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LA .THÉORIE DES PLASTIDES OPPOSÉE A LA THÉORIE CELLULAIRE

Von Prof. HiECKEL in lena.

Il est rare qu'une théorie sorte formée de toute pièce de la main d'un seul homme. Les faits s'accumulent peu à peu et celui qui les rapproche et en opère la synthèse, recueille souvent les fruits d'une longue génération de travaux : telle a été la théorie cellulaire qui certes est trop connue pour avoir à en présenter ici même un résumé. La <%llule, considérée d'abord comme l'élément le plus simple ayant une origine différemment interprétée par les auteurs suivant leurs idées générales ou particulières, tendrait aujourd'hui dans l'esprit de beaucoup d'histologistes à faire place à un élément primitif plus simple encore d'où dériveraient tous les tissus. C'est une nouvelle théorie.

Ge qui a surtout frappé dans la cellule c'est le noyau auquel on a attribué et beaucoup attribuent encore un rôle prépondérant des plus actifs dans Thistogenèse des êtres; puis en voyant dans la cellule même, parfaitement organisée et complète, des mouvements définis et déterminés on a conçu une nouvelle théorie basée sur l'existence même de ce contenu considéré comme être vivant, jouissant de propriétés spéciales qui par son évolution propre produirait la cellule et les autres éléments ; c'est la théorie du Protoplasma sur lequel on a déjà si énormément écrit. Les opinions différentes sur la nature du contenu, des parois, du nucléus en tant que centre d'action vitale de la cellule ont séparé les histologistes en deux camps bien distincts : ceux qui continuent à considérer la cellule comme un élément toujours semblable ayant ses Irois parties bien distinctes, enveloppe, noyau et contenu, celui-ci variable quant à ses qualités» mais ayant toujours une même origine, enfin ceux qui ne voient plus dans les éléments histiques que lerésultaldu morcellement du Protoplasma, matière primitive, amorphe, capable de revêtir des formes distinctes par suite de son évolution ultérieure.

La théorie Cellulaire et la théorie du Protoplasma, voilà les deux théories histologiques qui, indépendamment des opinions secondaires nombreuses dont il est sans intérêt de rappeler ici les auteurs et les détails, se partagent les histologistes.

Le savant professeur de léna, en publiant ses Études Biologiqiieg (Bioiogische Studien) , revient sur la théorie qu'il a déjà exposée dans sa morphologie (I) et qu'il substitue aux deux théories précédentes, en empruntar^ incontestablement des faits à chacune d'elles.

On sait que le fond des idées générales de M. Hseckel est le darwinisme ou la théorie des descendants, du transformisme poussé jusque dans ses dernières limites. Les opinions du savant professeur de lena sont des plus hardies. Tout son livre de la Création en est la conséquence : aussi dans Texposilion de ses théories secondaires, retrouve-l-on partout un refietdes idées qui président h Tensemble de son système zoogénétique et plus généralement biogénélique. — C'est cette

(\) Voy. E. H. H.FCKHL. Generelh Morphologie der Oryrnismen. — Erster Band. Âllgemeine Anatomie der Organisinen. pag 269. 1866.

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théorie quMl applique aux éléments hisloiogiques eo prenant |ioar poœ: -: départ le Protopla^iina.

Pour lui, Télément le plus simple possible, représentant la îmatumi quelle la vie commence à se manifester d'abord, est une petite masR globikp de plasma : ou mieux de proia-plaima {ZeUstoff) maiière h fomaim l dunggioff) qui peut être regardée comme ayant une origine ou généritioD satanée. Ce serait le Substratum matériel et actif de la vie; la matière ymÉtw excellence.

Tous les éléments histologiqaes dérivent de cette matière primitive el ssm dans leur dérivation soit d'elle soit des uns des autres la même marche qiK^' organismes complets, en un mot que les individus et les espèces. L'éTolQiio&fe éléments histologiques présente soit dans un même individu, soit daronoescrr d'individus voisins, mais hiérarchiquement différents par le degré deleorcG^ plication, Tabrégé tie révolution des êtres dans l'espèce et dans l'iodivida. - Le développement, la formation de l'élément histologique représente ÏOni>y^' c'est-à-dire la création des individus, tandis que la transfonsation desélémeDLv^ uns dans les autres correspond à la Phylogenie, c'est-à-dire à TévolutiOD .^ espèces ou a leur passage les unes aux autres : c'est Tétat statique opposé i TeL dynamique, le repos au mouvement, l'arrêt au progrès. Dans cette théorie > éléments primitifs ouplastides (7rià9r«rc«, créateur, qui crée, qui forme, ou fa^cre commencent par être des amas de protoplasma {Phsmasiucke^ fragments de plasm ou Klumpen^ amas cohérent, globe, boulette) sans noyau. Dans Tétat le plus volc de l'origine de la vie le noyau ne s'est point diCTérencié au milieu du reste l'élément il n'est point encore produit; à cet état, M. Hsckel nomme ce plasti-^ Cytode (xvr«<rifi«, cellulaire, semblable à une cellule).

Ce plastide le plus simple, ce fragment, cette partie de protoplasme, od pubien dire de cet Urschleim ou gelée formatrice primitive des philosopher <iej nature, suit aussi des phases d'évolution. Il passe à d'autres formes et parlipparition d'une part du noyau qui s'accentue et se diiTérentie de la masse tou'^ et l'autre de la membrane limitante qui circonscrit le petit fragment protopiii mique, il produit la cellule (Ze/Zen, ou Plasmaklumpen mit Kern), lagoeli?' son tour peut se reproduire toujours semblable à eilemème ou se IransfonD^: et produire ùes éléments divers.

Tels sont les deux ordres d'éléments primitifs qui peuvent se former toujoc'^ les mêmes identiquement comme les individus dans un temps limité ou (ji peuvent se transformer, passer des uns aux autres dynamiquement coiDiDeli'i espèces dans la série des temps.

La théorie de l'évolution est appliquée, disions-nous, jusque dans ses deroièrt: limites à la théorie des Plastides, ainsi Tœuf complet est une cellule (f^t^^ klumpen mit Kern), qui après la fécondation perd le plus souvent son doJ^^ Cela n'embarrasse point M. Haeckel. Il admet que ce fait montre un relooN la forme primitive (RùckbUdung)^ c'est une transformation régressive, un reiwi en arrière, un cas d'atavisme, si l'on peut dire, et rien de plus. Peut-être le '«fteur trouvera-l-il dans ces idées l'exagération dun désir de rencontrer en loO| et partout du transformisme, mais qu'il se rappelle que nous résumons uc^ théorie, que nous ne l'apprécions pas. .

Cl est des êtres qui oflrent dans leur constitution exclusivement le ^^^ élément plasmatique, le cytode. Ce sont les êtres les plus primitife, les plus ^' pies, ils ressemblent en cela aux éléments qui les constituent. ^,

Les théories seront toujours de deux sortes : les unes ne portant que sur unj^* particulier laissent à leurs auteurs pour tout le reste des allures compléle"*^ libres Les autres ont pour point de départ des idées générales qui eniraioe

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logiquement, fatalement leurs auteurs à faire concourir tous leurs travaux, tous leurs efforts vers un but unique. Ainsi M. HfiBckel ne pouvait pas ne pas foire servir ses études sur les infiniment petits, ses vues sur les faits géologiques à expliquer Torigine du monde organisé telle qu'il nous la présente. Son histoire de la Création a fait, on le sait, grand bruit dans le monde savant ; admirée sans réserve par les uns, vivement critiquée par les autres, elle n'en reste pas moins Fun des plus grands efforts de synthèse zoologique qui ait été fait, dans ces derniers temps.

Au fond de tout cela se trouve la génération spontanée forcément, fatalement, logiquement, elle doit arriver, et elle arrive par le protoplasma et quand celui-ci a produit des cytodes, ceux-ci en se groupant constituent les êtres simples dont nous parlions plus haut. Entre les plantes et les végétaux M. Hseckel admet un groupe des Protistes dans lequel les êtres les plus simples seraient ceux qui sont dépourvus de cellules, qui n*ont pour élément de leurs tissus que des cytodes, tels sont ksAcyUaria^ dont la position hiérarchique est par cela môme inférieure à celle des Radiolaria. Entre les deux et comme Intermédiaire parce que les noyaux commencent à se développer le groupe de Belioxoa montre Tordre généalogique, non-seulement de ces trois groupes mais encore des éléments histologiques dans la théorie des plastides. On le voit, M. le professeur Haeckel s'applique à poursuivre Tétude de ces êtres inférieurs, qu'on peut presque dire à tissus sans structure appréciable dans Tétat actuel de la science, et cela pour démontrer ses idées générales d'Ontogénie ou de Phylogénie. Réussira-t-il à faire passer la conviction dans tous les esprits ? Tavenir nous l'apprendra ; toujours est-il qu'il appelle avec persistance Tattention des naturalistes sur un monde fécond en observations fort curieuses et importantes, où il a fait lui-même de superbes moissons et où il entraîne les zoologistes à prendre leur part de découvertes remarquables. Aussi Thistoire de ce qu'on appetoit naguère encore trop généralementles Rhizopodes change-t-elle à chaque instant et à côté de types bien distincts, connus surtout par leurs tests d'une régularité si curieuse, si contrastante avec rinsaisissable organisation de l'animal lui-même, viennent se ranger des êtres dont rhistoire évolutive laisse bien loin derrière elle Thisloire descriptive de l'espèce coDune on l'entendait il n'y a encore que quelques années.

En résumé, on le voit, les éludeset les idées générales sur les éléments des tissus viennent dans la conception synthétique du professeur Haeckel occuper une place importante, elles appartiennent à un ensemble de vues qui sont loin d'être admises encore par tous les zoologistes, mais qui n'en doivent pas moins être commespar eux.

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