RÉFLSXES VASO-MOTKURS DANS LES MALADIES NERVEUSES
A part quelques recherches dues à Maragliano et Lusona ^, et qui ont trait à l'influence de la fièvre, il est toute une classe de réflexes vasculaires dont l'étude n*a pas été, que nous sachions, abordée au point de vue clinique. On n*a guère étudié, à ce dernier point de vue, que les réflexes vaso-moteurs locaux, ceux qui se manifestent par des changements de coloration du tégument dans Tendroit même où l'on a porté une excitation mécanique ; une ligne rouge ou une ligne blanche, succédant au frottement pratiqué avec une pointe mousse, indiquent la constnction ou la dilatation vasculaire qu'on a ainsi provoquées (Marey). Dans certaines maladies, en particulier da ns plusieurs affections du système nerveux, le phénomène présente des perversions intéressantes (raie méningitique, dermographisme)*. Mais il s'agit là de réflexes vasculaires locaux, limités à la zone excitée ou ne la débordant guère. Les phénomènes que nous avons étudiés appartiennent à une tout autre catégorie: ce sont des réflexes diffus, qui, à la suite d'une excitation sensitive ou sensorielle, ou encore d'un phénomène psychique, émotif, se montrent non seulement dans la région excitée, mais encore dans une vaste étendue du corps, dans les organes les plus divers. La vaso-constriction des extrémités n'est qu'une localisation particulière de ce processus réflexe à retentissement multiple. Ce phénomène, qui suppose la mise à contribution du système nerveux central et périphérique dans une grande étendue, appartient à la classe des réflexes vaso-moteurs qu'on pourrait dénommer bulbo-méduUaires, pour les opposer à ceux qui, purement locaux dans leur manifestation, ne font intervenir sans doute aussi dans leur production que des mécanismes locaux, si tant est même qu'ils dépendent d*un réflexe véritable, et non d'une simple réaction de la fibre lisse vas* culaire excitée directement.
Il nous avait paru a priori que l'étude des réflexes vaso-moteurs à long tnget, dans diverses affections nerveuses, mettrait en lumière presque à coup sûr des particularités intéressantes, trahissant les altérations dont peuvent souflrir les voies de conduction ou les centres de ces réflexes, voies de conduction multiples et étendues, centres appartenant, pour une grande part tout au moins, au système cérébro-spinal.
Ces incursions dans le domaine de la pathologie semblent susceptibles, à leur tour, d'éclairer non seulement la physiologie pathologique, mais encore la physiologie normale, en permettant de ratta-
* ArehJvôM lUliennea de biologie^ XI, 2, p. 246.
* Voyex ùotammeot uo intéressant article de Féré et Lamy sur le dermographisme (Nouvelle iconographie de la Sêipêtrière^ 1899, p. 283).