I. — Poids de F encéphale
Nous nous servirons du mémoire de M. Eugène Dubois *, pam tout récemment, alors que nous avions déjà entrepris nos recherches; après avoir résumé en quelques lignes la façon dont M. Dubois * exprime celte relation, nous appUquerons la même formule à laquelle nous nous rallions entièrement, aux séries de poids publiés pour le chien par les divers auteurs et rapportés par M. Richet, dans le tome II des Travaux de son laboratoire.
M. Dubois opère avec des chiffres provenant de divers auteurs, représentant le poids du corps et le poids de l'encéphale pour des espèces apparentées et aussi semblables que possible, mais de tailles très différentes, telles que le lion et le chat. Il n'a parfois à sa disposition qu'un cas pour une espèce, mais le coefficient individuel devient peu de chose, eu égard à la très grande différence des tailles. Son raisonnement, qui a l'avantage de ne comporter aucun élément théorique, est le suivant : entre deux animaux quelconques, de poids P et /) possédant des encéphales de poids E et e, on peut toujours
(F\-f E — I = — ; de cette
équation on peut facilement tirer -y par la formule x = r^-=r — r-^^- ^ '^ logP — log/?
M. Dubois calcule ainsi cet exposant, qu'il appelle V exposant de rein-
*■ E. DuDOis (de la Haye), Sur le rapport du poids de l'encûphale avec la gran* deur du corps chez les mammifères [UaïL de la Soc. d'anthrop. de Parisy 1897, fa*c. IV (paru en décembre 181j7), p. 3?i7].
7f$6 t/aànà et louis lai^igQ0S.
tion pour Forang-outang el le g^ibbori, une ^ande antilope {Om ieisa) et Tantiiope pygmée {Cephalophus Maxwelli), le lion et le chat, le rat et la souris, le grand écureuil de Java (Seiuras bieol^ et notre écureuil commun. Pour chacun de ces couples, on tnxm pour l'exposant de relation une valeur presque identique^en moyen» 0,56, les valeurs les plus éloignées étant 0,54 ei 0,58.
La formule de M. Dubois répond donc d*une façon très satisfaisante, pour la série des mammifères, à ce que nous demandioos comme loi.
Voyons si elle s'applique à la série des chiens et à quelle vaiear elle conduit.
Quatre groupes, empruntés au tableau de M. Richet, donnant les poids moyens de 7, 12, 28 et 40 kilogrammes^ fournissent pour l'exposant de relation les valeurs suivantes : 0,23 ; 0,25 ; 0,26; 0,3. Nous arrivons à des valeurs peu dissemblables entre elles, mais fort éloignées de celles qu'a trouvées M. Dubois.
Prenons la valeur moyenne approchée de 0,25 ou 1/4, pui^o«
facile à calculer. Nous pouvons la vérifier plus en détail en di^isaol
toute la série en dix groupes et calculant la moyenne de chacun d«
E ces groupes , le rapport ^j^ ; ce rapport doit être sensiblemeol
constant. Nous trouvons les valeurs suivantes pour des poids moyens allant de 1600 grammes à 38 kilogrammes :
Si Ton met à part les deux premiers groupes, qui ne comprenneol que des chiens au-dessous de 4 kilogrammes, les écarts ne sont pas considérables et ne sont aucunement systématiques. Il nous sembic qu'on doit se contenter en biologie d'une approximation de cet ordre.
Nous admettrons donc que c'est sous forme d'une loi exponentielle qu'on peut exprimer le rapport du poids de l'encéphale au poids du corps. Mais l'exposant de relation n'est pas le même quand Ton considère deux espèces ni deux individus d'une même espèce.
IL — Forme de ï encéphale et plus particulièrement du cervesn.
Si l'on examine une série d*encéphales de chiens adultes, ordonnée suivant les poids des sujets, on remarque un changement sj-stématique de la forme de cet organe ; les encéphales des plus petits chiens présentent, suivant quelque direction qu'on les regarde, une forme arrondie ; ils tendent vers la sphère ; ceux des chiens plu» gros sont, par rapport aux précédents, aplatis dans le sens verticalt allongés dans le sens antéro-postérieur ; la région frontale notaui-
GRANDEUR DU CORPS BT DiVELOPFEMBMT DE l'eNCÉPHALE. 767
présente une dépression transversale brusque, produisaAt sur itours de la norma verticalis une encoche qui n'existe pas )s groupes plus petits. Les détails de forme ne pourraient être . qu'avec d'assez longs développements ; la planche VIII, qui uit trois demi-encéphales, profil et norma verticalis, d'un hien, d'un chien moyen et d'un grand chien, suffit à donner ée du phénomène. Quant à la marche de ce changement de on peut la suivre assez facilement pour le cerveau avec quellesures simples et des calculs d'indice. 47 encéphales de chiens adultes, durcis dans le formol à 2 0/0, vons pris, au compas glissière, les dimensions ipaxima du Il (c'est-à-dire des deux hémisphères ayant gardé leui»s con- 3 naturelles) suivant trois dimensions orientées par rapport fi de sustentation de l'encéphale reposant sur sa face infé- Le lobe olfactif n'a pas été compté.
mensurations, ordonnées suivant les poids des sujets et divi- 1 sept groupes pour chacun desquels on a calculé les moyennes, it le tableau suivant :