PÉRIODES ULTÉRIEURES
Accroissement indéfliil dn nombre des parties ohes les Jeunes Actinies ayant 48 tentacules.
Si la difficulté est quelquefois grande quand il s'agit de voir la multiplication des parties dès que le nombre des tentacules dépasse 24, à plus forte raison doit-elle être considérable quand le chiffre s'est élevé à 48.
Ces dif&cultés dépendent surtout de la presque impossibilité qu'il y a à reconnaître les parties homologues^ lorsqu'on observe sans appareils particuliers, lorsque surtout les quatre cycles sont bien régulièrement formés et que la taille des individus est déjà considérable.
Quant aux préparations artiâcielles, elles sont suivies de conctractions si fortes, elles apportent de tels changements dans les proportions relatives qu'il semble presque impossible d'en tirer un parti aussi avantageux que de l'observation du vivant.
Toutefois les observations qu'on peut faire sur des points isolés du pourtour de la jeune Actinie permettent de croire que la formation des loges nouvelles et des tentacules qui leur correspondent suit la loi formulée précédemment.
C'est-à-dire que pour passer de 48 à 96, il se forme dans les 24 espaces interceptaux, considérés comme derniers cycles, vingtquatre nouvelles loges qui portent le nombre à 72; or de chaque côté de ces 24 loges plus nouvelles il se produit un intervalle, ce qui conduit à 3 fois 24 loges ou tentacules^ ou 72, ce qui avec les 24 des 3 premiers cycles amène bien au nombre 96.
En considérant le péristome d'une jeune Actinie de 96 tentacules on peut à la loupe constater [si du moins l'épanouissement est complet, et si la régularisation alternative des grandeurs n'est pas produite), qu'entre les grands tentacules il y a des groupes de trois, dont le plus grand n'est pas celui du milieu, mais bien l'un de ceux des côtés. C'est qu'en effet la substitution s'est accomplie là comme dans les périodes précédentes, et que le petit tentacule du dernier cycle a été rejeté sur le côté et remplacé par celui qui représente la loge formée dans le milieu de l'espace interloculaire. Ainsi l'on ne
8fl0 LAGAZE DUTBIBBS
voit pas plus dans cette nouvelle période que dans la précédente, se former un tentacule entre chacun de ceux existants, mais c'est une paire qui naît d'un côté ou de l'autre du plus petit des tentacules du dernier cycle.
Est-il permis d'après cela de généraliser cette loi et de penser que dans les Actinies dont les tentacules peuvent à peine se compter, tant leur nombre est grand, la multiplication se soit produite par le même mécanisme? Tout justiûe cette manière de voir, car toujours lorsqu'on parvient à observer le pied d'une Actinie ayant plus de quatre-vingt-seize tentacules, et que la transparence due à une grande dilatation est suffisante, toujours on parvient à voir dans la plus petite loge que nous considérons comme un espace ou irUervcUle interloeulaire deux petites lamelles naissantes absolument semblables à celles qui ont conduit aux nombres 24 et 48.
Si d'ailleurs il n'en était pas ainsi, il faudrait pour qu'il se formât an nouveau tentacule entre chacun des plus petits composant le dernier cycle, qu'il 8*élevât deux cloisons, passant l'un à droite, l'autre à gauche du petit tentacule qu'elles laisseraient au milieu et entre elles.
Si cela arrivait on devrait, en considérant les groupes de petits tentacules réunis trois par trois, trouver celui du milieu toujours plus grand que les deux autres, puisqu^il serait plus ancien* Or c'est ce qui ne se rencontre jamais, si ce n'est après que la régularisation des grandeurs s'est produite. Il faudrait enfin admettre une nouvelle loi, et supposer que les deux petites cloisons naissantes se séparent en arrivant au-dessous du péristome, chose qu'on ne voit pas puisque leur angle d'union s'avance sur le péristome et arrive jusqu'à ToBsophage.
On ne voit pas pourquoi la loi se modifierait après avoir réglé la production pendant quatre périodes et avoir conduit aux nombres 24, 48, 96 et 192.
Relativement aux cordons pelotonnés, on trouve, pendant ces non velles périodes, la confirmation des faits précédemment indiqués. Leur développement se poursuit par paires sur le bord libre des lames limitant les loges du premier cycle.
C'est ainsi que sur une jeune Actinie, pag. 361, fig. 7, de 96 tentacules dont l'épanouissement complet avait permis l'observation directe, par le pied placé sous le microscope, on voyait clairement sur la circonférence les séparations de douze grandes loges correspon-
DÉVELOPPEMENT DES GORALLIAIRES 361
dant évidemment aux deux premiers cycles et vingt-quatre paquets de cordons pelotonnés disposés par paires, une pour chaque loge.
Fig. 7. Vue du pied d'une jeune Actinie ayant 06 tentacules et montrant les cordons pelotonnés, développés par paires pour chaque loge des !•', 2« et 3* cycles. Dans cette figure de A en D — les chiffres romains indiquent le n" d'ordre des loges des cycles et de D en F les chiffres arabes indiquent Tordre réel d'apparition.
Il est bien évident, d'après les développements qui précèdent, que les lames limitant chacune de ces loges n'ont point le même âge, et que cependant si Ton jugeait d'après l'étendue de leurs cordons pelotonnés au moment de l'observation, on arriverait à une conclusion contraire.
n paraît donc certain que la loi qui préside à l'accroissement des cordons pelotonnés lorsque le nombre des loges est considérable , est celle-ci :
La formation des cordons pelotonnés s'effectue successivement sur les deux cloisons limitant les loges des premiers, seconds, troisième cycles, indépendamment de l'âge de ces cloisons pour les premier et deuxième cycles.
Dans l'exemple représenté âg. 7 on voit même douze paquets pelotonnés par paires appartenant aux douze lames limitant les loges des six tentacules A, D, F, À' du premier cycle, s'avançant plus près du centre que les douze autres qui sont plus en dehors et appartiennent au deuxième cycle 2, 2, 2, ', etc., qu'enfin plus extérieurement en-
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core apparaissent des paires de cordons appartenant indubitablement aux loges du troisième cycle ^, 8, », ^ etc.
Ces faits viennent à Tappui de cette manière de considérer la loge, le tentacule et les deux lames voisines comme formant un tout organique.
Lorsque, après la production du nombre des parties et la régularisation des grandeurs, le nombre des éléments est vingt-quatre, ou plus, on comprend que les nouvelles loges qui naissent au milieu des espaces interloculaires par la formation simultanée de deux lames, produisent plus tard en même temps leurs cordons pelotonnés, c'est-à-dire des paires loculaires de ces organes.
Nous ne poursuivrons pas plus loin Tétude de la multiplication des éléments constitutifs des Actinies, car il nous semble légitime d'admettre Tapplication des dernières lois à l'accroissement indéfini et ultérieur des tentacules et des loges.