‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 200 sur 269 · QUELQUES REMARQUES · texte numérisé non relu

QUELQUES REMARQUES

RELATIVES AU MÉMOIRE DE MM. A. RODET Et J. NICOL.VS:

Recherches expérimentales sur les modiflcations snbief pir une masse gazeuse injectée dans les tissas » ;

Par le D' B. WERIQO Professeur de physiologie à runlversité d*OdosM.

Dans le numéro 1 de la présente année de ces Archives a pim un Iravail intéressant de MM. A. Kodet et J. Nicolas, dans lequel ces auteurs ont établi qu'après Tinjection d*acide carbonique sous la peau, chezdes chiens, la niasse gazeuse subit des modifications iinportantes et que le taux de Toxygène exli^lé du sang des tissus ambiants s*élève souvent à des chifTres (|ui dépassent le taux de Toxygène dans Tair atmosphérique. Ce résultat parait être de ^nm abord tout à fait paradoxal et les auteurs ne font que le signaler sans en donner une explication suntsanle.

Il me semble cependant que ce résultat peut être très bien expliqué et même pourrait être prévu d'après les faits que j'avais irouvfe il y a déjà six ans et que j'avais relatés dans un article publié en allemand [Zur Frage iiber die Wirkung des Sauerstoffs auf die Kohlcosaureausscheidung in den Lungen (Arcb. /. rf. ges. PhysioL^ Bd U, 1892)]. Évidemment cet article a échappé aux auteurs. C'est poar* quoi je me permets, en y attirant leur atleoUon, de mentionner ici quelques résultats que j'ai alors obtenus.

Il est connu que les recherches de M. Ch. Bohr ont établi c^ W important que la tension de l'acide carbonique dans l'air expiré peol être plus considérable que la tension de ce gaz dans le sang, d'où cet auteur a conclu que les échanges gazeux dans les poumons ne peuvent être expliqués par une simple diiîusion, mais qu'il est aécefr

SUli LES INJECTIONS DE GAZ DANS LES TISSUS. 611

ire d'admettre une fonction sécrétoire spéciale des poumons qui sià^issent ici comme une véritable glande.

En me fondant sur le fait que Tacide carbonique se combine avec

l*liémoglobine, fait établi également par M. Cli. Bobr, je croyais

^vi^ii était possible d'expliquer les résultats de M. Bobr sans avoir

Recours à une fonction hypothétique glandulaire des poumons. On

ï>ourrait parfaitement admettre que Toxygène, en se combinant dans

^^s poumons avec Thémoglobine, chasse en partie Tacide carbonique

^^ sa combinaison avec la même substance, et, en élevant ainsi

f^^ssagèrement la tension de cet acide dans le sang, contribue à son

excrétion dans Tair alvéolaire.

Pour aborder cette question expérimentalement, j'ai construit une

^^^nule spéciale qui me permettait d'isoler complètement les deux

l^oumons, de sorte que chacun d'eux communiquait au dehors par

^-*n tube spécial. En reliant ces tubes avec deux réservoirs, dont

** un était rempli d'oxygène et l'autre d'hydrogène, je laissais ainsi

'*€inimal (le lapin) respirer simultanément ces deux gaz, Tun des

t>oumons respirant l'oxygène et l'autre l'hydrogène. En enlevant

ensuite simultanément le contenu de chaque poumon et en analysant

los portions de gaz ainsi obtenues, j'ai trouvé que le pourcentage

4e l'acide carbonique était toujours plus considérable dans le pou-

ïïion qui respirait l'oxygène.

Ainsi l'influence de l'oxygène absorbé dans les poumons sur (^exhalation de l'acide carbonique était démontrée expériinenlû leinent et il était devenu possible de concilier les résultats de M. Cli. Bohr avec la théorie classique de la respiration qui prétend que les Changes gazeux se produisent exclusivement par diiîusion.

Si l'oxygène peut ainsi chasser Tacide carbonique de sa combinaison avec l'hémoglobine, il est très probable que l'acide carbonique doit aussi chasser l'oxygène de cette combinaison, c'est-à-dire que l'influence expulsive de ces deux gaz est réciproque. En me fondant sur cette conception, j'ai émis une hypothèse qui devait expliquer la régulation des échanges gazeux dans la profondeur des tissus et notamment le fait que la quantité d'oxygène que reçoit chaque tissu est en relation directe avec l'activité de ce tissu.

La production de l'acide carbonique étant une conséquence nécessaire de l'activité de chaque tissu, nous pouvons facilement comprendre que cet acide, en se diffusant dans le sang des vaisseaux capillaires voisins, doit chasser de ce sang une quantité correspondante de l'oxygène qui, devenu libre, doit se diriger du sang vers le tissu. Il est aussi évident que la quantité d'oxygène expulsé de sa combinaison avec l'hémoglobine doit être d'autant plus grande que la quantité d'acide carbonique produit par le tissu est plus considé-

612 B. WERIGO.

rable et vice versa, c'est-à-dire que l'activité des tissus qui es^ une consommation plus grande de l'oxygène, devient par elle-méai la cause d'un afllux plus considérable de l'oxygène vers ce tissu.

J'ai émis cette hypothèse, sans en donner une preuve expérimestaie quelconque, seulement en m'appuyant sur les faits que ji observés dans les poumons. Dans le fait qu'ont trouvé MM. A. M et J. Nicolas, on peut bien voir une preuve expérimentale de ce» hypothèse. En effet, en introduisant sous la peau de l'acide carb> nique, nous plaçons le sang de tous les vaisseaux capOlairs ambiants sous l'influence de ce gaz qui doit ainsi mettre en liberté des quantités considérables d'oxygène. Cet oxygène, en se diifusant dans le mélange gazeux^ , pourra élever son taux dans of mélange même au-dessus de sa tension dans Pair atmosphérique.

J'ai cru bon de l'clater ici toutes ces considérations pai*ce qu'elles expliquent bien les résultats obtenus Jusqu'à présent par MM. k. Rodet et J. Nicolas et sont susceptibles de diriger leurs recherdKï dans une voie qui pourra peut-être donner des faits nouveaux, propres à élucider toutes ces questions encore si obscures.

SUR UN REGULATEUR A ECOULEMENT

Par M. F. LAULANIÉ

iiand on fait usage des aspirateurs pour produire un courant % il y a souvent un grand intérêt à obtenir un écoulement unité. 11 en est ainsi par exemple lorsque l'appel d'air déterminé par écoulement est employé à renouveler l'atmosphère d'une ente contenant un animal sur lequel on veut mesurer les échanges iratoires. En pareil cas, l'uniformité de la ventilation a au moins effet d'assurer la permanence d'une condition à la fois physique limique qui est de nature à influencer l'intensité des échanges iratoires.

emploi d'un vase de Mariette ne saurait convenir pour cet objet, »i, dans un vase de Mariette, l'écoulement du liquide est unie, il n'en est pas de même du mouvement de l'air appelé dans se. Il suffit, en eflet, d'examiner sommairement le mécanisme >réside au fonctionnement d'un vase de Mariette, pour constater l'air appelé dans l'appareil y pénètre sous une pression crois- ^ et qu'ainsi le débit de la ventilation augmente progressive- . du commencement à la fin de l'expérience, î vase de Mariette a d'autre part cet inconvénient de fonctionner i*elque sorte comme un flacon laveur, de telle feçon que l'air lé dans le vase ne s'arrête qu'après avoir traversé bulle à 5 toute l'épaisseur de la colonne d'eau enfermée dans l'appareil, en résulte que le mélange gazeux recueilli à la fin de l'expé- *e est profondément altéré dans sa composition et ne saurait lir un échantillon propre à l'analyse eudiomélrique.

iRCH. DB PHYS., 5* SÉRIB. — X. 40

614 F. LAULANIE.

Pour tous ces motifs nous avons dû nous attacher à régler par tel|y, moyens directs Técoulement des aspirateurs qui fonctionnent dais notre laboratoire. A cet effet nous avons imaginé un petit appard fort simple à la fois et fort précis qui nous semble devoir être très utile et que nous décrivons pour ce motif.

Notre régulateur {ûg. 1 et 2) consiste en un vase qui reçoit k liquide à sa sortie de l'aspirateur et on règle l'écoulement au mm d'un flotteur agissant sur le trajet du liquide.

L'eau fournie par l'aspirateur ou par telle source qu'on voudra pénètre dans le régulateur par TorificeO et s'écoule par l'orifice 0' Or, cet orifice de sortie 0" a un diamètre supérieur à l'orifirt d'entrée 0. 11 en résulte que, dès sa pénétration dans l'appareiU'eaii est contrainte d'agir sur le flotteur F, chargé de régler sa vitesse. Le mécanisme de cette action régulatrice réside dans les disposilioib dn trajet oflert au passage du liquide. Dès son entrée par rorificeO, celui-ci parcourt successivement le tube élastique /, le tube métallique t^ et pénètre dans le régulateur par l'orifice 0'. Comme le débit de Torifice 0" est pour le moment inférieur à celui de l'orifice 0, le liquide s'élève rapidement dans le réservoir et pousse le flotteur F. Celui-ci est pourvu d'un disque compresseur d exactement situé en regard du couteau immobile c. Il en résulte que le tube élastique /, bientôt écrasé entre la poussée du flotteur et la résistance du couteau, diminue de diamètre et ne laisse pénétrer dans le régulateur que l'eau nécessaire au remplacement de celle qui s'échappe en C'. Dès ce moment le débit en 0 devient rigoureusement égal au débit en 0" et dépend exclusivement du diamètre de l'orifice en 0". Celuici étant invariable, l'écoulement reste invariable aussi longlemp? qu'on laisse au robinet R son degré d'ouverture.

Pour rjue le régulateur fonctionne, il faut et il suffît que la chapp-e motrice ^extérieure qui pousse l'eau dans le régulateur soit supérieure à la charge motrice intérieure qui l'en fait sortir. Or. cette circonstance est réalisée si la prise d'eau est située au-dessus de l'orifice 0. Dans ces conditions, il entre toujours assez d'eau dansle régulateur pour maintenir la poussée du flotteur et produira Xkvèr sèment du trajet /.

On voit ainsi (jue le régulateur utilise la charge motrice extérieure pour agir sur le trcg'et élastique t et lui donner exactement le diamètre qui convient pour compenser l'écoulement qui a lieu en 0'. Ce diamètre est immédiatement placé sous l'influence de lachargeet sa dépendance est très précise. Toute variation dans la charge motrice détermine des variations inverses dans le diamètre du tube /, parce qu'elle entraîne des déplacements corrélatifs du flolieui.

Page 1