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DES CELLULES NERVEUSES MEDULLAIRES

DANS LE TÉTANOS EXPERIMENTAL Par MM. J. COURMONT, M. DOYON et PAVIOT

Le tétanos, spontané ou expérimental, s*accoinpagne-l-il(lelésioa> nerveuses pathoffDomoniques ? La contracture tétanique est-elle ùtlalement la résultante d'un trouble anatomique spécial des cellul» nerveuses ? La question est de la dernière importance. Le lerap> nécessaire à la production de cette lésion expliquerait peul-élre rincubation si remarquable qui sépare fatalement rinjection d'une dose, même colossale, de toxine tétanique et l'apparition des contractures, incubation sur laquelle nous avons beaucoup insisté dans nos travaux sur la pathogénie du tétanos.

Nous ne citerons que pour mémoire les publications anciennes de Joffroy, Poncet, Pitres et Vaillard, Achard, etc., ayant surtout trait» la recherche de névrites périphériques. Les centres avaient été jugés indemnes jusqu'à la découverte des récentes méthodes de coloration des cellules nerveuses (Nissl, etc.).

Le premier, en 1894, Beck *, employant la méthode de Nissl. voit, sur des lapins et des cobayes tétaniques, des altérations des cellules nerveuses consistant en une vacuoHsation avec gonflement homogène. Ces lésions progresseraient encore après la mort de l'animal.

Nissl *, en 1895, parle brièvement sans les décrire des lésions cellulaires trouvées autrefois par lui dans des moelles de tétaniques.

* Beck, Neurologischcs Ccntralhlatt, idQï, p. 9J0. ■ Nissl, Ccniralblait fur NorycnkoilkuDde, 1895.

C'est Marinesco qui a le plus contribué à attirer Tattention sur les lésions fines observées dans les centres nerveux des animaux rendus expérimentalement tétaniques, dans une série de mémoires * publiés en son nom seul ou avec la collaboration dé Chantemesse. Les recherches de cet auteur ont porté sur des moelles de cobayes rendus tétaniques par une injection de toxine. Certains de ces animaux avaient reçu en même temps ou postérieurement du sérum antitétanique. Les uns sont morts, d'autres ont été sacrifiés plus ou moins tardivement, en plein tétanos ou même après guérisou, au 45* jour. La méthode de coloration de Nissl a été exclusivement employée par l'auteur. Pour voir les lésions décrites, il serait nécessaire de sacrifier les animaux et tle fixer leur moelle immédiatement; les centres de cobayes morts spontanément ne présenteraient pas d'altérations appréciables. Disons cependant tout do suite que, dans son mémoire de 1898, Marinesco décritles lésions cellulaires de deux cobayes morts aux 3" et 5« jour de leur tétanos. Dans tousces cas, les grandes cellules des cornes antérieures de la moelle présenteraient des lésions caractéristiques « que je n'ai retrouvées dans aucune autre intoxication », dit l'auteur. Ces lésions consisteraient essentiellement en hémorragies dilïuses dans les cornes antérieures et en modifications cellulaires. Une partie de la cellule, du côté du cyiindre-axe, serait opaque^ les éléments chromatophiles étant devenus invisibles. Le noyau situé dans la partie claire de la cellule serait yoiamineux et mal délimité; le cylindre-axe granuleux eX tï*ès <ioloré ; les prolongements protoplasmiques granuleux avec des pointes épineuses. Parfois la cellule fout entière serait transformée en bloc homogène. Chez deux cobayes sacrifiés trois jours après une injection d'un mélange de toxine et de sérum et qui «'avaient présenté aucun symptôme, Marinesco note cependant une anipliation du corps cellulaire avec noyau volumineux et difliision péiinucléaire.

La conclusion très ferme de l'auteur est que la contracture tétanique est le résultat des lésions précédentes, absolument constantes €t spéciales au tétanos, produites par une combinaison de la toxine Utanique avec le cytoplasma du neurone. Ainsi s'explique Tincuballon fatale de l'intoxication tétanique.

Nissl * est revenu sur les lésions observées dans les cellules des tétaniques. Le noyau subirait des modifications comparables à celles qu'on observe dans une foule de cas : ligature de l'aorte, dénu-

• Marinesco, Soc. do bioL^ 4 juillet 1896 et 27 juillet 1897; Presse médicale, 1897; Congrès de Moscou, 1897. — Marinesco et Chantemesse, Presse médi- 4iâle, 1898.

* Nissl, cité par Flatau, Fortschrift dcr Medicin, 1897, p. 291.

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