‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 8 sur 257 · DU SON DE PERCUSSION DU THORAX · texte numérisé non relu

DU SON DE PERCUSSION DU THORAX

Par M. C. CA8TCX

Professeur agrégé de physiqae à la Faculté de raédaciiie dt Lille.

Introduction. — Trois théories sont en présence pour expliquer le son de percussion du thorax. Le choc percutant peut mettre en mouvement : ou les parois thoraciques, ou le parenchyme pulmonaire, ou enfin la masse gazeuse contenue dans le poumon ; chacune de ces trois théories attribue à l'un de ces corps le rôle prépondérant dans rémission du son plessimétrique.

!• Williams *, Hoppe \ admettent que ce sont les vibrations pariétales seules qui donnent le son de percussion ; pour Mazonn ', le son pariétal est renforcé par l'air pulmonaire ; enfin Feletti ♦, d'après ses expériences qui mettent hors de doute l'existence de mouvements sonores dans les côtes, se range à la théorie de Mazonn.

2** Pour Skoda * et son école, et c'est l'opinion la plus accréditée auprès des cliniciens, le son de percussion est dû aux vibrations de l'air contenu dans le thorax.

3° Enfin Winlrich®, Talma'^, non seulement attribuent au parenchyme pulmonaire le rôle prépondérant dans l'émission du son plessimétrique, mais encore refusent d'admettre que l'air pulmonaire et les parois thoraciques puissent vibrer sous l'influence du mouvement du parenchyme. Friedreich ®, dont la théorie se rapproche de celle des auteurs précédents, en diffère en ce qu'il accepte les vibrations des parois et de la masse aérienne du poumon.

• Williams, On the théorie and pracUce of percussion of as a mode of diagnosis {M. Gazette, 1836, t. XIX).

• Hoppe, Zur Théorie der Percussion (Vi>cAow'« Arcbiv, 1854, t. VI, p. 143).

• Mazonn, Die Théorie der Percussion (Prager VierteIJabresscbrifl, 185i, l. XXXVI).

• Feletti, Archives italiônnes de biologie, 1883, t. IV, p. 354.

" Skoda, Abbandlung uber Percussion und Auscultation, Wien, 1864.

• WiNTRicH, Virchoy/s Handbucb der speo. Pathologie und Thérapie, t. V, p. iS. Erlangen, 1854.

^ Talma, Zeitschritt ïûr klinische MediciUy 1881, t. III. " FRIEDREICH, Ueber die respiratorisohen Aenderung des Percussioosschalles am Thorax (Deutscbes Archiv far klinische Medicin, 1880, t. XXVI, p. 24).

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Des divers expérimentateurs qui ont émis ces théories^ je ne connais que Feletti qui se soit servi, dans ses expériences, de la méthode graphique, la seule rigoureuse lorsqu^on étudie les phénomènes sonores. Feletti a inscrit les mouvements des côtes en les amplifiant par un levier qui les enregistrait sur un cylindre tournant. Hais ce procédé n'est pas applicable à l'inscription des vibrations de Tair pulmonaire; quelques expériences, faites en dehors de la méthode graphique» ont amené l'auteur dont je parle à conclure que l'air pulmonaire renforce le son pariétal, mais n'émet pas de son propre.

J'ai essayé de résoudre cette question par une méthode uniquement graphique, afin d'offrir une base solide à la théorie à laquelle l'expérience me ferait uiriver.

Méthode. — Le procédé que j*ai employé est celui de la photographie des flammes manométriques, dû à M. le professeur Doumer. On sait que pour observer ces flammes, il est nécessaire de les regarder à Taide d'un miroir tournant qui en donne une image étalée ; mais il est difllcile de faire alors des observations précises. Un moyen élégant d'étaler la flamme, tout en obtenant d'elle une image fidèle et inaltérable, est d'en prendre la photographie sur plaque mobile. Dans ces conditions, pour photographier une flamme, il faut qu'elle soit très brillante : le gax d'éclairage, chargé de vapeurs de benzine en passant lentement sur de la pierre ponce imbibée de ce liquide, jouit d'un pouvoir photogénique assez intense pour arriver au but proposé. La plaque photographique doit se mouvoir horizontalement devant l'objectif : je me suis servi d'une chambre noire spéciale qui réalise cette condition. I^ chariot portant le châssis pouvait être mû soit mécaniquement, soit à la main ; j'ai adopté cette dernière disposition pour des raisons que je fais connaître plus loin. Suivant la vitesse de translation du chariot, l'image de la flamme est plus ou moins étalée; mais comme il faut qu'elle soit assez éc]aii*ée pour impressionner la couche sensible, la vitesse maxima est déterminée par la sensibilité de la plaque. Dans mes expériences, les sons à enregistrer étaient assel graves pour pouvoir utiliser les plaques pour instantanés que l'on trouve dans le commerce.

Pour agir sur la flamme manométrique, plusieurs procédés ont été employés; sur l'animal ou sur le cadavre j'ai mis la capsule manométrique en communication tantôt avec la trachée, tantôt avec un trocart introduit dans le poumon à travers les parois thoraciques. Lorsque j'ai pu laire passer le gas à travers la cavité percutée, par exemple dans le cas de pneumothorax artificiel, j'ai supprimé la capsule manométrique : le gas entrait par un trocart dans la cavité pleurale et en sortait par un autre. Sur le vivant, la capsule manométrique était tenue à la bouche ; au commencement je fermais les narines avec une pince, mais j'ai observé que l'occlusion des fosses nasales peut se faire tout naturellement et à volonté par le voile du palais. C'est toujours sur moi-même

ijiie j*fti opéré, afin d*éviler les nouvemeots respiratoires intempestifs, car il se produit alors, à la partie supérieure des voies aériennes, des souffles qui mettent la flamme en mouvement.

Les sons de percussion sont vite étouffés; il était donc nécessaire de percutor pendant Finstant très court où la plaque photographique défilait devant TcAjeetif. Lorsque le chariot était mû mécaniquement, la plus faible vitesse que pouvait posséder la plaque était encore trop grande pour que la percussion, au moment utile, fût fucile. Aussi j*ai préféré faire manœuvrer le chariot à la main ; j*ai du reste trouvé un aide bénévole parlhit en la personne de M. Bourdon, maître de conférences à la Faculté des lettres, à qui j^adresse ici mas oMilleurs remerciements pour Futile concours qu*il m'a fourni. Nous opérions ainsi : un métronome était réglé de telle manière que la vitesse de la plaque étoit la plus convenable pour le but proposé, lorsque le mouvement complet de translation du chariot se faisait en deux battemente. Pour bien suivre le rythme du métronome, la mise en marche se faisait au battement 4 ; à 5, sensiblement, la plaque passait devant Fobjectif, et à 6, arrivait à Fextrémité de sa course ; le second aide chargé de la percussion faisait cotacider le choc percutant avec le battement 5 du métronome. Cette méthode très simple a donné très peu de ratés. J'ai enregistré simultanément le son à étudier et un son fixe connu, qui a toujours été fourni par un résonateur donnant le ut2 (128 vibrations doubles i), mis en activité par un électrodiapason de même hauteur. Pour me mettre à Fabri de la transmission des vibrations, qui aurait pu se faire si j'avais pris le gaz en deux pointe de la même conduite, j'ai toujours employé pour l'une des deux flammes, du gaz emmagasiné dans un ballon de caoutehouc.

Le corps percutent et le plessimètre ont varié trop souvent pour que je puisse les indiquer d'une manière générale : je préciserai les conditions des diverses expériences. EnAn, j'ai toujours expérimenté sur le côté droit du thorax.

Résultats.— Tel est le procédé d'expérimentation que j'ai adopté; je vais maintenant discuter les résultets qu'il m'a fournis. J'ai pris un grand nombre de photographies de flammes manomëtriques ; je donne ici les tracés principaux : ils ont été calqués sur les épreuves photographiques négatives. On doit les lire de droite à gauche; la ligne supérieure représente toujours le tracé correspondant au thorax; la ligne inférieure a été donnée par le résonnateiir. Une série d'expériences faites dans des conditions identiques à quelques secondes d'intervalle, le temps de ramener le chariot au point de départ et de modifier la place de Fobjectif pour impressionner une autre partie de la plaque, m'a donné toujours des tracés semblables; il suffit alors d'en choisir un, le plus net, et je le désignerai par les mots tracé type.

* Je ne parlerai du reste jamais que de vibrations doubles.

SON Dl PmeiîMiOll BU THORAX.

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