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INSTRUMENTS NOUVEAUX

Les conditions que présentent les dissections délicates varient considérablement suivant le type que l'on étudie et le but que Ton veut atteindre. Aussi les naturalistes ont-ils varié à l'infini les formes des instruments d'optique sous lesquels ils ont eu à faire des recherches d'anatomie fine*

Lorsque des instruments nouveaux nous paraîtront utiles» nous mettrons sous les yeux des lecteurs des archives, des dessins et des descriptions destinés à permettre de juger des services qu'ils sont appelés à rendre.

Appareil àdlsseotion du prof. H. ULCAZK DUTHIERS. — La dissection des invertébrés, surtout quand il s'agit de la préparation des organes délicate, ne peut se faire avantageusement que sous un liquide, sous l'eau le plus souvent; aussi demande-t-elle quelques conditions indispensables. Elle exige d'abord un fort éclairage , ce que Ton obtient par la concentration des rayons lumineux au moyen d'une grande loupe. Il faut encore que la direction du pinceau de lumière soit oblique» la direction verticale étant moins favorable à faire distinguer les parties. En dirigeant le sommet du cône lumineux produit par une loupe éclairante sur le point difficile à voir, on accuse les ombres des parties toujours plus ou moins cylindriques ou sphériques, et surtout les ombres portées

(I) Au* moment où paraîtra ce premier numéro des Archives de la Zoologie expérimentale, j'espère me rendre de nouveau à Roscoff, et cette fois encore en plus nombreuse compagnie déjeunes travailleurs, nous fouillerons ces grèves si riches, réchauffées par le G-ulf-Stream, et j'entretiendrai les lecteurs des faits les plus intéressants que nous pourrons trouver. H. L. D.

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qui donnent toujours des reliefs que la lumière diffuse et verticale ne produit jamais aussi vigoureuses dans les cuvettes où sont immergés les objets.

L'indépendance entière des appareils d'optique et des objets en préparation est de plus absolument nécessaire. Car dans bien des cas les moindres oscillations du liquide dans lequel flottent les parties délicates déjà en voie de préparation, suffisent pour faire perdre les fruits d'un long et pénible travail en brisant et cassant les organes isolés par la dissection. Il faut donc toujours avoir la plus grande facilité pour changer les grossissements sans toucher aux vases où sont contenues les préparations.

Ces conditions se trouvent réunies dans Pappareil construit par M. A. Nachet et dont le dessin ci-dessus donne une idée exacte.

Avec cette disposition qui se lit immédiatement en jetant les yeux sur la figure, on voit qu'une grosse loupe éclairante portant un écran en carton destiné à abriter Tœil de l'observateur peut éclairer vivement et obliquement dans tous les sens désirés le point important de la préparation. Les nombreuses articulations donnent à ses mouvements avec la variété une amplitude considérable.

Deux loupes de puissance différente, portées également sur de longs bras articulés, peuvent être promenées avec toute la facilité désirable sur des cuvettes à dissection d'un diamètre même fort grand.

L'indépendance des lentilles et des préparations est donc absolue, et malgré le nombre des parties de l'appareil, l'encombrement de la table à travail n'existe pas, car tout est porté par une seule tige.

Quand on a acquis l'habitude du maniement des lentilles à dissection, on peut aisément faire les dilacérations histologiques sur la platine à dissection placée sons les loupes de cet appareil; pour cela, on peut se servir de doublets assez forts et employer à son gré la lumière directe ou la lumière transmise.

Cet instrument se recommande donc aux zoologistes non-seulement par les bonnes conditions qu'il présente et qui viennent d'être énumérées, mais encore

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par la facilité avec laquelle il est possible de le monter et de le démonter; car en le vissant sur Fun des angles de la botte dans laquelle il s'emballe d'une seule pièce et qui forme la tablette qu'on voit dans la figure, il est possible partout, très-vite et fiicilement d'installer un appareil à dissection, d'improvier un petit laboratoire à observations délicates.

Mlorosoope binoonlalre à dissection nouveau de M. A. NAGHET. — M. le professeur Carpenter a déjà donné dans son Traité du microscope le dessin d'an instrument binoculsdre à dissection de M. Nachet.

Cet instrument n'était au fond qu'une loupe de Brucke, une sorte de courte lunette de Galilée adaptée à un système de dédoublement binoculaire; mais le champ d'observation était fort restreint. Dans le nouveau microscope cet inconvénient a été éloigné par l'emploi de deux microscopes composés ordinaires,

dont l'image objective unique, après avoir été dédoublée et redressée par deux séries de prismes habilement combinés, est regardée ^ l'aide des deux yeux par des oculaires de Uuygens.

La figure ci-dessus indique clairement la marche des rayons et la théorie de l'instrument. Il faut remarquer pour bien lire la disposition que les prismes ont été posés dans le dessin un peu en perspective, car dans une simple coupe verticale il n'eût pas été possible de montrer les rayons horizontaux.

Les rayons de l'image objective 0 pénètrent normalement dans les prismes symétriques A et y deviennent horizontaux, arrivent ainsi dans un autre prisme G où ils se réfléchissent deux fois en restant toujours dans ce plan horizontal; enfin, en sortant du prisme D, ils passent par le dernier E, qui les rend verticaux, et par conséquent ils sont, à leur sortie, parallèles à la direction qu'ils avaient à leur entrée.

Farces réflexions successives, l'image s'est dédoublée et entièrement redressée, de sorte qu'en la regardant avec les oculaires de Huygens on la voit telle qu'on i'eût vue si on l'avait regardée avec une loupe shnple. Mais de

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plus le coDCOura des deux yeux» la disposition des tubes oculaires et des images produisent le relief stéréoscopique.

La disposition et la forme de Tinstrument sont si fidèlement rendues dans le dessin donné ici qu'il est inutile d'insister sur la description dans laquelle on retrouverait les bonnes conditions d'exécution que tout instrument doit présen* ter. Tout est combiné du reste pour que les tubes oculaires GG, placés au-dessus de la caisse A renfermant les prismes redresseurs, soient facilement réglés dans leur écarlement par l'observateur lui-même à l'aide de la vis y.

Disposé tel qu'il est dans la figure ci-dessus, le microscope binoculaire à dissection nouveau de M. Nachet est surtout destiné, avec des grossissements assez forts et un champ bien plus grand qu'on ne les avait eus. jusqu'ici, à disséquer des objets extrêmement petits, à faire des dilacérations avec facilité.

La longueur focale que donnent les n» 0 et n» i permettra certainement, quand on le voudra, d'adapter cette utile combinaison à tout autre pied ou disposition désirable pour disséquer des objets relativement plus gros (quoique toujours fort petits), dans des cuvettes placées sous le cône de lumière vive de l'appareil à dissection précédent.

Par cette heureuse et utile application des prismes dont il sait travailler si parfaitement les surfaces, M. Nachet aura rendu un véritable service aux naturalistes en leur facilitant le travail sous des grossissements relativement considérables et montré, si cela eût été nécessaire, qu'il maintient toujours ses constructions dans la voie des progrès.

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