‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 4)Chapitre 97 sur 257 · L. CAMUS ET E. GLEY · texte numérisé non relu

L. CAMUS ET E. GLEY

peut, selon les animaux, durer plus ou moins longtemps, succède une phase d'accélération ; en d'autres termes, la contraction du ca-

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nal, provoquée par l'excitation asphyxique, est souvent suivie, quand cette excitation est prolongée, d'une période de relâchement. C'est ce que l'on verra sur la figure 3.

Que si la respiration reste toujours suspendue, l'écoulement, après

INFLUENCE DE l'a^PHYXIE SUR LE CANAL THORACIQUE. 331

cette phœe d'accélération, s'arrête de nouveau ; mais alors il s'arrête définitivement. Et l'on peut constater, si l'on enregistre simultanément les variations de la pression veineuse, qu'il s'est produit pendant ce temps un des phénomènes habituels de l'asphyxie, c'est à savoir l'élévation progressive de cette pression veineuse, le cœur, qui se ralentit de plus en plus, ne pouvant plus se vider et le sang s'accumulant dans les veines ; il arrive un moment où la pression dans la veine jugulaire est assez forte pour mettre obstacle à l'écoulement; celui-ci, d'ailleurs, se fait sous une pression faible, puisque l'appareil n'est placé, dans toutes nos expériences, qu'à 6 ou 7 centimètres au-dessus du point qù le canal thoracique s'abouche avec le système veineux.

On remarquera que la condition dans laquelle nous expérimentons diffère de celles dans lesquelles on a constaté, après la mort, la persistance de l'écoulement de la lymphe. Dans ce dernier cas, en effet, on introduit une canule dans le canal thoracique, au cou, et conséquemment on supprime toute communication entre le conduit et les veines. La pression veineuse, lorsque le cœur se ralentit et s'arrête, à la fin de l'asphyxie, a beau s'élever, cette élévation ne peut avoir aucune influence sur le cours de la lymphe, rendu indépendant par la fistule du canal thoracique ; aloi*s, comme la formation de la lymphe peut continuer après la mort, et, d'autre part, comme la citerne de Pecquet, sous diverses influences, et en particulier sous l'influence des mouvements des intestins provoqués justement par le sang noir, et en vertu aussi de ses propres contractions, que détermine le même excitant, peut expulser son contenu, — et c'est là un facteur important qu'il ne faut pas oublier, — il n'y a pas de raisons pour que la lymphe ne s'écoule pas encore pendant un certain temps, d'ailleurs et nécessairement très variable, par la fistule établie.

Ces variations de l'écoulement sont-elles bien dues à des mouvements mêmes des parois du canal thoracique, contractions et dilations? On sait que les battements de l'aorte exercent une réelle influence sur le cours de la lymphe dans ce conduit ; nous l'avons montré dans de nombreuses expériences qui ont été publiées dans ce journal*. Or, l'asphyxie amène des modifications du cœur et des vaisseaux, qui sont peut-être susceptibles de modifier l'écoulement dans le canal thoracique. Il importait de rechercher expérimentalement s'il y a ou non sur ce conduit une influence des réactions cardio-vasculaires que provoque l'asphyxie. Nos recherches nous ont prouvé que les variations de l'écoulement ne sont pas soumises à

' Voy. L. Camus, Recherches expérimentales sur les eauses de la circulation lymphatique (Arob. de pbysioL norm, et patbol., (5), t. VI, p. 669, 1894.)

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