J.-P. MORAT
laire reste la même. Le pouvoir transformateur de Texcitat attribué par définition aux celhiles nerveuses, n'apparaît pas dai ganglion spinal qui est Torgane (de ceux que nous connaissons) le éminemment propre à le mettre en évidoRce s'il existait réelleni L'excitation passe des prolongements cellulipètes aux proloi ments cellulifuges du neurone sensitif sans retard ni modifier appréciable.
Et, pourtant, il reste un lieu où cette transformation de T tation est bien visible et très accusée. Ce lieu, c'est la subsl grise de la moelle épinière. Mais la substance grise est qu< chose de fort complexe et qui renferme notamment les ce) nerveuses des neurones moteurs du système réflexe ici exai Il serait extrêmement désirable de soumettre le neurone im à la même analyse que le neurone sensitif ; malheureusemei disposition ne s'y prête aucunement. Nous sommes réduits férer des expériences qui précèdent, que les cellules n'oi aucun rôle essentiel à l'égard de Texci tation dans l'élément m comme dans l'élément sensitif, cela seulement, il est vrai, pai d'analogie.
11. — Si le lieu précis où s'opère le changement qui modifi caractères de l'excitation n'est pas la cellule du neurone, où peut-il être ? — Vraisemblablement il est à l'endroit où deux oi sieurs neurones entrent en connexion. Il y a des raisons séri de penser que c'est là que l'excitation change de caractères en r des rapports particuliers contractés par les ramifications, les terminales et les autres initiales des deux éléments, l'un sens l'autre moteur.
Chacun de ces éléments, comme chacun de tous ceux qui ce sent le système nerveux, n'a pas de valeur propre intrins mais prend la sienne de la place qu'il occupe dans le systèmt il fait partie et du mode d'association qui le rattache à Tens de ce système. C'est donc à la réaction de ces éléments les u les autres que répond l'idée de centre nerveux et non à qi propriété indéfinissable et, du reste, diverse suivant les cj appartiendrait à la cellule nerveuse.
D'après la conception actuelle de l'élément nerveux, chaqi ment de ce genre serait déjà, par lui-même, un système r Or, dans la réalité des choses, nous voyons le plus petit s; réflexe formé par au moins deux éléments nerveux : le cen réflexion ne saurait donc être qu'au point où l'un de ces éh agit sur l'autre. L'idée de centre fonctionnel est liée, quo fasse, à l'idée de cycle, de système, ou à celle plus générale
itioQ d*éléments. Le centre nerveux* n*est pas un organe, une llule, un objet, il est, au point de vue anatomique, un lieu d'asso* ition des éléments et, au point de vue physiologique, un lieu de insformation de Texeitation. C'est, si l*on veut, le point nodal
le centre d*un système.
Je donne à ce centre le nom de « fonctionnel » pour Topposer à L autre centre d'influence qui est, celui-là, localisé dans le corps
la cellule nerveuse et qui a depuis longtemps reçu le nom de ntre « trophique >. Ces expressions sont, du reste, prises ici dans i sens non pas absolu, mais tout relatif, et parce que la langue ysiologique ne nous en fournit pas de meilleures. Ces réserves une s faites, rien n'est plus distinct, à mon avis, que les notions et les ts qui ressortissent à ces deux ordres de centres. Tandis que le champ d'action du centre fonctionnel n'est autre e celui du système auquel il appartient, celui du centre trophique
dépasse pas les limites du territoire cellulaire du neurone. Tandis que l'excitation' parcourt le système dans un sens déterné, toujours le même, l'influence, dite trophique, s'exerce à partir
la cellule dans les deux directions opposées. Tandis que le premier de ces centres est quelque chose de spécial a fonction nerveuse d'excitation, le second est au contraire repré- Qté dans tout élément cellulaire par son noyau de cellule et son otoplasme primitif : les lois de Waller sont des lois d'ordre ceîlure.
Remarques. — Sans aucun doute les actes fonctionnels d'une ri et tropbiqiies de l'autre ne sauraient être complètement indéndants. Aussi bien que le fonctionnement suppose la nutrition, la itrition suppose le fonctionnement. Il n'est particule si petite de X)toplasme (difl'érencié on non) qui n'ait sa fonction et qui en même mps ne se nourrisse. Mais ceci une fois admis (et personne ne le mleste), il est du plus haut intérêt de rechercher et de savoir )mment ces particules, en se groupant et s'organisant, aboutissent la constitution de cellules, d'appareils et de systèmes dont les iactions mutuelles visent plus spécialement le fonctionnement d'une irt, ou plus spécialement la nutrition de l'autre, et retentissent en jmière analyse sur l'évolution de ces particules elles-mêmes. Or, Ite connaissance ne nous viendra qu'à la condition de briser, mme je m'eflorce de le faire, le moule devenu trop étroit de la
Il est superflu de faire remarquer que le mot centre est ici absolument déirné de son sens géométrique primitif pour être pris dans un sens métaphoae extrêmement peu rigoureux, ce soi-disant centre ressemblant plutôt à une face de séparation.
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physiologie dite « cellulaire » pour y substituer une compréhension à la fois plus large et plus exacte de l'individu vivant. Four le moment nous ne savons voir que des cellules ; il faut nous réhabituer à voir d'autres unités vivantes que les unités cellulaires. Entre l'individu et la cellule il faut faire une place au c système >. Nous en avons bien le nom dans notre science, mais non pas la notion adéquate ou même approchante.
Au surplus, je ne me dissimule nullement que des idées qui heurtent d'une façon aussi directe une façon de penser à la fois traditionnelle el courante n'ont aucune chance d'être ac<îueillie favorablement, cela au moins pour un temps. Seraient-elles reconnues exactes, elles seront encore reçues avec froideur parce que l'engouement est réservé actuellement aux faits, non pas seulement concrets, mais pratiques, et la défaveur, sinon tout à fait le mépris, aux idées.
Je ne fais, du reste, aucune difficulté de reconnaître que, malgré l'appui que ma manière de voir trouve dans certains faits d'expériences, tels que ceux qui ont été exposés plus haut, ces faits sont encore trop peu nombreux pour l'imposer par leur seule évidence. Mais j'ai pensé faire œuvre utile et nécessaire en faisant ressortir le caractère hypothétique de l'une des notions fondamentales qui ont cours actuellement sur le tissu nerveux envisagé (j'insiste sur ce point) en tant que système. A cette conception hypothétique j'en oppose une autre dont l'adoption peut, il est vrai, arriver par voie de conséquences successives à modifier beaucoup l'ensemble de nos idées sur le fonctionnement nerveux. Je ne demande présentement qu'une chose ; qu'on l'examine et qu'on la discute sans parti pris, mais qu'on ne la rejette pas sans examen.