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Gomme dans la plèvre, l'acide carbonique injecté dans le tissu ce! laire est rapidement remplacé par une atmosphère mixte des trois ^ Toutefois, le phénomène suit ici une marche différente.

. L'azote est présent dès les premières minutes, mais en quantité beaucoup plus faible que dans la plèvre. Au fur et à mesure que le séjour se prolonge, le taux de ce gaz s'élève, avec de grandes inégalités suivant les expériences ; et le chiffre de 59 0/0, que nous avons observé, après le délai le plus long que nous ayons, laisse soupçonner que, par un séjour plus prolongé, ce gaz atteindrait une proportion aussi forte que dans la plèvre, aussi forte aussi que celle qu on trouve après les injections d'air.

11 en est de même de Voxygène, Il s'exhale beaucoup moins rapidement que dans la plèvre; le taux en est beaucoup moins élevé après les courts séjours. Mais ce taux arrive, également avec de grandes inégalités suivant les expériences, a s'élever tout autant; et, à un moment où le chitfre de Tazote est encore au-dessous de ceux que Ton observe dans la cavité pleurale ou dans le cas d'injection sous-cutanée d'air, Voxygène peut atteindre des chiffres extrêmement élevés, qui dépassent même le taux de l'oxygène de l'air atmosphérique. Une des plus curieuses particularités, c*est que le taux atteint par ce gaz après ces injections d'acide carbonique dans le tissu cellulaire arrive à être très supérieur à celui qu'il prend dans le mélange après les injections d'air.

De même, le taux de f acide carbonique dans le mélange s'abaisse beaucoup moins vite que dans la plèvre. A cet égard il y a des inégalités très marquées d'une expérience à rautre;mais, dans l'ensemble, c'est un abaissement progressif dans la proportion de ce gaz. Peut-être, si nous avions fait des expériences plus prolongées, aurions-nous constaté un abaissement plus marqué encore, jusqu'au taux observé pour ce gazdans le cas d'injection d'air; mais, même après Ih. 20 m. de séjour, la proportion de l'acide carbonique est bien plus forte qu'après l'injection sous-cutanée d'air, et bien plus forte aussi que celle si remarquablement faible à laquelle tombe rapidement ce gaz lorsqu'il est injecté dans la plèvre.

B. — Interprétation,

I. — A quoi sont dues les modifications qui s'opèrent dans la composition d'une masse gazeuse épanchée dans les tissus? On peut invoquer deux facteurs : la respiration élémentaire du tissu au contact duquel le gaz libre se trouve ; et un échange avec les gaz du sang des capillaires voisins. Nous avons conclu précédemment que, pour un ga/ injecté dans la plèvre, la respiration élémentaire du tissu pleural ne jouait qu'un rôle très eflacé ou même inappréciable, et qu'il fallait évidemment reconnaître comme facteur très prépondérant, sinon unique, des phénomènes qui s'y observent, l'échange avec les gaz des vaisseaux superficiels.

L'ensemble des résultats qui viennent d'être exposés démontre que, dans le tissu cellulaire ainsi que dans le péritoine, c'est également l'échange avec les gaz du sang des capillaires qui joue le rôle principal. En effet, si la respiration élémentaire du tissu était

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le facteur prépondérant, ne devrait-on pas voir, dans le cas d'injection d'air, Tacide carbonique monter dans le mélange gazeux à un taux très élevé, au moins lorsque le séjour se prolonge, bien audessus du chiffre de 8,18 0/0 qui représente le maximum que nous ayons observé pour ce gaz après un délai de 24 heures. Et surtout, le rôle prépondérant de ce iacteur est contredit formellement, de même que pour la plèvre, par les résultats des injections d'acide carbonique : l'exhalation abondante de l'azote, l'exhalation lente, mais graduelle et aboutissant à des chiffres très élevés, de l'oxygène, ne peuvent évidemment s'expliquer que par l'issue de ces gaz du sang des capillaires.

Dès que le gaz est épanché dans les tissus, il subit immédiatement l'influence des gaz du sang des capillaires voisins, ou, pour mieux dire, ces gaz du sang et les gaz libres de l'épanchement s'influencent réciproquement, dans le sens d'une tendance à l'équilibre de tension. Un gaz, dont la tension dans la masse épanchéo est inférieure à celle qu'il a dans le sang, s'exhale de celui-ci ; cette condition est réalisée au maximum pour un gaz absent dans l'épanchement (acide carbonique dans le cas d'injection d'air ; oxygène et azote dans le cas d'injection d'acide carbonique). Inversement, un gaz, qui se trouve, libre dans le tissu, à une tensioii plus forte que da^ns le sang, doit s'absorber, et d'autant plus activement que l'excès de tension est plus grand, condition réalisée au ifiaximum pour un gaz injecté à l'état de pureté (injection d'acide carbonique).

Toutefois, il ne saurait être question de refuser toute influence à la respiration élémentaire des tissus, laquelle doit contribuer à absorber de l'oxygène et à exhaler de l'acide carbonique. Vraisemblablement, c'est par l'influence de ce facteur qu'il faut expliquer certains détails de nos résultats, notamment les chiffres faibles auxquels s'abaisse la proportion de l'oxygène dans certains cas. C'est particulièrement lorsque l'air a séjourné longtemps [2i h.), que l'oxygène s'abaisse beaucoup ; or, à ce moment la masse gazeuse est extrêmement réduite, de plus elle est très diffusée et en contact intime avec les tissus : on s'explique très bien que, dans ces conditions, l'influence de la respiration élémentaire s'accentue. Dans les cas où, par exception nous trouvons l'oxygène tombé à un taux très faible après un court délai, il nous parait légitime de l'attribuer à ce que les conditions, de l'expérience (quantité du gaz injecté, degré de la diffusion) favorisent le contact avec le tissu et accentuent l'influence de la respiration élémentaire par rapport à celle des gaz du sang. La diversité observée dans le phénomène à cet égard, c'est-à-dire en ce qui concerne l'absorption d'oxygène dans le cas d'injection d'air, peut s'expliquer par la manière variable dont se combinent

;es deux facteurs ; il nous parait plus juste de comprendre ainsi la rariabilité du chiffre de Toxygène que d'invoquer pour cela des variations (qu'il faudrait supposer considérables) dans la tension de foxygène du sang.

IL — Chemin faisant, nous avons noié un certain nombre de diflérences entre les modifications qui s'opèrent dans les épanchements gazeux, suivant qu'ils siègent dans la plèvre, dans le péritoine ou dans le tissu cellulaire sous-cutané, différences qu'il est bon de faire ressortir ici pour chercher à les interpréter.

Dans le cas d'injection d'air, nous n'avons pas relevé de différences sensibles pour l'exhalation d'acide carbonique, dont la quantité centésimale devient sensiblement égale dans les épanchements pleuraux, sous^cutanés, et péritonéaux, n'atteignant jamais des chiffres très élevés, méçie après un séjour prolongé. Mais il n'en est pas de même pour l'oxygène. Nous avons vu que l'abaissement de la proportion de ce gaz est plus irrégulière dans le tissu cellulaire, et arrive à tomber, après les séjours prolongés dans ce tissu ou dans le péritoine, parfois même après un court séjour dans le tissu cellu- I laire, à des chiffres très bas, qui n'ont jamais été observés dans la i plèvre. Cela nous parait indiquer que, dans le péritoine et surtout [ dans le tissu cellulaire, le facteur « respiration élémentaire du tissu » i lift plus subir son influence sur l'épanchement gazeux que dans la [ plc?ïe.

[ Dans le cas d'injection d'acide carbonique^ les difl'érences sont beaucoup frflis accentuées; elles se révèlent tant à l'égard de l'exhalation de Toxygène et de l'azote qu'en ce qui concerne Tabsorption de l'acide carbonique.

L'exhalation de l'oxygène et de l'azote est moins active, c'est-àdire que l'élévation de leur proportion est moins rapide que dans la plèvre. Pour expliquer cette différence, on pourrait invoquer pour liQe certaine part une condition dont nous avons discuté l'influence dans notre précédent mémoire, à savoir le voisinage de l'atmosphère des alvéoles superficielles, capable peut-être de maintenir uniforme la tension des gaz du sang des capillaires voisins, en lui restituant promptement ce qu'il perd d'autre part* ; mais, en ce qui concerne da moins l'oxygène, nous pensons qu'il faut surtout invoquer, comme nous venons de le faire pour expliquer l'abaissement profond du chiffre de l'oxygène dans le cas d'injection d'air, une part plus

* Od pourrait aussi invoquer la richesse du réseau vasculaire sous la plèvre pulmonaire; mais, par contre, dans le tissu cellulaire, le contact avec le tissu est piaa intime, la surface de contact proportionnellement plus grande.

grande prise dans le phénomène par la respiration élémentaire des tissus que cela n'a lieu dans la plèvre *.

L'autre différence très frappante, dans le cas d'injection d'acide carbonique, consiste en ce fait que la proportion de ce gaz s'abaisse beaucoup plus lentement dans le tissu sous-cutané que dans la plèvre. Il y a peu de chance pour que cette différence soit due à l'inégalité dans la richesse du réseau vasculaire ou dans Tactivité de la circulation locale. Nous ne pensons pas non plus qu'on puisse, pour l'expliquer, supposer à l'acide carbonique une tension plus forte dans les capillaires généraux que dans les capillaires pleuraux ou pulmonaires ; car, pour la part combinée tout au moins, dont la tension est commandée par la température, il n'y a pas assez de différence de température entre la plèvre et le tissu sous-cutané pour déterminer une diflérence notable de tension. Nous sommes plutôt portés à invoquer encore ici une part plus grande prise dans le phénomène par la respiration locale, qui, en exhalant l'acide carbonique, contrebalancerait l'absorption par le sang, de même que, en sens inverse, elle contrebalancerait Texhalation de l'oxygène *.

Somme toute, de ce rapprochement des résultats suivant le tissu, nous concluons que, si, dans tous les cas, c'est l'échange avec les gaz du sang qui prédomine et commande surtout les phénomènes, la respiration élémentaire, d'influence très restreinte pour les épanchements intra-pleuraux, joue un rôle beaucoup plus important dans le cas d'épanchement intra-péritonéal et surtout d'épanchement interstitiel.

m. — Puisque les modifications qui s'opèrent dans une masse gazeuse épanchée dans le tissu cellulaire sont régies au fond pçir des phénomènes d'équilibre de tension, on pouvait supposer que, quelque fût le point de départ, qu'il s'agît d'air ou d'acide carbonique, réchange aboutirait à un mélange d'une composition toujours à peu près analogue. Or, à ce point de vue, une certaine discordance se révèle entre les épanchements d'air et ceux d'acide carbonique.

Nous avons vu que l'oxygène s'abaisse toujours, dans le cas d'in-

. * Nous avons vu aussi que l'oxygène, tout en s'élevant moins rapidement lorsque l'injection d'acide carbonique est faite dans le tissu sous-cutané, y arrive à des chiffres très élevés que nous n'avons jamais constatés dans le cas d'injeC' tion du même gaz dans la plèvre. Mais ces taux très élevés ne sont atteints ps** l'oxygène dans le tissu cellulaire que dans le cas de séjour relativement prolonj^^ que nous n'avons pas réalisé dans nos expériences sur la plèvre.

• Nous avons montré dans notre précédent mémoire qu'on no pourrait prob^*" blemenl pas invoquer des échanges osmotiques entre les gaz intra-alvéolairesd*^ poumon et les gaz intra-pleuraux, pour expliquer la disparition presque complet^ et extrêmement rapide de l'acide carbonique injecté dans la plèvre.

Tair, au-dessous de sa proportion dans Tair atmosphérique, ^ut tomber à des chiffres très faibles. En opposition avec •«t, dans le cas d'injection d*acide carbonique, Toxygène à des taux élevés qui arrivent à dépasser sa proportion dans osphérique. Faut-il donc penser que, dans ce dernier cas, la on élémentaire du tissu fait moins sentir son influence sur e? Mais pourquoi? Nous posons la question sans la résoudre, nandant si l'on ne pourrait pas supposer, pour le cas d'épand'acide carbonique, une influence suspensive de ce gaz sur on locale des éléments.

nière vue, il semble y avoir discordance aussi en ce qui i l'azote et Tacide carbonique. Les chiffres qui représentent rtion de l'azote dans le mélange, après injection d'acide ue, n'ont jamais été aussi élevés qu'à la suite des injections ., pour l'acide carbonique, les chiffres les plus faibles aux- As l'avons vu descendre dans le mélange, lorsqu'il est injecté t supérieurs aux chiffres les plus forts observés à la suite étions d'air. Mais il faut remarquer qu'aucune , de nos expéi'injections d'acide carbonique n'a été très prolongée; et, m voit la proportion de l'azote s'élever graduellement avec de Texpérience, et de même le taux de l'acide carbonique r d'autant plus que le séjour du gaz a été plus prolongé, >rouve que cette discordance ne serait pas supprimée et que ge gazeux ne se rapprocherait pas bien davantage, en ce qui ï ces deux gaz, de ce qu'on peut observer dans les injections les expériences d'injection d'acide carbonique étaient plus es.

Puisque nous faisons jouer . le rôle prépondérant à un avec les gaz du sang, commandé lui-même par une tendance bre de tension, nos résultats ne sont-ils pas susceptibles de [uelque enseignement (le chiffre centésimal d'un gaz dans le représentant à' peu de chose près sa tension en centièmes )hère) sur la question de la tension de l'oxygène et de arbonique dans le sang? On sait que cette question est rsée, et que notamment les expériences de Ch. Bohr lui admettre pour l'acide carbonique une tension très faible, dessous de celle qu'avaient indiquée Pfliiger et ses élèves, et cygène une tension forte (17 à 18/100" d'atmos.), bien supécelle qui paraissait ressortir des expériences de P. Bert et îol donnée les déterminations de Pfliiger, d'où l'auteur conclut échanges gazeux dans la respiration pulmonaire, aussi bien xygène que pour l'acide carbonique, doivent être attribués à

des conditions plus complexes (fonctions glandulaires du poumoD) que de simples diUérences de tension.

Il est certain que nos expériences ne donnent pas sur cette question d*enseignement direct ni absolu, puisque le facteur n'est pas unique et que rechange avec le sang se complique, plus ou moins suivant les cas et dans une proportion impossible à apprécier pour le moment, d'un échange dû à la respiration élémentaire du tissu.

En ce qui concerne Tacide carbonique en particulier, il nous paraît même impossible de tirer une conclusion quelconque : le chiffre de 16 0/0, minimum auquel est tombé ce gaz lorsqu'il a été injecté pur, et les chiffres de 7 à 8 0/0 auxquels il s'est élevé après les injections d'air, représentent une tension encore supérieure, non-seulement à celle qu'indique Ch. Bohr (2 à 3 millim.), mais aussi aux chiffres de Pfliiger (2 à 5/iOO*' d'atm.) ; il est donc certain que ce gaz est maintenu dans répanchement à une tension supérieure à sa tension dans le sang par la respiration élémentaire, et il est impossible de dire dans quelle proportion s'exerce cette influence.

Mais, en ce qui concerne l'oxygène, nous sommes frappés par les proportions élevées (une fois 23,7 0/0, une autre fois 25 0/0) qu'il peut atteindre dans le cas d'mjection d'acide carbonique. Les chiffres faibles, dus sans doute à ce que l'influence de la respiration élémentaire, dans des proportions variables suivant les cas, maintient le gaz à une tension inférieure à celle qu'il a dans le sang, n'enlèvent pas leur signiflcation aux chiffres forts. Il nous parait bien difficile d'expliquer ces derniers avec les données classiques qui ont eu cours sur la tension de l'oxygène du sang, d'après P. Bert et Pfliiger, tandis que ces faits seraient tout à fait en harmonie avec les résultats de Gh. Bohr et avec sa thèse sur le mécanisme de l'hématose, thèse à laquelle on pourrait peut-être les considérer comme apportant un certain appoint.

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