‹ Archives de zoologie expérimentale et générale (volume 2)Chapitre 125 sur 153 · PREMIÈRE PBASB DE LA FAUNE PRIMORDIALE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PBASB DE LA FAUNE PRIMORDIALE

SYSTiMC

Laurentieu.

Trilobites. . .

Crustacés divers.

Ostracodes . .

Annélides . . .|.

Céphalopodes.

Ptéropodes . .

Uétéropodes .

Gastéropodes.

Acéphales . .

Brachiopodes Bryozoaires. . .|. . . .

Echinides. . . .j. . . .

Cystidées. ...'....

Astéroïdes . . .1. . . .

Polypiers. . . .|. . . .

Spongiaires. ..)....

Foraminifères. .jEooxoni

SYSTEMS

Camérien.

Suivant les théories.

Suivant la réalité.

«1 Le diagramme qui précède eipose sous un seul coup d'œil, d'un c6té. la composition des phases premières ou phases à Paradoxides de la faune primordiale silurienne, déduite des lois théoriques, et, de Taulre cdté, leur composition

xxviii NOTES ET REVUE

' réelle, déterminée par robservation. il suffit en ce moment de soumettre les théories à la seule épreuve de ces premières phases, pour constater leurs harmonies ou leurs discordances avec la réalité paléontologique.

« Nous avons également indiqué sur ce diagramme, les apparences interprétées comme des fossiles de nature animale, dans le système iaurentien et les fossiles du système cambrien.

« Pour figurer la composition des premières phases réelles de la faune primordiale, nous indiquons par un trait noir le développenaent en espèces de chaque ordre ou famille, dont Texistence a été constatée à cette époque. Le nombre des espèces est celui qui a été établi dans notre tableau ci-dessus (p. 186). L'échelle adoptée est de même pour 5 espèces et pourtout norol)re inférieur, d'ailleurs, le nombre véritable des espèces connues dans ces phases est rappelé dans une colonne spéciale, au droit du trait noir correspondant à chaque ordre ou famille.

« Pour figurer la composition approximative des premières phases de la faune primordiale, déduite des lois théoriques^ nous ferons remarquer qu'elle peut être déterminée h priori^ sôus le double rapport de la nature des types principaux, c'est-à-dire des classes, des ordres, des familles, et de leur développement relatif à cette époque.

« 1. Sous le rapport de la nature des types, Eozoan^ prototype des Foraminifëres, nous indique la limite inférieure, qui est aussi à peu près celle de l'échelle zoologique, applicable à la paléontologie.

« La limite supérieure peut être empruntée à la réalité et elle est fixée par les Crustacés ou Trilobiles caractéristiques de la faune primordiale.

« Les types placés à ces limites extrêmes n'ont pas été figurés par des traits d'une longueur arbitraire. Nous avons adopté, pour le maximum et pour le mtmmum^h mesure indiquée par la réalité en diminuant même un peu le maximum,

(f 2. Le développement relatif des types intermédiaires se déduit nécessairement des deux limites extrêmes d'après les lois théoriques.

« En effet le plus important corollaire de la loi de la sélection naturelle nous enseigne que les formes les plus rapprochées dans la série animale ont dû être aussi les plus rapprochées dans le temps et dans l'espace.

« Par conséquent les foramioifères ont dû d'abord se développer en qualité de descendants les plus proches du prototype Eozoon» Comme durant les âges primitifs, ils jouissaient du privilège d'être exempts de toute concurrence pour l'existence, leur développement a dû être fncomparablement supérieure celui de toute autre famille, observée durant les âges postérieurs. Les théories ne nous indiquant aucune cause qui aurait pu arrêter l'extension ou la propagation des foraminifères, avant l'époque qui nous occupe, nous devons les considérer comme ayant dû tenir le premier rang parle nombre et la variété de leurs formes, dans les premières phases de la faune primordiale.

c( Des Protozoaires quelconques, spongiaires ou autres comparables aux premières branches latérales dérivant du tronc de l'arbre vital représenté par les foraminifères ont dû occuper le second rang à la même époque, à cause de leur consanguinité et de leur ancienneté relative par rapport aux autres types de la série.

« Après les Protozoaires, les Zoophytes, c'est-à-dire les Polypiers auraient dû se produire par filiation et transformation, durant' Tère anlésilurienne, avant tout autre type d'une organisation plus élevée. Nous devrions donc les trouver au troisième rang dans les premières phases de la faune primordiale.

« Après les Polypiers, les Êchioodermes auraient dû tenir le quatrième rang.

« A leur suite, nous devrions trouver les Bryozoaires, les divers ordres des Mollusques, les Annélides et enfin les Crustacés.

« En un mot, d'après la continuité théorique de la filiation et delà transformation

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par degrés insensibles» abaque classe, cbaque ordre et chaque famille ayant dû ' apparaître à son tour, suivant son rang dans iâ série animale, devrait aussi ' occuper un rcng correspondant, sous le rapport de son développement, dans

les premières phases de la faune primordiale. > a En d'autres termes, dans celle faune, le développement des classes, ordre - ou famille a dû être en raison directe de leur ancienneté d'existence et en raison inverse de leur degré d'organisation.

a Par conséquent, les Crustacés et particulièrement les Trilobites placés au point f le plus élevé de l'échelle animale, parmi tous les représentants de la vie à cette i époque, ayant dû apparaître les derniers, devraient aussi offrir le développement i minimum entre tous les types coexistants. Sur notre diagramme, nous Ogurons i donc les Trilobites par le trait minimum opposé au trait maximum figurant les I Foraminifères.

c « Entre ces deux types extrêmes tous les types intermédiaires sont représentés I par des traits graduellement décroissants, à partir du maximum jusqu^au f fni7iimwn,

I « Dans cette faune idéale déduite des lois théoriques, réglant l'évolution delà : série animale, il nous est interdit d'exclure aucune classe, ordre ou famille, entre les limites extrêmes qui viennent d'être déterminées. £o effet, l'inflexibilité des lois de la matière, se vivifiant et s'organisant elle-même, étant substituée I par les théories aux volontés et aux desseins d'un esprit créateur, il ne nous est pas permis de supposer que, dans la manifestation graduelle de la vie> sous des ^ formes de plus en plus parfaites, l'apparition de certains types ait pu être avancée I ou retardée par un motif quelconque, en vue de combinaisons réservées pour des i ûges postérieurs.

r « Nous devons donc admettre dans la série idéale, tous les types principaux, '. qui peuvent être distingués entre Eozoon et les Trilobites. ^ « La composition de celte série étant ainsi déterminée^comparons ses éléments avec ceux qui existent réellement dans les premières phases de la faune primer- ^ diale, en commençant par la limite inférieure, c'cst-à^ire en suivant l'ordre chronologique.

« 1. Suivant les théories, les Foraminifères considérés comme premiers repré- , sentants de la vie animale sur le globe et originairement exempts de toute concurrence^ dans leurs fonctions comme agents des sécrétions calcaires, devraient . tenir le premier rang par le nombre et la variété de leurs formes, dans les premières phases de faune primordiale. Les Protozoaires devraient se montrer à cette époque avec un développement analogue, à cause de leurs connexions zoologiques avec les Foraminifères.

« En réalité, les Foraminifères n'ont été observés nulle part dans ces premières phases et les Protozoaires sont uniquement représentés à cette époque par deux ' espèces dans une seule contrée connue par son privilège d'antériorité, c'est-àdire en Angleterre. Ces deux espèces constituent la proportion exiguë 0,008 parmi les 2/ii formes de ces phases, c'est-à-dire moins de 1 centième.

« 2. Suivant les théories, les Zoophytes, ou Polypiers, occupant dans la série animale le rang lé plus voisin des protozoaires et étant destinés par la nature à sécréter du calcaire comme Eozoon^ auraient dû apparaître el pulluler durant l'immense série des âges anté-primordiaux. Nous devrions donc trouver les produits de leurs œuvres mêlés avec ceux des Foraminifères, dans les dépôts de ces âges primitifs et encore plus dans ceux qui renferment les dépouilles de la faune primordiale.

a En réalité, aucune trace des polypiers n'a été jusqu'ici observée dans les roches caractérisées par la faune primordiale. Une seule forme de cette classe a été

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récemment signalée dans les roches cambriennes de la Suède et elle constitue trn fait totalement isolé ou sporadique.

«( D'après les documents exposés ci-dessns, les plus anciennes espèces siluriennes, observées jusqu'à ce jour, ont apparu dans la première phase de la faune seconde, à Terre-Neuve et au Canada, c'est-à-dire dans les contrées les plus privilégiées sous le rapport de Tantériorité. Dans beaucoup d*autres régions la pre~ mière apparition des Polypiers a été encore plus retardée.

« 3. Suivant les théories, les Échinodermes qui par leur organisation se placent immédiatement au-dessus des Polypiers et qui sont de nature très-prolifique, auraient dû pulluler dans les premières phases de la faune primordiale.

« En réalité, les traces des espèces de cet ordre sont extrêmement rares dans les roches de cette époque, bien que ces formes paraissent représenter plusieurs types génériques des Gystidées.

<• Oo doit remarquer, que les 2 Échinodermes dont Texistence est signalée dans les formations cambriennes, n'appartiennent pas à cette famille silurienne; mais Tun représente un Echinide spatangolde, et Tautre un Astéride, famille également inconnue dans la faune primordiale.

« k. Suivant les théories, les Bryozoaires classés Immédiatement sous la limite inférieure des Mollusques, auraient dû prédominer sur tous les ordres de cette classe par leur développement dans la première phase de la faune primordiale.

« En réalité, tous les Bryozoaires connus à cette époque se réduisent à cinq formes spécifiques, représentant principalement le genre Dietyonema et concen* trées dans quelques riions du nord. Ainsi, leur développement est très-inférieur à celui des Brachiopodes et des Ptéropodes, et encore plus à celui des Crustacés, qui occupent un rang relativement de plus en plus élevé dans la série animale. Une seule forme du genre Dictyonema est signalée dans le terrain carobrien. Ces faits sont donc en opposition avec les prévisions théoriques.

« 5. Suivant les théories. Tordre des Acéphales, immédiatement supérieur à celui des Brachiopodes, dans la série animale, aurait dû apparaître aussi immédiatement après celui-ci et avant les types d*une organisation plus élevée, tels que les Gastéropodes et les Ptéropodes.

« En réalité, les Brachiopodes et les Pléropodes sont représentés dans le terrain cambrien et dans les premières phases de la faune primordiale et le nombre des espèces primitives de chacun de ces deux ordres est assez considérable, ainsi que le montre notre diagramme ci-dessus (p. XXVII). Les Gastéropodes apparaissent aussi d'une manière sporadique dans ces premières phases, en Espagne. Au contraire, les traces des Acéphales n'ont été découvertes jusqu'à ce jour dans aucune des phases de la fiiune primordiale. Les premières formes connues de cet ordre se trouvent dans la première phase de la faune seconde, sur les deux continents et dans certaines contrées, elles n'apparaissent même que plus tard. D'après ces faits, l'ordre théorique d'apparition est totalement troublé et même interverti dans la réalité.

a 6. Suivant Tordre théorique, les Uétéropodes inférieurs aux Ptéropodes, sous le rapport de l'organisation, auraient dû apparaître avant ces derniers dans la série des âges.

tt En réalité, lés Hétéropodes se montrent pour la première fois et d'une manière sporadique en Angleterre, dans Tune des dernières phases de la faune primordiale, qui en renferme une seule espèce. Au contraire, les Ptéropodes ont été signalés dans la première phase de celte faune, dans la même région et dans diverses autres contrées. Une forme du genre Hyohthes a été aussi récemment découverte dans le terrain cambrien de la Suède. Ces laits constituent une interversion de Tordre théorique.

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«7. Suivant tes théories, les Céphalopodes, qui se mouifestent simultanément, sous un grand nombre de formes génériques et spécifiques, daos les premières phases de la faune seconde, auraient dû commencer à paraître dans des âges bien antérieurs, pour justifier ce grand développement, qui semble presque subit et incompatible avec révolution graduelle et successive supposée.

a En réalité, Texistence des Céphalopodes n'a été constatée jusqu'à ce jour, dans aucune des phases de la faune primordiale. Leur apparition simultanée, sous tant de formes et dans un si grand nombre de contrées, vers l'origine de la faune seconde se trouve donc en contradiction avec les lois théoriques, de la filiation et de la transformation.

« Nous rappelons que, dans notre travail sur la distribution des Céphalopodes siluriens, nous avons démontré que leur évolution entière est en discordance avec les théories.

a 8. Suivant les théories, les Crustacés, qui occupent le premier rang par leur organisation, parmi tous les types de la faune primordiale, auraient dû apparaître les derniers durant Tère antésilurienne. Par conséquent à Torigme de la faune primordiale, ils devraient présenter le développement minimum, sous le double rapport des formes génériques et spécifiques.

« En réalité, à cette époque, les Crustacés et notamment les Trilobites offrent un développement hors de toute proportion par rapport à celui de tous les autres ordres coexistants. Notre tableau ci-dessus (p. XXVII) constate que les Trilobites fournissent seules presque les } des espèces de la faune primordiale. Comme il n'existe aucune trace de cette tribu avant cette faune, il s'en suit que son développement en genres et en espèces a été simultané et presque soudain comme celui des Céphalopodes et par conséquent contraire aux prévisions théoriques.

« En considérant la prédominance numérique, vrai|^ent inexplicable, des Tri* lobites, dans la faune primordiale, il semblerait que presque tous les descendants supposés de Eozoon^ après mille transformations théoriques, durant l'immense série des âges antéprimordiaux et sous l'influence des circonstances locales les plus opposées, se sont pour ainsi dire donné le mot, pour aboutir en même temps, et dans toutes les contrées, au même type trilobitique; type très-bien caractérisé et très- concordant sur tout le globe, malgré la diversité des apparences locales.

« 9. Non-seulement les Crustacés prédominent par le nombre de leurs formes dans la faune primordiale, mais encore les Mollusques prédominent de même sur toutes les classes inférieures. En effet, notre diagramme montre que les Mollusques ont fourni ensemble àU espèces, tandis que les classes inférieures réunies n'en présentent que 1/i; ainsi, l'ordre du développement de la série animale durant les âges primordiaux, se montre diamétralement inverse de celui qu'on devrait observer, d'après les théories.

o 10. Suivant la théorie de la filiation et l'interprétation qu'elle donne aux formes embryonnaires, les Trilobites caractérisant les premières phases de la faune primordiale, étant les plus rapprochés du type primitif de la tribu, devraient offrir dans leur thorax des nombres de segments relativement moins élevés que dans les Trilobites des faunes subséquentes.

a En réalité presque tous les Trilobites de ces phases se distinguent, au contraire, par le nombre de leurs segments thoraciques beaucoup plus élevés que dans les Trilobites des faunes postérieures. Par contraste, les formes caractérisées par un petit nombre de segments au thorax sont rares dans la faune priraordialey tandis qu'elles constituent une grande partie de la faune seconde. Il y aurait donc, au point de vue théorique, une sorte d'interversion dans l'ordre d'apparition de ces deux faune?.

« 11. Suivant les théories, les genres acquièrent leurs caractères différentiels

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comme les espèces» par des variations insensibles et saccessives, mais plasloBgtemps accumulées, par conséquent, Tapparilion de nouveaux types génériques de* vrait se manifester d'une manière continue et aussi constante que celle des espèces, pendant Pimmense durée d'une nombreuse tribu comme celle des Trilobites, c'est-à-dire pendant toute Tère paléozolque.

« En réalité l'apparition de presque tous les genres de cette tribu, c'est-à-dire de 72, sur 75, est concentrée dans les faunes primordiale et seconde. Nous avons même constaté que la majorité des genres de la faune seconde se manifeste partout dans la première phase de cette faune. Les '6 derniers genres surgissent vers l'origine de la faune troisième. Cependant à partir de cette époque jusqu'à l'extinction des Trilobites dans les faunes permiennes, il a encore apparu près de 600 espèces nouvelles, représentant des genres qui se propagent verticalement à partir des phases de la faune seconde. Ce fait est encore en discordance avec les vues théoriques.

c iS. Suivant les théories, par suite des variations incessantes dans les êtres organisés, des formes de plus en plus perfectionnées se substituent graduellement aux formes moins parfaites, qui sont inévitablement éliminées par l'eflet delà concurrence pour Pexistence.

« En réalité, nos études qui précèdent, sur l'évolution des Trilobites, nous ont conduit à constater une extrême irrégularité dans les variations successives de tous les éléments de l'enveloppe de ces Crustacés. Mais il nous a été impossible de reconnaître aucun progrès graduel et constant dans leur organisation appa« rente, pendant l'immense durée de la tribu entière, c'est-à-dire pendant toute l'ère paléozoïque. Nous avons même indiqué que l'une des conséquences, dérivées de certaines vues tkèoriques sur l'évolution des segments thoraciques, tendrait à établir que les p*ilobi(es les plus parfails ont été ceux de la faune primordiale silurienne, c'est-à-dire les plus anciens que l'on connaisse jusqu'à ce jour.

« L'évolution entière de la tribu trilobitique parait donc en diacoitlattce avec les théories de la filiation et de la transformation.

« 13. Suivant les théories, les types d'un degré quelconque, c'est-à-dire les types des classes, des ordres, comme ceux des itemilles et des genres, n'acquièrent leurs caractères différentiels et de plus en plus contrastants, qu'après un long intervalle de temps. Les types de la faune primordiale devraient donc nous présenter des caractères moins tranchés et moins distincts, que les types correspondants qui existent dans les faunes postérieures. Nous devrions aussi rencontrer de fréquents intermédiaires entre les genres les plus anciens.

En réalité, nous observons entre les types quelconques de la faune primordiale des différences aussi nettement prononcées et aussi contrastantes qu'entre les types semblables considérés à toute époque postérieure. Par exemple, parmi les Crustacés, les Trilobites, les Phyllopodes et les Ostrocodes sont aussi contrastants entre eux que les représentants des mêmes familles dans une autre faune paléozolque quelconque. De même les genres des Trilobites primordiaux sont aussi distincts entre eux que ceux qui se trouvent dans notre faune troisième on dans les faunes dévoniennes.

« Enfin nous ne connaissons dans la faune primordiale aucun Trilobite, qu'on puisse considérer conune une forme intermédiaire entre deux autres genres quelconques. Le genre 'BoKtmWa, qui semble offrir une transition entre les AqnùtViiH et les Paradaxides, ne s'est montré qu'à une époque tardive, c'est-à-dire dans la première phase de notre faune seconde, et il constituerait, par conséquent, un anachroninne, s'il était considéré comme forme intermédiaire entre les deux types préexistants de la faune primordiale.

« 14. Suivant les théories, les formes de la vie animale, qui ont dû apparaître

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âonnt le dépôt des formatioi» carabiieDDes, devraient représenter les précarsenrs oa ancêtres des animaux, qai caractérisent le plus fortement la première phase de la faune primordiale silurienne. Noos devrions donc trouver dans les roches cambriennes surtout les traces fréquentes des Trilobites.

« En réalité^ on n'a découvert jusqu'à ce jour aucune trace quelconque de ces Crustacés, dans le terrain cambrien.

« AU contraire, M. le Prof. Otto Torell et M. Linnarsaon annoncent la découverte dans le terrain cambrien de la Suède, d'un Polypier, d'un &chinide spatang<dde et d'un Astéoride ; types jusqu'ici inconnus dans la faune primordiale sOurienne. H restera à faire concorder avec les théories l'intermittence des Polypiers pendant toute la durée de la faune primordiale et l'intermittence encore plus prolongée entre la forme spatangolde du terrain cambrien et les Êchinides du terrain carbonifère les plus anciens connus jusqu'à ce jour.

« Mais un fait beaucoup plus important consiste en ce que la composition de la liiune cambrienne nous induit à considérer l'apparition des Trilobites primordiaux comme relativement soudaine et comme analogue à l'apparition simultanée des Céphalopodes, vers l'origine de la faune seconde.

c Ainsi, la faune cambrienne, malgré son exiguïté, concourt à conQrmer les contrastes reconnus dans les premières phases de la faune primordiale, entre les théories' et la réalité.

« 15. Suivant les théories l'évolution animale aurait dû avoir lieu d'après l'ordre déterminé par les degrés successifs de rorganisation, en marchant du simple au composé, c'est-à-dire à partir des formes les plus infimes jusqu'aux plus élevées dans la série zoologique.

« En réalité, si l'on considère dans son ensemble la composition réelle des premières phases de la faune primordiale, on reconnaît que la principale cause de son irrégularité provient de la prédominance extraordinaire du type le plus élevé, c'est-à-dire des Trilobites, et de l'absence ou de la faible représentation de divers types, parmi lesquels on peut remaïquer les Foraminiftres, les Polypiers et autres placés dans un rang inférieur, dans la série animf.le. Il en est de même des Acéphales occupant un des rangs les plus bas parmi les Mollusques.

« Ce retard dans l'apparition ou le développement relatif des types inférieurs contraste fortement avec l'apparition hâtive et le développement précoce des types supérieurs;, tels que les Ptéropodes parmi les Mollusques et les Trilobites parmi les Crustacés. Ce fait montre évidemment, que l'évolution animale n'a point eu lieu comme l'enseignent les théories.

« 16. Suivant un autre point de vue théorique, chaque type aurait dû attendre pour apparaître, que les circonstances physiques fussent appropriées par la nature au degré de délicatesse ou de perfection de ses organes. D'après cette conception, on devrait voir constamment les anhnaux d'une organisation supérieure apparaître après ceux d'une organisation relativement inférieure.

« En réalité les Trilobites ont apparu dès l'origine de la faune primordiale, et les Ptéropodes même dans la faune cambrienne. Or, comme ces deux ordres occupent le premier rang dans la faune primordiale sous le rapport de l'organisation, il est clair que les circonstances physiques dans lesquelles ils ont pu exister et se développer, ne se seraient pas opposées à l'existence et au développement des types inférieurs^ tel que les Acéphales, les Polypiers et les Foraminiières. Ainsi, l'absence de ces types dans la faune primordials ne peut pas être attribué à l'inftuence des circonstances physiques. Elle dépend donc de causes inconnues, dont reflet est en contradition avec les prévisions et interprétations théoriques.

« En soname, quel que soit le point de vue, sous lequel on considère la première apparition et le développement des formes animales, dans la faune primor-

ArOH. DR ZOOL. EXP. ET ÔKN. TOl. I. 4872. C

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