J. GOURMONT, DOYON ET PAVIOT
courte dans le temps, mais suffisante par la quantité de coupes étudiées ainsi comparativement, il croit pouvoir tirer quelques conclu" sions :
1* Quand la méthode de Nissl donne des résultats positifs touchant les lésions cellulaires, celles-ci sont aussi bien appréciables par les autres méthodes ;
i** Le bleu de méthylène est incontestablement le meilleur colorant de la substance chromatophile de la cellule nerveuse, mais il n'e3i pas le seul, la safranine et Thématoxyline mettent aussi en vue, quoique moins nettement, les grains et bâtonnets ;
3^ Dans certains cas où les cellules auraient dû être saines, de par Tobservation clinique, et n*ofTraient d'ailleurs aucune lésion parle» autres colorants, une élection toute spéciale, encore mal connue du bleu de méthylène (coloration bleue uniforme de toute la cellule, comme dans les moelles des cobayes étudiées plus haut), aurait pu faire considérer ces cellules comme malades ;
4** En somme, la méthode de Nissl devra être encore longtemps expérimentée, avant de pouvoir servir à édifier des conclusion» aussi précises que celles de Nissl, puis de Marinesco; les déductions de ces deux auteurs nous semblent prématurées. Le temps écoulé entre la mort et la récolte des pièces, Tétat plus ou moins avancé de décomposition cadavérique, la durée de l'agonie du malade, la nature de TafTection terminale, etc., sont autant de facteurs qui doivent avoir leur importance pour interpréter les aspects cellulaires après coloration par le Nissl, facteurs dont on n'a pas tenu assez compte jusqu'à présent.
Un long mémoire serait nécessaire pour relater en détail les faits qui nous ont coi|duit à formuler les conclusions précédentes: plusieurs d'entre eux feront l'objet de travaux ultérieurs. Nous ne signalerons aujourd'hui que ceux qui nous ont inspiré les doutes les plus sérieux sur la valeur de la méthode de Nissl.
Dans un cas de paralysie bulbaire aiguë (service de l'un de nous, J. Courmont), nous avons rencontré un état particulier consistant en l'apparence de blocs uniformémeot bleus de toutes les cellules du bulbe. Depuis deux ans déjà, nous aurions publié ce cas comme syndrome d'Erb avec lésions de polioencéphalite, si nous n'avions pas systématiquement contrôlé les résultats de la méthode de Nissl par les autres colorations ; celles-ci nous ont révélé des cellule^ absolument saines. — Dans un cas de méningo-myéliie ayant succéda probablement à une escharre fessière (service de M. Bouveret), i^, chromatolyse périnucléaire et périphérique nous a été montrée au$^^ nettement par la safranine que par le bleu de méthylène. — Dar^^ un cas de rhumatisme chronique dé formant progressif {du vieillarC^*