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FONCTION PANGRÉATOGKNE DE LA RATE

B.— Eïïet trypsinogène de F extrait de rate congestionnée y introduit par injection intra-vasculaire chez le chien dératé.

Exp. I. — Un jeune chien de 12 kilogrammes est dératé. L'opération est faite suivant les règles ordinaires de Tuntisepsie. I/animal se remet iort bien du choc opératoire.

Quatre jours après, il avait maigri d'une livre, mais était très gai et doué d*un appétit excessif. Le 5*' jour, il reçoit dans la matinée un repas^ très copieux, composé de 4 livres de viande de cheval bien hachée.

Six heures plus tard, il est solidement attaché dans la gouttière de Claude Bernard. On enlève les points de suture. Le duodénum est saisi par l'opérateur et attiré en dehors de la cavité abdominale. Les chylifèi'es sont injectés d'une façon remarquable; le pancréas se présente d'une couleur uniformément rosée ; il n'y a nulle part de trace d'inflammalion. A l'aide de la sonde cannelée on isole complètement la portion verticale du pancréas, qui n'est pas adhérente au duodénum; les vaisseaux sont liés à mesure quMls se présentent. Quand cette partie du pneréas est bien isolée, on place une forte ligature à son extrémité duodénale, elle est amputée par une section au-dessous de la ligature.

On met aloi*s à nu la veine fémorale et on y fixe une canule à injection intra-vasculaire. On pousse par la canule 100 centimètres cubes d'un extrait aqueux de rate qui avait été préparé do la façon suivante. On extirpe la rate à un chien en pleine digestion ; elle est fortement congestionnée. Réduite dans un mortier préalablement échaudé et redevenu tiède en une purée très fine, elle est introduite dans un ballon avec ^ centimètres cubes d'eau salée bouillie et portée à l'étuve pendant trois heures. La macération est alors filtrée; c'est ce liquide de ûltration qui est injecté.

Vingt minutes après rinjectioji, que l'animal a subie sans présenter «ucun trouble, on le sacrifie par piqûre du bulbe. Ce qui reste du pancréas est extirpé pendant que le cœur bat encore. Désignons cette portion par la lettre B, pour la distinguer de la partie enlevée précédemment, que nous appellerons A.

Aet B sont mis à macérer, chacun dans dix fois son volume de solution boriquée saturée. Nous les loissons séjourner deux heures à l'étuve, à39*. Puis on essaye le pouvoir peptonisant de ces extraits. 50 centimètres cubes de liquide de chaque macération sont décantés et replacés à l'étuve avec un cube d'albumine.

Au bout de quatre heures, le cube de B présente un commencement de digestion. Ce n'est que seize heures plus tard que le môme phénomène se passe dans le cube de A. La digestion continue dans les deux flacons, mais ^Ile est beaucoup plus active dans le flacon contenant l'extrait paneréalique B.

L'expérience est arrêtée, ayant duré vingt-quatre heures. La hauteur lu cube de A, de 20 millimètres, a été abaissée à 14 millimètres. La auteur du cube de B, de 20 millimètres, a été abaissée à 6 millimètres.

S66 J. OACHET BT V. PACHOIV.

Cette différence dtes k quantité d'albumine peptonisée est dae i « |'^ q ue la digestion a commoaaé beaucoup plus tôt dans un cas que daos l'autre. Mais si la macération B s'est montrée active dès le début, c'est qu'elle contenait primitivement de H ttypsine ; celle-ci lui avait été cédée intégralement par la portion B du pancrétts» qui avait subi Tinfluencede |g| Textrait de rate congestionnée. Le pouvoir peplenisant tardif qu'a présenté la macération A, est dû à ce que la trypsine B*e8& formée seulement au cours de l'expérience de digestion artificielle aux dépens du proferment pancréatique, seul primitivement contenu dans la gland» ée ranimai dératé — même en pleine période de digestion.

En résumé, cette expérience établit directement, in vivo, Texistence d'une substances plénique susceptible de faire subir au pancréas une modiflcation telle que sa macération, primitivement douée d'un pouvoir protéolytique lent à se manifester, devienne une macéralioD douée d'un pouvoir protéolytique rapide à apparaître, tout restant égal comme conditions de milieu, de durée, etc., de la macération*. Autrement dit, la substance splénique, injectée dans le système vasculaire, a accompli un effet électif dûns un organe déterminé, i« pancréas, dont elle a transformé la protrypsine en trj'psine. Elle s'est manifestée comme une véritable sécrétion interne à inOuence trrpsinogène.

III. — Nature de la sécrétion interne splénique à influence pancréatogène.

Comme le proferment du pancréas se transforme très facilement en trypsine sous l'influence de l'oxygène, on pouvait penser que les extraits de raie, colorés d'une façon intense par l'hémoglobine, devaient leur pouvoir trypsinogène à* l'oxygène fixé sur l'hémoglobine, qu'ils tenaient en dissolution. S'il en était ainsi, le sang artériel, plus riche en oxygène, rendrait plus active une infusion pancréatique contenant du proferraent que le sang veineux. A. Herzen déjà s'est préoccupé de cette opinion et Ta combattue par des

* Il s*agit ici de macération de courte durée (2 heures). Ce type de macéralioos, comme l'a souvent fait remarquer A. Herzen, est le seul qui convienne à ces sortes d'expériences, dans lesquelles on se propose de saisir l'enzyme digestif sous son état de proferment ou de ferment. Dans les macérations de longnt durée (24 heures ou plus), le proferment a le temps de se transformer, sous l'influence du milieu de la macération. Dès lors, toute diiTérence disparaît dans révolution des digestions artificielles résultant de macérations d*origtne différente. Il n*y a plus de macérations à pouvoir digestif lent (présence de proferment) et de macérations à pouvoir digestif rapide (présence de ferment). Il devient, en un mot, impossible de savoir si la glande contenait l'enzyme digestif t l'état de pro fer mont ou de ferment.

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Kpériences appropriées* . A noire tour, nous avons cherché à voir exacte valeur de cette opinion, de la manière suivante :

Exp. II. — Le pancréas d*un chien à jeun est mis à macérer pendant eux heures dans dix fois son volume de solution boriquée saturée. Par lécantation, on prend 200 centimètres cubes du liquide de macération, [ui sont répartis dans quatre flacons A, B, C, D.

En A, on ajoute 90 ce. de sang artériel déftbriné (sang recueilli chez

le chien à jeun).

En B, on ajoute 20 ce. de sang veineux défibriné (sang recueilli chez

le chien h jeun).

En C, on ajoute 20 ce. d'extrait de rate congestionnée (macération

aqueuse).

En D, on ajoute 20 ce. d*eau distillée.

Ces flacons, dans lesquels on introduit 1 centimètre cube d'albumine, sont replacés à Tétuve, à 99<*.

\a bout de quatre heures, on observe un commencement de digestion dons lo. flacon C; des villosités se montrent à la surface du cube d''albumine, qui continue a être attaqué d*une façon très énergique.

k et B, après avoir séjourné vingt-quatre heures à Tétuve, ne présentent pas de traces bien nettes de digestion. Ijes cubes qu'ils renferment présentent des arêtes un peu moins tranchantes et des angles plus arrondis. Le cube du flacon D a été un peu ottaqué,

Exp. III. — Un pancréas d'un chien à jeun est divisé en trois portions qui sont triturées : la première seule, la deuxième avec 30 centimètres cobes de sang artériel fémoral , la troisième avec 20 centimètres eobes de sang veineux, pris comme le précédent sur un chien a jeun. Elles sont introduites dans les flacons A, B, G contenant chacun 150 centimètres cubes d^eau boriquée. Après deux heures de séjour à Tétuve, on essaye le pouvoir peptonisant des liquides de décantation. Leur action protéolytique est très tardive à se faire sentir; on constate les premières traces de digestion : en A, après seize heures d'étuve, en B et C, après ^ogt heures; la digestion n*est pas plus avancée dans le flacon qui contient le sang artériel que dans celui qui renferme le sang veineux.

On voit dans ces deux expériences que le sang artériel se montre tout aussi inactifque le sang veineux. On ne saurait donc attribuer i Toxygène du tissu splénique Faction incontestable des extraits de rate congestionnée sur le proferment pancréatique.

Herzen suppose que ce principe actif, produit d^élaboration de la rate, appartient par sa nature à la classe des ferments solubles. Nous avons soumis cette opinion au contrôle expérimental.

* A. Herzen, Lo9, cit.^ p. 505. •

368 J. OACHBT ZT V; PACHOR.

Exp. IV. — D*une macération riche en proferment (pancréas de dlùen à jeun), on prélève, par décantation, trois échantillons de 50 centimètres cubes chacun.

L*un est introduit dans un flacon A avec 50 centimètres cubes de macération aqueuse de rate congestionnée.

L*autre est versé dans un autre flacon, B, avec 50 centimètres cubes du même extrait de rate. Mais auparavant, ces 50 centimètres cubes ont été portés à Tébullition pendant dix minutes.

I^e troisième est mélangé dans le flacon C avec 50 contimètres cubes d*eau boriquée saturée.

A, B et G sont portés à Têtu ve à 89* avec un cube d*albumine.

Au bout de quati*e heures, A présente des traces de digestion; B etC n*atlaquent d*une façon manifeste Talbumine que douze heures plus tard.

L'expérience est arrêtée vingt-quatre heures après la mise à Tétuve. IjSl digestion est très avancée en A, elle Test beaucoup moins en RetC; les cubes contenus dans ces deux derniers flacons sont sensiblemeDl égaux.

Cette expérience montre Taction de la chaleur sur le principe adit des extraits de rate. Un extrait de rate actif (cas du flacon A) est transformé en un extrait entièrement inactif, puisque son action est comparable à celle de Teau boriquée (cas du flacon C). La température de 1(X)* fait perdre aux macérations aqueuses de rate congestionnée leur pouvoir trypsinogène.

Ëxp. V. — 15 grammes du pancréas d*un chien en digestion, ayant subi la splénectomic depuis quatre jours, soat triturés avec i5 grammes de rate congestionnée.

15 autres gi*ammes du même pancréas sont réduits en purée dans ud mortier avec i5 grammes de la mOme rate, mais ayant bouilli pendant vingt minutes. Ces purées sont mises à macérer sépai*émentdahs 200 centimètres cubes d'eau boriquée. Soit A, la première macération; B, la deuxième. Klles sont laissées à Téluve à 89* pendant deux heures. Au bout de ce temps, on sépare par décantation 50 centimètres cubes de chacune d'elles et on essaie le pouvoir peptonisant du liquide décanté.

Api'ès un séjour de deux heures à Tétuve, le cube de A présente les phénomènes de début de la digestion : de petites villosités apparaissent à sn surface. Dix heures plus tard, on observe le même phénomène sur le cube de B. '

Os infusions, api*ès un séjour de vingt-Kpiatre heures à l'étuve, sont retiives; les dimensions du cube de A sont réduites de 1/3, celles da cube de B ont pei\lu à peine 1/5 de leur longueur.

Dans celte expérience, de même que dans la précédente, l'ébulUtion pendant dix nuuulos a détruit le pi-incipe trypsinogène de la rate congestion nôo.

Kxp. VI. — Dans chuoiiii des flacons A, B, C, on introduit 50 centiniêtros cubes d'une infusion riche eu pi*oferment (chien à jeun).

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