PREMIERE PARTIE
DÉVliLOPPEMENT DE VACTINIA MESEMBRYANTHEMUM OU A. EQUINA DES COTES DE BRETAGNE.
DONNÉBS PRÉLIMINAIRES.
Espèce.
Uespèce^ objet de x^ette étude, est aussi bien connue que facile à déterminer. Elle est devenue rornement de tous les aquariums^ car elle vit et se reproduit sans exiger de grands soins.
On sait que S. J. Dalyell en conserva une vingt ans en captivité et que pendant ce long temps, elle lui donna de nombreux petits (334) (1).
Relativement à sa détermination il ne peut rester de doute : sur toutes les côtes de la Manctie, depuis Boulogne, les rochers du Calvados, Port-en-Bessin, St-Vaast-la-Hougue, Cherbourg, Grandville, St-Mâlo, les Hébiens, Portrieux, St-Quay jusqu'à Roscoff^ toute Actinie, stationnant à la hauteur des plus faibles eaux dans la zone des Fucus vesiculosus et serratus d'un rouge variant de la teinte la plus agréable laque écarlate, rose, garance au rouge sombre, même brunâtre et verdàtre-olivâtre, ayant au-dessous et en dehors de la couronne tentaculaire une seconde couronne de tubercules d'un beau bleu, est l'espèce appelée spécifiquement depuis longtemps A. equina et que l'on nomme maintenant plus généralement A. meiembryanlhC' mum. On la conserve comme le type du genre Aetinia (2).
(1) Voy. Rare and Remarkable Animais of Scotland -^ S. JobM DAtrBLL, vol. II, pag: 20i, pi. XLY.
(1) Jules Haimb et Milne- Edwards. -^ Gosse et S. J. Dalybll.
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Les individus paraissant les plus favorables à l'observation sont surtout ceux qui, groupés à Pabri d'une trop vive lumière, sous les excavations un peu grandes des rochers, se présentent à marée basse comme de petites vésicules pendantes à la voûte, de petites ampoules transparentes, gonflées et cédant sous le poids de l'eau qu'elles renferment.
A St-Quay, aux Hébiens, ces conditions favorisaient particulièrement mes recherches, on verra plus loin pourquoi.
Une remarque offre quelque intérêt relativement à Tespëce, elle doit trouver place ici : on rencontre, en effet, mais bien moins nombreuse que la précédente, une Actinie plus grosse, d'un rouge plus foncé, ayant les tubercules bleus très-développés et surtout offrant des traînées de points d'un vert éclatant, métallique, qui correspondent aux principaux tentacules et descendent parallèlement du bord externe du peristome jusqu'au pied.
Cette variété de VA. equina est b^en celle dont S. J. Dalyell a donné la figure et qui a vécu dans ses aquariums vingt ans (1).
Elle m'a paru vivre dans les localités citées, toujours plus isolément que la première. — Il y aurait peut-être i cela une explication^ c'est qu'elle est infiniment moins commune que l'autre, en quelques points de nos côtes^ elle a même paru très-rare à Roscoff, tandis qu'à St-Quay elle est relativement abondante. — Sa station est aussi au niveau des petites mers, mais elle descend \m peu plus bas que l'autre; elle choisit encore un peu différemment sa position sur les rochers.
Mais ce qui n'est pas moins remarquable, c'est que dans les mois de juin, juillet et au commencement de septembre, j'ai toujours vu ses organes reproducteurs turgides remplis d'œufs et de sperme, je n'en ai jamais rencontré une renfermant des embryons, tandis qu'à côté d'elle, .la première variété^ moins forte de taille^ à parois du corps plus mince, très-rarement piquetée de points verts, renfermait le plus souvent des embryons presque de tous les âges.
C'est donc exclusivement à la variété la plus commune que se rapportent les observations qui vont suivre.
(1) Voy. Loc. cit., pi. XLV.
DÉVELOPPEMENT DES GORALLIAIRES 305
Époque de la reproduction.
L*époque de Tannée où les recherches ont été faites, s'étend du mois de juin à la fin du mois de septembre.
En juillet et août les Actinies de la première variété m'ont tou' jours paru en parfait état de gestation.
Mais, chose curieuse, dans tout le courant de la belle saison, du mois d'avril aux mauvais temps à l'automne, jamais dans la Méditerranée, soit en Afrique, soit à Cette, aux Baléares, en Corse, je n'ai pu renconter à' A. equina en état de gestation.
D'un autre côté, la variété à taches ou bandes de points verts qui m'a semblé être plus nombreuse sur les rochers de St-Quay qu'ailleurs, s'est toujours, dans les mois de juin, juillet et août, montrée avec les glandes génitales dans le plus grand développement mais, comme on vient de le voir, sans jamais renfermer d'embryons.
Or, cette variété ressemble beaucoup plus à celle qui habite la Méditerranée, que la petite dont le nombre est souvent si considérable dans les anfractuosités des rochers des côtes de la Manche.
N'y aurait-il pas à rechercher s'il existe quelques conditions particulières, relatives à la reproduction de ces deux variétés d'une même espèce ? Le temps m'a manqué pour faire cette étude. Est-ce bien une variété, n'y a-t-il pas quelques caractères spécifiques ayant échappé et ayant laissé ainsi s'établir la confusion? Il y a là évidemment quelque chose à voir, car la gestation des Actinies est trop facile A constater pour qu'elle ait pu échapper si souvent dans cette variété. Il est vrai de dire que pour la première variété comme pour la seconde, je me suis contenté d'éventrer les individus et de voir s'il s'échappait ou non des embryons par la blessure. Ce procédé simple fait si bien reconnaître l'état de la petite variété, qu'il me semble difiicile qu'il n'eût point servi également bien pour la seconde.
Du reste, sans vouloir conclure catégoriquement des faits qui précèdent, je dirai que le moment de la reproduction ofFre des varia* tions certaines avec les espèces. J'explorais, il y a quelques années, les fonds vaseux et sablonneux de la grève, sous les talus du phare de Dunkerque; c'était au mois de décembre et la neige, la gelée, un
Arcb. db Zool. Ezp. bt Gsn. vol. I, 1873. 20
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froid vif avaient déjà depuis longtemps caractérisé la saison d'hiver; quel ne fut point mon étonnement de rencontrer en gestation à ce moment, une petite Sagartiay que je n*ai point' déterminée, mais qui s'ensable et qui est U assez abondante.
En définitive, en face de ces variations, de ces particularités, nous nous contenterons d'indiquer ici que les observations ont été faites de juin à la fin de septembre et que pendant toute cette longue période, les recherches ont pu être faites dans d'excellentes conditions, ce qui ne veut pas dire, ce qui n'est pas affirmer, que c'est exclusivement à ce moment que s'accomplit la reproduction et qu'alors seulement on peut faire des études.
Récolte des embryons. *
On ne peut songer à se procurer les embryons de la même manière pour toutes les espèces. I-e moyen qui réussit pour Tune vivant librement, serait impraticable pour les autres qui s'ensablent ou s'enfoncent dans les fissures des rochers. Dans le cas qui nous occupe, on peut enlever les Actinies que Ton suppose en voie de reproduction pour les ouvrir et obtenir dans son laboratoire les jeunes qu'elles renferment; mais outre que Ton court le risque de tomber sur des individus vides et par conséquent de perdre son temps, on distingue assez mal les plus jeunes embryons au milieu des replis intestiniformes.
Voici comment je m'y prenais pour avoir les embryons en grande quantité.
Après avoir trouvé le plus près possible de mon laboratoire une de ces anfractuosités sous le^ roches où, à l'abri de la lumière, aime à venir se fixer Mesembryanthemunij le pied en haut le peristome en bas, j'allais, au moment où je voulais observer, avec un flacon à large ouverture et des verres de montres, faire ma récolte. Armé d'un bon bistouri, je choisissais à la voûte de la petite grotte les individus qui étaient restés gonflés et pendaient comme de petites mamelles transparentes ; d'un coup rapide je les éventrais et recueillais le liquide qui jaillissait de la blessure et avec lui les embryons contenus dans la cavité viscérale. Pour avoir plus sûrement tout ce
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qui aurait pu rester dans la cavité, à l'aide d'un verre dô montre je grattais ensuite l'Actinie éventrée et j'obtenais ainsi avec les mucosités les œufs les moins développés.
Pour choisir ensuite les embryons suivant la convenance de la recherche, je versais le liquide recueilli à la grève, dans des cuvettes à observation et sous la loupe, j'aspirais avec une pipette afin de les porter sous le microscope les jeunes que je désirais observer.
C'est certainement le moyen le plus sûr et en même temps le plus rapide pour arriver sans perte de temps à se procurer les embryons dans tous les états.
Quand on a ouvert à la grève un assez bon nombre d'Actinies on arrive facilement à reconnaître celles qui, par leur apparence particulière difficile à décrire, laissent deviner qu'elles renferment des embryons.
Mode d'obserration.
Il n'est pas indifférent d'indiquer quelques particularités qui aident beaucoup dans Tétude de l'organisation intérieure des embryons.
Lorsque l'on ouvre une Actinie mère, les petits qui s'échappent ont une grande tendance à se gonfler et à s'épanouir, cela dure souvent une ou deux heures, quelquefois plus. C'est sans doute le changement et l'inflaence du milieu qui excite leur activité vitale et les rend plus agiles, plus actifs.
C'est donc surtout bientôt après leur naissance artiOcielle et forcée qu'il sera surtout utile de les étudier; à ce moment la transparence due au gonflement, et la mobilité accrue par l'influence du nouveau milieu, permettent de voir au travers des parois ce qui est à l'intérieur, et d'examiner sur toutes les faces pendant ses évolutions et son tourbillonnement le jeune animal.
C'est encore très-peu de temps après Téventreroent de la mère qu'il est possible de trouver sûrement et sans perte de temps les plus jeunes embryons. Ceux-ci sont bien plus sédentaires que ceux dont le développement est avancé, et on ne les reconnaît au milieu des
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débris de toute sorte flottant dans le liquide viscéral, que par leurs mouvements ; longtemps après leur sortie de la mère ils tombent au fond du vase, se remuent à peine, et deviennent difiElciles à voir. Ceux qui sont bien formés et très-agiles finissent par n'avoir plus qu'un mouvement giratoire au tour d'un centre et dans un seul plan, ce qui ne permet plus l'observation que sur un de leurs côtés. Ils finissent même par se contracter beaucoup et Ton pourrait croire souvent que Ton a sous les yeux deux embryons à deux états distincts de développement en observant un même individu au moment de Téventrement ou quelques heures après. Il est nécessaire de tenir compte de cette indication, elle facilitera beaucoup les études et la connaissance des particularités à l'organogénie.
Il n'est pas moins utile d'avoir des cuvettes à observation à fond bien plan et mince car il ne sera possible d'observer les embryons de belle taille qu'à l'aide de cette condition. On voit en effet des jeunes Actinies qui ont déjà 24, 48 tentacules se fixer promptement après leur sortie, sans beaucoup se déplacer et dans le point du vase où on les laisse tranquilles. Dès qu'elles sont fixées elles se gonflent et s'épanouissent. IL faut saisir ce moment, car ensuite elles restent souvent très-longtemps sans s'ouvrir et le péristome se resserrant violemment rapproche tous les tentacules, les cloisons et empêche de pouvoir rien distinguer.
J'ai ainsi, en suivant les indications qui précèdent, dans des cuvettes spéciales que j'ai fait faire ou faites moi-même, pu observer directement la cavité centrale d'une jeune actinie à 48 tentacules, du côté du pied, ce qui me parait n'avoir jamais été fait, et dessiner à la chambre claire, avec un assez fort grossissement, les origines des cloisons que certainement on ne peut voir dans les conditions ordinaires d'observation. On le comprendra quand je dirai que la jeune Actinie pouvait, au moyen de mes appareils, se présenter épanouie sous le microscope tantôt par le péristome tantôt par le pied, sans être touchée et inquiétée.
On peut encore étudier les jeunes embryons en les préparant et les durcissant dans des liquides particuliers, mais s'il y a quelque avantage à employer ces moyens histologiques pour s'éclairer, il n'en faut pas moins contrôler toujours les résultats obtenus par une observation directe des animaux vivants.
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Sexes.
L'hermaphrodisme est la condition gui parait être la plus constante; toutefois comme souvent une partie des glandes appartenant à un sexe, peut au moment de l'observation avoir déjà versé dans la cavité générale tous ses produits, il n'est pas impossible qu'un animal paraisse n'avoir à un moment donné qu'un seul sexe ; bien qu'à une autre époque, il eût été certainement hermaphrodite et que plus tard il le fût devenu encore.
D'un autre côté, on sait de quelle puissance de contractilité jouissent les Actinies et combien il est difficile quand on les a ouvertes de pouvoir étaler et séparer les replis intestiniformes ; dès lors comment oser, après avoir passé en revue aussi scrupuleusement que possible dans ces circonstances ses replis, affirmer qu'on n'a pas oublié quelques-uns d'entre eux ayant encore un sexe différent de celui qui a été reconnu exister seul.
Enfin j'ai trouvé bien des Actinies remplies d'embryons. Elles n'avaient cependant que des glandes mâles, turgides ; elles devaient certainement avoir été hermaphrodites. Garonnecomprendraitpas la présence d'embryons aussi jeunes dans une mère adoptive,et leur passage des glandes de l'individu producteur (mère physiologique) dans l'individu protecteur (mère adoptive). Ce fait serait difficile à expliquer à moins qu'on n'invoquât l'existence de quelques conditions particulières, ce qui dans l'état actuel de la science serait absolument hypothétique.
Toujours est-il possible d'affirmer qu'on rencontre des individus paraissant n'avoir qu'un sexe ; qu'on en trouve d'autres , à replis presque alternativement mâles et femelles ; enfin qu'on en voit beaucoup ayant des capsules testiculaires mêlées aux masses ovariennes dans un même repli.
Ainsi donc, les sexes peuvent sans doute être séparés, mais il est certain que l'hermaphrodisme est la condition probablement la plus fréquente, si même elle n'est constante.
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Position et histologie des glandes génitales. I
On sait qu^elles Eont logées dans Tépaisseur des replis radiés qui occupent le pourtour de la cavité générale au-dessous du tube descendant de la bouche. Ces replis présentent sur leur bord libre un cordon plus long qu'eux qui se pelotonne et rappelle l'aspect des circonvolutions intestinales.
D'autres ont fait connaître la texture de ce cordon bordant; moimême j'en ai parlé dans les Alcyonaires et les Antipathaires : qu'il suffise de rappeler ici qu'il est remarquable par une énorme quantité de nématoeystes de la plus grande taille, qu'enfin, il n'a aucune relation intime avec les glandes génitales proprement dites.
C'est vers le milieu de la hauteur des lames qu'un stroma particulier produit les germes ou la semence.
Lorsque ce stroma a produit l'un ou l'autre des éléments génitaux, il est gonflé et forme sur chaque face du repli des bourrelets saillants, allongés, dont la direction est perpendiculaire à l'axe du corps.
Dans l'Actinie mesembryanthëme il est facile à la simple vue de reconnaître les sexes. Les œufs sont le plus ordinairement d'un rose garance cerise fort délicat; aussi les replis dont les bourrelets sont rendus saillants par l'accumulation des ovules deviennent d'un rose clair qui le plus ordinairement tranche par sa nuance avec celle du reste de la lame. — Souvent il est possible à l'œil nu mais surtout sous une forte loupe de reconnaître des points plus colorés qui sont les ovules à terme.
Quand avi contraire on a affaire à une glande mâle, les capsules spermatiques sont d'un blanc légèrement lavé de teinte neutre, ce qui permet de les distinguer des ovaires avec la plus grande facilité, et très- rapidement.
L'histologie des glandes génitales proprement dites est peu facile à dégager des éléments des lames radiées dans lesquelles elle est noyée.
Il y a dans ces lames des fibres musculaires indiquées depuis déjà
bien longtemps par MM. HoUard et J. Haime. On le comprend, comment s'expliquer sans ces éléments actifs la contraction si forte, si énergique de ces lames?
Au milieu de ces fibres existe un tissu de cellule très-manifeste dont les éléments sont toutefois loin d'avoir des contours et des noyaux aussi accusés qu'on les leur connaît chez d'autres animaux. Ils sont peu polyédriques et contiennent des granulations rougeàtre^ auxquelles est due la coloratioa (1).
Glandes mâles. ^ Quand on enlève une portion d'un repli qui se distingue facilement comme mâle, on voit, en la comprimant légèrement, au milieu des cellules du tissu général les capsules spermatiques caractérisées par leur teinte, leur volume et leur forme qui, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de le signaler^ chez les Alcyonaires, se rapproche de celle d'un rein (2).
Ces capsules fort variables dans leur volume paraissent closes de toute part, elles doivent donc éclater pour laisser sortir les produits qu'elles sécrètent et contiennent.
Dans la figure à laquelle le lecteur vient d'être prié de revenir, l'une de ces capsules dégagée par ses côtés des tissus stromiques qui l'enveloppent est rompue et laisse échapper un flot de semence et de spermatozoïdes.
Il est extrêmement difficile de voir au milieu de la masse énorme de corpuscules ou cellules entourant les capsules dans les replia, l'origine de chacun de ces sacs spermatogènes. Mais on peut induire presque sûrement d'après les observations comparatives, que chaque capsule a été primitivement un corpuscule cellulaire simple dans lequel par voie endogène se sont formés des corpuscules qui à leur tour, par le même mode de multiplication, se sont remplis de corpuscoles ayant conduit en définitive aux éléments histiques producteurs des spermatozoïdes.
La gangue enveloppante des capsules formée de cellules est colo-
(1) Voj. Arch. deZooh exp. et gén. T. I, pi. XI, fig. 1 et 3.
(î) Voy. Id.y td., td., jg. 1, Remarquer que cette figure n'a point été tir.?e à deux teintes et que le testicule, contrairement à ce qui existe^ esl coloré en rose; ce qui ne devrait pas être.
^1 ItACi
rée, ses éléments sont serrés, et restent unis assez fortement. La couche externe, limitante» est couverte de cils vibratiles, très-actifs.
Par des progrès du développement ces capsules spermatogènes s*approchent peu àpeu delasurfacedustroma, elles s'ouvrent en éclatant, se vident et disparaissent peu à peu. Il n*y a donc pas de canal excréteur.
Le spermatozoïde bien mdr est vif et agile.
Sa queue est longue et très-délicate.
Sa tête bien formée est facile à voir, elle est étranglée vers son milieu et ses deux moitiés offrent une différence notable de volume, Tune est plus volumineuse que Tautre.
G*est vers cet étranglement que s'attache la queue. Celle-ci d*abord perpendiculaire devient bientôt parallèle à Taxe de la tête.
Les mouvements sont de deux sortes et concourent tous deux au même but, la progression. L'un s'accomplit par saccades brusques. La portion de la queue voisine de la tête porte celle-ci alternativement à droite et à gauche. L'autre est le résultat de l'ondulation du filament caudal (1).
Lorsqu'on enlève une portion de la glande mâle, il est bien rare qu'on n'ait à la fois des capsules entièrement mûres et d'autres dont le développement n'est pas aussi avancé. Aussi dans les préparations trouve-t-on mélangés aux spermatozoïdes des corpuëcules, les uds incolores, transparents, caractéristiques du testicule, les autres quoique incolores remplis de granulations s'endosmosant facilement et d'un volume variable (2).
Glande femelle. --- La glande sécrétant l'œuf n'a pas de caractères particuliers, elle est placée, disposée et développée comme le testicule.
Seulement tandis que celui-ci prend une teinte blanchâtre, d'autant plus marquéeque les capsules testiculaires se développent davantage, celle-là a une couleur rosée qui s'accuse de plus en plus à mesure que les œufs s'approchent davantage de la maturité.
(1) Voy. Areh. dêZool, ewp. ei gén. T. I, pi. XI, 6g. 2 (a). P) V07. W., id., id,, fig. S. (6).
DÉVELOPPBMEa^T DEB C0RALL1A1RE8 313
C'est de même dans un stroma cellulaire occupant le milieu de répaisseur de la lame radiée que sont sécrétés les germes, dont la position offre néanmoins quelques variations; tantôt en effet ils sont isolés, tantôt ils sont placés en séries de deux ou trois et même davantage; ceux qui sont isolés sont réguliers oblongs. Ceux dispo* ses en séries se compriment et semblent être renfermés dans une même cavité capsulaire.
Les éléments habituels de l'œuf sont faciles à reconnaître même au travers des parois et du tissu du repli, il suffit pour cela de prendre une parcelle de l'ovaire et de la comprimer légèrement.
La vésicule germinative, la tache ont les caractères qu'on leur connaît; la première semble relativement moins grande que dans d'autres animaux, dans les Mollusques par exemple.
Le vitellus est d'un rose délicat et souvent très-vif, des granulations ayant cette couleur le composent. Il semble dans Tovaire être entouré par une zone claire transparente qui se continue de même tout autour des œufs réunis en série.
Cette zone pellucide est bien évidente tant que les œufs présentent leurs éléments constitutifs primaires (1); mais quand Tœuf s'est transformé et a pris un autre caractère elle n'est plus aussi marquée, elle dispa raltpresque entièrement.
Dans les dessins publiés à la suite de ce mémoire on voit un œuf dans cette dernière condition. On sent bien que le tissu de cellule du stroma ne lui est pas absolument contigu ; mais en même temps on peut remarquer que la zone n'a plus la transparence des œufs offrant distinctement la vésicule germinative (2).
On ne peut manquer d'observer enregardant la figure qui vient d*être indiquée, combien l'aspect des œufs ayant la vésicule est diférent de ceux qui ne la possèdent plus. Ceux-ci sont plus régulièrement ovales et beaucoup plus sombres, aussi se font-ils remarquer très-vite^ dans le stroma qui les renferme (3).
(1) Voy. Aroh, de Zool. exp. et génér. Vol. I, pi. XI, fig. 3. (6) Série de trois œufs entourés d'une zone — est-ce une enveloppe? — est-ce la réunion des enveloppes des trois œufs qui produit cette couche circulaire transparente ? (a) œuf déjà modifié.
(2) Voy. W., id., id., fig. 3 (a).
(8)Voy. Jd., fcl.,id.,(a)(a).
ai 4 LAOâlB DUTBIBBa
VU
Fécondation.
Dans plusieurs publications antérieures, la question de la fécondation m'a occupée, et j'avouerai encore ici n'avoir pas plus de résultats positifs à faire connaître que pour le Corail, les Gorgones, les As* troïdes, etc.
En revoyant, pour la rédaction de ce mémoire, les nombreuses notes prises à plusieurs années de date dans des localités les plus différentes et à des époques variées , je vois que presque toujours les individus renfermant des embryons avaient encore des testicules en bon état de développement.
D'un autre côté, quelques efforts que j'ai pu faire pour trouver des œufs en voie de fractionnement, je n'ai pas obtenu de résultats plus satisfaisants que pour les Alcyonaires.
J'ai été jusqu'à apporter mon microscope à la grève et à chercher le fractionnement immédiatement après l'éventrement des Actinies mères. Je craignais en efTet que la première période de l'évolution ne fût tellement rapide qu'elle eût pu m'échapper. Je me demandais si les alternatives des marées n'avaient pas leur part d'influence sur le moment de la sortie des œufs et des spermatozoïdes; si la fécondation ne s'accomplissait pas pendant la marée haute? pour ces raisons j'ai cherché les œufs fractionnés presque au moment où les Actinies commençaient à être abandonnées par l'eau.
Peut-être eût-il été nécessaire de s'attacher très longtemps, plus longtemps que je ne l'ai fait à l'observation de l'ovaire. C'est un travail très-fatigant, considérable et excessivement fastidieux; enlever parcelles par parcelles les glandes et les examiner successivement pourrait peut-être conduire à un résultat plus précis. J'aurais voulu, j'aurais désiré le faire.
J'indique cette lacune.
La disparition de la vésicule germinative de l'œuf encore enfermé dans l'ovaire est un fait positif. — D'un autre côté jamais le fractionnement n'a été vu sur des œufs recueillis dans la cavité générale. On se trouve donc logiquement conduit par le rapprochement de
ces deux faits certains, à penser que la fécondation s'accomplit dans Tovaire même.
Est-ce directement par la communication des capsules testiculaires et ovariennes d'un même repli, ou bien par la pénétration des spermatozoïdes nageant dans la cavité générale qu'a lieu cette action. Nous serions tenté de répondre affirmativement pour cette seconde hypothèse.
J. Haime admettait déjà, .en 1854, que la fécondation chez le Gerianthe s'accomplissait dans Tovaire. Je sais moi-même par des considérations nombreuses arrivé à cette conclusion, en étudiant la reproduction des Gorgones, des Alyons, des Feonatules» d^ft Pendrophyllies, des Flabelles, des Astroîdes, etc.
Fractionnoment.
On le voit, la question du fractionnement se trouve intimement liée à celle qui précède et, pas plus que pour elle, il n*a été possible d'arriver à un résultat positif.
Je renverrai du reste, en ce qui touche cette question, à ce que j'en ai dit à propos du Corail (1).
Mais je ne puis m'empêcher de répéter qu'avant d'admettre que la première période du développement n'existe point, il faut de nouvelles observations : car c*est une loi si générale que celle de la production des sphérules primitives après la rencontre de l'œuf et du spermatozoïde, qu'il est bien difficile de ne pas hésiter avant d'en nier rezistence d'une manière absolue.
(1) Voy. H. De Lacazb Dlthiers. Histoire naturelle du Corail.
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