HANRIOT
fus amené à supposer que les cellules graisseuses devaient renkmer un ter ment capable de dédoubler les corps gras en acides H glycérine.
Monobutyrine. — Les graisses naturelles se prêtent assez mai i l'étude de ce ferment; par leur insolubilité dans Teau, par celk des acides gras qui résultent de leur dédoublement, elles ne permettent pas d'obtenir un titrage bien net, et j'ai essayé divers étheis de la glycérine à acides solubles dans l'eau. Celui qui s'est mootrê le plus convenable pour ces recherches est la monobut\7iiie. G»H»0-C*H"'0 (OH)», découvert autrefois par M. Berthelot qui a\iit à ce moment constaté soa facile dédoublement par le suc pancréatique.
J'ai préparé cette monobutyrine en faisant chauffer de l'adde butyrique avec de la glycérine, puis éteadant d'eau, saturant park carbonate de sodium, épuisant par Téther. L'éther, distillé, laisse la monobutyrine que Ton purifie par distillation dftiis le vide.
Ainsi préparée, la monobutyrine se dissout bien dans 1 eau avec laquelle elle donne une solution limpide, parfaitement neutre, et presque inodore. A la longue, cette solution devient légèreseot acide, mais cette solution peut être gardée pendant plusieurs heuns sans aucune modification dans sa réaction, ce qui suffit pour les expériences que nojus allons entreprendre.
Technique opératoire, — Ce réactif va nous permettre de rechercher la présence des ferments saponifiants de la façon suivante :1a solution où nous voulons rechercher ce ferment sera additionnée de phtaléine et neutralisée exactement par le carbonate de sodium, pui§ elle sera divisée en deux ; une moitié sera abandonnée à elle-m^^ et devra rester neutre ; l'autre moitié sera additionnée de butyrioe; elle devra s'acidifier au bout de peu de temps.
Je ferai remarquer que la constatation de ce ferment est basée exclusivement sur la mise en liberté d'acide butyrique. Il est dooc indispensable de s'assurer que l'acidification de la liqueurne provient pas d'une autre cause, et c'est poyir cela que nous avons gardé une portion de la liqueur comme témoin.
J'ai alors essayé par ce procédé les divers tissus et humeurs de l'organisme et voici les résultats que j'ai obtenus.
Le sérum sanguin, le pancréas, le foie, renferment beaucoup de ferment.
Les capsules surrénales, la rate, en renferment fort peu; enfin la lymphe, le muscle, le testicule, le corps thyroïde, etc., n'en renferment pour ainsi dire pas.
Je reviendrai en détail tout à l'heure sur la distribution de 1»
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iase dans rorganisme, mais auparavant nous atloDS caractériser ce *ment et étudier son action. Nous avons vu que le sérum s^g^gnîft renferme abondamment ; dans tout ce qui va suivre, nous nous rvirons habituellement d*un même échantillon de sérum, celui du eval, par exemple.
La lipase est un ferment soluble.
On admet que les principales propriétés qui caractérisent les ferents diastasiques senties suivantes : 1^ Ces ferments ont une action «sque indéfinie, ou tout au moins il y a une disproportion énorme Ave le poids de ferment mis en œuvre et le poids de substance composée; 2*" ces ferments sont détruits par la chaleur; Scieur tion n*est pas entravée par les divers antiseptiques; 4^ ils ne sont .s dialvsables.
l"* J*ai constaté qu'une goutte de sérum (d'anguille) a pu sapo-
Her Qu'ils de butyrine. Or si Ton déduit du poids d'une goutte de
irum le poids des matériaux connus (eau, sels, albumines, etc.), on
► it que la lipase qui y est contenue ne peut représenter qu'une frac-
►n infime de milligramme. Il y a donc bien disproportion entre le
*ids de lipase et celui de la butyrine décomposée ;
^« Si l'on porte la solution à l'ébuUition, le dédoublement est com-
btement arrêté;
^^ Le chloroforme, le sulfure de carbone, le fluorure de sodium
gênent pas la réaction ; -4"" Enfin, si l'on soumet à la dialyse du sérum, le liquide dialyse
décompose pas la butyrine.
Wous voyons donc que le sérum renferme un ferment soluble pable de dédoubler la butyrine, et c'est à lui que nous donnons le >m de lipase.
J'ai vérifié directement que le sérum a la propriété de saponifier ^ graisses naturelles ainsi que les huiles, et je vais relater ici deux périences faites dans un autre but, mais qui en donnent une confirai tion éclatante. Pour d'autres recherches, j*ai dosé dans le sang ce li existait de graisse ou d'acides gras libres à trois jours de disnce et voici ce que j'ai trouvé :
365 grammes de sang défibriné renfermaient 0,390 de corps neu- ^s enlevables par l'éther et 0,190 d'acides gras. Trois jours après le portion de sang identique contenait 0,131 de corps neutres et 457 d'acides gras. Le résidu de corps neutres, saponifié par la liasse alcoolique a laissé un résidu de0,120 non attaquable et formé ^ cholestérine. On peut donc dire qu'au bout de trois jours, toute
graisse a été saponifiée.
JDosage de la lipase. — Pour pouvoir comparer les quantités de
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lipase contenues dans des échantillons divers, ou étudier les viriitions d'activité d'un même échantillon, nous avons dû définir ruoiê d'activité de ce ferment.
Nous définissons l'activité lipasique de 1 centimètre cube de solution par le nombre de millionièmes de molécules d'acide m en liberté pendant vingt minutes, à la température de 25*. Aiis i centimètre cube d'un sérum d'activité 33 mettrait en liberté à S* et en vingt minutes une quantité d'acide butyrique (de poids moléculaire 88) représentée par
ÎÔÔ55Ô5 «'■^°'"'^^-
On voit que cette activité sera directement mesurée par le nombn* de gouttes d'une solution de carbonate de soude telle que chacust d'elles sature exactement 0,000001 molécule d'acide. Si la burette employée donne 20 gouttes au centimètre cube, la solution de estbonate de soude devra renfermer 2«%12 de CO*Na« par litre. U solution devrait être modifiée proportionnellement si la burette m donnait pas 20 gouttes par centimètre cube.
Pour déterminer l'activité lipasique d'un liquide, on en prend dose 1 ccntimèlre cube que Ton ajoute à 10 centimètres cubes d'une sotation de butyrine à 1 0/0 ; on ajoute de la phtaléine, et on sature ea> tement par le carbonate de soude ; on chauffe vingt minutes à une étuve réglée à 25*» et on salure de nouveau par la solution de CCNa* indiquée plus haut. Le nombre de gouttes de cette solution mesun* l'activité lipasique.
En possession de ce procédé précis de dosage, nous avons dV bord constaté que dans un sérum sanguin, conservé aseptiquemeoi, le pouvoir lipasique ne varie pas d'une façon appréciable en six moi? de temps.
Nous avons ensuite reconnu que la présence d'un excès même relativement considérable de butyrate de soude et de glycérine (qui senties produits de la réaction) sont sans influence sensible sur le dosage. Il n'en est plus de même de la monobutyrine dont un excts influe sur la vitesse de la réaction, assez faiblement d'ailleurs; ïïok il est facile d'éliminer cette cause d'erreur en employant loiyoursli même quantité de monobutyrine, comme nous l'avons indiqué.
L'acide butyrique libre entrave au contraire le dédoublement du réactif, et pour chaque solution, il existe une limite au delà de laquelle la lipase ne saponifie plus la butyrine.
La réaction s'arrête donc d'elle-même pour reprendre à nouveaut dès que Ton sature par le carbonate de sodium.
Aussi voit-on que l'action saponifiante ne peut pas être proportioO'
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e au temps (sauf pour des temps très courts) ; en effet, Tacidité mentant diminue la quantité de butyrine décomposée pendant le xième espace de temps.
'alcalinité de la liqueur a une influence énorme sur Tactivité de pase.
^our le constater, j'opérais de la façon suivante. À des mélanges utiques de sérum (Icc), de monobutyrine et d'eau (10 ce), j'ajoutais excès variable de GO^Na* (0 à 0«%2), puis au bout de vingt mies je déterminais la quantité de butyrine saponiflée en saturant ctement l'excès d'alcali ou d'acide. .
^oici les chiffres d'une de ces expériences:
èsdeCOSNaMenmilligr.). 0 2 4 6 8 10 15 20 vite de la lipase 22 33 40 44 46 52 74 86
a voit que l'addition d'une dose de 2 grammes de COWa' par peut rendre environ quatre fois plus forte l'activité d'une même » de lipase. On conçoit dès lors comment les modiflcations ^linité du sang peuvent avoir une influence considérable sur la itrition des graisses.
a température exerce une influence considérable sur l'activité de pase, comme le montre le tableau suivant :
Qaaolités saponifiées
en en
Température. 10 minutes. 60 minutes.
ie tableau nous montre que l'activité croît avec la température Hju'à une certaine limite au delà de laquelle elle décroît ; de plus, is voyons que le phénomène est essentiellement différent suivant U a été étudié pendant dix minutes ou pendant une heure, ce qui 4t à ce que l'action prolongée d'une température élevée a détruit ipase qui n'agit alors que pendant les premières minutes. Pour dier les températures de destruction de la lipase, nous avons le dû nous y prendre autrement ; nous chauffions pendant une ire du sérum seul, à une température connue; nous le laissions
AmCH. de PHY8., 5* 8ÉHIE. — X. 52
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refroidir et nous déterminions son activité par la méthode ordinaii^. Nous avons ainsi trouvé :