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G. DELEZENNE

rintensité du courant ou Texcitabilité du nerf, un arrêt ou un ralentissement plus ou moins marqué des battements du cœur.

(a) Quand l'excitation est suffisante pour produire un arrêt des battements cardiaques, elle détermine, comme on le sait, un abaissement considérable de la pression artérielle. La pression tombe très brusquement d'abord, puis de plus en plus lentement ; elle remonte dès que le cœur recommence à battre et dépasse généralement alors sa valeur primitive. La courbe oncométrîque du rein suit toujours exactement la courbe artérielle ; le volume de Torgane diminue pendant toute la durée de Tarrêt du cœur et il tend à revenir à sa valeur normale quand le cœur reprend ses battements et élève à nouveau la pression artérielle.

On peut expliquer ces variations de volume de la façon suivante. Dès qu'il y a arrêt des battements cardiaques, non seulement les ar-

Fig. 1. — Vol. R., désigne le volume du rein; P. A. F., la pression artérielle; S, la ligne des secondes. En E, excitation du bout périphérique du pneumogastrique.

tères ne reçoivent plus de sang, mais en vertu de leur élasticité, elles chassent celui qu'elles renrerment dans les veines, jusqu'à ce qu'un équilibre de tension soit établi dans tout le système circulatoire.

Il y a donc, par le fait de l'arrêt du cœur, déplétion et resserrement élastique des artérioles du rein, et consécutivement diminution de volume de l'organe. Ce qui montre parfaitement que ces variations de volume sont intimement liées aux modifications de la

tension artérielle, c'est que même dans les cas de simple ralentissement les oscillations secondaires qui existent sur la courbe de la pression aortique sont toujours exactement reproduites sur la courbe oncométrique. La figure 1 est, à ce point de vue, particulièrement démonstrative.

La pression dans la veine rénale subit, pendant Tarrêt du cœur, des variations tout à fait opposées à celles du volume du rein. Elle s'élève, en effet, pendant que la pression artérielle s'abaisse, et elle

Fig. 2 *. — Dans cette figure ainsi qae dans les suivantes : Vol. R., désigne le volume du rein droit; P. V. R., la pression latérale dans la veine rénale gauche; P. A. G., la pression artérielle; S, la ligne des secondes. £n E excitation du bout périphérique du pneumogastrique.

tend à revenir à sa valeur normale quand cette dernière remonte elle-même à son niveau antérieur {fîg, 2). Cette ascension de la pression dans la veine rénale s'explique facilement. L'aiTêt du cœur tendant à produire un équilibre de la tension dans tout le système vasculaire, la pression doit s'élever dans tous les points où elle était, pendant l'activité cardiaque, inférieure à la pression moyenne du système.

Dans un travail déjà ancien, mais dont les conclusions sont restées

* On peut considérer ce tracé comme répondant au type des modifications observées pendant l'arrêt du cœur, bien que quelques faibles pulsations apparaissent sur le tracé artériel pendant Texcilaiion du pneumogastrique.

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classiques, Brunner* avait montré que la pression augmente dans la jugulaire externe quand le bout périphérique du nerf vague est fortement excité : il en avait conclu que, pendant Tarrét du cœur, les artères se vidant en grande partie dans les veines, la pression doit s*élever dans tous les points du système veineux. Plus récemment» Klemensiewicz* a observé que la pression augmentait aussi dans la veine fémorale ^. En s'appuyant sur des considérations qu'il serait trop long d'exposer dans ce travail, cet auteur admet cependant que lés variations de la pression peuvent ne pas être identiques dans toutes les veines pendant Tarrét du cœur. Théoriquement le fait est possible. Les expériences que je viens de rapporter montrent que la pression dans la veine rénale se comporte de la même façon que dans la veine fémorale.

(b) Si Texcitation du bout périphérique du pneumogastrique ne détermine qu'un ralentissement du cœur, les résultats restent les mômes en

Fig. d. — En E excitation du bont périphérique du pneumogastrique.

ce qui concerne la courbe du volume du rein, mais les conditions de l'expérience devenant plus complexes, la pression veineuse se modifie différemment suivant les cas. Avec un ralentissement très marqué des battements cardiaques, on a encore une ascension de la pression dans la

* Zeitsch. f. rat. Med., 1855.

■ Sitzungsberichle der kaisurlicben Akad. d, Wissenscbaften, 1886.

' Voir aussi Bayliss et Starling, Tbe Journal of Pbysiologyy avril 1804.

veine rénale : la figure 3, où j*ai reproduit le début et la fin d'un graphique obtenu chez un animal après une excitation forte, mais de courte durée, du nerf vague en fournit un exemple des plus nets

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Fig. 4. — Eu E excilation du bout périphérique du pneumogastrique.

Lorsque le ralentissement du cœur est moins marqué, on observe encore le plus souvent une faible ascension de la pression veineuse; parfois aucune modification ne se manifeste ; dans quelques expériences, j*ai même constaté un léger abaiss^ement (ûg, 4).

Il est nécessaire, pour comprendre le mécanisme de ces diverses variations, de connaître les rapports fonctionnels qui existent entre la durée des battements et la capacité des cavités cardiaques. Stolnikov * a montré que, pendant le ralentissement du cœur, le volume des ondées sanguines augmente. U a établi que le débit ventriculaire était considérablement accru lorsque la durée des battements atteint 0,6 de seconde.

Quand le cœur est ralenti, l'équilibre de la pression entre les artères et les veines tend encore à s'établir comme en temps d'arrêt complet, et habituellement la pression veineuse s'élève.

Mais, dans certains cas, l'augmentation du débit du ventricule droit peut être suffisante soit pour compenser exactement l'effet du ralentissement et empêcher ainsi la pression veineuse de s'élever, soit même pour déterminer un léger abaissement,

* Arcb, t. AuslL und Pbysiol.^ 1S86.

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