‹ Archives de physiologie normale et pathologique (volume 5)Chapitre 63 sur 269 · VII. — Lamellibranches · texte numérisé non relu

VII. — Lamellibranches

1** Huîtres, — Nous avons examiné diverses variétés d'huîtres comestibles (30 analyses).

Les résultats ont été suffisamment concordants. Les variations spécifiques ne dépassent pas sensiblement les variations individuelles.

Nous avons trouvé en moyenne 0,040 de fer pour 1000 de poids frais •^vec des écarts extrêmes d*un tiers, de part et d*autre du chiffre moyen \ll,02O-O,O6O).

U foie 8*est également montré ici le seul organe ferrugineux. Il confient, à poids égal, environ 5 ou 6 fois plus de fer que le reste de Torga- «isme.

Far exemple, on opère sur les huîtres Portugaises. On sépare le foie -^a reste du corps. On réunit les foies d*une quarantaine d'huîtres d*un ^lé et les corps d'autre part. On dessèche. On analyse la poudre de foie «ècfae et la poudi^e de tissus. On trouve avec la première : teneur en fer fwtir 1 gramme de foie sec = 0,110; avec les tissus secs, 0,018. ^

2* Coquilles de Saint-Jacques (Pecten Jacobœus). — Nous avons opéré avec les pectens de la même façon que précédemment. Voici les résultats de 10 analyses : 1 gramme foie sec contient en moyenne ^%40: les écarts ont été peu considérables (0,27 — 0,47).

L'ensemble des tissus (reste du corps), haché et analysé, a donné, k poids égal, quatre à cinq fois moins de ier que le foie. Dans une expérience nous avons trouvé pour 1 gramme de foie sec, 0™'",2 ; pour le reste du corps 0,04. -

Même chose chez les moules. La teneur du poids sec est 0""'', 16 pour 1 gramme de foie sec. Pour le même poids du corps, la quantité de fer est 4,7 fois moindre.

VHL — Gastéropodes.

Les analyses ont porté sur un grand nombre d*escargots de diverses provenances et conditions diverses, et sur des buccins. Les déterminations ont dépassé une centaine. Les quantités de fer trouvé varient entre des limites assez fixes suivant les espèces.

Chez les buccins le foie à l'état sec a donné O^^^^lô par gramme ; le reste du corps, 0"«',016. La proportion du fer du foie, à poids égal, €st six fois plus grande que dans le reste du corps.

Las escargots nous ont fourni l'occasion d'un grand nombre de <Kterminatians.

On opère sur un lot d'escargots de même variété, même taille, récoltés ta même lieu.

On extrait les foies, on en réunit plusieurs et Ton procède immédiatement à Tanalyse si Ton se propose de déterminer la quantité de fer du poids frais. Ordinairement, nous desséchons le tissu et nous analysons le poids sec. Les foies coupés en morceaux sont placés sur une cuvette plate au-dessus de Tacide sulfurique dans Texsiccateur à vide. Au bout de Tingt-quatre heures, le tissu est assez sec pour pouvoir être réduit en pondre. On achève la dessiccation a Tétuve à 110® ; la constance du poids s'obtient en quelques heures.

Cette poudre de foie est hygrométrique. On la conserve à rexsiccateur jusqu'au moment où on remploie.

Le foie des escargots assez divers sur lesquels nous avons opéré con-

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tient une proportion d*eau asseae faible par comparaison avec les autres tissus. Toutes nos déterminations oscillent autour du chiffre 3,8 an dixième près. C'est-à-dire qu*il faut multiplier le poids sec par le facteur 3,8 pour avoir le poids frais. Le chiffre d,8 représente le coeflicient d'hydratation du foie.

Pour les autres tissus, muscle, tube digestif, le coefficient est plus élevé et moins constant. On peut adopter peureux le coefficient 5 pour représenter rhydratation propre du tissu indépendamment de rinfiltratioo accidentelle. Lorsqu'on veut y déterminer la quantité de fer, il faut donc opérer sur les tissus frais pour éviter toute cause d'erreur. En ce qoi concerne le foie, il est au contraire à peu près indifférent d*opérer sur le tissu frais ou sur le tissu sec.

Voici les résultats. Nous les groupons en deux séries suivant la grandeur des nombres obtepus :

f'* série. — Escargots gris comestibles (H. Pomatia).

On opère sur cinq lots.

La teneur du foie en fer oscille autour du chiffre moyen 0™»',098 pour

1 gramme de poids sec. On peut prendre le chiffre 0™^,1, qui est fréquent. Pour 1 gramme de poids frais, cette quantité est 0,03.

Les autres tissus pris en bloc donnent pour 1 gramme de poids sec une quantité de fer égale à 0,021 ; soit pour le poids frais 0,004, c'est-àdire en définitive 5 fois moins que le foie.

2^ série, — Escargots de jardin à coquille jaune pâle (H. Hortensis, arvensis).

Nous trouvons : Foie, O^f'jlSO pour 1 de poids sec ; 0"^,03 pour i de poids frais.

La teneur des autres tissus est 0,024. pourrie poids sec, 0,024 pour le frais, soit entre 5 et 6 fois moindre que dans le foie.

En résumé, le foie des escargots contient constamment du fer. Le»

variations extrêmes sont exprimées par les chiffres 0.100 et 0.150

pour 1 gramme de foie sec. Il n*y a pas (sans parler de la coquille)

d'autre organe réellement riche en fer.

. Le foie (qui représente i/o* du poids du corps) contient à lui seul

2 à 3 fois plus de fer que le reste du corps.

Les escargots sur lesquels nous avons opéré étaient au nombre de plusieurs centaines. Ces grands nombres nous ont permis d'établir des catégories dans nos observations. De là quelques remarques intéressantes.

1** In/Inence du régimey du jeûne^ de rhivernation, des circonstances extérieures, — Nous avons examiné des animaux à la fin de Télé et pendant l'hiver. Ces derniers sont plongés dans le sommeil hibernal ; ils ont sécrété un diaphragme qui les isole dans leur coquille, ils sont soumis par conséquent à un jeûne absolu et prolongé ; leur vie est atténuée. En ce qui concerne le foie, nous y avons trouvé sensiblement la même quantité de fer, peut-être un peu plus grande qu'à l'état actif. La proportion du métal n'est donc que dans une dépendance très lointaine du jeûne et de Talimentation. Si

d veut bien remarquer que nous avons examiné des gastéropodes ihns ou terrestres, c'est-à-dire dont l'habitat est en général très irersement riche en fer, on concluera que l'influence directe du ilieu ambiant, quant à sa teneur en métal, est à peu près indifTé* Qte.

2* InOiiences des conditions physiologiques. Formation des profits génitaux. Formation de la coquille. — Au contraire, nous nsons que la quantité de fer hépatique varie avec certaines condiins intérieures, physiologiques. La période de formation des œufs la période génitale paraissent avoir une influence qui, pour être ise en lumière, exige de nouvelles recherches. En ce qui concerne la coquille» nous avons constaté dans un autre ivail qu'elle contenait les mêmes pigments qui donnent au tissu i foie sa couleur spéciale, et en outre du fer en proportion notable. ., inversement, chez les hélix à vie active, nous avons trouvé dans foie une quantité de sels minéraux, de calcium en particulier, en pport avec ce qui existe dans la coquille.

On traite, comme nous Tavons dit plus haut, le foie par Tacide sulfu- |ue a chaud. A la An de l'opération, il reste au fond du ballon, dans 1 2 centimètres cubes d'acide, des cristaux de sulfate ferrique, dont la lantité, appréciée à simple vue, fournit un premier renseignement sur quantité de fer que donnera Tanalyse colorimétrique. Or, il arrivé dans les analyses de foie d*escargot que l'on trouve beau» ap plus de cristaux que ne Iç comporte la quantité du fer. Cette poudre istalline n*est pas, en effet, uniquement formée de sulfate ferrique. le est formée de sels minéraux (sulfates alcalino-terreux) qui ne se ssolvent pas ensuite dans l'eau.

8* Sécrétion hépatique. Sa teneur en fer. Son pigment. — Enfin, sécrétion du foie entraine du fer. — Il n'est pas facile d'obtenir la icrétion du foie chez l'escargot, non plus que chez la plupart des ollusques ou des crustacés parce que cette sécrétion, trop peu abonmle pour être recueillie, est d'ailleurs mêlée aux matières alimenires. Mais Tescargot hibernant se prête à un artifice. Au-dessous u diaphragme sous lequel il s'est clos on trouve en général un aneau noirâtre correspondant à l'évacuation du contenu de l'intestin ui s'est opérée après l'inclusion. L'intestin lui-même, désormais ide, se remplit de la sécrétion (ralentie) du foie qui continue à s'y ccumuler.

En ouvrant l'animal, on peut recueillir cette sécrétion hépatique. 'est une masse consistante d'une belle couleur orangée rouge. Ce gment constitue ce que Krukenberg a appelé Vhélicorubine. Nous avons analysé celle sécrétion hépatique, au point de vue du r. Bile est très riche. A poids sec égal, elle contient deux à trois s plus de fer que le tissu hépatique lui-même.

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On recueille les foies et les sécrétions hépatiques d*uoe dizaine d'es- •cargots en hibernation depuis un mois et demi. On dessèche.

La poudre de foie sec contient par 1 gramme, 0"»',i5 fer.

lia poudre de sécrétion hépatique par 1 gramme, 0'*«',45 fer, soit trois fois plus.

Mais cette sécrétion de Tanimal hibernant peut être considérée comme le résultat de la concentration de la sécrétion normale. En tenant compte de ce fait, on peut évaluer à égalité la quantité de fer •de la sécrétion normale et celle du tissu (rais du foie. Comme la bile des mammifères^ la bile de F hélix contient donc une quantité de fet sensiblement égale à celle du tissu hépatique.

La question se pose de savoir comment le fer est engagé dans la «écrétion hépatique, s'il est lié au pigment ou s'il en est indépeo- •dant, comme chez les mammifères. Pour le moment, nous avons quelque tendance à penser qu'il en est indépendant. Le pigment biliaire de l'invertébré et celui du mammifère ont ici de nombreuses analogies : couleur, solubilité dans les alcalis, etc. Le spectre d'absorption n'est pas le même : l'hélicorubine offre, en outre des deux plages sombres de la bilirubine aux extrémités rouge et violette du spectre deux bandes noires dans le rouge et l'orangé. Elle ne donne pas la réaction de Gmelin.

Ces différences ne doivent pas empêcher d'apercevoir les analogies •de la bile des vertébrés avec la sécrétion hépatique de l'hélix, quant à ces deux points essentiels, le pigment et le fer. Or, ce pigment et ce fer, la théorie les fait dériver, chez le vertébré, du pigment san- ^in ferrugineux (hémoglobine) ; et nous voyons ici qu'ils sont entièrement indépendants de tout pigment sanguin ferrugineux, puisqu'il n'en existe pas de tel dans le sang pâle de ces mollusques où d'ailleurs, d'après les auteurs, le cuivre tient la place du fer.

Ces constatations sont bien faites pour inspirer quelques doutes «ur les théories peut-être trop exclusives qui régnent en physiologie relativement au rôle hématolytique du foie et à la genèse hémaiiqat des pigments biliaires. Chez les invertébrés, le dépôt métallique du foie est indépendant du pigment métallique du sang: le foie contient du fer, le pigment du sang contient du cuivre et, inversement, des constatations préliminaires nous permettent de dire que, si le pigment -du sang contient du cuivre, le foie n'en contient pas sensiblement.

On voit, par ce qui précède, que le fer existe dans le foie et y varie, non pas au hasard des absorptions (auxquelles, d'ailleurs, il est très rebelle), mais pour des causes et en vue d'usages physiologiques réglés, pour une fonction.

Cette fonction, ce n'est pas l'hématolyse ; elle n'est pas du tout relative au pigment sanguin (invertébrés) ou pas exclusivement

(vertébrés). Quelle est-elle ? Pour répondre à cette question il faut sortir des faits et proposer une hypothèse.

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