ai même constaté une azoturie légère chez des lapins immunisés, à une époque où les sécrétions vaccinales étaient éliminées ; cette azoturie montre que ces sécrétions sont capables

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de modifier la nutrition, pour un temps donné au moins, de conférer aux tissus le pouvoir de produire plus d*urée, etc.

J'ajoute que l'extrait sec, chez ces jeunes enfants, dans le cas de maladie, a souvent augmenté; je l'ai reconnu avec Delépine *.

La comparaison de tous ces faits entre eux autorise à conclure que l'infection, par l'intermédiaire des sécrétions bactériennes introduites directement par l'expérimentateur, ou fabriquées par le microbe, ou venues de la mère, trouble la nutrition*, s'oppose à la croissance, à l'augmentation de poids, en favorisant la désassimilation si peu active à cet âge ou plutôt en rendant l'assimilation moins parfaite.

Ces acquisitions permettent de commencer à remplacer par quelques notions positives les données relatives aux influences héréditaires, aux modifications du terrain développées sous l'influence des virus. — La réalité de ces influences néfastes, de ces modifications, se trouve imposée par la puissance de l'observation; malheureusement on connait moins le mécanisme de leur action ; on sait moins à quelles perturbations anatomiques ou physiologiques elles correspondent. Si à ces premières acquisitions d'autres viennent s'ajouter, nous arriverons à nous rendre compte de ces variations ; les connaissant mieux, nous pourrons peut-être plus efficacement les combattre. En tous cas, nous voyons que ces dégénérescences n'ont rien de spécifique ; la plupart des toxiques les engendrent.

* Je remercie M. Delépine qui a bien youIu me prêter son concours éclairé.

* Ce trouble de la nutrition, au lieu de porter avant tout sur les éléments quaternaires, peut intéresser parfois spécialement les graisses ; nous l'établirons. En tout cas, tout facteur d'immobilité mis à part, on voit certaines toxines vaccinantes engendrer l'obésité.

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