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SUR LES FERMENTS SOLUBLBS

Par M. A. TREYER

(Travail de l'Institut de physiologie de l'Université de Fribourg, Suisse.)

iT:

Les physiologistes admettent en général que les substances toxiques, et notamment les substances dites* antiseptiques, permeltefll| de distinguer les phénomènes vitaux des phénomènes diastasiqaei Une transformation chimique s'accomplit-elle en présence d'un»] substance antiseptique, employée à dose antiseptique, on en coQclak| que le phénomène ne saurait être un phénomène vital, et oq te rapporte à une enzyme. Inversement, est considéré comme phénomène vital tout phénomène qui cesse de se produire en préseoce des substances antiseptiques qui n'exercent aucune action inhibitric» sur les enzymes. Est-ce à dire que ces substances antiseptiques n'agissent point sur les phénomènes diastasiques pour en modifier l'activité ? Beaucoup d'auteurs semblent le croire. Nous allons démontrer que cette conception n'est pas exacte et que les fenn^otations par enzymes sont en général retardées, affaiblies par \^\ substances antiseptiques, sans être toutefois absolument suspendues.

Zapolsky [Verhalten von Carbolsaure gegen Fermente (Hopp^ Seyler^s med, chem. Unters.y 4* fasc.)] a constaté que l'acide phonique n'a aucune action retardatrice ou suspensive sur la t^ansfo^ mation de l'amygdaline par l'émulsine, ou sur la saccharificatioD de l'amidon par la salive. Par contre, l'acide phénique retarde la irai* formation des flocons de fibrine par le suc gastrique, d'autant piu^ que la proportion d'acide phénique est plus grande.

Schâfer et Bôhm [Ueber den Ëinfluss des Arsensaufdie Wirfco^

ingeformten Fermente {Verbandl. cl. pbys. med. GeselL in Ebupff, N. F. III)J ont constaté que le suc gastrique agit sur mine aussi énergiquement en présence d'acide arsénieux qu'en bsence. L'acide arsénieux n'agit pas davantage sur les transitions produites par les ferments du pancréas, qu'il s'agisse de ;nsformation de l'albumine ou de celle de l'amidon, fner [Ueber ungeformte Fermente und ihre Wirkungen {Journ, 9kt. Cbeiûie, t. X, p. 1)] désirerait posséder un moyen qui lui ît d'empêcher absolument le développement des champignons, noisissures et en général des microorganismes dans les liqueurs aies, sans agir sur les ferments solubles ; mais il fait remarquer >resque toutes les substances capables de tuer les organismes eurs entravent ou détruisent en même temps l'action de ces ^nts solubles.

ïitz [Sur les ferments chimiques et physiologiques (G. R. Acad, 'o., t. LXXX, p. 1255)] montre que le chloroforme rend inactifs K'ments organisés, mais n'exerce aucune action sur les ferments les (ou ferments chimiques) tels que la diastase, l'émulsine, la > , le ferment de l'eau de levure.

Bert [Influence de l'air comprimé sur les fermentations (C. /?. . des Se, t. LXXX, p. 1579)] montre que l'oxygène sous pres- >u l'air sous pression arrêtent les fermentations et putréfactions, sont sans action sur les ferments solubles ; la salive, le suc ^atique, la diastase, la pepsine, la myrosine, rémulsine et en €il tous les ferments solubles ne sont en aucune façon modifiés. I^'iechter [Ueber den Einfluss der Blausaure auf Fermentvort {Inaug. Diss.^ Basel, 1875)], étudiant l'action de l'acide prus-

sur les ferments organisés et sur les ferments solubles, observe &s derniers sont peu sensibles à l'action de ce poison. Ce n'est 3c doses de 1/200'' à 1/100* que l'acide prussique agit sur les ntations chimiques (actions de la pepsine, de la salive, des •nts pancréatiques) ; de sorte qu'il y a lieu de se demander s'il

pas simplement par son acidité.

ihe (Journ. L prakt. CA.,N. F. t. X, p.89 ; XI, p. 9; XU, p. 33), 5 Millier (Journ, f, prakt. Ch., N. F. X, p. 444) étudient l'action acide salicylique sur les fermentations. L'addition de 2 0/00 ie salicylique suffit pour empêcher complètement la transfor- ^n de l'amygdaline par l'émulsine, alors qu'il faut 10 0/0 de lol pour obtenir le même résultat. L'acide phénique n'empêche ccharification des amidons par la salive qu'à la concentration moins 10 0/0, tandis que l'acide salicylique ralentit cette transation à la dose de 2 0/00 et l'empêche à la dose de 1 0/0. La formation du glycogène par la salive est arrêtée par l'acide

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phénique à la concentration de 10 0/0; elle est ralentie parlO/W d'acide salicylique et empêchée par 5 0/00 du même acide.

Feser et Friedberger [Versuche iiber die Wirkung der Salicylsaure (Arch, î. wissenscbaftl. und. prakL Ibierbeilkunde, ISToj ont vu que l'action de la diastase et de la pepsine n'est pas modifiée par de petites doses d'acide salicylique ; elle est partiellement entravée par des doses plus fortes et supprimée par les doses très grandes.

Stenberg [Ueber die Wirkung der Salicylsâure auf diediastatischea Fermente des Speichels und der Leber (Mal/ s Jabresb. f. Tbierci, 1875, p. 292)] dit que l'acide salicyli(ïue libre entrave énergiquemeat l'action diastasique de la salive et du foie, tandis que l'acide neulnlise par la soude caustique ou par le phosphate de soude n'a pa^ cette propriété.

D'après Lewin [Das Thymol, ein antiseptisches und antifenneatatives Mittel (CentralbL f. d. med. Wissenscb.^ 1875, n*2i)] quia fait des expériences de digestions ai^tificielles soit avec des extraiu pep tiques, soit avec la muqueuse stomacale de lapins, le thymol ajouté au liquide peptique ne diminue en rien son action.

Kùhne [Ueber das Verhalten verschiedener organisirter und sogenannter ungeformter Fermente f VerbandL rf. naturhisL fflerf Vereins zii Heidelherg^ N. F. I, Heft 3)] constate que latrypsineae digère qu'en solution alcaline, neutre ou faiblement acide (jusqu'à 0,5 0/00 d'acide chlorhydrique) ; de petites quantités d'acide salicylique précipitent la trypsine ; de grandes quantités de cet acide l» détruisent. Des solutions de pepsine peuvent être maintenues peudant des Journées entières en contact avec un excès d'acide salicylique à la température de 40® sans perdre leurs propriétés digestives.

D'après Kjeldahl [Untersuchungen iiber zuckerbildende Fermenle (Mal/s Jabresb. A Tbiercb.^ 1897)], l'acide phénique agit suri» diastase comme un poison faible, l'acide salicylique comme ud poison fort. La strychnine favorise l'action de la diastase.

Loew [Einige Bemerkungen iiber Enzyme {Journ. /. praki. Ci» t. XXXVII, p. 104)] remarque que la pepsine et la diastase maintenues un jour en contact avec 15 0/0 de formaldéhyde pcrdeol leurs propriétés.

Salkowski [Uber die antiseptische Wirkung des Chlorofonnwassers [Deutscbe med. Wocbenscb.^ 1888, n* 16)] emploie Teau chloroformée pour suspendre toutes les fermentations par fermenU figurés. Cette liqueur ne trouble en rien l'action des fermeats solubles, diastase de la salive, pepsine, trypsine. Si on ajoute de It levure à une solution de sucre de canne ou de sucre de raisin (bus

iu chloroformée il ne se produit pas d'alcool, ni d'acide carbo- 110^ mais le sucre de canne est interverti.

^okker [Die Wirkung des Chloroforms auf Protoplasma {Jahresb. ^biercb., 1891, p. 467)] insiste sur le ralentissement considé- »le de la peptonisation gastrique de la fibrine et de l'albumine et * le ralentissement de la saccharification salivaire de Tamidon, :is les liqueurs chloroformées concentrées ou même diluées. Le oroforme à petites doses supprime l'action microbienne ; à doses s grandes, il agit même sur les enzymes.

D'après Arthus et Huber [Fermentations vitales et fermentations iniques (C /?. Acad, des Se, t. CXVI)] le fluorure de sodium à >yO tue les cellules et arrête les fermentations vitales ; mais il ntrave pas les fermentations diastasiques (invertine, trypsine, ulsine, pepsine, diastase).

C Fischer affirme que la maltase de la levure est rendue inactive "^ le chloroforme, tandis que le thymol ou le toluol ne s'opposent > à son action. Herissey [Action du chloroforme sur la maltase de ^pergillus niger (C H. Soc. de bioL^ 1896)] constate que le chloorme n'agit point sur la maltase de l'aspergillus niger. •'reudenreich [Beitrag zur Kenntniss der Wirkung des Labferntes {Centr. ï.Bakt.,2^ Ablh., t. IV, n« 8)] étudie l'action de ei*ses substances antiseptiques sur le labferment. Les vapeurs de oroforme ou le chloroforme pur sont sans action apparente sur le ferment ; l'eau chloroformée à 2 0/0 l'altère par un contact progé.Le bichromate de potasse, le thymol, le salol, la formaline affaissent ou détruisent le labferment mis en contact avec eux. ?*avy [On hepatic glycogenesis {Journal of pbysiology, t. XXII, 391)] fait remarquer que le fluorure de sodium diminue Faction suc pancréatique sur l'amidon et retarde la transformation du fcogène en sucre dans le foie. Le retard est d'ailleurs d'autant plus irqué que la proportion du fluorure de sodium est plus grande. En présence de résultats aussi divers, il nous a paru utile de faire lelques expériences précises avec les principaux ferments quiinterennent dans les phénomènes digestifs et avec l'émul&ine. Nos cherches ont été faites quantitativement, ce qui constitue un procès sur la plupart des recherches que nous venons de mentionner.

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