‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 205 sur 269 · SUR L'EXISTENCE CHEZ LES MAMMIFÈRES D'UNE OXYDÂSB-GLÛBULN · texte numérisé non relu

SUR L'EXISTENCE CHEZ LES MAMMIFÈRES D'UNE OXYDÂSB-GLÛBULN

SES CARACTÈRES ET SES PROPRIETES Par MM. J.-E. ABELOUS et G. BIARNÈS

f Sa

(Travail du laboratoire de pkysiologie de la Faculté de médecine de TouIoaseJ

Dan& ces dernières années, d'assez nombreux travaux ont élé publiés sur les ferments solubles oxydants. De ces recherches, il resuite en somme que chez les animaux, aussi bien que chez les végétaux, il existe des agents d'oxydation de la nature des diasUses^ auxquels on a donné le nom général à'oxydases. Les oxydase* sont multiples, et bien que se caractérisant toutes par la commaoe propriété qu'elles possèdent de transmettre l'oxygène, dans le se» où l'entendait Moritz Traube, elles se différencient cependant te unes des autres par plusieurs caractères particulière et importanis.

Si, laissant de côté les végétaux chez lesquels G. Bertrand nonsa révélé l'existence de deux oxydases, la laccase et la tyrosiQ»sty nous ne considérons que les animaux, nous trouvons, chez les animaux inférieurs, une oxydase possédant des propriétés assez sen»blables à celles do la laccase. On trouve un tel ferment chez le» mollusques, comme l'ont montré Piéri et Portier, et chez les crustacés, comme nous l'avons nous-mêmes fait voir. Encore faut-» ajouter que, non seulement ces oxydases ne sont pas absolumefll identiques à la laccase, mais même qu'elles présentent entre elles quelques différences notables au point de vue de leurs propriétés.

Enfin, chez les mammifères, outre le ferment qui oxyde Taldéhyii? salicylique et auquel on pourrait donner le nom de salicylêse, ferment dont l'existence a été démontrée par les recherches de Jaquet ] et les nôtres ; outre la imcléoprotéide oxydante de Spitzer, on pe"l admettre encore un autre agent d'oxydation qui présente des ca^a^ tères chimiques quelque peu différents de ceux des oxydases (pe nous venons de mentionner et qui, grâce à ces caractères mêmes, peut être considéré comme une globuline oxydante, une ox/dtfe

0XYDASB-6L0BULINE CHEZ LEâ MÂMIlIFàRES. 665

>J}ulinef comme nous proposons de rappeler et dont nous voulons ^oser brièvement les propriétés.

Dn sait que la coloration bleue que prend la teinture de gaïac au &tact des oxydases (laccase, oxydase des crustacés et des molcjues) permet de déceler la présence de ces enzymes dans les lianes, les tissus et les liquides de Torganismè. Or, si on met un unal à mort (chien, lapin, etc.) et si on arrose de teinture de gaïac i fragments d'organes ou de tissus empruntés tels quels à Tani- 1, on ne constate aucune réaction nette. Mais si, au préalable, on oumis le cadavre à une hydrotomie prolongée, de façon à le décrasser de tout le sang qu'il contient, jusqu'à ce que les organes ent complètement exsangues, on peut alors constater que certains r^nes ou tissus ainsi lavés, mis au contact de la teinture de gaïacs :^nent la réaction caractéristique.

USette réaction ne s'obtient pas indifféremment avec tous les or- :ies. On obtient un résultat positif avec le poumon, là rate, la rine, négatif avec le foie, le cerveau, le muscle, le pancréas, le n. De plus, la réaction est plus ou moins nette, suivant les organes les animaux.

^ous n'insisterons pas davantage sur ces expériences très simples L nous montrent en somme que, dans certains organes ou tissus s mammifères, il existe, en quantité variable, une substance qui xi oxyder l'acide gaïaconique et qui se rapproche à ce point de

3 des oxydases. Elle s'en rapproche aussi par ce fait que la tem^ rature de 100* fait perdre aux organes la propriété de bleuir la citure de gaïac, tandis qu'une température de 50 à 60** n'abolit pas propriété oxydante.

4 priori^ il était permis de penser que cette substance devait être t peu soluble, sinon insoluble dans l'eau pure, et adhérer énergi- Bment aux éléments anatomiques, puisqu'un lavage prolongé ne t&it nullement disparaître.

On peut montrer directement cette insolubilité dans l'eau pure de feçon suivante :

On prend de la rate, du poumon ou de la fibrine bien lavés * et nnant nettement la couleur bleue au contact de la teinture de gaïac. I fait macérer la flbrine ou les organes finement broyés, dans de au distillée, additionnée d'un peu de chloroforme, pendant vingt- ^atre à quarante-huit heures, soit à la température ambiante, soit ieux encore, à 40**. Au bout de ce temps, on filtre ou on centrifuge macération de façon à obtenir un liquide parfaitement limpide,

* C'est surtout avec de la flbrine et de la rate de veau que nous avons expénenté.

666 J.*E. ABBL0U8 ET a. BlARNàS.

dépouillé de tout élément solide en suspension. (le liquide est ib-l Q lument inactif sur la teinture de gaïac. Par contre, le résidu m-n lubie, lavé à plusieurs reprises, la colore très énergiquemeai nË 1 bleu. Donc y cette substance oxydante est insoluble dans feêupm^r en quoi elle diffère des oxydases végétales et de celles des molle»' Ibi ques et des crustacés, ainsi que de la salicylase. m^'-

Mais si on ne peut l'extraire par l'eau pure des organes et des y»* F sus, on peut F ex traire au moyen de solutions de sels neutres î^WBà certain degré de concentration. I>-

Si nous faisons, en effet, macérer ce résidu, qui n'a rien cédéîlb Teau pure, dans des solutions de NCH^K (8 à 10 0/0), de NaFe (l îp 3 0/0), de NaCl (8 à 10 0/0), de SO*Na« (10 0/0), à la tempéntoK de 38 à 40''. pendant quarante-huit heures, nous pourrons oblâùr. par simple filtration, un liquide absolument limpide et qui oxydetrès énergiquement l'acide gaïaconique.

Le résidu resté sur le filtre bleuit encore le gaïac, mais sioDletraiie à plusieurs reprises par des solutions salines, on finit par rq)uiâer complètement. Il suffit de quatre ou cinq traitements.

Si nous chauffons à lOO"" un de ces extraits salins très actifs, nous obtenons un précipité, un coagulum. Ce coagulum et le liquide restant sont sans action sur l'acide gaïaconique. Cette température de 100** a supprimé l'activité de la substance oxydante.

Nous nous trouvons donc, en définitive, en présence d'une substance insoluble dans l'eau pure, soluble dans les solutions saiiBes neutres à un certain degré de concentration. C'est là un premier caractère qui rapproche cette substance des globulines. Ce rappro* chement peut encore être établi par d'autres réactions.

La dilution et un courant décide carbonique précipitent k soistance oxydante. Si nous diluons de 7 à 8 fois son volume d'eau distillée, une solution filtrée et très active de fibrine ou de rate daoâ du nitrate de potasse ou du chlorure de sodium à 10 0/0 et que nous fassions traverser en même temps la dilution par un couraDt de CO*, il se forme d'abord un* louche, puis un précipité. Ce précipité, recueilli, est insoluble dans l'eau pure, soluble dans le NO^K ou le NaCl à 10 0/0. Traité directement par de la teinture de gaïac, il donne une coloration bleue intense. Au contraire, le liquide dont on a séparé le précipité est absolument inactif.

La substance oxydante précipite par la dialyse. Si on soumet à U dialyse un extrait nitrate de rate ou de fibrine, il se forme un précipité dans le dialyseur. Ce précipité oxyde énergiquement Tacide gaïaconique.

Enfin, le sulfate de magnésie à saturation précipite entièrement la substance oxydante de ses solutions.

OXYDASB-OLOBULINE CHEZ LES MiLMUIFBRES. 667

Cles réactions nous permettent dédire que cette substance oxy-

est une globuline.

Mais nous savons que la chaleur permet de séparer deux subsdes dissolutions de fibrine dans le chlorure de sodium et les autres sels neutres : une substance qui précipite entre 56 et 58" et urne substance qui ne précipite qu'au-dessus de 70"*. Quel est de ces <ieux ordres de substances l'agent oxydant? Si nous maintenons pendant deux à quatre heures un extrait nitrate, fluoré ou chloruré <ie fibrine à une température de 56-58*, nous obtenons un coagulum ftoconneux que nous séparons par la filtration. Ce précipité, soi-- Q^tieusement lavéj est inactif sur le gaïac. Au contraire, le liquide <iont on a séparé le précipité oxyde manifestement T acide gaïacch ^iqae. Cette expérience nous montre que, dans les macérations Salines de fibrine, l'agent oxydant n'est pas la globuline précipitant ^ 58**, mais celle précipitant au-dessus de 70"*, Les extraits de fibrine Peuvent, au reste, être maintenus pendant vingt à vingt-quatre ï^ cures à 58** sans perdre leur propriété oxydante vis-à-vis de la teinture de gaïac.

Valcool précipite la globuline oxydante de ses solutions. Si on tr^aile un extrait nitrate de fibrine ou de rate par deux fois son volume d'alcool à 95**, on obtient uniabondant précipité blanc. Ce pré- <^îpité, lavé à plusieurs reprises avec de l'alcool au tiers, de façon à le débarrasser du nitrate de potasse qui aurait pu être entraîné, est essoré et desséché dans le vide à la température ambiante. On obtient ainsi un résidu sec se présentant sous l'aspect de squames Cornées, transparentes, légèrement jaunâtres. Ce résidu humecté d'eau bleuit énergiquement la teinture de gaïac. Il est absolument insoluble dans Teau pure, soluble dans les solutions salines d'où on peut le précipiter par la dilution et l'acide carbonique, ou par le sulfate de magnésie à saturation.

Mais en traitant ainsi par l'alcool des extraits nitrates de fibrine ou de rate, on obtient un précipité qui, à côté de l'oxydase globuline, contient d'autres substances inactives, entre autres cette globuline qui précipite à une température de 56-58®.

Pour arriver à obtenir des précipités ne contenant que très peu de substances étrangères, des précipités formés surtout d'oxydase globuline, nous avons soumis au préalable la fibrine ou les organes à la digestion artificielle en présence de la papaïne ou de la pancréatine.

Page 1