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IX. — Hypothèse

Le rôle du fer serait de favoriser les combustions organiques : 1"* Nous pensons que, d*une façon générale, le foie est un desorganes où les combustions organiques sont le plus intenses et le plus continues. L'un de nous a déjà insisté sur cette vue *.

L'ensemble des réactions qui s'accomplissent dans le foie est exothermique. Il s'y produit un dégagement de chaleur considérable et continu ; c'est au sortir du foie que le sang est le plus chaud ; le foie est l'organe dont la température est la plus élevée. Laissant de côté les dédoublements, dont la part ne s'élèverait au maximum qu'à 1/7 (d'après A. Gautier lui-même, qui a appelé l'attention sur leur importance), on peut inférer de cette condition thermique du foie que les oxydations y sont prépondérantes. On est confirmé dans cette conclusion par des observations accessoires. L'acide carbonique et l'eau sont les témoins d'oxydations poussées à leur terme; l'urée,, un résultat d'oxydation incomplète de l'albumine. Or, l'urée a sa source principale dans le foie. L'acide carbonique y est formé abondamment, car, en outre de l'acide carbonique qui passe dans le sang, il y en a en quantité considérable dans la bile, à l'état libre ou à l'état de carbonates (au total Bô'^^,! pour 100'''^ de bile d'après Pflùger). Une partie même de l'eau de la bile semble provenir des combustions hépatiques et non pas seulement de la simple flltration de celle qui est contenue dans le sang, car la pression dans les canaux biliaires dépasse la pression du sang afférent (veine^porte). Enfin, le défaut presque absolu d'oxygène dans la bile, qui est l'un des produits de l'activité hépatique (0,2 pour 100''* de bile), semble indiquer aussi que cette activité coïncide avec une consommation d*oxygène poussée très loin. Ces arguments et d'autres encore justifient donc notre opinion sur l'activité d'oxydation du foie ;

2*' D'autre part, en général, les chimistes ont établi que le fer est un agent oxydant pour les matières organiques.

En présence des matières organiques, Toxyde ferrique Fe*0*.3H*0 qui existe dans les tissus cède son oxygène et passe à l'état d'oxyde ferreux; celui-ci, base assez forte, se combine aux acides même faibles, acide carbonique, acidalbumine, acide nucléinique, donne des aibuminates et nucléinates ferreux et du carbonate ferreux GO^Fe, Jequel est soluble dans l'eau chargée de CO^. On peut donc avoir des sels ferreux, du carbonate ferreux, de l'oxyde ferreux. Or, au contact de l'oxygène du sang comme de l'oxygène de l'air,

* A. Dastre, arl. Bile du Dictionnaire de pliysiologio {iV

190 A. OASTM ET N. PLORESCO.

les sels ferreux se transforment spontanément en sels ferriques; l*oxyde ferreux devient Fe>Q*.3H*0 ; si l'acide est faible (acide carbonique, acidalbumine, acide nucléinique), le sel ferrique (carbonate, albuminate, nucléinate) se scinde, l'acide (carbonique) devient libre parce que la base elle-même (oxyde ferrique) est faible et Ton a finalement de l'oxyde ferrique libre Fe*0*.3H*0.

On se trouve ainsi ramené au point de départ du cycle et Topération peut recommencer indéfiniment ; cette opération se résume en ceci, que le fer a servi à fixer de l'oxyg^ène sur la matière organique, •e est-à-dire à la combustion organique. Le rôle du fer serait celai de convoyeur, transporteur d'oxygène ;

3"" Si nous rapprochons maintenant ces deux catégories de faits, d'une part, V abondance des oxydations dans le foie, de l'autre, le rôle oxydant du fer, leur relation devient évidente. La fonction du fer hépatique est d'activer les combustions organiques. La fonetioB martiale du foie est une fonction doxydatioa *• A cet égard le foie ne posséderait qu'à un degré plus éminent une propriété universelle -des tissus, de fixer le fer et de s'oxyder *.

Résumé et Conclusions.

!• Chez les crustacés (homard, langouste, écrevisse) l'organe d hépatique est riche en fer, et il est seul à l'être.

2"* Chez les céphalopodes (poulpe vulgaire, seiche, calmar) l'organe hépatique (hépato-pancréas) est riche en fer. Il contient vingt-cinq fois plus de fer, à poids égal, que le reste du corps. Il est mieux spécialisé à cet égard que le foie des vertébrés supérieurs, puisqu'il est le seul organe chargé de fer, tandis que chez les mammifères le sang est le tissu ferrugineux par excellence et que la rate est fréquemment plus riche que le foie. Ici il n'y a pas de rate et le sang contient du cuivre ;

8* Chez les lamellibranches (huîtres, coquilles Saint-Jacques, moules), l'état de choses est analogue. Le foie contient constam-

* Cette hypothèse reçoit des confirmations de bien des côtés. Nous citerons^ par exemple : 1" la constatation du pouvoir oxydant du tissu hépatique par Jaquet, Salkowski, Abelous et Biarnès, Spilzer, Portier, etc., d*oîi Tidée d'une oxydase hépatique; 2* les transformations des pigments biliaires qui nous ont conduit nous-mêmes à l'idée d'une oxydase hépatique passant dans la bile. Enfin G. Bertrand a montré le lien étroit qui réunit quelques oxydases au manganèse. Ici Poxydase serait liée au fer, voisin par ses propriétés du manganèse.

* La flxation du fer se fait-elle exclusivement, sous forme dissimulée, sur les nudéoprotéides du foie. Nous ne le pensons pas. D'accord sur ce point avec Maoallum, nous croyons qu'une partie du fer hépatique existe sous forme non dissimulée (sels, albuminates) ; et c'est celle-là qui a un rôle dans les oxydations. L'autre partie se rattacherait à la fonction hématolytique.

dent du fer. Il en contient cinq à six fois plus à poids égal et à Tétat «c que le reste du corps, chez les huîtres ; quatre à cinq fois plus '.hez les pectens ; cinq fois chez les moules ;

h? Chez les gastéropodes^ résultats analogues. Pas d^aulre organe -éellement riche en fer que le foie. La quantité de fer du foie est ^ntre cinq et six fois plus considérable que celle du corps à poids igal ;

5* La proportion du fer du foie est indépendttate du jeûne et de ralimenlation, de la richesse en métal du milieu ambiant, de l'habitat terrestre ou marin, c'est-à-dire» en général, de toutes les circonstances extérieures et contingentes ;

G"" Elle parait dépendre, au contraire, des conditions physiolo- ^ques : l"" en premier lieu la période génitale et de formation des oeufs; mais ce point exige de nouvelles recherches; 2<* en second lieu la formation de la coquille chez Tescargot. Nous avons vu, en ^(Tet, que la coquille contient de fortes proportions de fer et les némes pigments qui existent dans le tissu hépatique ; inversement e foie renferme, à la période de croissance, des quantités notables le métaux alcalino-terreux ; 3"* enfin et surtout, le fer hépatique )asse dans la sécrétion du foie. Chez l'escargot en hibernation, on >eut obtenir la sécrétion hépatique pure. On s*assure qu'elle contient lu fer en proportion au moins égale à celle du tissu hépatique omme chez les mammifères. Elle contient aussi un pigment remar- [uaUe, plus ou moins analogue à la bilirubine des mammifères bélicorubine) ;

7*" Ces faits établissent que le foie possède une fonction martiale.

Le fer qu'il contient n'y est pas accumulé au hasard des absorpions et des circonstances extérieures ; il y existe et il y varie par les causes et pour des usages physiologiques réglés, pour une ^onction.

Cette fonction n'est pas relative à VHématoIyse. Le métal du foie ^st indépendant du pigment métallique du sang.

Le pigment biliaire n'a pas son origine dans le pigment sanguin.

Cette conclusion est rigoureuse chez les invertébrés ; elle n'est sans doute que relative chez les vertébrés, c'est-à-dire que chez ^x, à la fonction martiale générale du foie, vient se superposer la ^onction bématolytique.

Les faits s'arrêtent ici. Nous savons que la fonction existe ; nous avons ce qu'elle n'est pas. Quant à ce qu'elle est, nous avons rendu raisemblable cette hypothèse^ à savoir : 8* La /onction martiale du foie serait une fonction d* oxydation.

Sur la caractéristique d'excitation des nerfs et des muscles, par G.Weiss, professeur agrégé à la Faculté de Médecine de Paris.

Dans un article ayant pour titre : Recherches sur faction physiologique du courant galvanique, M. le D' Dubois, do Berne, cite, d'après Bordier, les expériences d'Ânflnoffsurrinfluence des résistances dans Feick tation électrique des nerfs et des muscles.

M. Dubois ajoute ensuite :

« Bordier cite, il est vrai, les expériences contradictoires de Cour* « tade, de Weiss, n Paris, et les siennes propres, et il conclut: « Notre « conviction, d'après tout ce qui précède, est que le facteur important à « considérer, c'est f intensité du courant, quelle que soit la force électro* M motrice de la souix;e à laquelle on s'adresse. L*emploi des rhéostatscst « donc absolument rationnel.

<i Je ne puis nullement partager cette conviction. Je retrouve dans le» « expériences d'AnÛnoffdes faits entrevus par moi-même auti*efois. Eafio, « les expériences de Weiss et de Bordier ne prouvent rien contre Ad6- « noir, car, tandis que ce dernier parle de contraction musculaire, ces « auteurs interrogent la sensibilité cutanée. »

Je tiens à dire qu'il y a une confusion dans cette citation, les expériences dont il est question n'avaient nullement pour but d'être opposées à celles d'AnfinofT, confirmées par celles de M. Dubois. Je regarde, au contraire, les résultats obtenus par ces deux observateurs, comme conflrmatifs des idées que j*ai à diverses reprises exposées sur l'excitation des nerfs et des muscles, quoique au premier abord celles de M. Dubois puissent leur paraître contraires.

Pour me faire comprendre, je suis obligé de reprendre la question d'an peu plus haut.

Dans ^es études sur l'excitation des nerfs et des muscles, M. d'Arsonval a admis que l'élément important de l'excitation était la variation de potentiel au point de contact de l'électrode négative. Les variations de potentiel pouvaient être enregistrées directement à l'aide d'un dispos^ilif imaginé par M. d'Arsonval et la courbe représentative E = / (t) est ce que l'auteur appelait la caractéristique d'excitation. De mon côté, je considère que l'excitation électrique des nerfs et des muscles, aussi bien que toute autre action électrique, est parfaitement définie lorsque l'on connaît la loi I = f(t)f suivant laquelle varie le courant électrique travei'sant l'organe en expérience. Toutes les expériences publiées et toutes celles que j'ai imaginées moi-môme et qui sont des plus variées, peuvent s'ex-

ic[uer de cette façon; je ne connais pas une seule exception, mais la loi ^i souvent masquée et n'opporaît qu'après une discussion minutieuse. Pour rendre ma pensée plus claire, je vais employer une comparaison, aelque imparfaite quelle puisse être. Quand on fait Tétude des moteurs ivdrauliques, on trouve que Ténergie empruntée par le moteur à Teau ïst égale à la perte d*énergie potentielle et cinétique de cette eau.

Cette loi est absolument générale. Mais si en particulier on expérimente sur des dispositifs différents, les divers facteurs qui entrent dans la perte ^'énergie de Teau pourront dominer suivant les cas.

Ea étudiant une roue à auges, on trouvera que le travail produit déiKDd de la quantité d*eau débitée; pour une roue en dessous, ce sera la vitesse du courant d*eau qui sera Télément dominant; pour une turbine, le travail variei*a avec la pression et ainsi de suite. 11 n'en est pas moins -certain que la loi générale, citée plus haut, restera Texpi^ssion de la -mérité.

De même quand dans Taction de Téléctricité on connaît la loi l=zf{t) h problème est déterminé, mais, suivant les cas, les divei*s facteurs qui ùllaent sur la fonction /*(/) pourront prendre plus d'importance les uns ^eles autres. Digis la courbe I = /(/) il y a surtout deux choses ù considérer :

1* Le coenicient angulaire de la tangente à la courbe, donné par y-

-«t représentant la variation d'intensité du courant;

^ La surface comprise entre la courbe et Taxe des abscisses représentant la quantité d'électricité en jeu. Comme la courbe l =z f(t) dépend de divers éléments, la force électromotrice E, la résistance des conducteurs R, leur capacité C, leur self-induction I, suivant des expériences, ces divers éléments pourront prendre une importance prédominante, sans que les résultats, contradictoires eu apparence, puissent être opposés les ans aux autres.

Eo particulier, il est aisé de voir que dans toutes les expériences d'AnfinolTet de Dubois, les elTcts observés dépendent de la variation de forme de la courbe I = f(t).

La théorie moderne sur l'action du cœur et la fonction dos nerfs du M?or*; par M. L.-J.-J. Muskens, assistant de physiologie a l'Université d'Harvard. Boston (Mass.), U. S. A.

I. Développement de la théorie de T origine myogène de l'action caréaque. — Quoique en plusieurs matières de la science physiologique les dernières dizaines d'ahnées nous aient fourni des idées toutes neuves, cependant peu de ces révolutions me semblent aussi profondes que celle ooocemant Taction du cœur. Cette révolution paraît avoir fait place à un gtata quo, dans lequel beaucoup de physiologistes, spécialistes en matière de cœur, s'accordent sur ce point, qu'on doit revoir tous les chapitres de h physiologie du cœur, d'après la théorie moderne.

* D'après mon travail, publié dans los Oonoeskundigo Bladen^ t. IV, 4.

AliClI. IlE PIIY8., 5* SÉRIE. — X. 18

Ce changement d^idée est d'autant plus remarquable, que, il y & un «lemi-siècle, peu de théories étaient aussi bien fondées que la doclnitt d'alors sur Faction du cœur, suivant laquelle le système nerveux propR du cœur serait la source et la cause du jeu compliqué des contractions cardiaques. I^ nouvelle doctrine, au conti*aire, envisage le muscle cardiaque même comme le porteur de toutes les qualités, grftce auxquelles le cœur est comme la pompe sans repos de notre système de circulatioDi et n'attribue au système nerveux qu*un rôle inférieur.

Depuis longtemps on savait que le cœur a son système nerveux propre ; on savait également que les fibres du cœur sont douées d'une stmoture transversalement striée. Dans de certaines limites, on croyait pouvoir comparer le cœur à un muscle volontaire ordinaire. Les neris qui relient le cerveau et la moelle épinière au plexus nerveux du cœur^ pouvaient difficilement être regardés comme la voie suivant laquelle des impulsions automatiques aboutissent au cœur, vu que le cœur extirpé continue à battre. Par conséquent on cherchait les appareils automatiques — dans ce temps-là on ne pouvait s'imaginer Tactivité automatique que comme dépendante de cellules nerveuses — dans le muscle du cœur même. Quand ensuite Remak, Bidder et Ludwig eurent démontré la présence de masses ganglionnaires dans le cœur, tous les faits semblaient d*accord avec la théorie.

Les mouvements compliqués coordonnés, qu'on observe après une irritation artificielle du cœur, étaient alors regardés comme des mouvements réflexes, comparables à la contraction de la jambe, quand on pince Forteil d'une grenouille décapitée. On connaissait aussi le mouvement de la déglutition comme exemple de mouvement réflexe associé; de même que l'irritation mécanique de la muqueuse pharyngée provoque le moDvement péristaltique de déglutition, de même l'irritation du cœur, sartout de l'endocarde, provoquerait un mouvement péristaltique de tont l'organe.

A cette chaîne de raisonnements un chaînon manquait et justement celui qui soutenait tous les autres. L'observation qui était le point de départ, une observation du reste de deux excellents physiologistes, Kurschner et Budge (1846), fut démontrée inexacte. Ceux-ci croyaient avoir constaté que les contractions du cœur, après une irritation dans un endroit du ventricule quelconque, commençaient toijgours par. une contraction de Toreillette. Il est clair que cette même expérience paraissait prouver l'existence de nerfs du cœur centripètes, c'est-à-dire sensibles.

Il était réservé à Gaskell et Engelmann (1877) de démontrer l'inexactitude du fait fondamental, qui servait de base à cette théorie. I/ondede contraction, comme le changement d'électricité précédant cette onde, paraît partir de Tendroit de la paroi cardiaque directement irritée.

Ainsi tomba la comparaison de l'irritation de la paroi cardiaque avec celle de la jambe de la grenouille ; il devint inutile, il cessa même d'être permis d'admettre dans celte expérience un fonctionnement de nerfs quelconques. En même temps on croyait qu'on pouvait comparer ces faits avec le fait trouvé quelques années auparavant par Engelmann, à savoir que U source des mouvements périodiques de l'uretère se trouve dans les qualités automatiques de la paroi musculaire et non des cellules ganglionneuses. Bref, il sortait de ces recherches une conception toute neuve la question au moins se posa : Peut-on expliquer les conti^ctions nor maies du cœur en dehors des ganglions intra-cardiaques ? La source d travail du cœur est-elle d'espèce myogène ?

Les fondements de Tancienne doctrine étaient ébranlés, mais il fallut «« travail de longues années et de beaucoup de savants pour miner len- ^oment cette théorie qui semblait jadis si fortement établie.

Ëogelmann réussit à démontrer que Tonde de contraction peut se propager d'un morceau à Tautre dans un cœur déformé par des coupores en zig-zag ; chose impossible à expliquer par un mécanisme nerveux, mais qui s'explique en admettant le principe de la conduction de Tirritation par le contact des cellules musculaires du cœur, émis par le même physiologiste. Il parut qu'une irritation, provoquant la contractioD, se répand dans tous |es sens et comme si chaque département du cœur n'était autre chose qu'une seule fibre musculaire creuse. — Difficile à expliquer resta la conduction lente de Tonde de contraction d^une partie du cœur vers l'autre, difRcile à comprendre également Tinfluence des nerfs cérébro-spinaux et sympathiques sur le cœur.

En ce qui concerne le premier point, Paladino (1876), W.-H. Gaskell, A.-F. Stanley-Kent et W. His junior démontrèrent que, chez tous les animaux vertébrés, Thomme inclus, les cavités différentes du cœur possèdent une paroi musculaire continue. Par exemple Toreillette et le ventricule sont réunis par des fibres musculaires.

Le ralentissement de la transmission de Tonde de contraction par les bandes musculaires indiquées plus haut, n'était pas encore assez bien ëclairci, mais il s'expliqua mieux, quand Gaskell put occasionner artificiellement un ralentissement semblable (« block <» des auteurs anglais). Il fendit Toreillette de la tortue de telle sorte que seulement une jointure de masse musculaire reliait les deux moitiés ; en irritant un point quelconque d'une des deux moitiés, il constata aussi la contraction de la seconde partie, mais seulement après un certain intervalle. Peu de temps après, Gaskell croyait pouvoir démontrer une structure plus ou moins embryonnaire dans les fibres des jointures musculaires entre le sinus et l'oreillette, et Toreillette et le ventricule.

A propos de l'influence des nerfs du cœur, nous en parlerons plus bas.

Parmi les arguments différents, mis en discussion au cours des derniers vingt ans pour soutenir la théorie moderne de l'origine myogène de Tact ion du cœur, nous nous arrêterons encore aux observations faites sur le cœur embryonnaire. Voyons également ce qui a été trouvé concernant l'automatisme de chaque partie du cœur, c'està-dire de la disposition à exécuter des contractions spontanées rythmiques.

Auparavant, on avait déjà remarqué que les pulsations du cœur embr>'ODnaire commencent avant que le microscope soit en état de démontrer des cellules ganglionnaires dans la i)aroi ou dans les environs du cœur. Ainsi, W. His prouva que Toriginc du système nerveux du eœar s'observe seulement dans un embryon de requin de la Mer du Nord de treize millimètres, tandis qu'on peut voir les pulsations du cœur de cet animal déjà dans un embryon de cinq millimètres. Chez Thomme, la première origine de cellules ganglionnaires cardiaques se trouve dans les embr^'ons dès la fin de la quatrième ou cinquième semaine, tandis que E. Pflûger a constaté déjà des contractions régulières du cœur dans on embryon humain d'à peine trois semaines. La constatation des cellules ganglionnaires s'est faite dans ce cas sur des séries complètes de coupes du cœur embryonnaire, de telle façon qu'aucune cellule ne peut échapper è Tœil de l'observateur minutieux. De plus, on pouvait démontrer que les cellules ganglionnaires cardiaques ne se développent point in ioco,

196 HISTOraE ET CRITIQUE.

mais seulement plus tard elles croissent vei*s le cœur le long ëes vaisseaux, en partant du système nerveux sympathique. ,

Quant à Tautomatisme propre des différentes parties du cœur, on avait déjà réussi auparavant à produire des contractions rythmiques dans li pointe du ventricule par une irritation mécanique (compression);d« J ' * même on pouvait obtenir ce résultat par une irritation constante élee* trique ou chimique. Une irritation continue paraissait pouvoir cansff une action du muscle cardiaque plus ou moins rythmique^ fait très remarquable.

Les recherches du dernier quart de siècle ne peuvent point expliqua ce fait ; mais elles ont au moins fourni d*autres faits remarquables en rapport avec cette qualité curieuse du muscle du cœur. Bo^vditch trouva que, sous Tinfluence de chocs faradiques intermittents d*une même ioteu' site, les contractions de la pointe du cœur augmentent graduellemeat. De môme il constata que, sous Tin fluence de courants électriques de différente intensité, le cœur ou bien se contracte totalement, ou bien ne fait rien du tout. — Ranvier arriva à cette forijiule : sous Finfluence d'une irritation quelconque le cœur donne tout ou ne donne rien. — Quand ensuite Marey, Kronecker, Gley, etc., eurent démontré que, pendant la période de contraction et môme un peu plus tard, le muscle cardiaque n*est pas susceptible d'une irritation intercurrente (période réfractaireinotre connaissance des qualités de ce muscle s*était sans doute sensiblt^ment appi*ofondie.

L*honneur d'avoir démontré Tautomatisme propre de toutes les fibres musculaires cardiaques, et de Ta voir examiné en divers sens, revient pour une bonne partie aux physiologistes anglais. Les rechercher de Gaskell, Me William, etc., paraissent être peu connues sur le continent, p Indiquons leurs résultats brièvement. i

Ëngelmnnn avait déjà démontré, en 1869, que les contractions péri^- ! taltiquesde ruretère,dont les mouvements ont tant de ressemblance avec ; ceux du cœur, s'exécutent sans le concours de cellules ganglionnaires. U preuve expérimentale que des contractions spontanées normales parteDl aussi des endroits de la paroi du cœur adulte des Vertébrés^ où des cellules ganglionnaires manquent absolument^ ne se fit point attendre. Et cette découverte produisit d'autant moins d'étonnement que, précédemment, Wharton Jones avait découvert les pulsations des veines de Taile de la chauve-souris, et ensuite M. Schiff et d*autres avaient démontré des contractions rythmiques indépendantes dans les artères auriculaires du lapin. Jusqu'à ce moment, on n'a trouvé dans ces tissus, même au moyen des méthodes de coloration des éléments nerveux les piu^ modernes, aucune trace de cellules ganglionnaires.

Ensuite, les recherches des cellules nerveuses dans le cœur de différents animaux invertébrés, Tunicatœ et Crustacefc, faites par K. Schônloin, W. Biedermann et KnoU, n*ont abouti qu'à faire constater l'absence de cellules nerveuses, tandis que, au bout du compte, récemment Ed' gelmann a fourni la preuve pour la grenouille adulte, que les contraction^ normales rythmiques peuvent partir de tous les endroits des grande^ veines, et aussi des endroits où il n'existe pas de cellules ganglionnaires'

Quand, de plus, on eut réussi à provoquer sous certaines condition^ des contractions rythmiques automatiques de la pointe du ventricule? coupé — une partie de la paroi du cœur reconnue libre de cellules nerveuses par tous les investigateurs, — la nouvelle doctrine pouvait être estimée bien fondoi». — Ce dernier argument a été exposé naturellement

d*aitaques de la part des défenseurs de Tancienne théorie, nsister sur les détails, nous serions conduits trop loin ; nous aterons de constater que, raisonnablement, toutes les obseritradictoires à cette théorie, grâce aux travaux des dernières innées, ont perdu leur valeur. — Quant aux mammifères, tout

W. Porter a fourni la preuve, que la pointe du ventricule du »de un automatisme propre.

chacune des parties du cœur possède un pouls qui lui est amcnt expliquer le concours systématique do tous ces diffés, la coopération qui, dans Faction du cœur, réveille le plus i*ation, une coopération, du reste, qui est indispensable pour lement de Torgane ? Comment expliquer la succession dans lions des difTéreutes parties du cœur, c'est-à-dire d*où vient Tistaltiquo dans les mouvements du cœur? n pour laquelle la disposition normale de toutes les fibres s du cœur à faire des contractions rythmiques spontanément, . pas sous des conditions normales et ne fut découverte que si t, repose simplement sur cette circonstance que les parties ûtuées près des bouches veineuses battent avec un rythme

que l'oreillette et encore beaucoup plus que le ventricule. 1 peut rejçarder le cœur, dont les différentes parties sont reliées par des bandes musculaires, comme un tout continu, même, t, comme une fîbre musculaire creuse, ainsi lo rythme do la 'jour douée de la plus grande automaticitéy c'est-à-dire où les 3 spontanées sont Jes plus fréquentes, dominera le rythme de r. — La partie douée de la plus grande automaticité est en 38 l'extrémité du cœur, do laquelle doit partir l'onde de

péristaltique au profit d'une propulsion normale du sang. ^uent^ le rythme des bouches veineusesy dans la norme, est jjips le rythme de tout le cœur,

conditions anormales, cette proportion peut changer, c'est-àime du ventricule peut indiquer le rythme de tout le cœur ; [ péristaltique a fait place à une onde antipéristaltique. C'est Taskell a réussi à augmenter artificiellement l'automatisme le, en même temps à diminuer celui des bouches veineuses et .te; alors, on voyait paHir les contractions du ventricule, les 5 rythmiques spontanées étaient devenues là les plus fréquentes. 3n admettre un semblable mécanisme pour expliquer ce que t constaté sur des cœurs de requins et de raies placés dans is do chlorure de sodium. Dans ces conditions, je constatais itractions devenaient de moins en moins fréquentes dans le ant, Jusqu'à un moment donné, où il s'établit une courte phase li, ensuite, est suivie d'une série de contractions antipéristacontraction du ventricule précédait ici celle de Foreil lotte. — après cette phase, le repos déflnitif s'établit.

>ns ainsi appris à connaître le cœur comme une chaîne de ées entre elles par des faisceaux musculaires, dont les élées musculaires) possèdent toutes les qualités fondamentales

woir de se contracter sous rinHuenco duno irritation quel-

voir de transmettre cette irritation (conductibilité) ;

3* Le pouvoir d exécuter des contractions rythmiques spontanées (automatisme).

Figurons-nous le cœur le plus primitif comme uu muscle creux, dont toutes les fibres musculaires composantes sont également pourvues de ces trois qualités fondamentales, alors nous nous représentons le développement du cœur dans un tel sens que les deux dernières de ces qualités (qui, du reste, ne sont qu^apparemment simples) se sont distribuées inégalement, mais, néanmoins, systématiquement, dans les dilTérenles parties de ce vaisseau primitif.

D*un côté, Tautomatisme se développa le plus là où les bouches veineuses se formèrent. Ceci fut de moins en moins le cas, en partant des bouches veineuses vers le bout artériel du cœur, c^est-à-dire successivement le sinus veineux, Toreillette, le ventricule, le bulbe artériel. Par conséquent, les parties les plus proximales du cœur, c'est-à-dire les bouches veineuses, peuvent indiquer le rythme du système entier, autrement dit : la contraction de ces bouches est en même temps le point de départ d'une contraction péristal tique qui, grâce à cette circonstance, pousse en avant le contenu du cœur entier jusqu'au commencement du sys» tème artériel. — Par contre, le fait que, dans les endrails où les différentes cavités du cœur se joignent et sont reliées entre elles par des ^ faisceaux musculaires, le pouvoir de transmission de Tirritation se déve- ^ loppa moins, devait être favorable à une propulsion convenable du saDg. j

La conclusion de tout ce qui a été décrit et ce qui nous intéresse le ^ plus, c'est que : les ganglions intra-cardiaques ne peuvent point être k i source des contractions spontanées du cœur. 4

II. Sur la sensibilité du cœur et sur des réflexes d'une partie da cœur sur les autres. — Nous avons terminé le chapitre précédent eo déclarant que le système nerveux propre du cœur ne peut point conteoii' de centres moteurs, c*est4i-dire coordinateurs pour l'évolution régulière des contractions du cœur ; nous verrons, maintenant, si nous pouvons approfondir quelque peu le fonctionnement des ganglions intracardieques.

Après leur avoir refusé des fonctions motrices, nous avons à poser en première ligne la question : les ganglions du cœur ont-ils peut-être iid<^ fonction sensible? Ou bien ces ganglions servent-ils de siège à des réflexes du cœur sur le cœur, par exemple des réflexes partant du ventricule vers les centres automatiques (musculeux) du cœur ?

£n ce qui concerne le côté anatomique du problème qui nous occupe, on savait déjà depuis longtemps que, chez l'homme et les autres ver^ tébrés, des nerfs du cœur se répandent non seulement dans le muscle du cœur proprement dit, mais également dans le péri-, comme l'endocarde. Ils forment, en différentes places, des plexus minces, dont les fibrilles terminales paraissaient finir dans le protoplasme des cellules endolhé- Haies. Heymans et Demoor les déclaraient sensibles et supposaient qu'elles exerçaient une influence régulatrice sur le fonctionnement du cœur, ce qui ne nous semble pas assez motivé.

Quant aux données physiologiques, il en était déjà question dans notre premier chapitre. Tandis que l'existence de nerfs sensibles du ventricule, qui influenceraient directement les centres intracardiaques, n*est' pas prouvée, il est sûr que, chez certains mammifères, certaines irritations du cœur peuvent parvenir aux grands centres nerveux le long des voies cérébro-spinales et provoquent ici des réflexes vers le cœur même, ainsi que sur les autres muscles; néanmoins, cette preuve expérimentale n'a

^té fournie que très récemment. Knoll, Zwaardemakor et Wooldridge »t démontré que le ventricule du chien et du lapin contiennent des lerfs sensibles. Leurs observations sur des irritations de la puroi du ventricule sont difficile à expliquer autrement que comme réflexes.

Cependant il reste étrange que, dans tant de cas, diaprés les assertions ie tous les auteurs, une lésion mécanique profonde des ventricules du îœar n'occasionne d*autres troubles que ceux qui tiennent à l'irritation lirecte passagère de la substance musculaire et que des réflexes propre-^ nent dits et des phénomènes de sensibilité manquent complètement. [>ci est le cas spécialement chez Thomme. Rappelons ici les cas du somte Montgomery, décrit par Harvey, et celui de M"^^ Séraphin, décrit Mr von Ziemssen, dont le cœur était à peu près à découvert et chez les- ]aels rirritation du cœur ne put provoquer aucune sensation. — Par niite de la résection de plusieurs côtes, le cœur d'un de ces malades ^tait tellement à découvert qu'on pouvait le saisir avec le poing, égalenent le pincer, tout ceci sans constater une sensation spéciale quel-ionque.

Quant aux données cliniques à propos de notre problème, elles sont isses faibles. Quoique chacun, par son expérience, connaisse des cas de naladies du cœur, c'est-à-dire des différentes formes de myocardite dans les vices val vul aires on se plaint plutôt d'une certaine sensation le pression dans la poitrine), dans lesquels le patient accuse une douleur la coBur, même ressent une douleur à chaque battement du cœur, il est rapossible de fixer exactement, par observation subjective, le point do lépart de cette irritation de l'enveloppe du cœur (par exemple du périarde) ou de la paroi cardiaque proprement dite, et dans ce dernier cas, le l'oreillette ou du ventricule, de Tendo-, myo-, ou ecto-carde. Néan- Doins, on explique généralement ces troubles de la sensibilité — ceci est lolamment le cas à propos de l'angine de poitrine — comme une irritaion pathologique des nerfs du cœur. On considère également les diffé- «ots troubles « nerveux » de l'action du cœur (changements de la fré- [iience du pouls, arythmie, etc.), comme des réflexes de ces nerfs (H. iucHARD, Maladies du cœur, Paris, 1889, et A. Petit, Traité de médeune, t. V. Paris, 1893). Quoique nous admettions la vraisemblance de »tte conception, on ne saurait considérer ces faits comme des preuves ïxactes pour l'existence de nerfs sensibles dans la paroi cardiaque.

J'indiquerai brièvement les résultats que j'ai obtenu par des recherohes Uns cette direction, dans le laboratoire de physiologie d'Utrecht, entre- [>n9es sor une invitation de M. le professeur Engelmann. Toutes les expériences ont été faites sur des grenouilles curarisées et enregistrées an moyen du pantokymographion ^

Sans doute, on constate des changements dans la courbe cardiaque, ^08 l'influence de l'irritation électrique de la pointe et du milieu du ven- Iricole, Ils sont de deux espèces. En première ligne, ils sont la consé- <IQenee de l'influence directe du courant électrique. — Cette influence <lirecte est ici moins importante.

Mais secondement et principalement nous constatons des changements réflexes. On a des réflexes vers des sphères différentes du corps

* Les détails do ces recherches sont publiées : Kon. Akadotnio v, Wctensch. t Amsterdam Nat. Afd,, Nat. of d.^ 26 septembre 1896; Oaderzock. Pbysiol. êborat, Utrecht., IV* Reeks., IV* Decl.,2- Afl., 1893; eiPûûger's Archiv f. d. saammte Physiologie, 1897, Bd LXV, p. 328-354.

(contractions des muscles volontaires) et Jes réflexes vers le cwur même, lesquels nous intéressent ici principalement.

Les phénomènes réflexes sur le cœur même sont de trois espèces :

!• Changements de la force au moyen de laquelle les différentes parlies du cœur se contractent (Effet inotropa)\

2* Changements dans le pouvoir do transmission {Effet dromotropéy,

3" Changements do la fréquence des battements du cœur (Effet chrt>notrope.

Quand on observe que tous ces réflexes différents peuvent se présenter en sens positif et négatif (principalement dans cette dernière série), si on note encore que tous ces réflexes se combinent de toute façon, on poura se faire une idée de la quantité de phénomènes réflexes constatés.

Maintenant la question se pose : Où faut-il chercher le centre des réflexes trouvés? S*exécutenl-ils peut-être au moyen des ganglions intracardiaques dont la fonction est si peu connue, malgré les recheh;hes assidues des physiologistes et des anatomistcs ? — Eh bien, quant à la nature de ces réflexes, ils ne sont point d*originc périphérique, ce que peutHÎtre on est tenté de croire.

Une fois Texistence des réflexes décrits constatée chez une grenouille, toujours la destruction du système nerveux central les faisait disparaître; en irritant le cœur de la même grenouille, suspendu de nouveau, par des courants plus forts et de plus longue durée, les réflexes ne se présentaient plus. On est donc amené à ci*oire que ces réflexes, comme tous les autres connus aujourd'hui, sont d'origine centrale, ont leur centre dans la moelle épinière.

En cherchant ensuite la valeur do nos réflexes pour Tindividu, — c'est ici que la clini(|ue aura à reprendre, suivant une distribution juste du travail, Touvrage de la physiologie, — on observe tout de suite que nos réflexes peuvent être d*un secours important pour la régulansation de Faction du cœur, quand des troubles frappent le ventricule.

Etant donné que des réflexes généralement sont utiles pour la conservation de Torganisme, on doit s'attendre ci priori à ce qu*il en soit de même à propos des réflexes du ventricule vers le cœur ; de plus, juirce que le rôle, que le cœur remplit dans la vie individuelle, est d*une importance si grande. — Or, comme il ressort de mes expériences qu'il existe toutes sortes de réflexes du ventricule vers le cœur même, la possibilité d'une variété d'effets régulateurs est établie.

Les troubles artificiels dont nous nous servions, sont tout différenls de ceux de la nature, observés par les cliniciens. Ici, nous aurons à penser principalement à différentes formes de myocardite et de dégénération, d'inflammation locale du cœur et de ses annexes ^endo-, péricardite), aux vices valvulaires, etc.

- Quoique les irritations dont je me suis servi dans mes recherches, soient d'un caractère tout différent de celles qui peuvent se présenter sous des circonstances naturelles, soit physiologiques, soit pathologiques, néanmoins, dans mes expériences, il apparaît que les réflexes sont d'un caractère régulateur et compensateur indéniable. I/augmeU' tation de l'action du ventricule (qui se traduit par exemple par des contractions extraordinaires) doit être contrariée dans son influence nuisible sur la circulation du sang par les réflexes inotropes (changeant la force de contraction) négatifs; notez bien que ces derniers réflexes ne mauquèrent presque jamais.

HISTOIRE ET CltlTlQUK. 201

Il paraît donc de plus en plus qu'il faut distinguer au (:à3ur plusieurs sortes d* auto-régulation. D'un côté, ce sont des particularités de la <H)iï.slraclion macroscopique, principalement la présence des valvules^ qui dirigent la direction du sang. De Tautre côté, on a des particularitésmicroscopique s y moins superficielles, mais peut-être non moins importantes; Ëogelmann récemment nous en a fait connaître une dans raulorégulation myogène (dépendant nettement des qualités de la substance musculaire), et nous, de notre côté, nous pouvons en supposer à bon iroil une antre dans Tauto-régulation neurogvne (dépendant de réflexes).

Remarques au sujet du « Traité d'Histologie^ » de J, Renaut ;

par M. H. Lauy.

L*histoIogie, telle que renseigne le professeur Renaut, n*est plus seuemeni un complément de Tanatomie descriptive. Elle embrasse Tanatonie générale dans ce qu'elle a de plus essentiel, en mettant en évidenco es caractères fondamentaux et irréductibles des éléments qui composent es tissus ; elle touche aussi à la physiologie générale dans ce qu'elle a de >lus saisissant, car elle nous rend témoins des changements morphologiques qui accompagnent l'entrée en activité de l'élément cellulaire, nous Aitiant de la sorte à son fonctionnement intime.

Cette façon d'envisager l'histologie, que l'auteur a longuement dévek>ppée dans la préface de son premier volume, n'a jamais été appliquée i^une manière plus heureuse que dans le présent fascicule, qui traite des ^pitbéliums.

Il ne faut pas restreindre outre mesure la dénomination d'épithéliums. \ côté des épithéliums vrais, du revêtement, dans lesquels les vaisseaux, par définition, ne pénétrent jamais, il y a les tissus />flrâepi^/}£'7iai/.v modelés en organe, dans lesquels la pénétration des vaisseaux opère un remaniement complet. Les uns sont d'origine ectodermique (névraxe); les> autres mésodermiques (muscles) ; d'autres enfin entodermiques (foie). IL ne reste, en dehors des tissus épithéliaux, que les tissus de substance conjonctive, où les éléments ne sont plus réunis par un ciment suivant des interlignes étroits, mais par une substance « collagène » répandue dans leurs intervalles.

Après avoir passé en revue les divers types anatomiques d'épithéliums, après avoir présenté des considérations neuves et intéressantes à propos des vitrées (basement-membrane) qui, partout, doublent les revêtement» épithéliaux — à propos des ciments intercellulaires, l'auteur entre au cœur du sujet et aborde les épithéliums glandulaires. Ceux-ci ont une fonction hautement différenciée à remplir : l'activité protoplasmique ici tend surtout vers la prodiiction de substances destinées à être dépensées ^Qdehoi*s. La cellule ne se détruit pas cependant, comme on Ta cru

' Traité d'histologie pratique, par J. Hknaut, professeur d'analomie générale ^ la Faculté de Médecine de Lyon. — Tome second, fascicule !•*" [los Épithéliums; fEctodermc tégumentaircjyAvec 248 figures intercalées dans le texte, Paris, 18d7.

(sauf dans le petit groupe des glandes holoerines : sébacées et leurs homologues). Mais lactivilé formative du protoplasma qui aboutit, par exemple dans les libres musculaires à l'édification définitive d'une substance fixe, striée, est ici très restreinte. C'est ce qui explique que le protoplasma ordinaire, dans les cellules glandulaires, n'est représenté que par une mince couche entourant le noyau. Vient ensuite l'étude des glandes selon la nature de leurs produits de sécrétion : mucus, ferment, glycogêne, eau, graisse — puis une classification générale des glandes, basée en partie sur celle de Malpighi, remise en honneur.

L'acte de la sécrétion glandulaire comprend trois phases : sécrétion intraprotoplasmique ; excrétion exocellulaire ; excrétion exoglandulaire. a) Dans la première nous savons que la cellule ne se détruit pas; mais on peut constater les « signes histologiques » de son activité. C'est M l'inondation lymphatique circumglandulaire », où la cellule puise les éléments qu'elle va élaborer — ce sont, du côté du protoplasma, des modifications d'aspect. De clair qu'il était au repos, il devient granuleux et se gonfle ; de plus le noyau, de périphérique, devient centi*al. b) L'issue hors de la cellule des produits élaborés est l'œuvre du protoplasma seul, grftce aux changements intérieurs, aux mouvements vacuolaîres dont il est le siège, c) L'excrétion proprement dite est assurée par l'appareil <;ontractile annexe. On connaît les réseaux musculaires annexés à certaines glandes. Là où ils font défaut, dans les sudoripares, par exemple, la progression du liquide sécrété a lieu grâce à un système continu de cellules myo-épithéliales disposées entre la vitrée et les pieds des cellules glandulaires proprement dites. Quand cet appareil entre enjeu, la glaode est exprimée « comme un linge qu'on tord », et son contenu rejeté an dehors d'un coup. Enfin dans les glandes où le système myo-épithélial lui-même fait défaut (parotide, sous-maxillaire, mamelle) il est suppléé par les cellules dites « en panier » de Boll, dont la nature contractile est admise par Renaut, avec Unna.

On voit par là jusqu'où l'analyse histologique peut nous instruire sur le fonctionnement des glandes. Mais pour en arriver là, il faut mettre en usage les procédés d*étude qui sont la base même de cette « histologie expérimentale » présagée par Claude Bernard, savoir : la mise en activité de l'organe a étudier. On y parvient par l'excitation des nerfs moteurs glandulaires — et grâce à la fixation parfaite et immédiate des tissus à examiner. C'est ici que Renaut a pu tirer un immense parti des injections intei'stitielles de liquide osmio-picro-argentique, dont il nous a le premier appris l'usage il y a quelques années; sans compter que ce liquide peut lui-même agir comme excitant périphérique, par exemple en fixant contractées les cellules myo-épithéliales des sudoripares.

On peut aller plus loin et saisir certaines phases de la vie intime et de la nutrition des épithéliums. Dans ceux qui sont privés de vaisseaux (ép. vrais), la nutrition est forcément indirecte ; elle y est néanmoins très active. Le plasma, qui traverse les vitrées à la fa^on d'un dialyseur, leur apporte l'eau et les sels, les matières protéiques qu'il tient en solution. Mais, en outre, la vitrée n'est pas une barrière infranchissable aux cellules migratrices. Elles la perforent grâce à leurs mouvements amiboïdes, elles se creusent des logettes entre les cellules (thèques interépithéiiales) chargées de l'apport d'oxygène, de graisses, de glycogêne, etc. C'est dans ce milieu que chaque cellule absorbe les matériaux nécessaires à sa fonction : il y a là, non pas simple diffusion, mais phénomène actif ei électif. Certaines substances colorées sont absorbées à rexclusiou d'autres par

/"épithélium vivant. Dans Tintestin, il y a absorption des graisses. Dans rectodermo tégumentaire, les cellules englobent des particules figurées [le pigment. Le mécanisme intime de cette absorption n'est pas toujours saisissable ; mais le fait n'en existe pas moins. Ici commence cette série d'actes vitaux que Claude Bernard entrevoyait déjà comme des fermentations. C*est en effet à la manièredes ferments et en particulier des ferments Ggurés anaérobies (A. Gautier) que le protoplasma se comporte à Tégard cies substances incorporées. On peut mettre cette action en évidence par l 'injection de sels colorés et décolorables par réduction ; on peut même, jusqu'à un certain point, mesurer ainsi le pouvoir réducteur relatif des divers épithéliums.

Quant a l'exportation des produits mobilisables, elle n*a pas toujours lieu vers l'extérieur ; mais dans certains épithéliums disposés à cet effet, les produits de sécrétion sont cédés, en tout ou en partie, au plasma interstitiel, aux lymphatiques, aux vaisseaux sanguins (sécrétions internes).

Cette étude magistrale se termine par des considérations générales sur les aptitudes évolutives variées des divei*s épithéliums, sur leurs réactions, leur mode de régénération. Suit la description de Vectodermo ^égumentaire et de ses annexes (phanères, glandes). À signaler les recherches minutieuses de l'auteur sur les filaments unitifs du réseau malpighien, formations homologues des fibrilles névrogliques — avec les procédés de technique recommandables pour les bien mettre en évidence. A propos de la kératinisation, Renaut ne croit pas que Téléidine intervienne : « ce n'est pas une substance kératogène.» Il a des raisons de l^enser que Téléidine prend naissance par la destruction des filaments Unitifs malpighiens.

Le derme ne saui*ait être séparé de Tectoderme tégumentaire. La circulation dermique, mise en évidence par la méthode des injections ineomp/étos, due au professeur de Lyon, présente des particularités remai^ <{iiables. Il y a là de véritables départements vasculairos en forme do <^nes : ainsi s'explique l'aspect d'un grand nombre de lésions élémentaires en dermatologie. Dans l'étude des lymphatiques, le liquide osmiopicromrgentique trouve son application. Renaut maintient que les lymphatiques du derme sont clos partout, et que nulle part on ne les voit ^'ouvrir dans les mailles du tissu conjonctif. Mais il ne s'ensuit pas que les espaces interfasciculaires du derme ne soient pas des chemins de la lymphe. Les globules blancs migrateurs les suivent ; ils arrivent dans ' les lymphatiques après avoir percé l'endothélium.

Dans tout cet exposé, la limpidité du texte, la multiplicité des figures, jointe au soin extrôme apporté à la rédaction des légendes, rendent aisée ^u lecteur, même non familiarisé avec l'histologie, la compréhension des structures les plus compliquées. En procédant du simple au composé, ^es organisations les plus schématiques, en quelque sorte, aux plus élevées, Tautenr a pour objet constant de faire comprendre le pourquoi des Vexions morphologiques auxquelles obéissent les tissus ; car il n'y a pas ^e barrière qui tienne « contre les nécessités physiologiques ».

U faut lire le chapitre consacré à V appareil respiratoire^ pour juger ^mbien cette méthode d'exposition peut rendre claire et facile une description compliquée. En commençant par l'examen de la branchie d'une lajnpi*oie, l'auteur pose cette formule générale que la surface respiratoire présente la même constitution fondamentale depuis les vertébrés les plus inférieurs jusqu'aux plus élevés : elle a pour base la disposition respec-

204 UISTOIRE ET CRITIQUE.

tivc (lu réseau copillaire sanguin et du vernis endothélial pulmonai Passant par lo poumon alvéolaire du protée, le poumon lobulinaire de sirène, le poumon lobulaire simple de la grenouille (qui a été décr tort comme le type le plus élémentaire), il nous conduit sans diffîcult la compréhension du poumon composé des mammifères, dont celui bœuf est le plus facile ù étudier.

Le corps pituitaircy le thymus^ le corps thyroïde sont étudiés ensi comme dépendances de l'invagination ectodermique qui constitue les modœum. D'abord édiBés sur le plan des glandes ordinaires, ces orga sont profondément remaniés par le tissu conjonctif et les vaisseaux, perdent toute connexion avec la muqueuse bucco-pharyngée, et fin ment deviennent des glandes conglobées, dont la sécrétion n'a d'is que vers les voies sanguines ou lymphatiques. A rappeler ici, en ce concerne le corps thyroïde, que Renaut désigne sous le nom de tb) coUoïiie la substance colloïde différenciée qu'il considère comme le ] duit d'activité de la thyroïde adulte : il en a suivi la pénétration dans lymphatiques interstitiels, qui sont ici de véritables canaux excréU substitués. Voilà la sécrétion interne prise sur le fait. A propos des 1 pha tiques thyroïdiens, dont il a fait une étude spéciale à l'aide des in, tiens osmio-picro-argentiques, l'auteur a fait encore cette observa toute nouvelle, que leur endothélium, fixé déployé, se limitait par arêtes rectilignes ou à peu près : l'aspect festonné n'est que le rési de l'élasticité considérable de l'endothélium lympathiquo, et n'appa que lorsque le vaisseau n*est plus distendu.

Ce fascicule se termine par Yœsophage qui établit une transition ei le stomodœum et l'intestin entodermique, mais qui se rattache aux tis ectodermiques par sa muqueuse dermo-papillaire et son épithélium type malpighien.

Rociicil dos mémoires physiologiques de Maurice Schifp, t. IV.

Lausanne, 189B.

Ce volume, qui va paraître a la fin de ce mois, et dont nous devons communication à Tobligeance de M. A. Herzen et de l'éditeur, terminera la publication si intéressante des travaux de Schiff (i).

Comme les précédents, c'est un recueil d'une richesse d'expériences et d'observations extraordinaire et qui atteste semblablement a la fois Tesprit de féconde invention de SchifT et ses habitudes de critique constante, et son application et sa ténacité dans la recherche, et sa puissance de travail.

On trouvera réuni là presque tout ce qu'il a écrit sur la physiologie des glandes et le rôle des produits de sécrétion : ses recherches sur le suc gastrique et en particulier sur la formation de la pepsine (à l'exception, bien entendu, des Laçons sur la digestion, qui ont formé deux vo* lûmes bien connus, 1867) ; celles relatives à la digestion pancréatique ek aux rapports entre le pancréas et la rate ; son étude des relations entre la circulation dans le foie et la formation de la bile et celle du rôle digestif dece liquide ; ses recherches sur la digestion intestinale et le suc entérique; celles sur la formation du sucre dans le foie, l'amidon animal, la glycogéoie, le diabète; enfin, celles sur les capsules surrénales et sur le corps thyroïde. Kt ainsi, à rapprocher ce volume des trois autres antérieurement parus, il est manifeste qu*il est en physiologie peu de questions importantes qui n*aient attiré l'attention de Maurice SchifT et sur lesquelles son activité ne se soit fortement exercée ; et il serait d'abord juste de distinguer celles que ses expériences ont par elles seules fait naître. Aussi convient-il de s'associer à l'admiration qu'éprouve Herzen pour cette universalité (voy. la préface).

Ce volume, publié après la mort de Tillustre physiologiste, ne contient naturellement pas les annotations qu'il aurait sans doute ajoutées luimême à plusieurs des travaux qui le composent, et qui augmentent à un tel point l'intérêt des tomes précédents. Herzen s'est efforcé de suppléer t ce» annotations par quelques exposés historiques et critiques dont la aleur sera reconnue. Enfin, un index général pour les quatre volumes, d à £. Levier, le rédacteur des fameuses Leçons de Florence sur la difsiion^ termine l'ouvrage. Ë. G.

fénaenls de physiologie humaine; par Augustus Waller. Trad. franc. sur la 3* édition par A. Herzen. Paris, 1898, in-8« de xvi-75o pages.

Si l'on juge ce livre d'après le succès qu'il a obtenu en Angleterre, 1 pays d'origine, on sera forcé de le bien juger, et, si on le juge sur

Les Archives ont signale la publicalion des volumes antérieurs. (Voy. il rcA. phys.. 189i, p. 19S et 499 et 1890, p. 753.)

206 BIBLIOGRAPHIB.

lui-même, on comprendra bion ce succès et on le prédira pareil à l'excellente traduction que vient d*en donner Herzen.

Cen'est pas qu'il ne soit possible de relever par endroits, dans l'exposé de diverses questions, une trop grande brièveté ou une insuffisance d*explications ; ainsi réduites, les questions sont moins traitées que seulement indiquées ; c'est ce que Ton pourrait noter, par exemple, pour l'innervation motrice des intestins, pour la sécrétion pai*otidienne, pour la sécrétion lactée et le lait, pour l'innervation sécrétoire de restomac et du pancréas, pour la physiologie des capsules surrénales, pour le rôle du ganglion sous-maxillaire, pour les fonctions du cervelet, pour Tétude des sensibilités thermique, auditive, olfactive et gustative, poar la fonction de reproduction. Mais il n'est pas de traité au sujet duquel on ne puisse présenter d'observations de ce genre.

Ce qui fait la valeur de celui-ci, c'est le très grand nombre des parliez de la science qui y sont judicieusement traitées, avec une clarté et une simplicité des plus rares, avec un choix des documents expérimentaux exactement adapté à Tintelligence des élèves, avec une heureuse compré hension de l'intérêt et de la portée des problèmes posés. Par ces qualités se recommande la lecture des chapitres consaci'és à la circulation et à la respiration, à l'étude du muscle et du nerf, à Télectro-physiologie, à II vision, au système nerveux, etc., et elles se distinguent plus particulièi'ement dans certaine passages spéciaux; je citerai à cet égard ce que dit A. Waller de l'association fonctionnelle entre le foie et le rein (p. â85)et 'aussi ce qu'il dit de l'antagonisme coopératif des muscles (p. 480), et l'oo trouverait aisément beaucoup d'autres exemples. Bref, ce livre, comme le dit le savant traducteur dans sa préface, « est plus personnel, moins systématique, moins dogmatique » que d'autres ; « il s'adresse plus au raisonnement qu'à la mémoire; une préoccupation constante de l'auteur est celle de n'insister que sur les faits vraiment importants, sur ceux dont l'étude contribue le plus à l'intelligence du fonctionnement de in matière vivante... Enfin l'auteur évite soigneusement les explications à tout prix, au moyen desquelles on croit souvent simplifier l'étude de la physiologie et satisfaire l'esprit des commençants, mais qui ne peuvent que leur inculquer des notions fausses, en leur donnant le change sur le véritable état d'une foule de questions ouvertes... »> Rien de plus juste que cette appréciation. E. G.

Eléments do chimie physiologique ; par Maurice Arthus, 2« édition.

Paris, 1897, in-16 de 357 pnges.

La publication de cette deuxième édition, si peu de temps après la première, est la meilleure preuve du succès qu'a obtenu ce livre de nplr^ distingué collaborateur. C'est un succès mérité tant par la simplicité dvJ plan de l'ouvrage et par la clarté qui règne dans toutes les parties d< celui-ci, que par l'heureuse distribution des matières et par la précislo et l'exactitude des renseignements; seule, une brièveté trop grande altèi parfois un peu le caractère didactique de cet excellent manuel. E. G.

Spectroscopîe biologique. Spoctroscopie dos organos, dos tissua et dos humeurs; par A. Hénocque, Paris, 1891, in-12 de 158 pages.

M. Hénocque a réuni dans ce livre les renseignements que lui a fournin f application de son procédé spectroscopique à l'examen du sang dans les tissus vivants, tels que : paume de la main, ongles, lèvres, conjonctive, muscles, cœur, etc. C'est donc là la suite naturelle du volume qu'il a publié il y a deux ans (voy. ces Archivos, 1895, p. 833). Il y a joint les résultats de ses observations sur le sang et Thémolymphe des Invertébrés et un exposé, qui aurait pu être plus riche en documents bibliograpl^iques, des principales études faites sur le spectre de diverses humeurs et particulièrement de la bile. K. G.

Physiologie et pathologie de la respiration nasale ; par \\, Mendf.l,

Paris, 1897, in-8« de 163 pages.

L*auteur de ce tt^vail s'attache à prouver qu'au point de vue mécanii)ue Tonfice de communication du système respiratoire pulmonaire avec ratmosphère joue un rôle capital ; à égalité d'effort inspiratoire et de temps, il passe par le nez un plus grand volume d*air que par la bouche ; ce fait a été établi surtout au moyen des mesures prises à l'aide d'un appareil imaginé par M. Mendel et qu'il a appelé rbinomùtrc. Indépendamment de toute autre considération, cette donnée suffirait pour montrer la supériorité de la respiration nasale sur la buccale. D'ailleurs,, l'étade de Vinsufflsance nasale permet de constater tous les troubles qui M produisent lorsque la respiration ne peut plus se faire ou se fait mal par le nez. E. G.

Optique physiologique ; par Tsgherning, Paris, 1898, in-8* jésus do

337 pages.

Ces leçons d^optiquc physiologique sont évidemment destinées à rendre surtout service aux médecins oculistes, mais les physiologistes trouveront aussi grand profit à leur lecture. Si celles qui sont consacrées à l'ophtalmométrie, aux anomalies de réfraction, à l'aberration de sphéricité ft à l'aberration chromatique, à l'astigmatisme, régulier et irrégulier, aux phénomènes entoptiques, à l'ophtalmoscopie, au strabisme, quelque précises qu'elles soient et abondantes en informations et en démonstrations, retiendront naturellement moins leur attention, par contre l'étude de l'accommodation, celle des diverses formes de sensibilité de la rétine, celle dedivers jugements visuels (projection des impressions visuelles, perception monoculaire et binoculaire de la profondeur) et des illusions 'l'optique et enfin celle des mouvements oculaires ne sauraient manquer de désintéresser à un haut degré. Les lecteurs des ^rc/z/res ont pu apprécier a nouvelle théorie de Taccommodation, si adéquate aux données positives 'ecueillies par lui-même, qu'a proposée M. Tscherning (voir ces Archives, 894 et 1895), mais ils en trouveront ici un exposé général et systémaque. Au point de vue physiologique, on pourrait regretter que l'auteur ne \l pas entré dans plus fie détails sur la théorie de la vision des cou-

leurs, en parliculier sur les idées soutenues par J. vonKrieset parParinaud et qu'il n'ait pas utilisé, pour l'étude des sensibilités rétiniennes, certaines expériences de Charpentier.

A la fin de chaque chapitre sont réunies quelques indications bibliographiques très bien choisies. E. G.

Abbaadlungen zur Physiologie der GesichtsempUndangen; von J. ton K^iES, Hambourg et Leipzig, 1897, in-8® de 198 pages.

Ce livre est la réunion de plusieui^s études fort importantes de J. voq Kries sur la fonction visuelle, parues dans ces quatre dernières années dans la Zeitschvitt f. PsychoL iind. PhysioL der Sinnesorgane,

Ces études concernent les questions suivantes : la fonction des bÂtoDnets, rinfluencc de l'intensité lumineuse et de l'adaptation sur la vision des daltoniens ; Tinfluence des excitations lumineuses de courte darée sur Torgane visuel ; la théorie des couleure. Leur réunion en un volume facile à consulter rendra grand service à tous ceux qu'intéresse la physiologie de Tceil. C'est que le savant physiologiste de Fribourg (ea Rrisgau) n'a pas seulement trouvé des faits nouveaux et réalisé des expériences précises sur un terrain dont l'exploration est toujoui*s diflieile et souvent délicate, il a su construire, sur les données positives qu'il avait •acquises, des théories générales. On ne pourrait, par exemple, trop remarquer la valeur de ses travaux relatifs à la distinctioi) de la fonctioQ des cônes et des bâtonnets et à la détermination d'un véritable appareil de vision obscure (Dunkelapparat) et l'importance qu'ils ont pour la théorie de la vision des clartés et des couleurs. E. G.

Des anesthésies consécutives aux lésions do la zone motrice; par H. Verger. Thèse de la Faculté de Médecine de Boi*deaux, 1897, in-8" de 88 pages.

Par des expériences faites sur des chiens et par l'analyse d'un certaio nombre d'observations cliniques de diverses provenances, ce travail constitue une bonne contribution de plus à Tappui de cette opinion, bien établie aujourd'hui, à savoir qu'il n'est pas de lésion de la zone corticale dite motrice qui ne soit accompagnée de troubles de la sensibilité. E. G.

l€ Gérant : G. Massor. Paris. — Imp. PAUL DUPONT, 4, rae da Boaloi (a.) S3.1.96.

TRAVAUX ORIGINAUX

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