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C. DELEZENNE

Dans cette dernière condition, il y a peut-être lieu de tonir compte aussi de Faction des fibres vaso-contrictives que Ton a décrites dans le pneumogastrique.

J*ai pu me rendre compte que dans les cas où un simple ralentissement du cœur ne provoquait aucune modification de la pression dans la veine rénale ou déterminait même une légère chute, on voyait toujours apparaître, lorsqu'on renforçait suffisamment Texcitation, une augmentation de la pression veineuse.

Fig. 5. — En E excitation du bout périphérique du pneumogastrique.

La figure 5 montre que Tarrêt du cœur obtenu pendant le cours d*un ralentissement a déterminé une élévation très sensible.de la pression dans la veine rénale, alors qu'aucune modification n*avait été observée pendant le ralentissement qui s'inscrit sur le début du tracé.

Insutûation pulmonaire.

Si Ton insuffle fortement le poumon d'un animal curarisé et si Ton oblitère la trachée au moment où le thorax est complètement distendu, on observe une chute très sensible de la pression artérielle. J'ai constaté qu'en même temps, le volume du rein diminue tandis que la pression dans la veine rénale augmente. On peut se rendre compte, en examinant la figure 6, que la courbe oncométrique suit encore très exactement dans ce cas la courbe artérielle. Toutes deux s'abaissent parallèlement et d'une façon assez brusque quand l'insufflation commence. Elles se maintien-

nent à un niveau à peu près constant pendant toute sa durée, puis remontent rapidement à leur valeur primitive lorsque le poumon cesse d'être distendu. La pression veineuse rénale s'élève/ au contraire, notablement

Kig. 6. — De A en B insufflatioa.

dès le début de Tinsufflation et reste à im niveau élevé aussi longtemps que le poumon est distendu. Elle revient à son chiffre antérieur dès qu'on cesse Tinsufflation.

Ces modifications peuvent s'expliquer facilement. En insuffiant le poiimon, on comprime les capillaires de cet organe et on entrave la petite circulation.

Gréhant* est parvenu à interrompre complètement la circulation pulmonaire en insufflant de Tair dans la trachée, sous une pression de 65 millimètres de mercure.

Sous rinfluence de cette gêne circulatoire, l'afflux du sang diminue dans le cœur gauche: par le fait, le débit du ventricule gauche diminue, lui aussi, et la tension artérielle s'abaisse; cet abaissement de la pression artérielle a comme conséquence à son tour la diminution du volume du rein. D'autre part, le ventricule droit, ayant à vaincre la résistance que lui opposent les capillaires pulmonaires comprimés, ne se vide qu'incomplètement à chaque systole ; le sang s'accumule dans les gros troncs veineux, la pression s'y élève, et

* Arrêt de la circulatioQ par l'introduction d'air comprimé dans le poumon (Comptes rendus de VAcad, dea acienees).

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cette élévation se fait sentir, de proche en proche, jusque dans la veine rénale. Il faut ajouter que la pression positive que Ton exerce dans l'intérieur du thorax crée aussi un obstacle à la déplétion des gros troncs veineux qui viennent y déboucher.

Il est remarquable que cette stase veineuse ne se traduise pas sur la coui'be du volume du rein. Klemensiewicz a observé cependant une ascension de la courbe oncométrique aussitôt après le début de l'insufflation. Cette augmentation de volume qui était de courte durée était d'ailleurs suivie d'une diminution graduelle.

Arrêt de la respii*atioD artificielle.

Il n*est pas sans intérêt d*opposer aux modifications que je viens d^tudier celles que détermine l'arrêt de la respiration artificielle, le

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Fig. 7. — De A en B arrêt de la respiration artiÛcielle.

thorax étant en état d'expiration. J'ai observé en effet qu'immédiatement après l'arrêt de la pompe, la pression artérielle et le volume du rein augmentent, tandis que la pression dans la veine rénale diminue {ûg, 7).

Quincke et PfefTer * ont montré que, chez un animal soumis à la respiration artificielle, la circulation pulmonaire est ralentie. On conçoit aisément qu'il en soit ainsi, puisque ce mode de respiration n'est, à vrai dire, qu'une insufflation périodique et rythmée du poumon. Aussi, dès qu'on cesse la respiration artificielle, la circulation se fait plus librement dans le poumon, l'afflux du sang augmente dans le ventricule gauche ; par le fait, la pression aortique s'élève et

* Arcb. von Beicbert and Du Boia-Raynaond, 1871.

Variations de la pression veineuse, 323

le volume du rein s'accroît. D'autre part, le ventricule droit peut se vider plus complètement à chaque systole , l'aspiration pleurale reprend ses droits et la pression diminue dans les veines caves. Si on rétablit la respiration artificielle avant que l'action excitante du sang asphyxique ne se manifeste sur les centres vaso-moteurs, on voit que les trois courbes reviennent très rapidement à leur niveau primitif et que la fin du graphique indique des modifications tout à fait identiques à celles que produit l'insufflation.

§ 2. — Inscription simultanée de la pression dans la veine rénale et dans la veine fémorale.

Dans une seconde série d'expériences, j'ai inscrit simultanément la pression dans la veine rénale et dans la veine fémorale. Ces expé-

Fig. 8. — Dana celle figure ainsi que dans les suivantes : P. V. R., désigne la pression dans la veine rénale; P. V. F., la pression dans la veine fémorale. En E excilation du bout périphérique du pneumogastrique.

jiences montrent que, sous rinfluence des diverses causes que j^ viens d'étudier, les variations de la pression suivent une marche parallèle dans les deux veines. Jl' ai insisté suffisamment sur le mécanisme de ces diverses modifications de la pression veineuse pour n'être plus forcé d'y revenir. Je me bornerai à exposer brièvement les résultats expérimentaux.

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