‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 198 sur 269 · DUERIKR ET A. TH0HA · texte numérisé non relu

DUERIKR ET A. TH0HA

t'ig. a. — 1" cervicale.

Fig. 4. — 3* cervicale.

Fig. 6. — 4" cervicale.

Fig. 7, — 1" dorcale.

Fig. 8. — 0* dorsale.

HÉMIPARAPLÉGIE AVEC ANEâTHÉSIE GHOISÉE. 601

Nous nous trouvons donc ici en présence d'une lésion unilatérale la moelle ayant déterminé des troubles fonctionnels du mémo r^ et du côté opposé, c'est-à-dire paralysie avec hyperesthébie du ^ de la lésion, hémianesthésie avec dissociation syringomyéliquo côté opposé. On nous objectera p'eut^tre que, dans les dernières oaines, la paralysie des membres inférieurs était totale; nous ons remarquer cependant qu'elle fut assez longtemps unilatérale ; illeurs Thyperesthésie directe et Tanesthésie croisée se sont mainmes jusqu'à la fin, et n'est-ce pas là ce qu'il y a de plus intérestt dans le syndrome de Brown-Séquard, cô qui a soulevé le plus discussions et d'interprétations ? Nous relevons doilc dans notre nervation les particularités suivantes ; cliniquement : '. le syndrômu Brown-Séquard, la dissociation syringomyéliquo» Toriglne syphiique ; anatomiquement : la dégénérescence du faisceau cérébelleux Pect et du faisceau de Gowers, l'intégrité des faisceaux poâté- 3urs.

Phénomènes directs. — L'hyperesthésie peut se manifester suiint différents modes; le plus commun est l'exagération de la douar causée par la simple piqûre, par une température supérieur*? L inférieure de quelques degrés à celle du corps, ou bien hi rception d'une température plus basse ou plus élevée que celle l'objet mis en contact avec la peau, suivant que l'objet est froid chaud ; ou bien encore la production d'une sensation douloureuse r un simple contact. L'hyperesthésie dans ces différents cas est e hyperesthésie quantitative, mais elle peut être aussi qualitative; ns ce cas, les deux pointes du compas de Weber sont perçues h e distance moindre que chez un sujet normal (Brown-Séquard», il est assez curieux de constater qu'une lésion médullaire est pable de rendre la sensibilité plus exquise. L'état de dépressioa as lequel se trouvait notre malade ne nous a malheureusemeiit a permis d'étudier de nouveau ce phénomène.

Dans la plupart des observations, il semble y avoir un rapport •re les limites de l'hyperesthésie et le siège de la lésion ; non souvent l'hyperesthésie occupe toutes les régions dont les nerfs se minent dans la moelle au-dessous de la lésion, mais elle remonte léralement un peu plus haut, sa limite est supérieure à celle (le lesthésie et c'est ce que nous avons observé sur notre malade. On ^marqué aussi, dans un assez grand, nombre d'observations, qu'il ste au-dessus de l'hyperesthésie, une mince bande d'anesthésie, 8 une nouvelle bande d'hyperesthésie très étroite; il ne nous a été possible de vérifier le fait dans notre cas, bien que nous ons fréquemment recherché; d'ailleurs il est loin d'être constant

602 J. DEJBRINE ET A. THOMAS.

et son absence est signalée par des observateurs qui l'avaleot ncherché attentivement. Il est possible qu'il soit plus fréquemmesî observé après une hémisection nette de la moelle» après un coup de couteau par exemple, qu*à la suite d* une lésion diffuse ou irrégulièrement distribuée; les limites de Thyperesthésie ne sontpastoujott^ superposables à celles de la lésion et il a été constaté diniquemeoi ce qui a été du reste vérifié expérimentalement, à savoir que Thyperesthésie peut s'étendre très haut au-dessus de la lésion ; d'autn* part, dans quelques observations, Thyperesthésie n'occupait pas Uwl le membre inférieur, mais seulement un segment de ce membre.

L'hyperesthésie est souvent élective, en ce sens qu'elle est beaocoup plus intense pour les sensibilités thermiques; chez noin malade, Thyperesthésie au froid était notablement plus vive que pour les autres modes de la sensibilité.

L*hyperesthésie a peu tenté la sagacité des cliniciens, qui se sodI surtout occupés d'expliquer Tanesthésie croisée; Brown-Séquani rexpliquait par une exaltation de Texcitabilité en arrière de la section, causée par la section de la moelle. Vulpian, au contraire, a souligné son importance dans l'explication du syndrome etdel'ane^ thésie croisée.

C'est à cette excitabilité de la moelle qu'il faudrait attribuer l'eiagération du réflexe rotulien d'après Brown-Séquard ; elle est due, pour d'autres auteurs, à la dégénérescence secondaire du faisceau pyramidal.

Remarquons en passant que, malgré le niveau élevé de la lésion dans la région dorsale, la trépidation spinale n'a pu être provoquée.

Nous ferons remarquer que non seulement notre malade présentait de rhyperesthésie du membre inférieur gauche, mais que cr membre était encore le siège de douleurs spontanées extrêmement vives ; de plus, la malade éprouvait une sensation de constriction violente autour de la ceinture, plus intense du cété gauche, ce sont là des symptômes déjà signalés par Brown-Séquard ; Vulpian" leur accordait une certaine valeur diagnostique; d'après lui, il n'y > pas de douleurs spontanées dans les parties hyperesthésiées, tant qu'une complication méningomyélitique ne vient pas modifier les symptômes.

Le sens musculaire n'a pas été examiné, à cause des vives douleurs occasionnées par les mouvements passifs imprimés aux meiD' bres ; rappelons qu'il est généralement très altéré du côté hyperesthésié.

Nous n'avons saisi aucune difTérence nette dans la coloration des

Art. MoBLLB, Dict, eneycl. des se. méd.

HÉMIPAHAPLEGIE AVEC ANESTHÉSIE CHOISÉE. 603

téguments, entre les deux côtés, mais un examen comparé des tem • pératures locales n'a pas été fait ; certains auteurs ont signalé, en effet, une paralysie vaso-motrice du côté hyperesthésié.

Phénomènes croisés. Anestbésie. — Dans les cas les plus complets de syndrome de Brown-Séquard, Tanesthésie est totale pour les diiïërents modes de la sensibilité : sensibilité douloureuse, sensibilité tactile, sensibilité thermique; la sensibilité à la pression peut même être très altérée. Le sens musculaire est intact. A Tanesthésie est superposée une mince bande d*hyperesthésie ; mais celle-ci ne remonte pas aussi haut que celle du côté de la lésion.

Chez notre malade, il n'existait pas de zone d'hyperesthésie audessus de la zone d'anesthésie ; les troubles de la sensibilité remontaient plus haut du côté de la lésion que du côté opposé. La limite de l'anesthésie était sensiblement en rapport avec le siège de la lésion, et c'est le fait le plus fréquemment constaté, mais c'est une règle qui supporte de nombreuses exceptions ; dans un travail récent sur le syndrome de Brown-Séquard, le professeur Raymond* a cité un certain nombre d'observations dans lesquelles les troubles sensilivo-moteurs ne correspondent pas au siège de la lésion.

Dissociation syringomyélique. — Le plus souvent, l'anesthésie n'est pas aussi absolue, elle n'atteint que les sensibilités thermique et douloureuse et respecte la sensibilité tactile, comme chez notre malade; il existe alors une véritable dissociation syringomyélique ; on la retrouve très explicitement décrite dans des observations déjà anciennes, citées par Brown-Séquard, telle l'observation de Viguès. L'anesthésie est quelquefois dissociée suivant un mode différent : il y a une altération très marquée de la sensibilité thermique (chaud et froid) avec intégrité relative de la sensibilité tactile et de la sensibilité douloureuse.

Dans d'autres cas, on a signalé la diminution de la sensibilité thermique avec ralentissement de la transmission (Voy. obs. de Bazire, citée par Brown-Séquard, Journal de la Phys., 1863). Certains auteurs, et particulièrement MM. Brissaud, Raymond, insistent sur la dissociation de la sensibilité dans le syndrome de Brown-Séquard d'origine syphilitique, et notre observation semble leur donner raison. Mais une syringomyélie unilatérale ne pourrait- elle pas produire un syndrome de Brown-Séquard avec dissociation syringomyélique? MM. Raymond et Brissaud ont répondu affirmativement : pour le premier, une syringomyélie unilatérale peut déterminer soit une dissociation syringomyélique homologue, soit un syndrome de Brown- Séquard.

* Sur un cas d*hémiseclion traumatique de la moelle (/cow. Je la Salp.^ 1897).

604 i. DHKRIHB IT *

M. Bris3aud< admet qu'une sjrria^myélie uoilatérale petit déterminer Boit une Ihennoanalgésie directe, soit une thermouialgèi^ directe associée à une thermoanalgésie croisée. Dans le premierK la lésion serait limitée à la corne postérieure ; dans le second, éit se serait étendue de dedans en dehors sur les cordons liténiu (laisceau de Gowers); ces cordons transmettraient, d'après M. Bnr satid, les impressions thermiques et douloureuses du c6\é appoir du corps. A l'appui de sa théorie, M. Drissaud cite une obsenstion avec autopsie de MM. Dejerioe et Sottas* que nous pouvais résumer de la façon suivante :

Fig. 10. Fig. 11.

ijcbénia de. la eensibililé dans le cas de ByrioSomyélie uaitoli'rale

do Uijerinc ol SoUas.

ëonsibililé tactile partout Dormalc. Sensibilité douloureuse et thermique ili^

dana lea régions tonciea. Scnsibililâ tbei-roique Idgéremcnl dimiauér iiJ^^

régions plus cblres. Sensibilité doaloureuto intacte dans l«s mSmes ■^p"^

.\trophie musculaire portant sur la main droite, l'avant-bras et le >"- <;ops bracliiol. Mouvements des doigts 1res limita ou abolis, k droil^' Hexion faible de la main sur le poignet et de l'avant-bras sur le bns-

' Le double ayndrâme de tirown-i^équard dans la srpbjlls spinale (Pwj'*' médical, 1897).

■ J. Dejerine et M. SorTAï. Sur un cas de siringomyélieunilatéraleelid^' tardir suivi d'aulopsie (Hoc. de biol., 18^, p. 716). Dans ce IriTail, p>' ~"" d'une erreur de cUcbage, les deseinH ont étc reproduits en sens inrerac.

Page 1