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INFLUENCE DE l'aSPHYXIE SUR LE CANAL THORACIQUE. 388
ces réactions. La figure 4, par exemple, fait voir que, peu après l'interruption de la respiration, le canal thoracique se contracte, alors que la pression sanguine ne subit encore aucune modification, soit dans les artères, soit dans les veines; dans cette expérience, d'ailleurs, ces modifications ne se sont produites que tardivement, au moment où on rétablissait la respiration, ce qui rend le fait très démonstratif; pendant la contraction du canal, il n'est survenu qu'un léger ralentissement du cœur, qui battait 80 à 32 fois par vingt secondes, au lieu de 35 fois.
On ne peut songer, bien entendu, à attribuer le ralentissement de l'écoulement à la suspension même de la respiration artificielle. Étant données les conditions de nos expériences, on ne voit pas comment la suppression des insufflations pulmonaires donnerait lieu
Fig. 5. — Action de l'asphyxie sur la citerne de Pecquet. Expérience du 16 mars 1894. Jeune chien, pesant 8''c,800, curarisé à 1 h. 55 m.
Pr. Cit., pression dans la citerne, qui était en relation à son extrémité supérieure avec on manomètre à bougie, une ligature ayant été placée sur son extrémité inférieure, abdominale; la cavité close ainsi formée et le manomètre étaient remplis d*eau salée. — Sec.y secondes.
En A, asphyxie par interruption de la respiration artificielle.
à ce résultat. Du reste, nous avons montré que, quand on prolonge Tasphyxie, l'écoulement se rétablit (voy. fig. 8) ; en d'autres termes, la respiration restant supprimée, à une contraction du canal succède un relâchement.
Nous avons eu Toccasion d'étudier aussi dans quelques expériences Tinduence de l'asphyxie sur la citerne de Pecquet. — Nous inscrivions les mouvements de ce réservoir par le procédé que nous avons décrit l'année dernière dans les Archives * ; ce procédé consiste, en définitive, à transformer la citerne en une cavité close; les parois de cette cavité, si elles se resserrent ou se relâchent, transmettent leur mouvement à un manomètre à eau muni d'un flotteur en bougie, dans lequel la pression s'élève, dans le premier cas, et, dans le second, s'abaisse. — Le sang noir agit sur la citerne comme sur le
■* L. Camus et E. Glky, Recherches expérimentales sur les nerfs des vaisseaux lymphatiques (Arcb. de physioL norm, et pathol. (5), t. VI, p. 454, 1894. Voy. en particulier, p. 458, 3*).
âS4 L. CAMUS ET E. GLEY.
canal thoracique ; il provoque donc la contraction des parois de ce réservoir, coaune on peut le constater sur la figure 5 ; la contraction commence ici qoinze secondes après le début de Tasph^-xie, est assez lente et dure longtemps. Nous suivions simultanément les variations de la pression sanguine dans Taorte ; il ne nous a pas paru nécessaire de les faire reproduire sur ce tracé ; pendant l'élévation de la pression dans la citerne, le cœur s'est seulement ralenti ; ce n*est qu'à la fin de la contraction du réservoir lymphatique que la pression intra-artérielle a commencé de s'élever. Dans cette eiq[>érience, l'asphyxie a été continuée jusqu'à l'arrêt du coeur, qui est survenu une minute cinquante secondes après le court relâchement de la citerne, que l'on remarque à la fin du tracé delà figure 5, sur la droite.
L'excitation asphyxique détermine donc la contraction du canal thoracique comme celle de tout réservoir ou conduit contractile, estomac, vessie, utérus, canal cholédoque, etc.
S'il est vrai que le sang noir excite d'abord et surtout les centres nerveux, il faut penser que l'action que nous venons d'étudier, s'étant exercée sur la moelle, se transmet par les filets qui se détachent de la chaîne sympathique thoracique pour gagner le canal. D'autre part, nous avons montré (voy. ce même numéro des Archives, p. 304) que le sympathique thoracique, au-dessous du premier ganglion, contient des nerfs constricteurs du canal. Or, nous avons néanmoins reconnu dans plusieurs expériences que la section du sympathique thoracique, au-dessous du ganglion étoile, n'empêche pas l'asphyxie de produire son effet. A la vérité, parmi les filets nerveux qui vont se jeter dans les parois du canal, il peut y en avoir dont les origines médullaires se trouvent situées au-dessous de la région d'où émanent les nerfs qui passent par le ganglion premier thoracique. Par conséquent, pour déterminer exactement la partie de la moelle sur laquelle agit le sang asphyxique, alors que cet excitant met en jeu les nerfs moteurs du canal thoracique, il importerait de connaître tous les rameaux communiquants qui peuvent donner passage à ces filets nerveux. Nous avons entrepris cette étude, évidemment difficile, mais qu'il est possible sans doute de mener à bien.
DE l'influence DE L'ÉTAT DE LA SENSIBILITÉ DE L'ESTOMAC
SUR LE CHIlfISME STOMACAL Par MM. PAUL SOLLICR et C. PARMCNTICR
En s'appuyant sur des considérations physiologiques, cliniques et expérimentales, que Tun de nous* a exposées ailleurs, on pouvait penser que la sensibilité propre de Testomac jouait un rôle dans révolution des phénomènes digestifs. Pour étudier et démontrer rinfluence qu'exerce la sensibilité de Testomac sur la digestion, le meilleur moyen était de recourir à l'analyse chimique du suc gastrique, en suivant la méthode d'examen en série continue, telle qu'elle a été indiquée pour la première fois par M. Winter, en 1893. Cette méthode consiste à extraire, à la suite d'un seul et même repas d'épreuve, à des moments de plus en plus éloignés du repas, une quantité de liquide suffisante pour pratiquer une analyse du suc stomacal*. Mais pour pouvoir étudier le rapport existant entre la sensibilité de l'estomac et le chimîsme stomacal, il fallait pouvoir faire varier à volonté cette sensibilité. Or, rien n'est plus facile par le procédé que l'un de nous a indiqué 5, et que nous rappellerons brièvement. En plongeant des hystériques dans l'hypnose profonde, on peut, par simple injonction, supprimer et ramener leur sensibilité
~ ' P. SoLLiER, De rinfluence de Tétat de la sensibilité de Testomac sur les phénomènes de la digestion {Revue de médecine, janvier 18d5).
* J. Winter, Les lois de révolution des fonctions digestives (Acad. des sciences, 3 juillet 1893). — Hatem, Note sur les troubles évolutifs de la digestion {Soc. méd. des hôpitaux, 6 juillet 1894).
' P. SoLLiBR, Recherches sur les rapports de la sensibilité et de Témotion {Revue philosophique, mars 1894). — Faits nouveaux relatifs à la nature de Thystérie (Il policlinico, 1894; Congrès de Rome).