TEIS8IER n H. FRENKCL
ProfiMBear à U Faculté de médodna Chef de tnvaax à la Faculté de médedM
de Lyon. de Ljon.
Les recherches qui font l'objet de cette note ont été réalisées il y a près de quatre ans*. Elles avaient été entreprises à l'instigation de M., Brown-Séquard lui-même, qui avait tout spécialement engagé l'un de nous à vérifier les effets de l'organothérapie appliquée à la cure des maladies des reins. Des circonstances indépendantes de notre volonté nous ont empêchés de les publier en temps utile.
Depuis lors, la méthode a fait ses preuves. Des observations cliniques répétées ont confirmé l'exactitude des conceptions de l'illustre physiologiste. Aujourd'hui, les injections sous-cutanées d'extrait rénal sont employées fréquemment pour combattre les accidents de l'intoxication urinaire. Il nous serait facile de publier de nombreuses observations démontrant les effets utiles d'un pareil traitement. Mais nous tenons à rester sur le terrain de la physiologie pure et nous nous contenterons d'analyser ici les faits essentiels qui nous ont permis dès cette époque de justifier et de régler cette thérapeutique. Cela nous parait d'autant plus utile que l'organothérapie tend de plus en plus à élargir son domaine, comme le prouve sa mise à l'ordre du jour au prochain Congrès de médecine interne.
Nous nous sommes servis de l'extrait glycérine de la substance rénale du mouton, délayé au 1/10^. Cet extrait, préparé comme les autres liquides organiques (extrait orchitique, thyroïdien, surrenal, pancréatique, etc.),paf la méthode Brown-Séquard et d'Arsonval, nous a été fourni par M. Jacquet. Pour les expériences sur des animaux, nous avons employé 1^ même liquide à la même concentration, sachant par nos anciennes expériences que les animaux supportent bien une injection intraveineuse de glycérine au 1/10*, tout au moins pendant quelques heures.
Les malades dont l'observation va suivre avaient été soumises depuis
' Société nationale de médecine de Lyon^ 1894.
ACTION DE l'bXTRAIT RÉNAL. 109
aelque temps déjà an régime lacté presque absolu et exclusif, pour iininer l'influence des variations du régime sur Tétat de leurs sécrétions t excrétions. Toutes les deux recevaient invariablement 2 litres et demi e lait par jour et 500 grammes de riz au lait, aucun autre aliment, ni ucone autre boisson ne leur étant permis. Elles pouvaient circuler ibrement dans la salle, mais elles ne s'adonnaient à aucun genre de trarail. La malade n? 13 buvait un peu moins que la malade n? 42. .
Une de ces malades, atteinte d*une néphrite interstitielle, nous a donné les résultats un peu différents et, disons-le par anticipation, plus intéressants que Tautre qui est depuis des années sujette à de Talbuminurie intermittente et actuellement sous le coup d*une tuberculose pulmonaire au début. C'est pourquoi nous discuterons les résultats obtenus séparément pour chacun de ces deux cas.
L'observation clinique a été complétée par la série des recherches sui- Tantes. Avec le sphygmomanomètre de Potain, on prenait la pression de b radiale. On examinait journellement les qualités du sang. Pour eompter le nombre des globules, nous avons employé un mélangeur de Potain, vérifié par des pesées au mercure.
Le nombre des globules rouges a été déterminé avec tous les soins nécessaires en pareil cas ; celui des globules blancs d*une façon plus ipproximative et non tous les jours. Enfin, à la recherche du taux d'hémoglobine, nous avons substitué celle de la densité du sang, d'après le procédé de M. Lyonnet ^ On pouvait, en effet, admettre que, chez nos onalades, les variations de la teneur du sang en hémoglobine se traduisaient fidèlement et d'une manière très sensible par des variations dans sa densité. Tandis que l'éclairage naturel ces jours-là faisait craindre des erreurs d'observation, allant de 12 à 13 0/0 ou de 13 à 14 0/0, par suite les nuages épais, nous n'étions pas exposés à des écarts aussi sensibles ivec le densimètre. Nous aurions pu contrôler un de ces modes d'exploration par l'autre, mais comme notre temps a été limité et comme les analyses d'urines nous prenaient la majeure partie de la journée, il hiJait laisser quelque peu dans l'ombre l'examen hématoscopique.
Tous les examens du sang ont été faits le matin, à jeun, toujours à la même heure.
L'examen des urines a particulièrement sollicité notre attention. Les arines de vingt-quatre heures recueillies en vase gradué devaient présenter la totalité de la sécrétion rénale. Nous avons fait tous les jours une enquête sur ce point et nous avons la conviction que nos chiffres indiquent assez eiactement la vérité. Toutefois, il lious a été impossible de prévenir un petit incident qui vint légèrement troubler notre tableau synoptique. En eflet, la malade couchée au n* 42 de la salle fut prise pendant quelques jours d'une diarrhée qui eut pour conséquence, d'une part, la diminution de la quantité d'urines émises et, d'autre part, une légère perte d'urines pendant la défécation. (Les jours de diarrhée sont indiqués au tableau.)
Le tableau synoptique de la page 111 indique :
1* La quantité d'urines émises en vingt-quatre heures ;
2* Leur densité exacte ;
^ Leur couleur, établie d'après l'échelle de Vogel et Neubauer, qui va ^ 1 à 10. Il est facile de constater que l'apparition d'un dépôt d'urates se traduisait dans la couleur des urines par l'élévation de leur teiiite, c'est-è-dire par l'élévation du numéro de l'échelle Vogel;
TAèse de Lyon, 1898.
110 4. TElSâlSR ST H. PRKNiCBL,
A^ Varée a été dosée par Tappareil . de Sou^hal, à Taide de Thypofaromite de soude. Nous aurions préféré un procédé basé sur des pesées, mais pour de nombreuses analyses un tel procédé n*est pas applicable;
5** Les chlorures ont été dosés à Taide d*une solution titrée de nitrate d*argent^ préparée par M. Porteret, pharmacien en chef de THôtel-Dieu. Pour plus d*exactitude, nous avons contrôlé les chiffres obtenus par la méthode de Volhardt, à Taide du sulfocyanure d*ammonium, le meilleor procédé, croyons-nous, qui existe.
• 6° Les phosphatés ont été dosés en bloc, à Taide de Taeétate d*urane. Urée, chlorures et phosphates sont déterminés par litre et par viagW quatre heures ;
1^ U albumine a été dosée à Taide du petit tube d*Esbach, procédé inférieur aux pesées, mais suffisamment bon pour notre modeste but clinique { de cofloparaison des Urines de la même personne ;
%^ Le sucre recherché tous les jours a constamment fait défaut dans nos urines ;
9^ Les dépôts uriaaireSj examinés au microscope, ne contenaient jamais ni cylindres rénaux, ni globules sanguins, ni leucocytes; ils étaient constitués principalement par des urates dont l'abondance est exprimée dans nos tableaux par les trois désignations suivantes : 1^, léger dépôt; 2<>, dépôt et 3<^, dépôt abondant;
10^ Enfin, toute notre attention a été concentrée sur les qualités biologiques des uriaes qui seules pouvaient, dans notre esprit, se ressentir d'une manière sensible des effets des injections de l'extrait rénal. Il nous a paru que ces injections devaient avoir plus d'effet sur les qualités biologiques si complexes des humeurs organiques et de leurs déchets que sur leur composition chimique grossière. Nous avons donc étudié non seulement la toxicité urinaire, exprimée en chiffres par le coefficient urotoxique, mais encore et avant tout les phénomènes que l'animal en expérience présentait pendant Tinjeetion intraveineuse des urines. Aussi croyons-iious devoir rapporter ces expériences in extenso pour laisser le lecteur juge des modifications survenues sous l'influence du traitement séquardien. — Il nous est arrivé que l'animal en expérience, après avoir reçu dans les veines 200 ou âOO centimètres cubes d'urines, lestait vivant, sans qu'on pût continuer l'injection ; à ce moment, le coefficient toxique était déjà très faible, mais, en réalité, il devait être encore plus faible. C'est ce cas que nous avons marqué par le signe « moins »> <•
La technique de nos injections était la suivante : l'urine de vingtr quatre heures bien mélangée fut injectée une ou deux heures après le moment qui marquait la fin de la période de vingt-quatre heures nécessaires pour réunir les liquides. Elle fut filtrée, mais non neutralisée et non chauffée^. La température du laboratoire était de 16 à iS^ G. U vitesse de l'injection était en moyenne de 5 centimètres cubes par minute.
Pour compléter Texamen clinique, on prenait régulièrement la température rectale des malades trois fois par jour, à sept heui-es du matin, à midi et à sept heures du soir.
La durée de nos observations a été de onze jours pour chaque malade. Cette période se compose de trois jours de recherches préalables, ayant
* Dans ces derniers temps, des recherches spéciales sur la tolérance des animaux vis-à-vis des injections intraveineuses des liquides à basse et à haute température ont donné un appui scientifique à la légitimité de notre technique (voir les discussions à ce sujet à la .Soc. de Biol.^ 1897). i
ACnOM DE L'BXTRAIT RéNAL.
*ff]|imBTif»jdd« '•9a«|q tainqoio