II. — Glassipicatior
Les parasites du cancer appartiennent à la classe
des sporoMoaires.
Généralités sur les sporozoaires, — Des sporozoaires bien déterminés peuvent produire chez les animaux où ils vivent en saprophytes des lésions chroniques disséminées, une infection aiguë ou bien la formation de tumeurs véritables, dans le foie, le rein, l£ maxillaire inférieur, le tissu cellulaire sous-cutané. La ressemblance qui existe entre les parasites de ces animaux et ceux des tumeurs humaines devaient nous amener à penser que les parasites du cancer pouvaient entrer dans la classe des F.porozoaires.
Les sporozoaires se divisent actuellement en myxosporidies,g)'ninosporidies, grégarines et coccidies. Mais il devient de plus en plus évident que les gymnosporidies sont des coccidies dont on ne coanait pas la forme enkystée et que la distinction entre les coccidies et les grégarines tient uniquement à Texistence, chez ces dernières, d'un stade adulte segmenté ou non, doué de mobilité, argument (pu a une bien moindre portée, si Ton considère que les grégarines peuvent évoluer sans passer par ce stade adulte (formes cœlomiques). La variété des cycles évolutifs pour un même sporozoaire rend d'ailleurs presque impossible, à Theure actuelle, une différanciation complète et crée des obstacles insurmontables de classification.
PAHASrTBS DU CANCBH. 469
Je ne piiis faire ici uiie étude cOmplèle de ces divers groupes de aporozoaires ; je me bornerai à indiquer la ressemblance qui existe entre certains d'entre eux et les parasites du cancer au point de vue de leur morphologie, de leur vie dans les cellules, de leur structure et de leur évolution.
») Morphologie. — Nous irouvotis chez les aporozouires les mêmes lïpes principaux que nous avons décnls ])Our les parasites du cancer. Nous avons trouvé Jans la coccidiose aiguë des jeunes lapins qui peut afTccler une forme épithéliomutcusu, des formais microbiennes et dea granulations intracellulaires entourées d'une légère zone hyaline (Pl. VI, %■ 4 b); les Termes cellulaires simples et complexes sont bien connues, de mcme que les formes enkj'stées à spores volumineuses et o microspores; ces Termes peuvent lître rapprockées et certaines sont idenlîquos i celloB que nous avons trouvées dans le cancer. Les formes eellulsires renferatent des divisions multiples du noynu el les formes à morula ont élé bien décrites pour G. oviformc (Fig. 2 s, A, c, rf) et récemment Simond a décrit uno forme ciliée (à micromerozoltes ou chromalozolles) (^'9- i 9 ô J) dont nous avons trouvé un exemple dans un cancer à poussée aiguë. Dans un snrcome de lorbilei nous avons décrit des formes aarcodiques volumineuses, renfermant des spores et qui peuvent î'ire rapprochées des masses sercodiques nucléées et sporulées des myxosporjdies.
b) Coloration. — I,es formes de même type prises chez les animaux ou dans le cancer humain ont les mêmes afllnilés pour les matières coloi^ntcs, dans chacune de leui-s parties, et se différencient de la même
Coccidium ovironnu.
colora avec une moins prend avec intensité et
TaçoB lies éléments cellulaires. La zone hjnlin prande facilité, tandis que la partie iali'uhyalj ijeclion les couleurs acides et basiques. c) Structure. — On retrouve dans les sporozoaires saproiihyle; AncH. m PHTS., !i* sûatR — X. ;11
masse hyaline qui entoufe les formes parasitaires non enkystées da cancer (Fig. i a k j); il 8*agi( là d*iin ectoplasme hyalin qui, dans les myxosporidies, peut prendre un très grand développement. II peut se présenter de fines stries radiées, bien étudiées par Théiohan qui les différencie, comme nous Tavons fait pour les parasites du cancer, des plissements et des altérations dus aux réactifs. Nous avons vu chez C oviforme que, comme pour les parasites du cancer, la zone hyaline servait à la formation des parois du kyste {Fig. â, ^, /;, /; comparera Pl. VI, fig, 22 (/, d). Pour ce qui est de la structure des formes de petite taille, des kystes et des spores, il nous faudrait répéter ce que nous avons dit à propos des formes similaires du cancer, y compris les fines granulations auxquelles Théiohan avait donné le nom de granulaiim plastiques (comparer Fig, 1 et 3).
Fig. 2. — Types d'évolution asporulée de coccidium oviforme.
d) Cycles évolutifs, — Nous avons pu arriver à mettre en évidence la ressemblance qui existe entre les cycles évolutifs de plusieurs par»' sites du cancer et de plusieurs espèces de sporozoaires. Nous noas limiterons ici à un seul exemple, mais particulièrement frappant. Ain^i> G. oviforme et G. salamandrœ présentent chacun plusieura cycles évolutifs, intraprotoplasmiques pour Tun, inlra nucléaires pour l'autre. •' existe un cycle sporulé à grosses spores (tétrasporé) renfeimant deux sporozoïtes (corps en croissant) et une masse de i^liquat (Fig. 1); ^" cycle asporulé à mérozoïtes (morula à gros éléments) {Fig, 2 a à f) e^ * micromérozoïtes (morula à très petits éléments) ; un processus de repfO" duction par chromatozoïtes {Fig, % g k j) et enfin par division directe. La comparaison entre ces cycles évolutifs de G. oviforme ou G. salamandrœ et ceux du i)arasite d'un cancer du sein dont nous avons déjà parlé, montre que les figures sont superposables, en particulier poar ce qui concerne le cycle sporulé à grosses spores, le cycle à morulas et la division directe (comparer Fig, 1, 2 et 3).
On trouve donc chez les sporozoaires les mêmes cycles évolutifs que pour les parasites du cancer et en outre, dans les deux cas, le di morpbisioe évolutif est des plus précis. Les figures 1 et 2 représentent les trois cycles de G. oviforme, et la figure 3, les trois cycles du parasite d'une même tumeur.
0) Un autre point de ressemblance est encore à signaler : à mesure que la vie des sporozoaires devient plus endogène, les formes enkystées
3ndent à disparaître ou à devenir plus fragiles et le processus de reprouction se fait surtout suivant des cycles asporulés. Or chez les animaux omme chez Thomme, cette prédominance des cycles asporulés et surtout lu processus de division directe (formes microbiennes) correspond à me marche plus aiguë de la maladie : coccidiose aiguë des jeunes apins, cancers à marche rapide ou à poussées aiguës.
Fig. 3. — Cycles évolutifs d*un même parasite d'une tumeur humaine.
/) Il est possible de déterminer ïespèce de sporozoaires qui vit en parasite dans certains cancers, — Cette détermination est rendue très diflicile par la multi[)licité des cycles évolutifs d'un même parasite dans la tumeur et par la ressemblance des cycles asporulés des divers parasites. Cependûint, les coccidies rencontrées dans le cas de Gubler ressemblaient beauooup à C. oviforme; dans les cas de Sattler, Silcock, Hadden, ta ressemblance était frappante et plus encore dans le cas récent ^e Bland Sutton. Dans une observation pereonnelle (Pl.VI, fig. 9, 10, 11), les kystes et les spores se rapprochaient beaucoup de ceux de G. ovifonne. Des coccidies à type d*Eimeria ont été trouvées dans les tumeure humaines par Virchow, Severi. Nous avons trouvé, dans des cancers, des formes comparables aux formes enkystées polysporées de la gré - ^rine de Pimélia.
De rensemble de ces faits, il nous est permis de penser qu*il
existe dans les cancers, et en particulier dans le protoplasma des
cellules néoplasiques, des parasites qui s'y reproduisent suivant
des cycles évolutifs variés, dont on peut suivre révolution sur des
milieux artificiels et qui appartiennent à la classe des Sporozoaires*
(Voir a la fin du 2* mémoire Texplication des planches V et VI).